‹ Paris à chevalChapitre 72 sur 98 · KM FAT S · texte numérisé non relu

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Un jour de Grand Prix. — Sur le chemin des courses,

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été plus utile à la réussite de l’œuvre commune que le plus influent et le plus actif des membres du Jockey-Club.

C’est une vérité reconnue maintenant en économie politique, que les prodigues jouent, aussi bien que ceux qui s’adonnent à l’épargne, un rôle nécessaire dans le mouvement des capitaux, et contribuent dans une assez vaste mesure à la production générale.

Le joueur aux courses a également son utilité, et tient sur les - hippodromes le rôle que l’agioteur

. ,9CCupe à la Bourse ; il aide incon- = sciemment le véritable spéculateur dans ses opérations les plus profi- Len “tables. La manie du jeu est certai- D à nement un mal, mais un mal néces- | À. saire, qui, en dépouillant les oisifs, UN beues JD " sa ns rejette dans le courant industriel des s . sommes considérables, qu’une éco- Cup nomie trop générale finirait par Ÿ immobiliser.

Les deux plus grands centres d’affaires sportives, l'équivalent des Bourses de Paris et de Marseille par exemple, sont incontestablement Longchamps et Chantilly, et le jour du Grand Prix de Paris pour l’un, celui du Derby pour le second, ont la même importance que les dates de liquidation générale.

Un jour de Grand Prix, la physionomie ultra-impertinente de tout cocher de voiture de louage suffirait à démontrer qu'il s’agit d’une solennité pour laquelle leur concours est

nécessaire, si dès le matin

on n'avait vu circuler à

travers Paris la collection

complète des voitures spécialement consacrées au transport économique des habitués du turf : chars

à banes gigantesques, omnibus-Léviathans se rendant à vide du lieu de remisage au lieu de stationnement.

Le véritable départ n’a lieu qu'après le déjeuner. De la porte de chaque

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établissement où l’on mange, s’écoule un premier flot de voitures qui va se perdre dans le courant général.

À partir de la rue Royale, pour la rive droite; du pont de la Concorde,

pour la rive gauche, la foule prend les allures d’une avalanche. ‘l'outes les voitures connues sont représentées dans ce défilé précipité. Il y a de tout : . des fiacres, des omnibus à quatre et à cinq chevaux, des mails, des coupés,

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des landaus, des victorias, des spyders, des phaétons, des carts, des ducs, des poneys-chaises et des vélocipèdes. On dirait un peuple de fous, à roulettes, à lorgnettes et à tickets, poursuivis par la trompette du jugement dernier. | Rien ne les arrête!

Les voitures accrochent?

Tant pis ! on va avec trois roues! Les tuyaux d’arrosage barrent la roule?

On les franchit! Quant aux piétons, s'ils veulent traverser, on les traite commede simples tuyaux

d'arrosage; — s'ils ré-

clament, on les invite à formuler le lendemain leurs réclamations. Un jour de Grand Prix, ceux qui ne vont pas à Longchamps ne doivent pas avoir autre chose à faire que de

regarder ceux qui s’y rendent.

Le vrai moyen de bien voir les voitures n’est pas, d’ailleurs, comme on le

croit à tort, d’aller se poster sur un point quelconque du fleuve de carrosserie qui prend sa source à la place de la Concorde et va se jeter dans la plaine de Longchamps. En procédant de la sorte, on voit beaucoup de poussière, quelques chapeaux de cochers, et puis c’est tout. Les plus exercés reconnaissent par hasard trois ou quatre des équipages les plus connus, et encore

se trompent-ils sept fois sur dix. C’est aux abords des tribunes que l’on peut

apprécier un attelage, en choisissant le moment où il s'arrête à l’entrée, puis s’en va choisir sa place dans l’une ou l’autre des longues queues qui se forment le long de la Seine, à droite et à gauche de la demi-lune qui sert de vestibule à l’enceinte du pesage.

C’est là seulement qu’on peut juger de la valeur d’un équipage, du rapport qui existe ou devrait exister entre le véhicule et son attelage, et juger les contre-sens qui se commettent journellement et passent inaperçus dans une cohue où chevaux et voitures se comptent par milliers.

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est d’ailleurs bien inutile de voir les habitants d’une voiture pour se rendre compte de la position qu’ils occupent en ce bas monde. La tenue des hommes, à défaut de la valeur des animaux et de Phomogénéité de l’équipage, suffirait pour se faire une opinion. Exemple : voici deux calèches huitressorts peintes de même, livrée identique, le tout vert bouteille, avec flot vert et rouge au frontail des chevaux. Il n’est douteux pour personne que la pre-

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