scène, le léger bruissement des arbres doucement agités
par le vent, quelques motifs d'espoir qu’il a conçus depuis peu, tout concourt à rendre à son cœur un calme inaccoutumé, à donner à ses idées une couleur plus riante; mais e/le apparaît de nouveau, son cœur se serre, de douloureux pressentiments l’agitent : si elle le trompait..… L'un des pâtres reprend sa naïve mélodie, l’autre ne répond plus. Le soleil se couche….., bruit éloigné du tonnerre... solitude..…., silence...
Quatrième partie. — Marche au supplice. — Il rêve qu'il a tué celle qu'il aimait, qu'il est condamné à mort, conduit au supplice. Le cortège s'’avance au son d’une marche tantôt sombre et farouche, tantôt brillante et solennelle, dans laquelle un bruit sourd de pas graves succède sans transition aux éclats les plus bruyants. A la fin, l’idée fixe reparaît un instant comme une dernière pensée d'amour interrompue par le coup fatal.
Cinquième partie. — Songe d'une Nuit de Sabbat. — Il se voit au Sabbat, au milieu d’une troupe affreuse d’om-
bres, de sorciers, de monstres de toute espèce réunis
pour ses funérailles. Bruits étranges, gémissements, éclats de rire, cris lointains auxquels d’autres cris semblent répondre. La mélodie aimée reparaît encore; mais elle a perdu son caractère de noblesse et de timidité ; ce n’est plus qu’un air de danse ignoble, trivial et grotesque; c’est elle qui vient au Sabbat... Rugissements de joie à son arrivée. Elle se mêle à l’orgie diabolique. Glas funèbre, parodie burlesque du Dies iræ, ronde du Sabbat et le Dies iræ ensemble. » |
Les trois premières parties sont fort belles déjà : la première exposant avec intensité ce que l’auteur nomme
Ca ë, À )114 la. 2:
rie S PARAPHRASES MUSICALES ds
D si bien son amour volcanique, — ils n’y allaient pas de
main morte les gens de 1830, et j'aimerais à voir la même fureur passionnée chez nos contemporains !... la seconde délicieusement française par la délicatesse, la concision, l'élégance souple et svelte; la troisième enfin d’une frai-
- cheur idéale, un pur bijou de poésie agreste, avec cette
“ei en
fin curieuse où le cor anglais chante solitaire sur l’harmonieux roulement de quatre timbales.
Mais surtout les dernières parties réalisent une beauté singulièrement terrible. Cette Marche, où le condamné, (que l’on sent tout d’abord envahi par la terreur du prochain supplice), ne garde même pas l’amère douceur de se replier sur lui-même, tant les trompettes affirment impérieusement l'acte et broient inéluctablement la pensée; ah! cette marche est épouvantable !... Et quelle géniale conception d’avoir songé que la plus horrible douleur est de ne pouvoir s’attendrir, et qu’une sécheresse imposée doit paraître encore plus cruelle aux misérables que le désespoir et la crainte. Songez-y donc : les joyeuses fanfares de la mort!
Le Songe d'une nuit de Sabbat ne dégage pas un effroi moindre. Cette transformation de la « mélodie aimée » en quelque chose de sautillant et de visqueux et du Dies 1ræ en un jacassement sacrilège offre un caractère étrangement poësque ou baudelairien. Musique humide, molle et froide comme le terreau plein d'’ossements et de limaçons, dans les cimetières de cauchemars; évocation gigantesque dans l’atroce!!!
5 décembre 1901.
Les concerts du 24 novembre et du 1° décembre ne nous apportèrent pas grandes nouveautés, du moins nouveautés bien intéressantes.
Pendant qu'à la rue Blanche, M. Sauer, l'éclatant pianiste viennois, jouait de façon sûre (avec un accent circonflexe, et des bras de même), un concerto de sa composition dont la banalité fut généralement reconnue, l'orchestre Colonne donnait la première audition d’Adonis, poème symphonique de M. Théodore Dubois. Cette œuvre, écrite en l'an de grâce 1901, — oh! combien de grâce, en eflet! — reçut un accueil plutôt froid des personnes indulgentes et bien élevées, mais très chaleureux en revanche de la part des autres. L’analyser ? Non certes ; le respect qui s'attache aux autorités constituées ne me le permet pas. Mais procurez-vous le verdoyant programme, sur la couverture duquel une jeune personne légèrement vêtue mange des biscuits de Reims. Ouvrez-le. Vous y trouverez une jolie réclame pour des phonographes et une autre pour Adonts. Cette dernière porte gravés des spécimens donnant une idée de la marchandise. Fa, sol sol, la la, do do, ré ré do ré si b, la sol ! avec la manière de s’en servir. Et si vous avez un flûtiste parmi vos connaissances, faites-vous jouer le petit trait de la page 3. Vous m'en direz des nouvelles !
A la même séance, la délicieuse Africa de Saint-Saëns obtint, elle aussi, le plus vif succès. Un grand peintre, qui, pour se reposer des vastes compositions décoratives, s'amuserait à synthétiser, dans un-émail, les figures
" : / = 20 AIT RE NT M NES TRE D OI OS PIS ENT LL TR met RE AT PT - ’
AULA Li L*
nr — D à + a 12 £ « LÉ x à Ein ’ L £ >
Sa.
nt, et . O2 PC’ D PT UD a
IUT