DR DT IPARAPHRASES MUSICALES
spirituelle, parce que l'on y plane au-dessus des contin- | gences décevantes et des stériles illusions. ; Siegfried-Idyll enfin nous replongea dans l'abîme nostalgique et charmant de nos adolescences lointaines, oh! déjà si lointaines! avec ces harmonies exquises toutes vibrantes des possibilités amoureuses et chevaleresques qui palpitaient sans réticence dans mos âmes féales, quand nous avions vingt ans. Que ce temps est loin ! et quel miracle, n'est-il pas vrai, que celui de la musique, puisqu'elle peut nous redonner une heure lil-. lusion de revivre notre printemps bleu, rempli de gazouil- … lements d'oiseaux, de mystérieux appels de cors, d'eaux chantantes et de troubles sans peur ! Oh! Siegfried, » Siegfried, intrépide garçon qui tout à l'heure vas appeler ta mère, quand tu découvriras la terrible harmonie de w la Femme, quelle reconnaissance ne devons-nous donc » pas aux génies qui enfantent les êtres d’idéal, comme toi, … pour nous aider à marcher dans les sentiers trop rudes, s que vous illuminez d’un rayon splendide et fraternel! M
7 d à D L3 lent. Dé LE ss -
Paris, le 18 décembre 1902.
Chère Madame et Amie, dimanche dernier M. Colonne | donnait encore la Damnation de Faust, — service de“ huitaine après le service du bout de l’an, — et M. Chevillard, poursuivant le défilé des Symphonies de Beetho-"
bémol. Quelque respect que l’on doive au grand nom du maître, il est permis de penser que si cette pièce n'était …
4 que Peche pensée très pure ne très aan ju ‘en - conviens, mais tout de même assez ennuyeuse.
Je ne goûtai pas beaucoup, non plus, l'interprétation
- du scherzo, un peu hoquetante et gonflée de nombreux . soufflets comme en perpêtrent les pianistes qui jouent pour la première fois de l'harmonium. Mais le finale !
ni:
CRE A TE re IT OS +
ah! ce finale, Madame, quelle giration folle, grâce aux
; Fpareits instrumentistes, quels maelstroms Sas et
vertigineux tout. ensemble, avecdes galopades de bassons,
initons piaffeurs et déchainés ! Vous entendez d'ici nos
applaudissements : et nos bravos. Nous voici réveillés. M. Warmbrodt chanta, fort bien selon moi, plutôt
mal selon d'autres, les admirables vers de Verlaine : Le Votre âme est un paysage choisi... » sur l'air mélanco- . lique et vieillot de M. Gabriel Fauré. La minute fut . exquise où se déroula, pour notre charme, cette musique . mineure du mélodiste, chatoyante et patinée tout en- … semble comme un petit cadre de Watteau. Ah! les ors fanés et la lumière féerique, blonde et bleuâtre des EE de modulations et d’harmonies! Comme il
est séducteur, tout de même, le musicien de Prométhée,
quand il écoute les chuchotements de sa muse précieuse et sourdinière !.. La chanson de SzAylock, murmurée sur un rien d'accompagnement procède de la même |: Pant tout en nuances, et si je vous dis que deux vers sont marqués au coin de la personnalité du maître:
I1 faut votre beauté pour qu'elle nous soit bonne. Et depuis les soirs d’or jusqu'aux matins rosés.
vous serez capable de vous les chanter à vous-même, sans vous tromper d’une seule note.
Je n’ai pasmoins goûté les trois morceaux de musique
a surtout dans le premier (Entracte), une élégance de rythmes pimpants, papillotants et discrets, et les fanfaronnades d’une petite trompette polissonne tout à fait . délicates. Le grand public ne mord pas très bien à cela: … encore une fois c’est de l’art trop français, et nous nous mettons de la cire dans les oreilles, comme les compagnons d'Ulysse, quand :ïl s'agirait d'entendre les 1 sirènes séquanaises. Le tempérament félin d’un compo- . siteur né pour musiquer Puck, Ariel et Mab serait-il ” d’une subtilité trop naturelle pour toucher les gros mystifiés que nous sommes, et n’y aurait-il pas que dans + la finance, chère Madame, que l’on rencontrerait des 1 Humbert? En avant la grosse caisse [!! \
Pour écouter le Concerto de Schumann, je suis monté … dans les régions élevées du Nouveau-Théâtre. Là j'ai pu . constater une fois de plus que le genre est odieux, et, . grâce à l'éloignement, qu'on ne saurait jamais amalga- w mer le piano et l'orchestre : les sonorités de percussion, « dirait un physicien, ne sont pas fusibles dans les ; sonorités de frottement. |
Paris, le 21 décembre 1902.
Chère Madame, cette fois je vous écris aussitôt en sor-
- artiste de premier ordre, en se révélant au public jus-
tement enthousiasmé. Je veux parler des débuts de
- M. Alfred Cortot comme chef d'orchestre au Concert