‹ Paraphrases musicales sur les grands concerts du dimancheChapitre 61 sur 68 · LT EUR · texte numérisé non relu

LT EUR

Ve" LL ar' sé “# e

MU

NI PARABHRASES MUSICALES © | 987.

Mais j'ai surtout goûté le délicieux chœur des femmes chantant la gloire d’Anaïta, cette Tanit susiane, cette Phœæbé de la Perse, blanche et pure comme sa rivale hellénique, pleine de caprice et de mystère ainsi que sa sœur phénicienne. Par un mécanisme inverse de celui que je viens de vous décrire, c’est la voix de la soprano solo qui, à chaque fin de phrase, émerge ici, en longues traînées sveltes, de la masse sonore, où les harpes isochrones maintiennent, sous l’incantation des vierges, - la continuité rythmique, symbole et norme de l’éternelle gravitation. ; On s’étonnera peut-être que je goûte à ce point la nouveille production de M. Saint-Saëns... J'avoue que certaines considérations extrinsèques s'ajoutent, dans mon admiration pour elle, à sa valeur absolue et j'entends me servir aujourd'hui de cet ouvrage, comme d’un étendard de réaction contre les tendances actuelles de la musique en France. Je me réjouis, en effet, d'y trouver réunies les deux qualités éminentes qui manquent actuellement le plus à nos jeunes musiciens : savoir ce que l’on veut faire, et faire exactement ce que l'on veut. . C'était le programme de l’art classique, dont nous autres, néo-latins, devrions être les défenseurs et les gardiens dans le monde, et dont j entends, en toute OCCasion, préconiser la grandeur. Non, certes, que je conteste leur habileté technique aux générations musicales plus modernes; mais pouvoir manipuler une matière sonore, complexe et savante en soi, n’implique pas qu’on soit assez maître de sa pensée pour lui asservir cette matière, et j'estime qu'il n’y a de véritable maîtrise que là, où le principe du moindre effort régnant en souverain,

RÉ ee -

Page 1