PARIS A CIII'.VAI
2" Votre cheval en pointant se renverse en arrière. Dans (;etle liypolhèsc, au moment où vous vous asseyez sur le côté de la voiture, déchaussez les étriers, saluez de la main gauche, et, d'un vigoureux effort du bras droit, repoussez voire cheval hors delà voilure; vous ferez ainsi j)renve à la fois de politesse et de vigueur, deux (|u;dilés généralement appréciées.
Quand un cavalier tombé se trouve pris sous sa monture , il doit rester immobile, pelotonné sur lui-même, de manière à présenter la moindre surface possible aux coups que peut lui porter le cheval en se relevant.
•a I ?Ai,ni' •
Il arrive souvent que ce dernier, en cherchant un point d'appui, pose le pied ou le genou sur la poitrine de son cavalier. Ce geste coûte, en général.
;ino
PARIS A CHP^VAF,.
à celui-ci, une ou plusieurs cotes; mais quelque douloureuse que soit la pression subie, les spectateurs ne doivent jamais entendre une plainte ni u:i cri. L'n tavalicr qui pousserait;! ce point l'oubli du respect humain, descendrait, par ce seul fait, au ran<{ de vélocipédiste.
-;i «£-(*/.îr.r(
Quand un cheval pointe, rendez la main, et frappez à tour de bras derrière la botte.
De deux choses l'une, ou l'animal ainsi attaqué se portera violemment en avant, ou bien la contraction que lui causera la douleur de la correction accélérera son mouvement en arrière.
Dans ce dernier cas, lâchez tout, et prenez pied du côté opposé à celui de son inclinaison.
11 tombera -sur le dos, les quatre fers en l'air. N'en approchez pas avant qu'il ait repris terre
PARIS A CHEVAI,
Un cheval tombé dans ces conciliions est d'un voisinage aussi dangereux qu'un âne qui se roule, et il Hmt ne lui reprendre la bride qu'au moment où il reprend son clan pour se relever.
' r^J^^'YS ■fi
ïfk-'^--
L'écart n'est réellement déplaçant qu'autant qu'il est suivi d'un retour fait dans le sens opposé au saut de côté. Quand ce genre d'espièglerie est exécuté avec la rapidité de mouvements particulière aux animaux de pur sang, il se trouve peu de cavaliers doués d'assez de liant pour y résisler.
Ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est que presque q ^ toujours la chute qu'elle
amène a lieu en arrière. Le danger est donc que la nuque touche terre la première, ce qui entraîne presque inévitablement un évanouissement assez prolongé.
La meilleure j)arade consiste à jeter les bras en arrière, mouvement instinctif de tous les gens qui , dans un escalier , glissent les pieds en avant; de cette
T-O-v^iiOf^r;-.
façon, les mains portent en même temps que les talons, et le choc, ainsi
PARIS A CHEVAI,.
décomposé, ne produit plus qu'un cbranlenient à peu près insignifiant. Certains chevaux ont la mauvaise habitude de chercher à se coller contre leurs camarades de promenade, — et bon nombre parmi eux poussent cette manie à un tel point qu'ils frôlent au passaye les animaux qu'ils rattrapent; — quand le cavalier qui les monte n'a pas assez d'aides pour leur résistei-, il en résulte qu'ils abordent de flanc le cheval qu'ils dépassent.
•^:T;v"y IV-
-'CmMM iBmyL-.
- i.vi \^y •^-'ir" W // ,' •' -j - »- ^■■^ ■•Si. ■
La jambe du cavalier ainsi abordé, prise en dessous, monte au-dessus de sa monture, et le malheureux se trouve à plat ventre sur le sol après avoir décrit une demi-volte aérienne.
Rien n'est plus désagréable que cette chute imprévue, qui vous surprend ordinairement dans les moments de quiétude absolue, lorsque vous marchez au pas, ou qu'arrêté sur le côté d'une allée, vous allumez tranquillement un cigare.
Pas d'autre conseil à donner que d'invectiver vigoureusement le butor qui vous aura culbuté — ou mieux — remonter en selle, et, sans lui rien dire, donner à son détriment
telle fois iiiio iiouvello représentation de l'exercice ci-dessus décrit.
Dans lin pays connnc le noire, où les changements de température s'opèrent avec la pins grande rapidité, il n'est pas rare qu'une excursion commencée [)ar un temps favorable se termine an milieu du verglas le plus complet.
■mit
Jz:-
Dans ce cas, descendre aussitôt de cheval, nouer la rêne de bride et marcher devant sa monture, en tenant la rêne lie filet aussi loin qu'il sera possible; de la sorte, si l'animal tombe, il tombera seul et ne fauchera pas vos jambes en glissant tout à coup, inconvénient auquel vous seriez gravement exposé si, le tenant court, vous marchiez à son côté.
Toute chut? survenue après que le cheval s'est emporté est grave , si le cavalier qui la subit est contracte par des efforts exngcrés.
S'il a conserve son saug-lVoiJ, s'il est dans un état de souplesse réelle, il n'y a aucune raison pour que le choc qu'il éprouvera soit plus violent que dans n'inq)orte quelle circonstance où la course d'un cheval lancé à une allure vive se trouve subitement interrompue.
Comptez combien de chutes foites en chasse ou en courses d'obstacles n'ont amené aucune suite fticheuse, et comparez avec un nombre égal d'accidents causés par des chevaux emportés.
La vitesse est cependant à pcn jiirs égale; mais dans le premier cas la cinile snrprend le cavalier, et il arrive sur le sol avec toute son élasticité; dans le second cas, l'appréhension le roidit, et ses muscles, tendus comme des cordes de violon, prennent une rigidité qui double la violence du choc.
La plupart d'entre eux disent en galopant plus vite qu'ils ne veulent : «Que va-t-il m'arriver? » Nous leur conseillons de changer simplement la forme do la j)lirase qui leur vient naturellement à l'esprit, et de dire : « Advienne que pourra ! »
Parmi les causes d'accident spéciales à la ville de Paris, il faut compter les tuyaux d'arrosage. — Rien n'effraye plus sûrement un cheval que le jet
39 fi
mobile de ces inslniiiiciils iiniiii(ij)aiix, ol toutes les roulettes qui soutiennent ce serpent artificiel font, une fois en mouvement, un bruit terrible qui contribue à doubler l'effroi qu'il inspire aux chevaux un peu impressionnables.
Quand il est immobile, eu travers d'une voie, il constitue pour tout cavalier quelque peu distrait un piège des plus perfides, trop peu élevé pour que le cheval y fasse attention, et assez résistant pour amener une chute aussitôt qu'on le heurte; il a sur la conscience une foule de désastres.
0i rOy^
Les résultais innnédiats de pareils accrocs sont plus ou moius douloureux, uiais les suites qu'ils peuvent entraîner sont incalcidable.i.
Les distraclioiis triiii cavalier ont presque toujours une seule et nicnie cause : lo passage de l'objet aimé, connne on disail au feuips de Toppfer.
Or quelle déplorable attitude pour un soupirant plus ou moins avancé dans sa recherche que de voltiger dans les airs les pieds empêtrés dans un tuyau de conduite !
J'en sais un que l'objet aimé avait surnommé, après une pareille aventure, le Laocoon — du macadam.
Celte désignation mythologique est, d'ailleurs, la seule faveur cpi'il ail jamais obtenue de la dame.
Quand un chien se met à la poursuite de votre cheval, ralentir immédiatement votre allure, et parler d'une voix douce à votre agresseur; libre à vous de l'appeler « slupide animal « , mais en ayant l'air gracieux. — Il sera sensible à ce procédé courtois en apparence, et ira harceler quelque autre cavalier moins au courant des moeurs canines.
fr ■■"
Se méfier tout particulièrement dans certaines contrées, Landes, Bretagne, Sologne, des agglomérations porcines; pour être domestiqués, ces animaux utiles ont conservé la dent de leur cousin le sanglier, et bon nombre de chevaux élevés dans leur voisinage, qui portent aux jambes les traces de leurs morsures, gardent fidèlement le souvenir des inconvénients d'une pareille fréquentation.
:^ -^- lii
/»! V 4. .'. </-«/. ic
Ceux-là, h la vue d'un... comment dirai-je? empruntons aux Iteaucerons ime circonlocution connue; ceux-là, dis-je, à la vue d'un habillé de soie, sont saisis d'une terreur folle, et si vous les contraignez à en approcher, ils se livrent à des sauts de mouton désespérés, à des tentatives furieuses
(le révolte. Si vous vous trouvez à pareille fête, tenez ferme, et prenez plutôt les crins que de vous laisser désarçonner, car ce serait contre vous que se tournerait la colère du troupeau : colère ridicule, mais dangereuse; colère aveugle, que rien n'apaise, et à laquelle oti ne peut échapper que par la fuite. En conséquence, au premier grognement, piquer des deux.
**^Jv^-«.k.'
■ ■ Jhy»iL«tei'■al*fe-