PRET
. Lethème de la seconde partie rappelle à s’y méprendre
è la chanson que César Cui fit jadis chanter à Janik au début du Æ/ibustier : « Dit en pleurant la fille du roi... » Les variations en sont parfois curieuses mais un peu simplettes, et c'est fort désagréable, dans une grande salle, d'entendre coup sur coup sept petits morceaux séparés les uns des autres par un arrêt, où le public hésitant ne sait s’il doit applaudir ou se taire.
Quant aux deux derniers mouvements, je les trouve tout à fait indignes du genre symphonique. L’intermezz0, coupé d’un air de ballet dont Gounod eût à peine oser surcharger Faust ou Roméo, semble un menuet alourdi par le goût barbare des mangeurs de chandelles, — la grande Catherine en devait danser de semblables avec ses favoris, — et le Finale, en dépit de ses
changements de coupes plutôt que de rythmes, car le
rythme reste toujours le même au point de devenir à la longue agressif et canaille, le Finale ressemble également à de la musique du dix-septième siècle à la fois pastichée et épaissie, quelquè chose comme du Poise enflé. Un vacarme affreux le termine.
Le seul moment exquis de la journée fut celui où Mme de Gorlenko-Dolina chanta en perfection et avec un immense succès deux chansons de Rimsky-Korsakow, tirées l’une de la Fiancée du Tsar et l’autre de la Snégourotchka. La première, une délicieuse complainte sans accompagnement, mariant deux éléments qui dans notre musique occidentale ne se rencontrent guère à la fois : les vocalises et la mélopée, discrètes vocalises qui joignent leurs ornements délicats à la tristesse éplorée de l'élégie. La seconde, une de ces adorables « Chansons de
cAFIE = «
Lell », que la même cantatrice fit jadis applaudir au
sous la guirlande légère dont l’entortille la clarinette, au
scintillement ailé du tambour de basque et des archets
frissonnants !
… Mais quand donc nous jouera-t-on les merveilleuses :
symphonies de Borodine?
15 avril 1002.
Voici donc finies, pour cette saison, mes chroniques des Grands Concerts. Il ne me reste plus qu'à rentrer dans le silence et qu’à m’en aller, le dimanche, respirer l'air des champs.
Somme toute, l’hiver passé fut excellent... pour les morts. L'auteur de Tristan et celui de la Pastorale, à la
rue Blanche ; Lalo, César Franck et Berlioz, au Châtelet
trouvèrent des interprètes éminents. Quant aux nou- veaux venusils n’y furent pas très heureusement accueillis, même ceux qui devraient, ce me semble, charmer . les bons musiciens. Mais tu es si moutonnier, bon 1
public! Tu crains si fort de te tromper dans tes admi-
rations que tu prends le parti de siffler toujours les nou- |
veautés. C'est évidemment parce que tu doutes un peu de ta jugeotte, et, chez toi, cette hostilité n est qu’une forme de la modestie ! D'ailleurs j'aurais tort de t'en vouloir. L'autorité des mandarins t’effraie. Voyons pourtant! Révolte-toi contre eux ! Songe que nul n’a le monopole du bon goût ni du savoir artistique! Revendique ton
droit de goûter aux œuvres d’art par toi-même! Quand .
radote le bon Homère, ne l'écoute plus, tout Homère
qu'il soit. Et si le plus insolent des petits gamins te.
PT
Cirque d’Été, celle où la voix mutine ondule et sautille |
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