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lecteurs pouvant en faire autant, ce moyen ne me sourit » guère, et plus je vais, plus je doute que ce soit le rôle 4 du critique musical d’énumérer des thèmes et de disséquer phrase à phrase la structure d’une pièce d'orchestre. - Prendriez-vous pour dela critiquelittérairel’analyse gram- + maticale, voire logique, d’un sonnet de Ronsard ou d’un - quatrain de Verlaine ? Certes je ne doute pas que pour » l’élève-compositeur un tel travail ne soit un précieux - moyen de culture, mais il me semble que les attribu- - tions du chroniqueur doivent se borner à dégager de - chaque œuvre les idées ou les émotions qu’elle enferme en caractérisant dans la mesure du possible la nature intime des sons qui les suggèrent ou les déterminent. J'avoue que je vois avec surprise, — à deux ou trois exceptions près, — les critiques osciller constamment . chez nous entre le cataloguement de thèmes ou le démontage technique, d’une part, et d'autre part, l'emploi de clichés vagues qui ne caractérisent en rien la musique dont on parle. Lorsqu'il s’agit d’une production de pure plasticité surtout, nous n’avons qu’à choisir soit les odieuses notices analytiques et thématiques que les édi- - teurs font distribuer avec les programmes, soit les lieux - communs qui consistent à déclarer les développements insuffisants ou subtils, les idées courtes ou longues, l’auteur plus ou moins influencé par le maître dont on le . sait l'élève; quand on ne nous leurre pas de termes plus | vides encore, d'expressions qui ne veulent rien dire, . comme ce mot de »#usicalité absolument dénué de sens, - puisqu'il est la substantification d’une qualité, mais qui fait bien dans un article pour « épater le bourgeois ». Il n’est d’ailleurs pas surprenant qu'on ne puisse
choisir qu'entre ces deux termes insuffisants et extrêmes, …
puisque la dernière chose dont on se préoccupe dans la | classification des genres musicaux est précisément leur … qualité esthétique. Dans un remarquable ouvrage tout : récemment paru, l'Unité dans l'être vivant, M. Le … Dantec démontre que jusqu'à ce jour l'espèce n'avait … été définie que très imparfaitement en biologie et le plus.
souvent basée sur des ressemblances morphologiques arbitrairement choisies, alors que l'identité qualitative ‘4 des substances qui composent des êtres, c’est-à-dire ‘à l'identité de leur composition chimique devrait seule
faire ranger ces êtres dans une même espèce. Il en va 4 de même pour les ouvrages musicaux. Je suis sûr que l’immense majorité des dilettantes ne voient dans la - Symphonie qu'une suite de morceaux de différents mou- 2 vements écrits pour orchestre et plus ou moins polypho- * niques. Peut-être même plus d’un compositeur serait-il
fort empêché d'en donner la juste définition.
Je ne prétends point trouver aujourd’hui cette définition ; j'aimerais cependant à m'acheminer vers elle, et. 4 si vous me dites qu'il serait fort inutile de l'établir,. À chacun ayant le sentiment très net de ce qu'est une symphonie, je vous répondrai que le sentiment n'est. peut-être pas suffisant en pareille matière, et qu'avant d'entreprendre un travail, et d'adopter une forme d'art, il serait bon de savoir à quoi répond cette forme, afin de ne pas se contenter d'une grimace, et d’approprier la coupe, la marche et l'agencement des œuvres aux exigences de leur constitution intime. Et
Mais, objecterez-vous aussi, qu'importe le respect absolu de tel ou tel genre! Pourvu que le compositeur «