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no Dimanche dernier, Paris jouissait des confettis, mais en revanche ne pouvait entendre qu’un seul concert,
. Colonne chômant, ce jour-là, pour permettre au bon Be en liesse d’applaudir Michel Strogoff, russe et
Ÿ d patriote. Aussi, ABTS le beau temps, le éss de la
République était-il bondé du haut en bas, et c’est encore au milieu de la plus chaleureuse ovation que s’est achevée la scène finale de Siegfried.
Les Murmures de la Forétet l’ouverture du Varsseau- Fantôme complétaient la séance, avec un Concerto de M. Saint-Saëns, et la première audition de deux petites pièces de M. Ch. Silver, intitulées Rhapsodie Sicilienne. On les a mal, fort mal accueillies, et force est d’avouer que leur platitude est grande. Mais, ni le dialogue de hautbois et de violoncelle qui constitue la première partie: « Crépuscule à Taormina », ni les danses présentées sous le nom de « Palerme », qui ne sont que du pseudo Massenet, — à peine est-il besoin de le dire tant cela va de soi, — ne méritaient de tels sifflets. Répondre par la violence à la débilité, c’est s’armer de la massue d’Hercule pour terrasser une souris. Et, pour ma part, c'est plutôt del’étonnement que de l’indignation que j’éprouve, en constatant les timidités virginales de la toute jeune école musicale.
À voir les produits des cinq ou six dernières générations de prix de Rome (j'en excepte M. Rabaud), on croirait que l’Institut décerne maintenant ses plus hautes récompenses à des demoiselles, tant les œuvres, —. comme les auteurs, sans doute, — ont de délicatesse, de
sourires mièvres, de petites hésitations. Je profitais tout à l’heure de quelques loisirs pour ranger des suppléments |
parus depuis un an dans un journal de musique, qui
n'offre pour ainsi dire à ses lecteurs que les mélodies des tous jeunes gens, et je me suis mis à relire un grand nombre de leurs pièces si « délicates ». Ah ! ma chère!
qu’ils sont mignons, discrets, et bien élevés ! Certes, si.
de
anale ue voyaient comment leurs petits-fils 54 prennent avec elle, ils hausseraient les épaules et se … fâcheraient, à n’en pas douter, de tant de frôlements où 4 ces efléminés s’attardent. E Quant à moi, je ne saurais qualifier autrement que Due saphisme esthétique toutes ces stériles caresses, toute … cette gaieté correcte, tous ces petits gémissements. | Aussitôt après la Rhapsodie Sicilienne, Mile Cécile Ji jouait, de façon plutôt floue, bien qu'avec force trémoussements, le Concerto en mi bémol de Saint- | Saëns. Comment se trouve-t-il des pianistes assez cruels D. nous imposer l'audition d'œuvres aussi parfaitement assommantes ?
Le public, ilest vrai, ne siffle point, parce que c’est … signé Saint-Saëns…. ; mais il baille à mâchoire-que-veux- ‘4 tu, et respire enfin quand les adorables Waldweben % viennent tisser autour de lui le frémissement des hautes ranches percées de flèches d’or.
10 Mars 1900.
| à Dimanche dernier l'intérêt de la matinée résidait chez % M. Colonne dans l'audition de quelques passages de 5% Messidor, qu'ont détaillés à souhait MM. Henri Albers : . et Léon Beyle, couverts, hélas ! par un accompagnement … ridiculement tapageur.
E Je le déclare dès d’abord : j’ai pour la personnalité | musicale de M. Alfred Bruneau la plus vive admiration.
ne drames lyriques, aussi bien VA ffaque du Moulin que
2 Réve, prennent rang, dans mon esprit, parmi les plus
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| PARAPHRASES MUSICALES FRE ser belles œuvres théâtrales de notre époque. En un temps où la plupart des artistes ne savent plus où ils vont, lui nous montre des tendances nettement déterminées. On peut ne point partager ses goûts esthétiques, il est impossible de ne pas en reconnaître l’existence vigoureuse, fl vibre avec force, il dit nettement ce qu'il veut dire, et ce ke qu’il exprime, il ne le tire que de lui, de lui seul : ce n’est point un mérite si mince qu’une forte individualité, dans une génération où l’on n’aperçoit guère que des satellites. Voici le lecteur prévenu que je vais me montrer élogieux. Que l’on ne s'y méprenne point cependant, et qu’on ne m’accuse ni de partialité, ni de bienveillance : je suis trop faible pour que, même à l'égard d’un ami, je transige avec mes convictions. Cela ne vaudrait la peine de tricher avec sa conscience que si l’on en devaitobtenir un résultat qui n'est pas dans mes moyens. Et le meilleur gage que je puisse donner ici de la sincérité de mes sentiments, — je ne prétends jamais apporter autre chose dans ces chroniques, — c’est l’aveu que Messidor 4 ne me touche point complètement. Je ne l’ai pas en- EE tendu tout entier à la scène, mais de la lecture de la parti- É tion résulte pour moi la certitude que le livret m'empéchera toujours de goûter l’ensemble de l’œuvre. M. Catulle Mendès, dans un article paru, si je ne me trompe, à la Revue du Palais, a trop bien discuté le drame de M. Emile Zola, drame très intéressant d’ailleurs, malgré les erreurs que nous y croyons apercevoir, pour que je me permette d’y revenir après lui.
Il n'empêche que l’insuccès de Messidor à Paris | demeure incompréhensible, et hier encore, en écoutant chez M. Colonne les admirables morceaux qu'il nous