‹ Paris à chevalChapitre 36 sur 98 · L'ANCIEN CONCOURS. — TYPES DISPARUS · texte numérisé non relu

L'ANCIEN CONCOURS. — TYPES DISPARUS

Trop familier. — C'est pas pour le profit que j'veux vous le vendre; mais j'aime mes bêtes, et, p’tiot comme vous v'là, j'suis ben sûr qu'il ne peinera pas à vous porter.

— Certainement, je suis content d’avoir vendu mes chevaux! Mais ce que j'ai encore fait de mieux, cette année, c’est d’avoir laissé la bourgeoise en Normandie.

— Sans doute, l'animal n’est pas mal, mais il est commun, et pour le prix

— Comment! Un cheval qui serait capable de s’emporter s'il entendait dire un vilain mot.

— Votre cheval n’a pas l'air commode ?

— La bête au bon Dieu! et puis, là, franchement, est-ce que vous croyez que je serais arrivé à mon âge si j'avais élevé des chevaux méchants?

tenus éloignés de la capitale, est admirablement choisie, et fournit à tous une occasion de se rencontrer dans un endroit clos (ce qui n’est pas sans importance à une saison pendant laquelle les giboulées constituent une nécessité climatérique), où se trouve réuni un lot toujours intéressant de ces nobles animaux que M. de Buffon nous a si pompeusement décrits. Pendant les premières années du concours, ce qui, mieux encore que le grand nombre d’affiches apposées sur tous les murs de la capitale par les soins du Comité directeur, annonçait exactement la date de son ouverture, c’était la présence dans les rues de Paris de gens mal mis, tenant en main des chevaux brillants d’allure, et demandant poliment aux agents de la paix, — je crois que c’est le nom qu’on donne aujourd’hui aux anciens sergents de ville, — le chemin des Champs-Élysées.

Leur politesse à l'égard LÉO E 2 des représentants de l’automa * rité, aussi bien que leur ignorance des points les mieux connus de la topographie pa-

risienne, indiquaient claire- | ment à l’observateur que ces ‘= braves gens n'étaient pas d'ici. Ils arrivaient en effet,

= qui de Normandie, qui du

L'ancien concours. — Demande de renseignements. Centre, qui du Mi di, amenant leurs élèves, dont ils partageaient l’ahurissement à la vue du mouvement parisien.

À l'heure qu'il est, l’apparition de ces figures étonnées ne se produit plus que par rares exceptions, justement assez nombreuses pour rappeler aux vieux Parisiens les arrivages d'autrefois.

Par contre, le cérémonial de l'installation des chevaux est resté le même. Chacun d’eux recoit à son arrivée un numéro de poitrail qu'il doit porter dans chacune des épreuves auxquelles il prendra part. Aussitôt la réception administrative terminée, le jury d'admission commence ses opérations.

MM. les jurés, divisés par groupes de trois ou quatre, dispersés aux quatre coins de l’immense manége, procèdent aux constatations de taille, d’aptitudes. Rien de plus pittoresque que les groupes ainsi formés au hasard par les examinés et les examinateurs.

Ici, l’un des commissaires, armé d’une chambrière, active le trot d’un cheval conduit en main; là, un autre tient la toise; plus loin, il s’agit de constater l’âge de l’un des candidats qui n’aime pas qu’on lui mette les doigts dans la bouche, et résiste de son mieux aux investigations dont il est l'objet.

Au concours hippique. — Opérations préliminaires.

Ces opérations se reproduisent pour chaque cheval, et remplissent toute la première journée. C’est à la fois la plus fatigante et la plus dangereuse pour MM. les jurés. Debout depuis le matin jusqu'au coucher du soleil, ils font un chiffre de kilomètres absolument invraisemblable, et le va-et-vient des chevaux, souvent très-surexcités par la nouveauté de tout ce qu’ils voient, est tel que la vigilance d’un homme obligé de rester au milieu de la piste pendant toute une journée ne doit pas cesser un instant d’être aussi éveillée que s’il traversait un boulevard de plusieurs lieues de largeur sur lequel s’écoulerait incessamment un retour de courses. C’est surlout aux abords des écuries que la plus grande attention est recommandée; les chevaux s'y croisent incessamment à un train très-vif et y échangent volontiers à la rencontre des mouvements de gaieté, dont les éclaboussures sont à

prévoir et à éviter.

Au temps jadis, l’estrade du jury était montée sur roues; on l’a supprimée comme encombrante. J'aurais voulu au contraire qu’elle füt non-

AU CONCOURS HIPPIQUE. — TYPES D'HABITUÉS

Venu pour tâcher d'empêcher ses amis de s'enrosser,

Venu pour. constater les progrès des officiers en matière d'équitation.

Venu parce que rien de ce qui touche au cheval ne lui est indiflérent.

Venu pour augmenter le mépris qu’il professe pour les obstacles artificiels et le steeple-chase en chambre.

Venu pour se confirmer dans cette opi-

nion que les chevaux de pur sang sont les seuls chevaux de selle possibles.

Venu pour voir si parmi les jeunes il s’en trouve quelques-uns qui montent aussi finement que lui.

DVES & BARRET SON.

seulement conservée, mais attelée; rien neüt été plus pittoresque que cet omnibus découvert suivant les chevaux pendant les épreuves, s’arrêtant en même temps qu'eux, passant du pas au trot, et du trot au galop, selon la vitesse déployée par les animaux à récompenser.

PA rl Al À A 1!

La tribune volante de l’ancien jury.

La première distinction accordée aux candidats consiste en un flot de rubans, récompense qui correspond assez exactement à l’accessit et consiste en quelques mètres de taffetas gris et violet assemblés avec un certain art. Ce n’est cependant pas un objet admirable en soi; mais outre que l’amourpropre de ceux qui l’obtiennent s’en trouve flatté, comme cette touffe honorifique figure à l’écurie pendant toute la durée du concours, elle sert de réclame à son possesseur, qu’elle classe parmi les bons élèves.

Autrefois, les travaux du jury occupaient la plus grande partie de la journée, et leur durée rendait le spectacle quelque peu monotone pour les gens qui n'étaient pas doués d’une passion véritable pour tout ce qui touche au cheval; par contre, le public frivole était dédommagé de ces ennuis par un spectacle charmant à voir, que des raisons de haute politique ont fait sup-

primer. — Je veux parler du carrousel donné par les écuyers et les élèves des écoles militaires de Saint-Cyr et de Saumur.

dr. Ÿ | Il ù

HAT oeil LAN AN Tarte fin FL n

nr ns RyiE Déni k Es 4! T br RUES à “un A} ARR ER SE Le EL RE NT RE A1 +

L'ancien concours. — L'école de Saint-Cyr.

Rien de plus brillant que ce ballet dansé par des cavaliers, sans un oubli, sans une faute. Et quelle variété dans les mouvements exécutés avec une précision mathématique ! mille circuits, mille détours, des changements de pied à tout instant, galop sur deux pistes, pas de côté, pas de pied ferme, espagnol, trot cadencé, courbettes et sauts de pied ferme, toutes les difficultés des manéges vaincues par de véritables virtuoses en matière de haute école. Ajoutez à cela les exercices du javelot, de la lance, des bagues, des têtes ; tenez compte de l’éclat des uniformes, du brillant des aciers, de la belle prestance des cavaliers, tous jeunes et bien découplés, et vous aurez une faible idée du spectacle dont sont aujourd’hui privées les nouvelles générations.

Chose curieuse à constater, c’est du jour où les exercices essentiellement militaires, dans lesquels brillaient exclusivement les officiers, ont été subitement supprimés, que date leur grand succès auprès du public.

A-t-il voulu protester contre la mesure prise, ou bien a-t-il cru qu’elle avait élé inspirée par la jalousie des cavaliers civils? Je l’ignore, mais sa prédilection n’est pas contestable.

Il y aurait, sur la différence de l’accueil fait par le public, Le public féminin

*INunes 9p 21099 ,] °P s19Ân99 Sa] ed SoJUOU SIN9JNES S9'T — ‘[9SNOIIEI U{] — ‘SANOIUOI UILIUN T

€ EPP EEZT

Ée Poe ZT A — à gl FT —S ee 4 A a. J , RS

Le ; > xl | à | Ps à LE à ï t “ |

Ub=

Page 1