‹ Paraphrases musicales sur les grands concerts du dimancheChapitre 48 sur 68 · AO) OM · texte numérisé non relu

AO) OM

Lear!... Et ce finale aussi, comme je l’admire avec son . double élément de rythme fougueux et d’exaltation mélodique : le rythme, cette palpitation joyeuse que la vo- lonté de vivre prolonge comme les battements mêmes de nos cœurs à travers les vicissitudes des temps, et la mélodie, souveraine expression du Sentiment, de cet instinct non moins impérieux que l’autre, et qui suspend des guirlandes de haine ou d'amour à toutes les escales - de nos pauvres existences ballottées, comme à tous les carrefours des grandes races humaines !

Je crois que la Symphonie de Lalo restera l’un des plus beaux témoignages de la pensée celtique, l’un des plus significatifs en tous cas.

Paris, le à décembre 1002.

Dimanche dernier, je fus au Nouveau-Théâtre m’embaumer le cœur de trois chefs-d'œuvre : le Roméo et Juliette de notre Berlioz, Siegfried Idyll et la Symphonie

- héroïque. J’entendais pour la première fois ce Roméo joué de manière à en dégager la parfaite beauté. Quelle verve ! quelle clarté ! quelle passion nerveuse et juvénile ! Seule peut-être la Scène d'amour sembla-t-elle quelque peu longue aux auditeurs. Et ceci prouve, une fois de plus, que nous ne saurions envisager quoique ce soit

avec une objectivité suffisante : car est-il un amant qui partagerait là-dessus notre façon de voir ?

La Symphonie héroïque, splendidement exécutée, nous

transporta vers les sommets où tout s’épure, où l’on jouit aussi pleinement d’un bonheur évanoui que d'un bonheur en cours, où la douleur même devient une joie

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