englobé des Lacté ries
tous les points menaces d infection.
Elles peuvent en effet sortir des vaisseaux, et chez beau-
1. E. MetchnikofT, L’immunité dans les maladies infectieuses, Paris, Masson, 190t.
coup d’entre elles le noyau, bien qu’unique, est divisé en plusieurs lobes. Il faut considérer cette forme multilobée du noyau comme une adaptation permettant de franchir le plus rapidement possible la paroi des capillaires et des petites veines. Aussitôt que les agents infectieux ont pénétré dans l’organisme, toute une armée de globules blancs se dirige vers l’endroit menacé et engage la lutte avec les microbes. Ils les saisissent à la façon des amibes et les digèrent ; cette digestion se fait dans des vacuoles du leucocyte, qui renferment un liquide faiblement acide et des ferments digestifs.
En dernière analyse l'immunité se réduit à la sensibilité cellulaire, qui régit tant de phénomènes de la vie des plantes et des animaux. C’est cette sensibilité qui pousse la tige vers la lumière, la racine vers le sol, qui dirige le spermatozoïde vers l’ovule. Toutes les cellules peuvent, en modifiant leur fonctionnement sous la direction de la sensibilité, s’adapter aux changements des conditions ambiantes. Tous les éléments vivants peuvent donc acquérir une certaine immunité. Mais parmi toutes les cellules de l’organisme, ce sont les éléments ayant conservé le plus d’indépendance, les leucocytes, qui le plus facilement et les premiers, acquièrent l’immunité dans les maladies infectieuses. C’est ainsi que l’étude de ce phénomène en apparence si spécial nous ramène aux grandes lois de l’adaptation et par-dessus tout à cette sensibilité protoplasmique, qui, comme je l ai fait ressortir dans le volume précédent, domine toute l’évolution.
Lorsque l’organisme animal doit se défendre contre l’invasion de champignons pathogènes, il y a lutte entre les cellules sanguines et les spores du cryptogame. La question a été étudiée en détail par Metclinikof chez les Daphnies. Les phagocytes englobent les spores et les
PLANTES PARASITES DES ANIMAUX
bourgeons et les détruisent, à moins que les filaments du champignon ne prennent le dessus et ne détruisent les cellules sanguines. Ces phénomènes rentrent dans la phagocytose que nous examinions précédemment.
Bien plus intéressant est le cas d’une moissure commune sur le fumier de cheval, Arthrobotrys oligospora Fres., étudiée par Zopf. Le mycélium de ce champignon forme des boucles dans lesquelles viennent se prendre les anguillules qui habitent le même milieu ; leurs mouvements désordonnés ne leur permettent pas de s’échapper de ce piège, qui a exactement les dimensions de leur corps. Dès que l’animal est pris, une cellule de la boucle envoie à travers ses téguments un prolongement dont partent bientôt des rameaux parallèles, qui envahissent tout le corps du ver. Les mouvements de celui-ci diminuent peu à peu et la mort survient bientôt. Il ne semble pas que les cellules de l’organisme aient le temps d’engager la lutte contre l’envahisseur ; elles subissent une dégénérescence graisseuse rapide et c’est cette graisse qu’absorbe le champignon, en ne laissant que la peau de l'anguillule. Ce cryptogame qui tend un piège à un animal relativement élevé en organisation et qui le tue rapidement méritait d’être signalé en passant.
La lutte entre les champignons et les cellules des animaux supérieurs a été étudiée par Ribbert 1 sur le lapin infecté avec Aspergillus Jlavus. Voici les résultats auxquels il est arrivé. Les spores du champignon pathogène sont bientôt entourées d’une foule de leucocytes qui en empêchent la germination ou qui, du moins, retardent leur développement. Si les spores injectées dans les tissus sont en trop grand nombre, les leucocytes ne peuvent pas
i. Ribbert, Der Unlergang pathogener Schimmelpilze im Kôrper. Bonn,
les englober toutes, et quelques-unes arrivent à former des filaments. Le développement a lieu avec plus ou moins d’abondance dans les divers organes, ce qui tient à ce que les leucocytes ne se rassemblent pas partout avec la même rapidité. Dans certains organes, comme le foie et le poumon, les cellules fixes des tissus participent à la lutte; elles forment des cellules géantes qui achèvent de détruire les spores dont la vitalité a déjà été amoindrie à l’intérieur des nodules formés par les leucocytes. Cellules géantes, nodules et spores finissent par être résorbés. L’organisme qui a été infecté une première fois résiste mieux à une seconde infection ; les leucocytes sont plus nombreux et englobent avec plus d’énergie les spores des 'parasites. Enfin F organisme animal peut aussi lutter contre l’invasion des parasites en les incarcérant dans une paroi calcaire : c’est ce qu’on a observé surtout dans l’actinomycose. Mais qu’il s’agisse de microbes ou de champignons, le champion principal de l’intégrité de l’organisme animal est le leucocyte : dans le premier cas il agit en absorbant le microbe, dans le second en englobant la spore du champignon de façon à l’empêcher de germer.