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Fiers, tels les soleils d’or volent Sur le plan vermeil des cieux!
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Voler sur un plan, voilà que je recommande à l’attention de nos subtils aéronautes ; — et des quatrains, où indépendance de la syntaxe frise la témérité :
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Ton magique attrait resserre,
Quand la mode en vain détruit; L'homme est pour tout homme un frère, Où ton aile nous conduit,
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Je ne sais si ce magique attrait vous resserre (il s’agit probablement du corset moderne); mais moi cette poésie... Oh! Madame, qu’allais-je vous conter là ?
Quant au Don Juan de Richard Strauss, tout ce que je puis vous en dire après une audition flottante et incertaine, c'est que vraiment ce métamusicien moderne a le don de choisir les sujets les plus antimusicaux du monde. Que son orchestre soit traité de main de maître, j'y consens, mais les idées s’avèrent d’une banalité navrante, et
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le lyrisme systématique et non réel auquel il s'efforce,
n'en dissimule point la « rondouillardise » absolue. Si
vous réprouvez « Ah! viens dans une autre patrie ! »
chez l'italien, je ne vois pas pourquoi vous l’agréeriez plus volontiers sous un lourd vêtement germanique.
PE Pendant ce temps, après avoir applaudi la Quatrième Symphonie de Schumann, enlevée magnifique-
ment, et les poétiques Funérailles d’'Ophélie, de M. Bourgault-Ducoudray, le public des Concerts Lamoureux Se partageait en deux clans, pour et contre le Concerto en ut mineur de Saint-Saëns, que Mme Bloomfield-
Zeizler exécutait avec un superbe talent, — non point exempt peut-être de quelque sécheresse. À vrai dire, je n'y étais pas, mais je tiens ces détails d’une autre moimême, « mein bess'res [ch », dirai-je avec Rückert. Sans doute le clan hostile au piano et à la virtuosité était-il composé sinon d'une seule unité. — fort bruyante en ce cas, — tout au moins d’une minorité infime. Pensezvous que je l'approuve ? Nullement, Madame. D'abord ce Concerto, surtout, dans sa seconde moitié, me semble digne d’admiration; et puis si je ne suis guère favorable aux exhibitions de solistes, je n’admets pas qu'on siffle : c'est grossier vis-à-vis de l’artiste, cela gêne les auditeurs
(ils ont le droit d'écouter sans qu’on les trouble), et c'est
maladroit. Par un tapage hostile on provoque des contremanifestations plus chaleureuses; sans compter que si vraiment on déteste l’'encombrante virtuosité, vider la salle à demi quand arrive le tour du concerto, ou l’accugillir par un silence glacial, serait un mode d’expression bien autrement éloquent, eflicace et poli que le vacarme égoïste, antiphilosophique et toujours un peu
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vaniteux qui prétend imposer aux autres un sentiment personnel. Bébé n'aime pas les huîtres, il ne veut pas que sa petite sœur en mange. Franchement c'est enfantin |
Paris, le 6 décembre 1902.
Chère Madame, les concerts Colonne viennent de nous donner un court poème d'orchestre de M. Bruneau : La Belle au Bois dormant. J'apprécie beaucoup les drames lyriques de ce compositeur pour leur belle sincérité d’accent, leur inspiration très personnelle, et la saisissante âpreté des passions qui s’y déchaînent. Tandis que vous, j'en suis sûr, vous ne les estimez guère : telle que je vous ai conçue, cela ne vous est pas possible et je ne vous le reproche pas. Vous cherchez dans l’art des qualités précisément antinomiques à celles qui me font goûter l'Ouragan, l'Attaque du Moulin, le Réve. Aussi j'aurais l’air de commettre une petite lâcheté, peut-être une flatterie à votre égard, si je vous avouais sans préambule que je n'aime pas beaucoup la Belle au Bois dormant. Mais l'œuvre que je critique est antérieure de plusieurs années à celles que j'exalte volontiers, et ceci me met à l'aise pour en parler sincèrement. La lecture de ce poème lyrique au piano m'avait du reste donné l'espoir que je prendrais plaisir à l'entendre à l'orchestre. Les thèmes, sans offrir une très grande rareté de ligne, me plaisaient par une certaine franchise conciliant un grand classicisme de carrure avec quelques harmonies audacieuses, que leurs répétitions voulues parent d'un aspect légendaire et bon enfant. Qu'est-ce qui res-
semble plus à un archaïsme qu’un néologisme ? Au concert tout cela m'a paru desservi par une instrumentation banale et bruyante. Dans les sujets de poésie et de mys-
tère, soit que nous soyons gâtés par les Russes et par
votre ami Debussy, soit que le rêve appelle impérieusement des couleurs un peu recherchées, noùus souhaitons maintenant des combinaisons de timbres plus subtiles que celles de l’autre jour, et c'est en vain que la vue de huit cors, en front de bataille, m'avait fait espérer quelque fanfare fantastique, fluide et falote comme les feuxfollets du sommeil.
M. Van Dyck, mal accompagné par un orchestre indécis et tapageur, a chanté diverses pièces de Wagner avec son autorité magnifique et sa belle intelligence musicale. Tout de même c'est un peu ridicule ces fragments sans aucun rapport les uns avec les autres, exécutés à la file, et où l’on voit le même chanteur devenir Lôgue, Siegmund et Siegfried, en moins de dix minutes. II l’a, le heaume, ce monsieur chauve !
La séance avait commencé par une exécution tragique, emportée, palpitante, superbe de la Symphonie en sol mineur de Lalo. Combien je l’admire, décidément, cette œuvre que d’autres estiment trop dramatique, c'est-à-dire trop active, trop vivante. Ah! c'est que n'importe quand, n'importe au milieu de quelles douleurs, sous le coup de n’importe quel deuil, la Vie me semble une chose si belle, si admirable, si passionnante ! Et toujours ils me remuent si profondément, les accents shakespeariens, que le symphoniste a trouvés dans l’andante imprégné de l’ardente tendresse des Ophélie et des Juliette, dans l'allegro initial digne de servir d’ouverture au ÆRor
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