CHAPITRE IV
De l'instai.latio\ i>'une écurie de service.
Conseils à un garçon. — Plan, aménagement. — Bit-nancs. — Mangeoires et râteliers. — La question des eau\. — Ecurie matrimoniale. — Conseils ï la femme d'un homme qui, ik force d'aller en omnibus pendant son temps de célibat, est parvenu à se consliluer un capital suffisant pour offrir i la compajne qu'il s'est choisie tous les moyens de transport désirables.
Un grand nombre de gens souffrant de maladies dont ils ont étudié à fond les symptômes , mais qui ignorent les moyens curatifs à employer pour obtenir un soulagement à leurs maux, adressent couramment aux princes de h science des questions plus ou moins précises , auxquelles ceux-ci s'empressent de répondre — contre remboursement. — C'est ce qu'on appelle le traitement par correspondance. — Les deux lettres illustrées ci- dessous imprimées sont les réponses d'un spécialiste, retiré en province après fortune
défaite, à des demandes de conseils sur la marche à suivre pour rinstallation d'une écurie de garçon et celle d'une jeune fille à la veille de son mariage.
Les conseils qu'il donne à l'une et à l'autre nous ont paru constituer un véritable manuel pratique, et nous croyons qu'en les reproduisant ici, nous rendons un réel service à ceux de nos lecteurs en travail d'aménagements analogues.
Voici la première de ces deux lettres :
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t Trt'prjjny-loz-Corolz, le 15 mai 188..
«C'est un grave conseil que vous me demandez, mon cher ami, et je n'espère pas vous renseigner en une seule épilre, sur la réorganisation d'une écurie aussi compliquée que la vôtre. Puisque vous le voulez cependant, nous allons essayer, et je vous livre telles quelles les notes que j'ai prises à votre intention.
« Je ne voudrais pas que vous changiez quoi que ce fût au plan général actuel de votre écurie. Elle est bien aménagée, et je trouve qu'il serait mauvais, même en agrandissant le bâtiment, de fairs double rangée de stalles.
« Songez donc à l'espace qu'il vous fondrait consacrer à la travée intermédiaire! — Et puis, quel agencement seriez-vous obligé d'imaginer pour accrocher les harnais au moment de garnir les chevaux ! — Laissez les bâtiments en l'état, c'est parfaitement ainsi. Bornez-vous à foire vérifier le dallage, qui peut avoir besoin d'être redressé; mais arrêtez-vous là, ne modifiez
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pas non plus votre système de bat-flancs mobiles, qui laissent au cbeval plus de liberté que les stalles fixes, quand l'espace lui est mesure. Un autre inconvénient des stalles fixes est de Umitcr d'une façon trop absolue le nombre de vos pensionnaires.
« Supposez que deux ou trois chevaux de supplément vous arrivent inopinément de votre écurie de chasse; où les logerez-vous avec vos stalles à poste fixe? à l'auberge, ou à VHô/el Conlinenlal? Il n'y a pas là, que je sache, aucune écurie. — Avec vos bat-flancs mobiles, vos hommes n'ont pas une heure de travail pour faire de la place aux nouveaux arrivés, et chacun de vos chevaux ne perd pas plus de quelques centimètres de son espace accoutumé.
« La seule amélioration à apporter est de faire appliquer de chaque côté du bat-flancs une sorte de bourrelet longitudinal, assez épais pour amortir à la fois le choc et le bruit des coups de pied des animaux un peu impatients, car je ne pense pas que vous ayez l'intention de remplacer ceux que vous comptez réformer par de plus endormis.
" Multipliez au plafond le nombre des points d'attache, vous verrez quelle commodité cela vous donnera, en vous permettant de proportionner l'espace réservé pour chaque cheval, 'à ses habitudes constatées. Il est, par exemple, absolument inutile de donner place égale à un animal qui ne se couche
jamais, et à tel autre qui, comme votre jument grise, passe toutes ses nuits si complétemeut étale qu'on serait tenic de le croire mort , n'était le mouvement égal et profond de sa respiration.
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« Derrière chaque place (nous pouvons en compter huit dans chacune de vos écuries), faites donc appliquer un support solide en bois verni, de façon à avoir pour vos harnais des portants d'attente d'un entretien facile pour lesquels le simple coup de plumeau suffira. Vous éviterez ainsi l'abus du tripoli, et autres ingrédients ncccssilés par l'abus des cuivres, des aciers, des métaux blancs, très-jolis à voir, mais qui réclament des soins incessants que vous n'obtiendrez de vos hommes qu'au détriment du pansage.
« Faites donc faire dans votre cour cinq ou six fontaines. Vous n'en avez qu'une. C'est assez pour la cour d'un lycée, mais c'est tout à fait insufflsant pour une écurie qui compte plus d'un pensionnaire.
« Inutile, n'est-ce pas? de vous rappeler que tous les robinets doivent être
garnis de pas de vis s'adai)lant aux tuyaux d'arrosage, indispensables aux douches de vos quadrupèdes.
« Puisque uous touchons à la question des eaux, faites donc faire au fond de votre cour un abreuvoir à double pente, creux de deux pieds et demi à son point le phis profond, que vous ferez traverser aux animaux au moment de leur rentrée, avant toute autre toilelle.
" Celte facile opération leur lave les jambes plus complètement et plus
rapidement qu'aucun lavage à la main, et le peu de profondeur du bassin laisse à sec le torse et les intestins, qu'il serait imprudent de plonger dans l'eau au moment où le cheval quille le travail.
«Faites sans crainte, cher ami; l'expérience du système que je vous recommande est faite : il est entré dans la pratique et s'accomplit quolidiennement dans la plupart des établissements hippiques un peu considérables, et l'on est encore à lui trouver des inconvénients. — Vous serez un innovateur parmi les particuliers, mais vous ne courrez aucun risque autre que d'enrhumer celui de vos grooms qui aura la sottise de se laisser choir dans votre abreuvoir, en présidant à l'opération que je vous conseille de faire exécuter régulièrement, hiver comme été.
« Pour le pansage, supprimez les anneaux fixés au mur, et ayez des montants conformes au croquis que vous trouverez au verso de ce feuillet.
o Allaché à l'anneau, un cheval laissé seul, ne fût-ce qu'un instant, risque une écorchure à la hanche, à l'épaule, aux genoux ou aux jarrets, car l'animal
peut se tourmenler et se heurter au mur, qui a toujours quelque aspérité, quelque pierre qui dépasse l'aliguenient, et peut causer uue avarie toujours ennuyeuse à guérir à la peau du cheval que vous comptez précisément atteler ou monter le jour où se produit l'accident.
a Avec les montants dont il s'agit, rien de semblable à craindre, d'autant mieux que les doubles longes du licol d'écurie trouvent où s'attacher, et que le cheval est exactement dans la position du sauteur au manège, c'est-à-dire dans l'impossibilité de heurter à droite ou à gauche, retenu comme il l'est entre les deux piliers par deux lanières trop courtes qui ne lui permettent en aucun cas de s'éloigner assez du point d'attache pour atteindre le point opposé.
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" Une chose essentielle dans voire installation est de vous réserver une entrée couverte dans vos écuries. Voui pouvez parfaitement vous la ménager Cil Hiisant construire un petit escalier qui de votre salle d'hydrothérapie vous conduira aux remises.
« C'est le seul moyen d'assurer la visite quotidienne du maître, sans laquelle il n'y a pas d'écurie réellement bien tenue.
« Si vous ne réalisez pis le conseil que je vous donne, trois jours sur cinq vous aurez un prétexte pour vous dispenser de votre inspection : un jour la phiie, le lendemain le froid, le troisième jour l'ennui de vous habiller, car vous ne voudrez pas traverser votre cour eu veston du malin et en pantalon à pied.
« On vous verrait de la rue, et vous ne tenez pas à servir de spectacle au.\ liabilanls de votre quartici-.
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« Faites donc faire votre escalier, si la fable de la Fontaine sur l'œil du maître a laissé dans votre esprit le souvenir qu'elle mérite.
« Quelque chose delrès-simpled'ailleursque votre escalier (pas de rampes, deux cordons attachés au mur, de chaque côté des marches), et descendant
tout droit, prenant jour à la l'ois par la croisée du haut et par une porte vitrée au bas. Sous aucun prétexte ne laissez votre architecte vous imposer l'escalier en colimaçon, propriété exclusive des arrière-boutiques, et insupportable agent de descente ou d'ascension.
« Autre recommmandation essentielle que j'allais oublier, et qui m'est remise en mémoire par l'accident survenu avant-lùer à notre ami Karl.
« Aucun grenier au-dessus do vos écuries. — Les logements des hommes, si bon vous semble ; mais pas une botte de paille, pas une poignée de foin sur la tète de vos animaux.
« C'est toujours dans cesi-éserves que le feu prend, et alors plus moyen de faire sortir les chevaux, que l'on retrouve deux jours après à l'état de noir animal .
" Ayez votre grenier au-dessus des remises. — En cas d'incendie, les voilures ne s'affolent pas, el l'on a toujours le temps de les tirer dehors.
« Pas de cheminées dans les chambres de vos hommes, une bouche de chaleur par case et un calorifère les cliauffaut toutes en" même temps que la sellerie, et les trois ou quatre boxs destinés à l'infirmerie.
« Avez- vous, au temps où le prince B. .. habitait encore Paris, visité son petit hôtel de l'avenue Latour-Maubourg? L'écurie était petite, de la
place pour qualrc chevaux au plus ; mais comme c'était ingénieusement coml)iné !
a Autour de la cour exactement ronde, et dans laquelle on pénétrait par une double voûte passant sous une galerie faisant façade sur la rue, s'ouvraient les remises dont les portes faisaient face au vestibule du grand escalier. — C'était par là qu'arrivait la voiture attelée ou le cheval sellé.
" Toute la toilette préparatoire était cachée aux habitants de la maison et se passait à l'abri des regards indiscrets, derrière les panneaux de bois verni, montés sur coulisses, qui fermaient la partie du cercle réservé à la cavalerie.
u De la chambre du maîlre, ou, pour être plus exact, de son cabinet de toilette, on descendait directement à la sellerie, on traversait les remises et, toujours à pied sec et à couvert, on arrivait aux écuries, assez éloignées pour n'envoyer aucune odeur fâcheuse aux appartements.
« Si vous n'avez pas vu cette installation, je ne sais où vous indiquer l'équi-
valent, car elle a élc modifiée depuis le départ du prince, et les écuries ont été transportées dans une maison voisine parle nouveau propriétaire. Mais si mon modèle n'existe plus en pierres et en charpentes, l'architecte existe encore en chair et en os, et, si besoin était, il ne serait peut-être pas ini|)OSsible de le retrouver, lui, ou ses plans.
ce La question de l'éclairage est aussi fort imporlante, car j'imagine que vous ne comptez supprimer ni votre service de nuit, ni les promenades matinales à la première pointe du jour : deux choses qui impliquent pour vos hommes
les toilettes faites à la lumière. Or, il n'y a que le gaz qui éclaire ; — les autres luminaires permettent au besoin de distinguer un bœuf d'un cheval , et les lanternes sont suffisantes pour cette raison dans une ferme où l'écurie et l'établc ne font qu'un ; — mais, pour voir le détaU d'un harnais, pour opérer ou vérifier un pansage minutieux, le gaz seul a des clartés suffisantes. Il faut établir vos becs sur des branches mobiles assez longues pour permettre un assez grand écart du foyer lumineux ; il faut en outre que vos becs soient garnis de cloches de verre qui isolent la flamme; — c'est moins laid, et à la fois plus prudent.
« Au dehors, d'autres candélabres vous sont indispensables aussi bien à la sortie de l'écurie qu'aux abords et à l'intérieur des remises : ceux-là peuvent être fixes, mais il est essentiel que le jet de flamme soit puissant, et, pour ne rien vous cacher de mon sentiment, j'aimerais à les voir renforcés par de vigoureux réflecteurs. C'est en effet à leur lumière que doit avoir lieu la mise dans les brancards, et il faut que d'un coup d'oeil on puisse vérifier l'ajustement de tout l'attelage. — Si celte opération est faite dans le clair-obscur, on a mille chances pour partir avec une sangle trop lâche ou trop serré?, un trait trop court, une plate-longe mal mesurée, un recu!cmcnt mal ajusté,
une rêne attaclice sur le mors au mauvais point, toutes causes d'accident ou tout au moins de mauvaise traction ou de mauvaise conduite.
Il La sellerie doit être à votre écurie ce que le cabinet de toilette est à votre appartement. Elle doit y toucher, et cependant être assez isolée pour que l'on ne voie pas dans l'une ce qui se passe dans l'autre. Voici comment j'entends son aménagement.
« Une première pièce ouvrant d'un côté sur l'écurie, d'un autre côté sur la cour, et par une troisième ouverture sur la sellerie. C'est dans cette première pièce, aménagée à peu de chose près comme un atelier de sellier-liarnacheur, que doit avoir lieu le nettoyage des harnais aussi bien que leur réparation.
L'ne écarte de «larcon. — La sellerie.
a C'est là qu'on apporte les harnais après que le cheval a été dégarni, qu'on les lave, qu'on les cire, qu'on en fait les cuivres et les aciers. — Ces opérations successives une fois terminées, et après une vérification minu-
l'ARIS A CHEVAL.
lioiise, le clu'f de ce service fera transporler dans la sellerie proprement dite le harnais prêt à servir de nouveau.
« C'est là que sont aecunuilées les brosses, les terrines à saisie, à tripoli, les gourmettes à polir, les peaux, en un mot tous les ustensiles du parfait astiqueur, office pour lequel soûl lout naturellement indiqués d'anciens brosseurs d'officiers de cavalerie. De cette pièce, dont l'aspect rappelle assez exactement la boutique de décrolleur qui florissait au passage de l'Opéra, et qui se montrait si animée les nuits du samedi au dimanche, une porte j)leine, montée sur coulisses, doit donner accès dans la |)ièce d'apparat de la sellerie. Il faut que celle-ci soit aussi correctement tenue qu'un salon, ou, pour mieux dire, qu'une galerie de collectionneur; elle ne doit du reste renfermer, en dehors des supports destinés à soutenir les harnais , que les appareils d'éclairage indisprnsal)les j)our le soir. Dans celle pièce largement éclairée par deux fenêtres et une porte vitrée, je voudrais que le panneau du fond fût réservé aux brides et aux selles des chevaux montés, tandis que les panneaux latéraux seraient remplis par les harnais des chevaux d'attelage.
Vue écurie de garron. — La sellerie.
a Devant chaque fenêtre, un couple de chevaux, couverts des harnais de gala, (pii, servant plus rarement, ont besoin, pour conserver leur forme, d'un appui plus complet, feraient face aux panneaux placés entre la porte et les fenêtres, sur lesquels seraient fixés les aciers dont l'usage ne serait pas quotidien; et, comme toute fraction d'une installation de garçon doit renfermer
PARIS A CHF.VAL.
une galanterie quelconque à l'adresse des visiteuses , un cinquième cheval , placé de profil par rapport à la porte d'entrée, serait garni d'une selle di' femme, numie de tous ses accessoires.
" Çà et là, des porte-fouets mobiles, dont les bases en bois du même ton que la boiserie de toute la pièce, formeraient les seuls sièges tolérés. Knfin, selon une dénnition devenue classique, deux ou trois de ces petits meubles autour desquels on crache, seuls ustensiles indispensables dans un endroit où ne pénètrent généralement, en dehors des gens de service, que des fumeurs enragés.
" En ce qui concerne vos remises, je ne vois rien à modifier dans votre installation.
« Vous avez en fait de voilures à quatre roues toutes celles qu'on peut tolérer à un garron :
l'ne écurie de garçon. ■ — Les rrraises.
« lu drag pour les grandes solennités; votre phaéton à huit ressorts pour les moindres représentations; votre coupé pour les jours de mauvais temps et les sorties du soir, et le duc réservé au\ promenades du matin, quand vous avez à faire prendre l'air à quelque personne attardée et peu soucieuse de revêtir l'amazone.
i;îi PARIS A CHEVAF,.
a C'est complet ainsi, et ce n'est pas exagéré, piiiscpie vous n'avez que qualrc voilures encombrantes à loger. Les dog-carts, charrettes, tilburys, tiennent peu de place, et l'on trouve toujours quelque coin où les caser. Ayez donc de celles-ci autant que vous voudrez; mais sous aucun prétexte, ne vous laissez aller à commander une seule autre voiture à quatre roues. — Le garçon qui possède une victoria n'est plus qu'à moitié garçon, il est sur la pente irrésistible du landau, lequel, en matière de carrosserie, correspond exactement à la publication des premiers bans pour la vie civile. Avec un phaéton, si correct, si sérieux qu'il puisse être, on peut rester un jeune honmie. — Dans une victoria, on devient un candidat matrimonial , et si l'on tombe dans le huit-ressorts, il n'y a même pas de rupture à espérer. — C'est ce que, comme dernier avis, je vous conseille d'éviter, et bien sincèrement.
« Henri d'Ecavev. »
Une écarie de femme. — Renoatellemeol de son tffcclif.
La seconde lettre que nous voulons soumettre à nos lecteurs s'occupe d'une installation plus modeste, pour un nombre de chevaux plus restreint, et vise le cas spécial de l'installation d'une jeune mariée : c'est elle qui nous la confie, et nous la transcrivons telle quelle.
« Ma chère ekfant.
T]<!pijny-Ics-Gorctz, 22 rcars 1S8..
« Puisque vous me consultez au sujet de voire écurie de noces, c'est que vous n'avez qu'une confiance limitée dans l'expérience de AL X... — Je crains que votre prétendu, que je ne connais pas encore, me trouve bien indiscret de venir me mêler d'une question qui ne devrait être discutée qu'entre vous et lui; mais il suffit que vous ayez voulu mon avis pour que je me considère comme obligé de vous le donner. — Je m'exécute donc, avec l'espérance
PAKIS A CHEVAL.
que votre luaii ne me saura pas mauvais «jrc de mon iuimixtiou dans ses affoires.
'i II n'y a pourtant qn'im mari qui puisse régler ces choses-là. — En deliors de la question de yoùt, il y a la question budgétaire, qui a bien son importance, et qui se double ou se triple selon le degré de surveillance exercée.
« Knfin, je vais essayer de vous guider, puisque vous l'exigez. — Mais je vous le répète, je n'ai pas tous les éléments d'appréciation, puisque j'ignore la somme que vous voulez consacrer à votre écurie particulière.
l'oe écurie de femme. — Le bon da favori.
u C'est bien de celle-là qu'il s'agit, n'est-ce pas, chère enlant? Car pour ce qui est d'un conseil à l'adresse de la communauté, je me récuse, attendu que dans ce cas, ce n'est plus seulement le montant du budget, mais encore les goûts et les aptitudes de l'un des conjoints que j'ignore absolument.
« Pour vous, c'est tout différent : je crois bien nie souvenir d'avoir assisté à votre mise en selle, et je sais de quelle race d'écuyères vous êtes. J'ai bien aussi quelques données sur votre fortune , et je vais tâcher de vous indiquer sur ces bases de quelle manière vous devez composer votre effectif chevalin.
" Supposons qu'il ne doive pas dépasser cinq animaux. Si vous trouvez le chiffre trop restreint, il sera toujours facile de l'augmenter; tandis que s'il
l'AUlS A CHEVAL
s'ayissait de rédiirlioii, i:o sérail à mon tour d'«'Uo embarrassé, car, avec l'aclivilé que je vous connais, je ne vois pas, dans les condilions que je prévois, vos cinq dadas en possession d'une sinécure.
« Une première question : Les chevaux dont vous vous servez en ce moment quittent-ils en même temps que vous la maison paternelle, ou les abandonnez-vous avec votre chambre déjeune fille?
« Si vous les emmenez, voire cheval de coupé ne peut plus vous être utile que pour le service du soir, et rentre de ce fait dans l'écurie conmmne.
« l otre jument de selle n'a qu'un tort à mes yeux : l'inipressionnabilité inhérente à son sexe; elle est nerveuse, quinteuse même à ses heures, et cela i-uffit à me faire désirer que vous ne la conserviez point.
« l oici donc Stella réformée j)ar ordre.
i' \e vous inquiétez pas d'ailleurs de son placement : je sais un de vos plus vieux amis qui sera enchanté de lui donner une place à son râtelier, et de lui faire prendre quelques hons galops derrière le peu de chiens qui lui restent.
« Ceci admis, je vous voudrais un cheval de pur sang qu'on trouvera facilement à Londres, bien sage, mais bien allant et bien droit, et sautant connue ils savent le faire quand on les a exercés de bonne heure à ce travail.
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Vue écurie de feniuie. — Cavalerie de selle.
« Ainsi montée, vous avez vos promenades du matin assurées pour Paris, et vos chasses de l'automne garanties.
« Rien qu'un cheval de selle? allez-vous dire. Mais à la camj)agne j'ai l'habitude de monter tous les jours, et les promenades ne sont pas un simple tour de liois... l'ous avez raison, chère enfant; mais attendez la fin de mon projet de loi, et vous verrez que j'ai prévu l'objection.
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PARIS A CHEVAL- i;i!)
"Des deux clievaux nécessaires à voire calèche, dorsay ou vis-à-vis, il laut qu'un au moins soit mis à la selle, de foçon à porter rUonune qui aura riionneur de vous suivre dans vos promenades.
" C'est vous dire que je vous interdis de la manière la plus absolue pour cet attelage tout cheval d'origine allemande.
Vdv écurie de femme. — Cavalerie ofUcielle, — Visites de cérémonie et promenades de raprés-midî.
i( Vous connaissez du reste mou antipathie pour ces chevaux lourds, lents et gras, sorte de bourgeois quadrupèdes, qui donnent à la voiture la plus élégante l'aspect le plus commun, et dont la gaucherie d'allures conununique à tout ce qui les approche une partie de leur propre lourdeur.
" Ces deux chevaux, qui devront être bais, seront donc nés, élevés et dressés en Angleterre.
" Si vous trouvez chez nos marchands français une paire réunissant réellement ces conditions, je ne m'oppose pas à ce que vous en fassiez l'acquisition ; mais il faut que les affirmations dudit marchand soient prouvées, vous m'entendez? prouvées, sinon l'on devra aller chercher le couple ci-dessus décrit, non pas à Londres, mais en Angleterre, en même temps que votre cheval de selle.
« Ces trois chevaux constitueront le fonds officiel de votre cavalerie, c'est-à-dire qu'ils auront à vous conduire pendant la journée à vos visites, et à vous porter le matin au bois.
" 11 est bien entendu que les deux chevaux d'attelage marcheront aussi bien attelés seuls ou en paire, et que ce dernier mode sera réservé pour les grandes occasions, promenades de l'après-midi ou visites de grande cérémonie.
« Pour le matin, quand l'équitalion ne vous dira rien (il y a des jours comme cela), vous aurez une paire de poneys ni trop grands ni trop petits, un
iiictre qiiaraule au iiiiiiiiiimii, quaraute-ciaq au maximum, d'un bon Iraiii, mais très-légers de bouche, de laeoa que vous puissiez les conduire sans l'aligue , et que vous ne payiez pas le plaisir de marcher lestement par l'ennui d'avoir le soir des courbatures dans les bras, ce qui vous arriverait inévitable-
Une écurie de femme. — Promenades du matiD.
ment, si vous aviez ù diriger et à modérer certains rossards de ma connaissance, affligés de ce que je me permettrai d'appeler de véritables gueules d'acier.
Coe écurie de fciome. — Corvéea el l'umuiisHiuiis.
« Ils devront, en outre, et cela en vue des longues promenades de la campagne, être habitués à la selle et assez forts pour vous porter, le cas échéant. — Pour cette fimtaisie absolument utile, je vous laisse toute latitude pour le choix de la robe : qu'ils soient gris, bais, rouans, alezans, piards au besoin ; que l'un soit blanc et l'autre noir, le premier bai et le second isabelle, peu