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que les remarquables beautés poétiques et musicales de | ei ces fragments ne retirassent promptement, d’un oubli … passager, l'ouvrage qui les renferme.
. J’aperçois cependant la cause pour laquelle le public . parisien, — surtoutle publicde l'Opéra, —n'’a pas compris “ cet art puissant, Ce n’est point le réalisme du sujet qui l’a dérouté, c'est sa franche rusticité. Comment voulezvous que des mondains, vivant toujours loin du contact de la saine et simple nature, comprennent des accents qui dérivent directement du culte du sol nourricier ? Comment voulez-vous que le charme dont on ne saisit toute l’intensité que par une infiltration lente, en passant de longues heures sur un de ces coins de terre que l’on souhaiterait,comme le dit si bien Flaubert, «serrer contre son cœur », pénètre l’âme de personnes ne connaissant de la campagne que le bois de Boulogne, Trouville ou la Riviera, et ne se transportant de l’un à . Pautre que par les rapides de nuit ?... Mais quiconque a .… rêvé tout un crépuscule, les pieds dans les labours épais, quiconque a vu les fumées vespérales s'élever dans le silence des champs où s'achève le travail du jour, qui- - conque a senti palpiter dans son cœur l’amour de la nourrice maternelle, dont l'antiquité faisait la déesse aïeule, celui-là ne peut pas entendre sans émotion les larges, simples et sonores accents, grâce auxquels, avec - son impressionnisme si juste, M. Bruneau a su rendre la poésie de la glèbe féconde. Certes la pâte orchestrale en . estvolontairement lourde, la couleur rugueuse, les chants . en sont frustes et sans grâce; mais Ruysdaël peignait-il comme Watteau, et la même palette, et le même pinceau
doivent-ils servir à À rendre le de parc "4e cérémonie ct
les sillons, où la mélancolie de nos cœurs tombe avec la graine du semeur attardé, pour y germer et s'épanouir un jour en moisson de painet dejoie?
Le malentendu restera d’ailleurs éternel entre l’artiste qui écrit pour transmettre une sensation et le connaisseur qui écoute pour analyser; et la moralité des Maîtres Chanteurs demeure toujours de circonstance... Laissez donc le peuple, le vrai peuple entendre et juger Messidor, et je vous jure que l’homme qui n’aura pas vécu ses premières années dans la tiédeur d’une nursery saura comprendre et goûter cette musique vraie, Ivriqué, tout embaumée par la forte brise de l'automne, et presque liturgique dans sa déification de la terre. Quant au malin qui ne veut que discuter les procédés, sans tâcher d’éprouver les effets, peu m'importe ce qu'il pense, et je répète une fois encore, — ce ne sera pas la dernière, — que l'art pour mandarins ne m'intéresse aucunement. Cela ne signifie point qu’une musique raffinée mais sincère me déplaise, ni que je goûte la nullité visqueuse de la mélodie chatnoiresque ; mais je préfère assurément une bonne chanson bien simple et bien émue à tous les tarabistotages où pâme la prétentieuse incompétence des gens à gardénia.
On me dira, sans doute, que je ne suis point alors un
critique musical... c’est possible ; c'est même très pro-
bable!
pou : Trois compositeurs-chefs d’orchestre : M. Richard . Strauss, (Don Quichotte) ; M. Félix Weingartner; M. Sieg- fried Wagner.
17 Mars 1900.
ANS les traités de rhétorique on appelle ceci des précautions oratoires.
Donc, à n’en pas douter, M. Richard a: Strauss est un fort habile musicien. Chef à Se orchestre, il apporte dans sa direction une méthode, une aisance, une subtilité magistrales. L’attitude la demeure gracieuse, les mouvements sont souples, le | geste abondamment varié s’approprie à l'esprit de chaque passage avec une singulière justesse. Tout cela donne l’impression d’une facilité rare; et je crois bien, pour m'en tenir à ce seul exemple, n'avoir jamais entendu l'ouverture de Tannhäuser intermprétée avec une telle possession de moyens, car cet ”. omme semble penser constamment, d'une manière distincte, à tous les sons d’une polyphonie, et les gou- “verner, comme si, tenant à la main les ficelles de millier de pantins, il se souvenait simultanément à Jaquelle des marionnettes correspond chacun de ces fils. 5 "Résultat : une clarté vraiment exceptionnelle.
— C'est d'abord, dans tout le début du chœur des pèle-