DEN A PARAPHRASES MUSICALES
tions dela Grotte de Fingal, et de l'Ouverture de Gwen-
doline, la première toute poétique et d’une tenue orchestrale si distinguée, — en dépit de MM. les snobs, Mendelssohn touche parfois à l’exquis, — la seconde d’une violence quelque peu effrontée, mais d’une intensité de vie frémissante et qui réjouit l'âme.
Deux mots aussi de la 3° Symphonie de Schumann, en mi bémol. Certes l’inspiration m'en semble de tous points admirable, le scherzo délicieux, l'allegro final plein de feu; tout cela jaillit d’un cœur généreux, délicat
êt noble; mais Enfin cinq morceaux pour orchestre mis
bout à bout ne constituent pas une symphonie. Nulle
part on n’y sentl’homogénéité compacte qui caractérise
toute pièce digne de ce nom. Les mélodies s’y répondent et ne s’enchevêtrent pas, la texture en demeure lâche, et l'instrumentation ne pêche pas seulement par une monotonie d'accent, qui fait de cette œuvre un trop vaste camaïeu musical, mais encore trahit en plus d’un endroit les intentions du compositeur. Je gagerais que,
dans le maëstoso notamment, il n'a pas dit ce qu'il vou-
lait dire, et qu’il dût, plus d’une fois, accuser les exécutants d’un manque de sonorité dont lui seul s’était rendu coupable, en confiant à chaque groupe d'instruments des thèmes visiblement en dehors de leurs aptitudes. Il n'empêche que l’œuvre présente un intérêt très vif, et nous devons remercier les interprètes de lavoir mise au point et rendue avec tant d’amour et d’intelligence. J'arrive au gros succès de la séance, l’audition de M. Särasate, et j'avoue que j'éprouve quelque hésitation à formuler mon avis là-dessus. Pourtant je l'énoncerai
tout entier, m’étant fait une règle de la plus absolue sin-
érité. M. CAN est illustre, et je respect s'impose
RE ement à l'égard d’une telle personnalité ; mais
4 enfin les idoles sont discutables, et, sans prétendre pour
ñ pe cela froisser les consciences bouddhistes ou païennes, n’a-
; ‘à t-on pas le droit de déclarer que l'on n’adore ni Bouddha,
F ni le grand Zeus. D'ailleurs, je n’intenterai point de pro- | cès personnel à M. Sarasate : il se tient mal en scène, . paraît peu respectueux du public et dés auteurs qu'il
à | ts affecte une aisance qui frise lesans-gêne, mais
… c'est évidemment un grand violoniste, très décoratif et
très habile.
4 Je regrette, en revanche, de n’avoir pas la voix plus
forte et de ne posséder point l’autorité voulue pour pou-
À que les virtuoses constituent un mal, peut-être néces- | saire, mais un mal excessif, contre lequel il importerait | + de se défendre ! Je RSS aujourd’hui l’exemple qui se À | présente à moi; mais qu'on ne s’y trompe pas, je ne me | tairai jamais sur cette question; je me répéterai tant à qu il me sera possible de tenir une plume; bien dés fois par conséquent, si Dieu me prête vie, car je suis jeune.
… et c’est l’unique excuse d’une franchise que j'espère conà | server.
ne Donc, voici M. Sarasate qui nous joue le troisième - concerto pour violon de M. Saint-Saëns, et l’on sait ce qu un concerto distille généralement d’ennui. Celui-ci confirme la règle, et, comme premier grief, j'accuse justement les instrumentistes trop habiles d'inculquer au public, et d'imposer aux musiciens, des œuvres, que ces derniers se refuseront toujours à considérer comme ï - artistiques. Le nom de M. Saint-Saëns ne fait rien à la
voir crier, de manière à me faire sérieusement entendre,
20 PARAPHRASES MUSICALES ch “t
chose; quand un compositeur écrit des harmoniques piquées et des sautillements d’archet, par ces concessions à la vanité des exécutants, il viole le principe même de toute beauté, la sincérité du sentiment inspirateur.
Du moins si les Sarasate s'en tenaient aux pièces soigneusement écrites, et de mérite quelconque ! Mais pour peu qu’on les bisse, ils se hâtent d'épancher triomphalement, dans des milliers de bouches bées, certaines études, utiles assurément à l’acquisition de leur talent, mais tout juste aussi agréables à entendre que le sciage d’un stère de bois ou que le concassage d’une tonne de cailloux.
Mais je leur reproche aussi, quand par hasard ils exécutent une œuvre de réelle valeur intrinsèque, de songer d’abord à eux, à eux ensuite, et quelquefois à la Musique,.… après eux, s’il en reste! Ils déformeront une phrase, pour le plaisir de produire un bel effet, ajouteront des points d’orgue, piétineront l'esprit d’un morceau afin de s’assurer un rappel de plus, avec une désin-
volture dont leur inconscience seule peut leur mériter le
pardon.
Je sais bien que tout ce que j’avance ici n’est pas très. neuf; il paraît pourtant qu’on ne l'a pas assez répété,
puisque le public n’en est pas convaincu. Et l’on m’objectera précisément le plaisir qu’éprouve celui-ci devant ces gymnastiques sonores. Reste à déterminer si ce plai-
sir contient la moindre parcelle de jouissance esthétique,
ou si les musiciens, plus conscients de l’intime beauté de la vraie musique, ne devraient pas mettre la masse trop confiante en garde contre ces ivresses grossières, et en
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où serait leur véritable place. Puis on ajoutera qu’il en F faut, de ces artistes (?), pour en former d’autres et pour ne . fournir des interprètes aptes à rendre les œuvres diffi- …— ciles douées d’une réelle grandeur intrinsèque. Assuré- De. ment; mais alors pourquoi ne réservent-ils pas leurs 3 aptitudes au service de bonnes causes? pourquoi ne Re sacrifient-ils pas un peu de leur triomphe P — Eh! je sais bien que gâtés par les applaudissements, 4 choyés par mille flatteurs, les exécutants notoires, s’il 4 leur arrivait de rencontrer ces lignes, ne sauraient me ee considérer que comme un insolent ou comme un détra- ‘à qué. Mais quelques jeunes instrumentistes me liront à 4 peut-être, et tâcheront de me comprendre, avec cette - ardeur qu’apporte la nouvelle génération à toutes ses - opérations mentales ; et s’il m’arrivait de détourner un 4 ‘4 seul d’entre eux de la virtuosité, — non pas certes du | talent conquis par de longues et patientes études, mais
Ne - decette habileté qui demeure à soi-même son tout et sa
… fin, — je croirais ne pas énoncer vainement mes justes
À 4 indignations devant tant de forces gaspillées
44 13 janyter 1900.
% né
4 Tandis que Faust se faisait damner une fois de plus “ au Châtelet, M. Chevillard offrait à ses habitués un
— core qu'on y pourrait peut-être introduire un peu plus de … méthode, et ne pas jouer aux Scènes pitioresques le mau- - vais tour de les servir après la fracassante ouverture de
… Gwendoline. Elles demeurent charmantes, par endroits,
reléguer les Pneurs dans les cirques et les music-halls,
. concert dont l'éclectisme n’est pas pour me déplaire, en-
À qu à AU re 4 ie M ; ee $ 4 SRE dr 0 MU RAMAPHRASES. MUSICALES TP ONE
ces légères fantaisies de Massenet, mais accusent quelques rides quand on les éclaire d’un jour trop brutal. | |
Je ne m'appesantirai point sur les autres numéros du programme, la Danse Macabre et les fragments de Parsifal, exécutés avec beaucoup de soin. D’aucuns prétendent ne pas aimer ces arrangements qui consistent à terminer un morceau en y raboutissant un autre passage de la même œuvre.
Je n'y vois, pour ma part, aucun inconvénient ; je constate seulement que cela déplaïit à beaucoup de dilettanti, et puis, en pareil cas, cela fait bien de crier au sacrilège ; c’est une manière comme une autre, — plus facile même que beaucoup d’autres, — de manifester sa piété pour les chefs-d'œuvre.
Il ne me reste qu’à signaler la belle exécution, par M. Falcke, du Concerto pour piano de M. Gédalge. 11 serait bon, tout de même, que les jeunes compositeurs cessassent de puiser toutes leurs inspirations dans leur cerveau. Platon distinguait chez l’homme trois âmes, très diversement situées, la première dans la tête, la seconde au cœur, et la troisième où vous savez. Quand donc messieurs les nouveaux venus se décideront-ils à sentir vivre en eux les deux dernières ? Je préfère encore « l’illustre et cher Maître » qui... mais jé vais dire des bêtises.
Bref la sécheresse et la froideur caractérisent l’œuvre dont il s’agit, et le remarquable tour de main, qui s’y manifeste d’un bout à l’autre, ne parvient à la dégeler que vers la péroraison ; vraiment c'est un peu tard!
27 janvier 1900.
ation des concerts Lamoureux vient d’exécuie Antar, de Rimsky-Korsakow, pour la première fois.
… On connaît le sujet de ce poème symphonique. Je me | contente, pour le remémorer aux lecteurs, de transcrire ici Ja notice imprimée en tête de la partition. Ï Grandiose est l'aspect de Sham; grandioses sont les ruines
R ve Palmyre. Be: Antar a pour toujours abandonné la société des hommes, car c'est par le mal qu'ils ont répondu au bien qu'il leur … voulait faire ; aussi leur a-t-il juré une haine éternelle; il s’est | retiré dans le désert de Sham, au milieu des ruines de Pal- ; | myre
( Soudain, une gazelle charmante apparaît; Antar se dispose ; à la poursuivre; mais un bruit terrible retentit dans les airs et … la lumière du jour se trouve voilée par une ombre épaisse; à ques celle dun oiseau ae qu fait la chasse à le
l'oiseau fuit en à poussant un na cri, et la gazelle Asnaeate
- Antar, resté seul, s'endort. En rêve, il se voit transporté dans un splendide palais : des esclaves s’empressent à le ser- M: vir, un chant mélodieux charme son oreille. Il est dans la “demeure de la Reine de Palmyre, la fée Gul-Nazar : c’est elle qu il a sauvée des griffes de l’esprit des ténèbres, alors qu’elle
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—… avait pris la forme d’une gazelle. La Fée reconnaissante pro- “ie Antar les délices les plus grandes de la vie. La vision disparaît, et le héros se réveille au milieu des ruines.
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à > m » . LD .
. Les Délices de la vengeance : c’est la première des jouis-
, fé | Sances accordées à Antar.
Les Délices du pouvoir : c'est le deuxième don de la Fée.
Antar est revenu au milieu des ruines de Palmyre; il va goûter enfin les Délices de l’amour. C’est dans les bras de la Fée qu'il en savoure l'ivresse et qu'il expire en un dernier baiser.
Sur le lent murmure des basses, et le grondement des cors, s’espacent quelques coups sourds des timbales: les contours d’un paysage solennel et désolé surgissent
aussitôt devant nous, évoqués avec cette sûreté de touche
qui caractérise la nouvelle école russe, et dont les Seppes de Borodine peuvent servir d'exemple classique. Dans le silence du désert, une phrase des violoncelles et des clarinettes, qui constituera désormais le thème d’Antar, peint, avec une grande et simple fierté, le détachement du héros, cependant que sous cette évocation d'une âme vaste, mais désabusée, les lignes du décor s’affirment toujours dans les profondeurs de l’orchestre. Soudain, sur un frottis des violons, la flûte lance un gracieux thème oriental, que scandent légèrement les harpes : c’est la gazelle qui fait son apparition gracieuse. Antar va s’élancer derrière elle, mais un trille des cordes dans le grave s’enfle rapidement, et l'ombre épaisse, dont parle le livret, s’appesantit tout à coup sur les claires so-
norités. Un trémolo d’effroi, puis un coup de cymbales ;
et le drame, en quelques secondes, s’achève ainsi par la
mort de l’oiseau de proie, terrassé d’un coup de la lance d’Antar.
la flûte, et du Aa d’Antar, met (te deux ones en présence : la Fée Gul-Nazar, et celui qui vient de Ia | sauver, tandis qu’elle demeurait incarnée dans le corps $ ñ svelte de la gazelle. ; et deux flûtes, exquisement accom- 4 ‘pagnées par le quatuor et les harpes, puis par la vibration …. pianissimo des cymbales, déroulentcethème oriental, que 4 les cors redisent bientôt après solennellement, sur le “ frémissement des cordes. On ne saurait imaginer rien ï Le plus chaud que ces sonorités; c’est tumultueux avec délicatesse, lumineux et doux, je dirais volontiers onctueux.
BU Un frémissement suraigu du violon-solo se prolonge ke, travers des arpèges, tandis que la flûte redit de nou- “ veau le thème de la Fée; celui d’Antar éclate encore aux …. violoncelles, et le tout se fond en une sorte de danse » enlaçante toute pleine de promesses.
2% Mais le dormeur se réveille d’un tel rêve; la gazelle féerique n’est plus là, le palais s’est évanoui comme le …. songe, et la vision de solitude encadre seule, une fois de . plus, le détachement d’Antar, ; usqu’à ce qu’un court cres- … cendo vienne briser net ce premier acte du drame. re Les Délices de la Vengeance !... Comment exprimer | B. l'effet de ces trémolos immenses, de ces pulsations qui, | parties des altos, gagnent deux fois tout l'orchestre, nettement rythmées par les coups de cymbales, aux clameurs D doiécs des flûtes ? Chose étrange! l’intensité du son «n'est pas énorme : tout cela reste voilé, sourd, exprimant ÿ une violence méthodique et presque taciturne, et la puisà . sance du héros ne s’en évoque pas moins effroyable. Les cordes ébranlent, les cuivres arrachent, déracinent, et
ui
BE: à
© PARAPHRASES MUSICALES le conculcateur de peuples se complaît dans son œuvre abominable, savourant d’un cœur froid les cruautés qu'il déchaîne. On entend l’ahan formidable du pétrisseur d'humains, broyant les vies dans le pétrin des carnages, et, dans les fulgurances de la symphonie, quelques coups de grosse caisse accompagnant cinq ou six dissonnances
terribles, établissent enfin l’écrasement sans merci!
Voilà que tout cela s’apprête à recommencer encore; mais brusquement le dégoût s'empare du superbe bourreau, dont le motif succède, plein de sa primitive lassitude, au vain jeu des horreurs, qui ne surent le distraire.
Les délices du pouvoir !... Sur un rythme carré, — toute cette œuvre singulièrement forte ne connaît que des mouvements précis, — un thème de fête éclate magnifique et les violoncelles, dans un élan triomphal que ne dépassa, que n’atteignit peut-être jamais aucune musique, chantent la gloire d’un roi des rois. Mais où trouver les mots assez nobles, assez souriants, assez libres pour rappeler, même de loin, la noblesse, les sourires et la
souveraine liberté de cet orchestre épanchant sa biblique : et prenante vanité, son radieux orgueil, au milieu du
délire des triangles et des tambours de basque, parmi les éclats de joie des flûtes. Et cela monte, monte toujours... Maintenant les violons, de leur timbre asexué redisent la féminine exaltation des violoncelles et l’on marche le front nimbé de puissance; on glisse avec Antar dans les sandales assyriennes, sur les onyx luisants, parmi les ors, les pierreries, les carnations des femmes et des éphèbes, dédaignant les émois charnels, pour ne plus goûter que l’intense volupté d’aller, de planer sur
les fronts inclinés, le chef ceint de la tiare aux triples
.… Mais, hélas! reparaît le thème de la réalité: c'est l’enà nui, les ruines et la désolation.
| Reste la joie dernière !!!.. Antar va la goûter enfin.
: L'amour que la Fée porte avec elle à son sauveur est point uniquement la jouissance sensuelle, qu'un artiste moins profond se serait contenté de faire chanter “aux cordes langoureuses. C’est un vin si fort, si géné- À reux, qu'il en paraît presque âpre; l'ivresse qu’il donne … s'adressant à l’homme entier, corps, esprit et cœur, l’endort gravement et le tue. Mais à travers quelles phases vient-il, ce trépas adorable? Demandez-le donc au cor anglais, puis à la flûte, qui, soutenus par le ronflement ‘des cors et des bassons, alternent leurs triolets enlaceurs, Un mouvement giratoire lent, mais d’un effet sûr, étour- ‘4 dit graduellement le héros, et ce motif tournoyant, les à | violoncelles le reprennent, la clarinette basse le redit. L'éblouissement s’accentue, la vue se trouble, la pamoison s'accélère, et le thème d’Antar, que les violoncelles reprennent une dernière fois, cède la place au thème d'amour, s’y fond définitivement. Les archets capiteux | l'enveloppent, et la flûte le capte. Vaincu, le guerrier ne S s'exprime plus que par la voix surhumaine des violons, sur les battements entrecoupés de l'harmonie. À ses yeux des extases infinies se révèlent: il voit le ciel, il en franchit le seuil, il est mort à la terre et vivra désormais d lans le Monde suprême, où règnent côte à côte le Calme et le Bonheur.
Félicitons chaleureusement M. Chevillard et ses musi-
Lt
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ciens d’avoir rendu la superbe symphonie du maître russe avec tant d’ardeur et de vie, un goût si parfait, une sûreté de sentiment et une magnificence de sonorités digne de tous éloges. Le public, malgré ses applaudissements nourris et répétés, ne m'a point paru cependant goûter l’œuvre à sa juste valeur, ni saluer, avec l'enthousiasme qu’elle méritait, l’interprétation tout à fait supérieure qu’on lui en a fournie.
Des autres morceaux de la séance, je ne dirai rien, et ne rappellerai que brièvement le court poème symphonique de M. Léon Moreau, Sur la Mer lointaine. J'avoue n’en avoir pas bien compris le sens musical, non que cette œuvre me paraisse confuse, mais par un défaut d'intelligence qu’il ne faut évidemment attribuer qu’à moi seul. Je suspens donc mon jugement en ce qui concerne ce morceau. Je connais du même auteur des mélodies charmantes ; je craindrais par conséquent d’être
injuste en formulant ici quelque opinion hâtive. Toutce
que je puis avancer, guidé par un instinct de race, c’est
que sa composition n'a rien d’armoricain dans sa cou-
leur générale, bien qu’elle prétende évoquer un milieu et 8 Ù
des sentiments bretons. Mais, si je puis l’entendre une .
seconde fois, il me sera permis sans doute de me montrer plus affirmatif à son égard.
10 février 1900.
La Chasse fantastique de M. Camille Erlanger cons- .
titua, par sa nouveauté relative, le principal attrait du dernier concert du Châtelet. Elle forme le 4° tableau d’une œuvre de longue haleine: Saint Julien l'hospita-
+ Le CR Den 2 à
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*L vie entière fut d’abord exécutée, comme envoi de | Rome, en 1894, dans la salle du Conservatoire, et l’on RU | ofirit pour la première fois au grand public, le 8 décem- “it | bre 1895, aux concerts de l'Opéra, la page donnée 400 éoche. avec beaucoup de soin, par M. Colonne. Qui … ne se rappelle l’incomparable récit de cette chasse: « Un : 1200 … matin d'hiver, Julien partit avant le jour... » C’est assu- 0 TN | rément l’un des morceaux les plus parfaits de toute “ti notre littérature. Si vous le relisez, et que vous écoutiez, ee aussitôt après, le commentaire orchestral qu’en a fait M Erlanger, je vous promets une grosse déception. Mais … ceci n'est point un argument: rien ne prouve que le . compositeur ait voulu prendre dans le second des Trois Contesautre chose que la matière premièrede son ouvrage. | Tout semble même démontrer le contraire, ne fût-ce que or extraordinaire livret sur lequel il construisit ses chants. | Dans la nouvelle du romancier, la scène finit aussitôt L après la malédiction du grand cerf, et toute la deuxième | partie du tableau qui nous occupe est bâtie sur des | vers (?) évoquant, ou prétendant évoquer, l’état d’âme “dans lequel cette malédiction doit avoir plongé le chas- | seur. Qu'’à cette égard il me soit permis de me montrer catégorique ; on ne saurait invoquer aucune excuse | d’avoir mis en musique des incohérences comme € elles-ci !
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Les choses justicières, Qui dans nos poitrines et sur nos fronts Incrustent des remords pour ce que nous souffrons!