‹ Paraphrases musicales sur les grands concerts du dimancheChapitre 50 sur 68 · EP ET PT PE PU · texte numérisé non relu

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Colonne. Mais si je me laisse aller maintenant au lyrisme dont je me sens la proie, vous ne m'entendrez

plus parler que de la magnifique audition du Crépuscule des dieux, qui s’achevait il y a vingt minutes.

Or, chère Madame, il sied d’abord que nous nous

disputiôns ; car je passe à /a Damoiselle élue, le poème

lyrique de Dante-Gabriele Rossetti mis en musique par M. Claude Debussy, quand celui-ci était pensionnaire

. de l’Académie de France à Rome. Mais, comme dans mes dernières lettres j’ai fait quelques allusions un peu... souriantes à ce musicien, récemment promu grand

génie, permettez-moi (pour que vous ne soupçonniez pas ma bonne foi complète à son égard), de vous

. rappeler qu'au temps où, ni vous, ni la notoriété subite de

M. Debussy n'’existiez encore, j'ai par deux fois célébré

ses délicieux Nocturnes. Je ne m'en dédis point, et, si

vraiment, depuis l’invraisemblable succès de Pelléas,

. Jai vis-à-vis du jeune maître quelque tendance à

l'ironie, l'enthousiasme désordonné de ses admirateurs en est la seule cause. Je vous avoue qu'aujourd'hui encore ils m'ont fortement agacé, avec leurs « De-bus-sy ! De-bus-sy ! » hurlés sur l'air des lampions. Cela sent la

réclame d’une lieue et m'indisposerait contre le plus

grand génie du monde. Et cela me surprend aussi. Car, s’il m'est interdit de soupçonner la sincérité de ceux que charma /a Damoiselle élue, j'ai du moins le droit de m’étonner que tant de gens goûtent avec cette frénésie un ouvrage qui m'ennuie à ce point. Je peux bien vous le

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