‹ Paraphrases musicales sur les grands concerts du dimancheChapitre 26 sur 68 · A ANTON AUS · texte numérisé non relu

A ANTON AUS

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Saëns. Un concerto? mon Dieu oui; et même un con-

certo de piano !!! Mme Clotilde Kleeberg l’a d’ailleurs admirablement joué. Je pourrais énumérer les qualités de cette artiste, mais, pour vous faire grâce des clichés ordinaires, je me contenterai de dire combien j'admire le finale du bel ouvrage, avec son thème à trois temps, si robuste et si nerveux, qui, d’abord imposé par le piano sur les pizzicati des cordes, se renouvelle ensuite

dans tout l'orchestre, sans cesse divers et neuf, toujours

aussi pur de galbe, toujours à la même échelle, clair et précis comme la colonnade d’un temple grec lorsque le soleil y verse à midi ses rayons implacables.

Je crois que le 3 novembre, au concert Lamoureux, ce fut encore M. Saint-Saëns qui me réjouit le mieux avec son Rouet d'Omphale. En écoutant une fois de plus cette musique, si directe et si colorée tout ensemble, on est vraiment fier d’être « né natif » du pays de France, qui sait concilier les formes harmonieuses des races latines

avec la profondeur de pensée des Celtes et des Germains,

et l’on maudit les pauvres impuissants, dont les efforts s’acharnent à rendre laides et confuses les manifestations de la pensée, que nos pères appelaient si justement les belles-lettres et les beaux-arts.

La Symphonte pathétique de Tschaïkowsky, merveilleusement interprétée par M. Chevillard et par ses musiciens, souleva le même jour des bravos unanimes. Quand ils se sont calmés, une voix audacieuse et retentissante a crié que c’étaient les interprètes et non l'ou-

vrage qu’on applaudissait. Je ne sais pas si je suis de «

l'avis du vociférateur, car j’entendais pour la première fois ces quatre pièces, dont le lien m'échappe, et j’aurais

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