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Kii dehors des joueurs de polo, qui ne tout guère que traverser le Bois en allant et en revenant du Cercle des patineurs, les cavaliers sont peu noniln-eux pendant Taprès-niidi. Il en est cependant quelques-uns auxquels la promenade du matin ne siil'litpas, et qui remontent à cheval avant leur diner. Mais ils sont rares. Outre que peu de gens ont une cavalerie assez considérahle pour ce double service, l'exercice pris le matin paraît suffisant à beaucoup.
En dehors de ces rares récidivistes, la plupart des cavahers du soir forment une catégorie spéciale ; beaucoup plus amateurs de jolies femmes que d'équitation, ils viennent autant pour voir que pour se montrer, et sont sûrs, grâce à leur petit nombre, de ne pouvoir passer inaperçus.
Si la fantaisie la plus complète préside au choix des costumes adoptés par les cavaliers du matin, le cavalier du soir est obligé à une correction absolue; plus de petits chapeaux, plus de vestons, plus de houseaux. — La redingote classique, le chapeau haute forme, et le pantalon foncé retombant sur la botte vernie, telle est la tenue de rigueur, au moins pour l'avenue des Aca-
cius; on est un pen plus loléinn( ;iii bord du lac, où I'n|)paritioii d'un veslon ne fai( pas évi-nemcul.
Tel est l'aspect quolidien du persil grave et du persil badin.
.\ certains jours, de nouveaux clénieuls s'y joignent périodiquement.
Le jeudi, ce sont les promenades en masse des élèves des manèges qui font irrupliou sur les bas côtés réservés aux cavaliers.
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Le samedi, ce sont les noces, dont les étranges cortèges encombrent les chaussées de leurs interminables files de landaus remontant aux époques antédiluviennes de la carrosserie, et de chevaux apocalyptiques.
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Le dimanche, c'est une autre alïaire. • — Il n'y a plus de persil, (oui est confondu dans un encombrement dont l'élément fantassin constitue le fonds ; et à moins qu'il n'y ait quelque retour de courses, cette foule de curieux venus pour voir le spectacle des grands équipages assiste à un interminable défilé de fiacres parsemé de quelques tapissières commerciales. — .Adnii-
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PARIS A CHKVAL.
rable spectacle dont je ne conteste j)as l'inlcrêt, mais qui ne saurait donner à ceux qui le conteui|)lenl une idée vraiment juste de la façon dont attellent nos principaux millionnaires.
Pendant l'hiver, il arrive quelquefois que la température s'abaisse suffisamment pour permettre aux Parisiens de s'adonner aux douceurs du traînage. Ce fait exceptionnel se produit rarement, mais enfin il se produit.
Le Bois prend alors, à quelques loups près, toutes les apparences d'une petite succui'sale de la Russie. Même froid, même épaisseur de neige, même quantité de nez en détresse, même genre d'attelages. Outre que le traîneau a l'avantage d'être la seule voiture capable d'avancer sur une couche de neige gelée, il a pour lui de permettre toutes les fantaisies possibles. Orgie de couleurs, insanité complète d'oi-nements qui, au soleil et se détachant sur
PARIS A (JliaAI.
la vcrduiT, IVraient VoHl-l (rmic loilcllc d'Anylaisc rclour des Indes, cl qui, MIT Je fond uiiiforiiic cl inonolonc d'un paysage d'hiver, se contentent de trancher yaienicnl sur le noir des arhres et sur le hlanc du sol.
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On peut alors se permettre tous les ornements qui, en temps ordinaire, donnent infailliblement à un attelage l'aspect d'un équipage de charlatan : plumes à l'oreille des chevaux, grelots, harnais en cuirs de couleur, plaques de métal, rubans, crinières et queues à l'cvent.
L'allure rapide que doit garder un traîneau donne à sou propriétaire le droit d'apparaître comme un personnage de féerie au milieu d'une apothéose. En marchant à ce train, on ne se montre pas, on se laisse voir, et ceux qui vous regardent passer n'ont pas le temps de critiquer par le menu les ornements dont il vous a plu d'agrémenter votre équipage.
Dans ces conciliions, plus le traîneau est invraisemblable, plus il est classique. Cygnes, taureaux, chevaux, licornes, animaux de toutes sortes et absolument invraisemblables, peints, dorés, argentés, bronzés.
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