‹ Paraphrases musicales sur les grands concerts du dimancheChapitre 52 sur 68 · 7 #À#À#À@À#À@À@À#@#@PARAPHRASES MUSICALES · texte numérisé non relu

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modeste, et ce presque timide, mais timide à sa façon,

la bonne, qu'il était dans la vie! »

Heureusement cette manière est passée de mode et ceux qui érigent encore en esthétique les à peu près contournés se font mal juger aujourd'hui.

J'ai pris des exemples littéraires pour me faire mieux comprendre, mais je crains qu'en musique nous ne nous réjouissions des mêmes structures à la fois im-

promptues et compliquées, du même style caillouteux,

de la même impropriété de termes, de la même dissémination des effets. C'est la ligne sacrifiée, ce sont les valeurs méconnues, c'est la pensée maintenue dans les limbes par paresse de synthétiser et par manie d'analyse, et surtout c’est de la pose. On a peur de se montrer ce que l’on est, un médiocre, et l’on devient un raffiné. Vraiment non ! j'aime encore mieux les « rosalies rondouillardes » du R. P. Gounod!

Ah ! parlez-moi de la Symphonie pastorale, que nous entendîmes hier chez M. Chevillard ! Encore ne pouvezvous, chère Madame, en savourer toute la poésie miraculeuse et pacifiante si depuis longtemps vous n’avez pas vécu dans la pleine campagne... Mais ne faisons point de littérature et constatons seulement quelle différence incommensurable sépare le Beethoven-artiste qui, touché jusqu’au fond de l'âme par la grâce des champs, créait cette symphonie sublime, du Beethoven-musicien écrivant un concerto de violon, parce que tout musicien doit écrire des concertos. Eh parbleu! Il a toujours une abondance de belles idées, en tant que Beethoven, mais dans un des cas, juste et splendide miroir de la toutepuissante nature, il apparaît incomparable, et dans

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l’autre nous ne trouvons plus qu’un Monsieur de beaucoup de talent qui veut absolument nous montrer ce talent et qui devient fort ennuyeux. L'interprétation parfaite, ample, sobrement élégante, tour à tour ardente et sentimentale, constamment sincère et noble que M. Henri Marteau nous donna dé cette œuvre, ne parvint pas à dissimuler son évidente longueur. Les conventions y éclatent sans cesse, et les formules en maints passages la sénilisent déjà.

On fit une juste ovation au remarquable interprète

mais je n’ose désapprouver les quelques sifflets à l'adresse

du « genre-concerto. »

Je ne m'étonne pas non plus de ceux qui accueillirent la Bataille des Huns, si merveilleusement jouée par l’orchestre des Concerts-Lamoureux. Ce poème de Liszt offre pourtant un début superbe. Ruée tumultueuse et rythmique des hordes barbares ; hennissements des chevaux emportés, hurlements des cavaliers, déchainement des passions sauvages ! Tout cela, exprimé en une langue colorée, nette, incisive, avec des carrures irrésistibles, passe comme un vent d'orage, et les archets furieux, qui fauchent monts et plaines de leur galop méthodique et forcené, forment l’un des spectacles acoustiques les plus

beaux qu'il soit possible de concevoir. La première image.

du monde chrétien, largement esquissée par les trombones, n’est pas moins saisissante. Mais hélas ! le problème dévie tout de suite ; où nous attendions le triomphe méritoire et laborieux de la civilisation sur la bar-

barie, interviennent des forces occultes, volatilisant tout

le bouquet de la symphonie et gâchant, par un mysticisme poncif, la conception grandiose des deux forces

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