‹ Paraphrases musicales sur les grands concerts du dimancheChapitre 22 sur 68 · VA URS PT · texte numérisé non relu

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la forme s'y comprendraient mieux avec quelques évolu- È tions scéniques pour en commenter le sens. On ytrouve … le développement habile et tumultueux de motifs sans grande portée, l’on y admire une certaine couleur shakespearienne; mais le morceau s'achève avec une déconcertante brusquerie, qui donnerait presque à regretter les cadences des vieux italiens.

15 avril 1901.

La société des concerts Colonne a donné, le 24 mars, une séance de musique tchèque dirigée par le chef d’orchestre de la Société Philharmonique de Prague, M. Oscar Nedbal. M. Nedbal est un artiste de valeur : il conduit avec beaucoup de soin, de goût et de véhémence, fait partie, comme altiste, du célèbre quatuor tchèque, et, compositeur de mérite, prouva l’autre jour une modestie rare en n’inscrivant aucune de ses œuvres au programme dirigé par lui. Retenir son nom me paraît un. devoir.., en même temps qu’un jeu facile. |

Avec des œuvres d’inégal intérêt ce concert nous a révéié cinq ou six auteurs contemporains. À vrai dire, je pensais trouver à la musique tchèque un goût plus prononcé de terroir, et bien que le parti national, auquel . appartiennent ces auteurs, lutte énergiquement contre le pangermanisme pour conquérir son autonomie, je n’aperçois pas de diftérences spécifiques bien tranchées entre » leurs productions et celles de la moderne Allemagne. Depuis le moyen-âge, du reste, les deux races ont eu de continuels rapports et les mélodies tchèques, en vertu de l'influence morale coutumière exercée par les vaincus

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- sur les vainqueurs, durent s’infuser profondément dans me . l’art germanique au dixième, au treizième et au dix-sep- ni tième siècles notamment. De telle sorte que, pour nous, + PA

» dont les œuvres symphoniques se sont presque entièrement germanisées sous l’inffuence des Bach, des Beetho- - venetdes Wagner, la musique tchèque, trop voisine de la leur, perd tout caractère particulier, toute saveur d’exo- . tisme et l'on nous affirmerait vainement le contraire. 4 Antoine Dvoràk est parmi les compositeurs vivants le chef reconnu de cette école. On nous a donné de lui deux AU 114 Danses slaves, (dont le coloris orchestral se distingue de a) par plus de crudité que d’éclat ou de finesse), avec une ce longue Symphonie en mi mineur, dite le « Nouveau- Monde ». Cette œuvre m'a vivement déçu. Chacune des idées qui la composent révèle assurément un musicien 15 ‘2 fort expert et de tendances élevées; mais entre les divers Mn fragments la cohésion fait défaut, l'intérêt s’émiette et l’attention tiraillée se fatigue. En un mot, si l'ouvrage s'atfirme symphonique, c'est par son titre seul.

Je ne cherche point de querelle de genre à M. Dvorak. Libre à lui de ne pas user de ces thèmes concis et de ces signes brefs qu'on mêle en une mosaïque vive et preste, ou que l’on choque rapidement les uns contre les autres pour en tirer de brusques éclairs, des lueurs scintillantes, - ainsi que l’a fait Beethoven dans ses plus admirables allegros. Mais si l’on choisit le procédé qu’illustra Mendelssohn et dont Schubert se servit triomphalement, si l'on veut développer les mélodies ou répéter longuement - un dessin comme parti pris décoratif, encore faut-il que - les courbes successives et que les diverses hachures d’un . même mouvement ne soient pas simplement juxtaposées

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