PARAPHRASES MU SICA LES
qu’une analyse ne laisse aucun souvenir durable dans l'esprit, et trahit toujours forcément le sujet qu’elle
prétend résumer. D'ailleurs, je ne me rappelle plus
celui de Parysatis. Si vous voulez le connaître, vous n’avez qu'à louer la partition.
Je citerai donc seulement quelques numéros, dont la beauté musicale m’a particulièrement séduit : la bruyante ouverture, conçue pour le plein air, et qui doit y vibrer puissamment ; le duo de ténor et de baryton chantant
la victoire sur les Grecs ; la superbe déploration d’or-
chestre, toute racinienne, peignant la douleur de Parysatis, à qui l’on rapporte les restes de Cyrus; la Marche d'Artaxerxès, si solide, avec sa facture carrée digne d’un Hændel et sa luxueuse emphase de pompe orientale; /a Jolie Tisseuse (on dit bien une Fileuse) des filles d'honneur ; le Ballet, insuffisamment détaillé par l'orchestre, qui semblait le lire pour la première fois, et les fines vocalises, tout imprégnées de charme sidéral, mimant la déclaration d'amour du Rossignol à la Rose. Mlle Korsoff a jeté ces traits avec une fraîcheur de sons,
ad SEULS RE pr
une poésie, uns aisance de mécanisme qui lui valurent
de légitimes ovations et sa voix me fit songer au mélodieux quatrain de Leconte de Lisle :
Jeune, éclatante et pure, elle emplit l’air nocturne, Elle coule à flots d’or, retombe et s'amoliit, Comme l’eau des bassins qui, jaillissant de l'urne, Grandit, plane et s’égrène en perles dans son lit.
Chacune des roulades, frêles et tremblantes ainsi
qu’une palpitation d'ailes, expire doucement sur un
« oh ! » estompé des spectateurs en extase. à
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