JEUNE ÉLÉGANT EN
PUI^aC UBKART
TILPifi ^ou«iaA'
PARIS A TRAVERS LIilS SIÈCLES
Louis XI songe à se débarnsger da conoéUMe, qu'il a
e de trahison. (Page 314, col. 1.)
Et l'un d«a crieurs qui marchait devant cnàSl : — Bonnes gens, dites vos patenôtres pour Ime de feu Laurent Garnier, en eon vivant ïmeurant à Provins, et qu'on a nouvellement ouvé mort sous un chêne; dites-en vos patentes; que Dieu bonne merci lui fasse.
Et les passants s'agenouillaient et se signaient ir le passage de ce lugubre cortège.
On remarquera l'heureuse périphrase emioyée : a trouvé mort sous un chêne, » pour «ter dédire décroché du gibet!
Il est permis de se demander dans quel état ïvait être ce corps qui depuis dix-huit mois se ilançail au crocl
Maître Henri Cousin était alors bourreau de aris ; il avait un fils nommé pelit Jehan qui eut uelques affaires d'intérêt à démêler avec un cerlin Oudin du Bust, menuisier de son état, et le )gsa d'importance; le menuisier résolut de se enger, il s'associa trois hardis compagnons : emperear du Houx, sergent à verge, Jehan du oing, fontainier, et un orfèvre ayant nom Renault Goris.
Nos quatre amîa guettèrentle petit Jehan el, le sncontrant an coin de la rue de Gamelles, près
de rhètel'^A Moulinet, l'an d'eux, Lempereur du UouK, s'approcha de lui, sous prétexte de lier conversation, et lui prit le bras familièrement.
Ad même instant, Regnault Goris se précipita sur lui et le frappa d'une pierre à la tête avec une telle force que le jeune homme chancela.
I^empereur l'ayant alors lAché, Jean du Foing le perça d'un coup de javeline; Oudin de Bust arriva aussitôt sur lui et lui coupa les jambes.
Laissant là le cadavre, les quatre assassins allèrent se réfugier dans l'église des Célestlns, qui était lieu d'asile, et attendirent patiemment les événements, en se félicitant de s'être si facilement débarrassés du petit Jehan.
Mais le bourreau de Paris n'était pas homme à laisser tuer son fils ; informé de ce qui venait de se passer, il courut bien vite trouver le prévôt de Paris, Robert d'Ëstouteville, et lui demanda justice.
Ce magistrat se rendit lui-même à l'église avec quelques sergents et procéda à l'arrestation des criminels, malgré les protestations des célestîns, qui prétendaient que leur église était inviolable et que nui, pas même le prévôt, n'avait le droit d'y pénétrer pour y arrêter des coupables.
HISTOIRE NATIONALE DE PARIS ET DES PARISIENS
Robert d'Estouteville passa outre et emmena ses prisonniers.
Alors les célestins allèrent se plaindre à Tévêque de Paris qui leur donna raison et réclama les assassins, mais ce fut inutilement.
A son tour, Tévêque s'adressa au parlement qui déclara que les prisonniers n'avaient aucun droit à jouir des privilèges de Téglise, et non seulement il maintint les arrestations, mais encore il se saisit de Taffaire et condamna les quatre complices à être pendus.
Ce fut maître Henry, père de la victime, qui eut la satisfaction de les accrocher lui-même au gibet de Paris, le 28 août 1477, devant un grand concours de populaire attiré par la circonstance. Le bourreau n'était pas un personnage sympathique et plus d'un plaignit les malheureux condamnés ; bien qu'ils eussent tué un homme, on ne se gênait pas pour dire tout haut que le meurtre d'un fils de bourreau ne méritait pas qu'on mît à mort quatre personnes, et la Chronique scandaleuse^ qui rapporte le fait, dit en manière de regret : « Il est assavoir que les dits L'empereur, duFoing et Goris estoient trois beaux jeunes hommes. »
Elle ajoute qu'en outre on battit de verges et on bannit du royaume un jeune cordonnier qui était compromis dans l'affaire, mais qui, heureusement pour lui, n'avait point assisté au meurtre.
Quant aux célestins, ils en furent pour leur courte honte.
Il est vrai que les célestins ^ne jouissaient pas du crédit des cordeliers.
Ils étaient très en faveur alors, les cordeliers, et l'un d'eux, Antoine Fradin, faisait grand bruit à Paris par ses prédications, dans lesquelles il ne ménageait personne du gouvernement.
Louis XI n'aimait pas qu'on critiquât ouvertement ses actes ; il envoya son confident Olivier Le Dain auprès du cordelier, pour l'engager à cesser de prêcher.
Antoine Fradin était fort irrésolu ; d'un c6té, il craignait le ressentiment du roi; de l'autre, il avait suffi que le bruit de l'interdiction de ses prédications se répandit pour qu'une foule de gens du peuple, hommes et femmes, s'attroupassent autour de son couvent pour le garder nuit et jour, dans la crainte qu'on l'enlevât. Nombre d'entre eux s'étaient armés de bâtons, d'instruments de travail en fer, bien résolus de défendre le prédicateur au péril de leur vie, en cas d'attaque ou d'insulte.
Sa situation était assez délicate.
Les magistrats la simplifièrent.
Il fut crié le mardi 26 mai, à son de trompe, par tous les carrefours de Paris, défense à tous les habitants de s'attrouper ni de tenir aucune assemblée sans la permission du roi ou de ses lieutenants, et notamment dans l'église ou aux environs des cordeliers, sous peine d'emprisonnement et de confiscation de biens.
Quant à Antoine Fradin, le premier président se chargea d'aller lui-même lui notifier un arrêt de bannissement, arrêt auquel il se conforma le lendemain ; il partit de Paris accompagné par une masse de gens, surtout de femmes^ qui le conduisirent hors des mura, en donnant les marque$ de la plus profonde affliction.
Bien qu'une maladie épidémique fît alorsd'assez grands ravages dans Paris, cela n^empécha pas les ambassadeurs du roi d'Espagne d'y venir le samedi 3 juillet 1479. Ils furent reçus avec les plus grands honneurs et traités magnifiquement
L'année suivante, ce fut le cardinal Jean de La Royère, légat du pape, qui vint à Paris le lundi 4 septembre. Toutes les rues furent tapissées pour le recevoir et il alla loger au collège Saint-Denis, près des augustins; il officia à Notre-Dame et partit pour la Flandre le 13 du même mois.
Ce fut en 1480 que fut érigée en paroisse l'église Saint-Martin, au faubourg Saint-Marcel (ancienne chapelle située dans le cloitre Saint- Marcel et dont il est fait mention dans les bulles d'Adrien lY, en date du 27 juin 1158, adressées au chapitre pour la confirmation de leurs biens et privilèges). Elle fut en même temps rebâtie et agrandie et fut dédiée et consacrée par Louis de Beaumont, évoque de Paris, le 24 août.
En 1668, cette église subit la visite de trois voleurs qui emportèrent le saint ciboire avec les hosties consacrées^ après avoir rompu le tabernacle ; ils furent arrêtés et brûlés vifs, et déclarèrent avant de mourir qu'ils avaient jeté une de ces hosties aux environs des murailles du jardin du monastère du Val-de-Grâce. On l'y trouva enveloppée dans un mouchoir.
En réparation de cette profanaticn, l'arobevèque Hardouin de Péréfixe ordonna une procès* sion solennelle à laquelle il assista nu-pieds, po^ tant le Saint Sacrement et son étole derrière le dos; un autel magnifiquement paré avait été élevé, pour la circonstance, sur une éminence qui se trouvait entre les murailles de l'abbaye du Val-de-Grâce et le couvent des capucins. Au bas de cette éminence fut édifiée une croix de pierre en forme de pyramide, pour perpétuer le souvenir de cet événement.
Vers 1680, l'église Saint-Martin fut réparée et subsista jusqu'en 1790, époque à laquelle elle devint propriété nationale et fut vendue le 8 ventôse an X. Elle fut démolie vers 1806.
L'année 1480 fut terrible à passer pour les Parisiens ; l'hiver fut un des plus rudes qu'on eût vus en France. Il commença le lendemain de Noël et dura jusqu'en février avec une rigueur excessive. Pendant tout ce temps, la Seine fut gelée de telle sorte que les chariots y passaient comme sur la terre ferme. Le bois se vendit à Paris si cher que les riches seuls pouvaient s'en procurer. Au dégel, plusieurs ponts furent emportés; ceux de Notre-Dame et Saint-Michel
arent préservés de réboulement par la précauioQ qu'on prit de les barrer à Taide de plusieurs prands bateaux qui retinrent les glaçons, mais Ions ceux qpi habitaient dessus furent obligés de iéménager avec leurs meubles.
Gomme le froid persista jusqu'en mai, les vi- ^es furent gelées et le vin manqua; on fut obligé l'en faire venir à grands frais d*Espagne.
La disette des blés qui survint causa une Eamine épouvantable; nombre de gens de la îampagne s'étaient réfugiés à Paris, dans l'espoir l'y trouver à vivre ; mais comme la plupart étaient léjà exténués par les privations, ils moururent presque tous.
Cette mortalité passa ensuite des pauvres aux nches et le parlement eut à déplorer la perte de plusieurs de ses membres, entre autres J. Le Boulanger, son premier président. Charles de Gaucour, lieutenant pour le roi dans la ville de Paris, et le célèbre jurisconsulte Nicolas Bataille furent KD nombre des morts. Ce fut une désolation générale.
Lorsque le fléau cessa, ce fut l'évéque de Marseille qui succéda au lieutenant général de Gaucour, et Jean de LaVacquerie qui devint premier président.
Louis XI donna le monastère des Béguines — où il ne restait plus que trois nonnes, — aux religieuses de la (f tierce ordre pénitente et observance de monsieur saint François » et ordonna que la maison porterait dorénavant le nom de XAve-Maria.
Mais à peine ces religieuses étaient-elles installées, que l'Université, pour plaire à Anne de France, fille de Louis XI, voulut y installer les filles de Sainte- Claire.
Jean Bérenger, docteur en théologie, déclara au parlement^ le 8 février 1482, que l'Université continuerait son opposition et ne permettrait pas que d'autres religieuses que celles de Sainte- Claire fussent admises au couvent de XAve- Maria.
On plaida : l'Université^^ les quatre ordres mendiants, le curé de Saint-Paul, l'Hôtel-Dieu, Pierre Turquois, procureur au parlement, Anne de France, dame de Beaujeu, les ministre et provincial des cordeliers, et le visiteur de la réforme de Sainte-Claire, soutinrent énergiquement la €ause des filles de Sainte-Claire.
Par arrêt du parlement du 2 septembre 1482, celles-ci furent déboutées, mais dès que les religieuses de la tierce ordre pénitente eurent obtenu gain de cause, elles invitèrent |elles-mèmes, en 1484, leurs adversaires à s'établir dans leur maison, et cela à l'instigation de la veuve de liOuis XI, qui fit venir quatre filles de Sainte- Glaire de Lorraine.
En peu de temps, le couvent de XAve-Marta fut habité par 58 religieuses ; elles demandèrent 4u roi Charles VIII d'ôtre gouvernées par les
religieux de Saint-François, et ce prince, par lettres patentes de 1485, les autorisa à recevoir douze pères et leur donna deux tours de la ville, avec le mur qui les joignait, pour les loger.
Ce fut là où, par les libéralités de la reinemère, fut bâti le couvent de ces religieuses.
Le roi Henri III ayant établi en 1552 une imposition sur les maisons de Paris, en exempta les religieuses de XAve-Maria et, de plus, il leur accorda une certaine quantité d'eau des fontaines publiques de la ville.
Le 17 janvier 1604, le roi leur permit de quêter dans toutes les églises paroissiales de la ville et des faubourgs.
En 1658, elles obtinrent le droit de défendre à toutes personnes d'élever aucuns bâtiments voi« sins de leur maison plus hauts que les murs de clôture, avec permission d'abattre tout ce qui dépasserait, même à l'égard des constructions existantes.
Enfin, en 1660, tous leurs privilèges furent confirmés: exemption de tous droits de ports, péages, passages, impôts^ tant par eau que par terre, etc., etc.
On voit qu'elles savaient amplement tirer parti de la faveur dont elles jouissaient auprès de l'autorité souveraine.
L'église de leur couvent n'avait rien de remarquable^ si ce n'étaient les tombeaux des personnages qui y étaient inhumés, ceux de Mathieu Mole, garde des sceaux, et Renée de Nicolaï, sa femme, Antoine^ roi de Portugal, N. de Vivonne, veuve de Claude de Clermont-Dampierre, Catherine de Clermont, sa fille, etc.
Cette église avait été dédiée, le 18 mars 1447, par Denis, patriarche d'Antioche, évêquede Paris.
La communauté religieuse de XAve-Maria fut supprimée en 1790, et les bâtiments convertis en caserne.
Geofi*roy jFloreau, religieux bénédictin, étant devenu abbé de Saint-Germain des Prés en 1482, présenta au roi une requête afin d'obtenir quelques secours pour son abbaye dont les revenus étaient fort diminués par suite des guerres [et des troubles survenus pendant les règnes précédents, et en même temps pour avoir la permission d'établir dans le faubourg Saint- Germain une foire franche^ semblable à celle de Saint- Denis, dont ses religieux pussent toucher les revenus et profits.
Le roi reçut la requête avec bienveillance et signa (mars 1482) des lettres patentes ordonnant qu'il se tiendrait chaque année, à perpétuité, dans le faubourg Saint-Germain, une foire franche qui durerait du 1*' au 8 octobre, que les religieux de l'abbaye choisiraient le lieu le plus commode pour y construire des halles, des loges et des étaux « dont ils retireraient tous les profits et les revenus, sans que personne les pût troubler et inquiéter »
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Hais cette concession n*était pas du goût des religieux de i^abbaye de Saint-Dénis, mécontents de voir s'élever une concurrence à la foire qui se tenait à Saint-Denis le 9 octobre, et, sans respect pour la volonté royale, ils en appelèrent au parlement qui, prenant en considération leurs griefs, maintint rétablissement de la foire Saint-Germain, mais jugea qu'il y avait lieu d'en reporter Touverture annuelle à la Saint-Martin.
Les religieux de Saint-Denis avaient espéré mieux ; ils revinrent à la charge et sollicitèrent du parlement un arrêt plus radical.
L'affaire ne fut jugée qu'en 1484, et tout ce qu'ils obtinrent, fut que la foire se tiendrait désormais le 3 février.
Les religieux de Saint-Germain retirèrent alors des mains du sieur Bênoize» les jardins du roi de Navarre qu'ils lui avaient donnés en viager, à titre de cens, et firent construire 140 loges qui furent louées au profit de l'abbaye à divers marchands.
La foire commença à se tenir au mois de février 1486.
Charles YIII qui régnait alors, confirma les lettres patentes de Louis XI, et Louis XII fit de même en 1499. Les religieux tirèrent de grands bénéfices de cette foire. Au xvu* siècle, la princesse de Conti (veuve de François, prince de Gonti, qui avait joui de l'abbaye jusqu'à sa mort, sous le nom de Percheron) possédait les revenus de l'abbaye, sous l'administration de Buisson, qui avait seulement le titre d'abbé.
Le cardinal de Furstenberg, abbé de SaintrGermain, voulut rentrer dans ces revenus en 1690, à commencer par ceux de la foire Saint-Germain ; mais les marchands s'y opposèrent, et il y eut procès intenté au parlement et ensuite au grand conseil. Enfin le conseil d'État privé du roi, ne jugeant pas à propos que l'abbaye rentrât en possession de la foire entière, ordonna en 1698 que le préau de la foire serait réuni au domaine de Fabbaye et que les marchands ou autres qui jouissaient des halles seraient maintenus dans leur possession, moyennant la somme de 30,000 livres qu'ils paieraient une seconde fois au cardinal de Furstenberg.
La foire Saint-Germain ne tarda pas à devenir célèbre, et bien que ses lettres d'institution ne lui donnassent que huit jours de durée, elle fut prolongée. En 1630 elle durait six semaines; plus tard elle fut étendue du 3 février au samedi avant le dimanche de la Passion, et encore, vit-on plusieurs fois le roi en prolonger la durée , ainsi que le fit Henri IV en 1607.
Toutefois la franchise n'avait lieu que pendant huit jours.
Tout le monde allait à la foire Saint-Germain, même les rois de France qui aimaient à s'y promener et à y faire emplette de certains petits objets destinés à être donnés en cadeaux, — et aussi
à y jouer, car elle renfermait plusieurs académie» de jeux a où lé roi, .les princes, et les seignean venaient risquer leur fortune ou celle des autres», et contre lesquelles le parlement lança des arrèU inutiles.
■ « Les débauches qui sont assez communes en matière de foire, dit un historien, furent extraordinaires en icelle. » Il est vrai qu'on y trouvait toute espèce de plaisirs et de séductions, y compris des salles de danse, où la morale publique n'était pas toujours respectée.
La foire de Saint-Germain n'était pas seulemeat le lieu de réunion par excellence des écoliers, c'était aussi le rendez-vous des courtisans et des personnes de toute condition; elle devint au XVI* siècle, le point de ralliement des braves, venus en France à la suite de Catherine de Médicis, et qui se chargeaient, moyennant un prix réglé à l'avance, de battre ou assassiner celui qu'on leur désignait.
On permettait non seulement aux forains, aux étrangers d'y étaler leurs marchandises, mais encore les marchands qui n'étaient pas maîtres, pouvaient y vendre, sans crainte d'être inquiétés par les jurés de la ville.
Les loges construites par les religieux étaient en charpente ; elles étaient occupées par des merciers, des orfèvres, des lingères, des confiseurs, des cabaretiers, des théâtres forains, des curiosités de toute espèce, ce qui donnait à la foire, un aspect des plus animés.
Ces loges furent détruites par un incendie an commencement du xvi* siècle ; on les rétablit par ordre du cardinal Briçonnet, en 1511, sur le terrain où s'élève aujourd'hui le marché Saint-Germain; elles s'étendaient jusqu'à l'extrémité de la rue de Toumon, et aux environs du Luxembourg et de Saint-Sulpice.
Biles formaient neuf rues qui se coupaient à angles droits, qui se désignaient par les noms des métiers dont on y trouvait les étalages, et se trouvaient abritées par une charpente immense, dont on admira longtemps la hardiesse.
Au bout des halles était une chapelle où l'on disait tous les jours la messe pendant la durée de la foire.
A côté du marché où l'on vendait toutes choses, excepté des livres et des armes, se trouvait un enclos extérieur ou préau très vaste, pour les toiles, les draps, les carrosses, etc., et un champ crotté pour les bestiaux.
Des cours et des puits étaient ménagés pour le feu ; cependant un incendie terrible ravagea la foire dans la nuit du 16 au 17 mars 1762.
L'année suivante on reconstruisit cent loges, mais cette nouvelle foire ne conserva pas la vogue qu'avait su conquérir l'ancienne; la magnifique charpente ne fut pas rétablie, seulement quelquesunes des rues furent abritées par des vitraux, ce qui leur donna l'aspect des passages modernes.
Louis XI était coatiaueUâmeot f.n prière. (Page 323, col. S.)
M. Victor Foumel a Iracé une physionomie très iUoreaque de la foire Saint-Germain dans son vre, les Spectacles populaires. Nous en détachons et extrait :
« Pendant toute la durée de la foire, que veftient ouvrir solennellement le prévôt de la ville t le lieutenant général de police, une foule imlense s'y pressait de tous les coins de Paris et es environs. C'était entre les boutiques, dans les aelles débordant de boue et de crotte, un efroyabte tohu-bohu, un va-et-vient incessant de avaliers à moustaches en crocs et à larges panahes, de grandes dames, vraies ou fausses, étalant a Tard de leurs joues et le luxe de leurs désbalUlés galants, de soldats à la longue rapière, de ■âges à l'aCTùt d'une niche, de laquais courant iprès les querelles, de filous, de mendiants, de tadauds. Les équipages se croisaient, les vinaigrettes renversaient ie? chaises à porteurs, les xichers se disputaient de la voix, du geste et du ouet, et il fallait quelque bravoure pour s'enter rËsolùment dans celle marée humaine où MTfois un mouvement de reflux et d'irrésistibles poussées produisaient des catastrophes tour à lour grotesques et terribles. Joignez-y le concert les sonnettes, des flùtea, des mirlitons, des sif- Uv. «
flets, des tambourins et des trompettes, le vacarme des industries tapageuses qui encombraient les abords du marché, les cris des oublieux, des limonadiers et des marchands de tout genre, le bruit infernal des conversations, des discussions, des injures, des rixes, des provinciaux criant au voleur, des infirmes sollicitant la charité publique, des jeunes seigneurs rossant la garde et de la garde rossée par les jeunes seigneurs, et vous aurez une très légère idée de ce qu'on entendait à la foire Saint-Germain.
« Le jour était surtout réservé au peuple, mais la nuit amenait avec elle une assemblée plus brillante. C'était le moment choisi par la noblesse et les grandes dames pour faire leur apparition au milieu des merveilles du marché, et le roi ne dédaignait pas lui-même de s'y montrer quelquefois. Henri IV et la reine n'y manquèrent pas un seul jour, nous apprend L'Esloile, en l'année 1608, cl ils avaient une loge où étaient dressés la table et le tapis pour jouer au brelan. A la clarté des milliers de Qambeaui allumés à chaque boutique et qui transformaient la foire en une sorte de palais enchanté, allait lentement, de long en large, comme au cours, cette foule bariolée d'éclatants costumes, les dames couvertes du masque de
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velours noir. Alors surtout les tire-laines et les coupe-bourses faisaient leur office; alors aussi, se nouaient les intrigues amoureuses. »
Les coups pleuvaient aussi parfois sur les épaules des promeneurs. L'Estoile nous apprend que le 10 février 1397, le duc de Nemours et le comte d'Auvergne allèrent à la foire Saint -Germain, qu'ils y commirent dix mille insolences, qu-un avocat y perdit son chapeau et fut bien battu par les gens du comte d'Auvergne.
En 1605, ce fut un laquais qui coupa les deux oreilles h un écolier, et les lui mit dans sa poche, ce qui fit qu'à leur tour les écoliers furieux se ruèrent sur tous les laquais qu'ils rencontrèrent, en tuèrent et en blessèrent beaucoup.
Nous aurons d'ailleurs plus d*une fois l'occasion de promener le lecteur à travers ce champ de foire, qui fut souvent le théâtre de scènes et d'événements importants jusqu'à la Révolution de 1789, ou plutôt jusqu'en 1786, car à cette époque déjà la foire Saint-Germain était, sinon disparue, du moins considérablement délaissée, et lorsque, le 3 février 1789, le lieutenant de police, assisté des officiers du Ghàtelet, des syndics de la foire et des gardes-marchands, vint à haute voix annoncer l'ouverture de la foire en criant :
— Messieurs, ouvrez vos loges I
Ce fut à peine si quelques oisifs pénétrèrent dansTenceinte.
Les galeries du Palais Royal attiraient tout le public et leur élablisscment avait tué la foire Saint-Germain.
Toutefois, nombre de baraques subsistaient encore en 1811 puisque l'on commença à abattre ces boutiques vermoulues, alors occupées par des marchands de vieux meubles, lorsqu'il fut question d'établir sur cet emplacement le marché Saint-Germain, dont la première pierre fut posée le 15 août 1813.
L'architecture de ce marché, à la fois simple, solide et majestueuse, a le caractère qui convient aux monuments consacrés à l'utilité publique. L'édifice, qui a la forme d'un quadrilatère, est circonscrit par quatre rues (Clément, Labinéaire, Félibien, et Mabillon), ce qui lui donne Tavantage de se trouver dans une situation commode, qui laisse beaucoup de facilité à la circulation.
L'intérieur présente quatre nefs éclairées par des arcades, par des jours ménagés entre elles et la toiture, et par des ouvertures pratiquées entre les deux rangs du comble.
Entre ces quatre nefs est une cour spacieuse, an centre de laquelle on plaça en 1825 la fontaine monumentale qu'on avait élevée sur la place Saint-Sulpice.
Le bâtiment destiné aux boucheries a la même forme que l'édifice principal; on y pénètre par trois portes d'entrée ornées de grilles.
Celle du milieu fait face à une fontaine adossée
au mur; elle est décorée d'une figure allégorique de l'Abondance, représentée par une femme assise sur un piédestal, qui offre une bouche fournissant de l'eau pour les seuls besoins du marché.
Les travaux de serrurerie exécutés pour les étaux sont immenses. Squs cette boucherie sont pratiquées des caves divisées en 150 compartiments fermés et séparés par des grilles qui forment autant de resserres dans lesquelles les marchands peuvent déposer les denrées non vendues, ou les abriter pendant les rigueurs de l'hiver oh les grandes chaleurs.
L'ensemble de ce beau marché, construit par l'architecte Blondel, a été béni solennellement le 1"' juin 1817 et livré au commerce le lendemain.
Au mois de mars 1481, Louis XI avait eu une attaque d'apoplexie qui l'avait laissé à peu près perclus de tous ses membres. Il était resté pendant trois jours sans entendre ni parler et lorsqu'il recouvra la parole, le premier usage qu'il en fit fut de chasser la plupart des domestiques qui l'avaient soigné.
A la suite de cette attaque, il demeura bègue et, bien qu'il afleclàt de prêter Toreille lorsqu'on lui parlait, il entendait à peine, et cet état maladif le tenait dans une disposition d'esprit des plus fâcheuses pour ceux qui l'entouraient.
Il avait des accès de colère terribles et supportait impatiemment son mal; aussi usa4-il de tous les remèdes possibles pour revenir à la santé; mais bientôt, désespérant du savoir des médecins, il voulut que des processions fussent faites partout, afin d'obtenir du ciel ce que les secours de la médecine étaient impuissants à lui rendre. U ordonna donc aux Parisiens de faire une procession à Saint-Denis, pour k faire cesser le vent de bise qui Tincommodait. »
Le parlement s'assembla à cet eflet le 7 février 1483, et il fut arrêté que la procession aurait lieu le lendemain. Ce fut un curieux spectacle.
Disons d*abord oue le programme en fut réglé par des commissaires spéciaux; ce furent : Mathieu de Nan terre et Jean d'Arènes, présidents au parlement, Jean L'Espervier, Jean Henri* présidents des enquêtes, Jean de Courceiles, Guillaume de Cambray, Pierre de Cerisay et Jean de Caulers.
Ces commissaires appelèrent à eux les trois avocats du roi, Guillaume de Ganney, Jean Le Maître et Philippe Luillier, le procureur général Michel de Pons, enfin l'évéque de Marseille, lieutenant du roi.
Tous ces personnages s'assemblèrent et délibérèrent longuement.
Enfin ils s'arrêtèrent à ceci : comme la cour se composait de cent personnes, il fut cou venu qu'on prendrait cent religieux pour assistera 1» procession, quinze de chacun des ordres mendiants, quatre de chacun des principaux menas*
tères, qu*un de chaque, revêtu d une chape, porterait une relique, et tous les autres chacun un vierge d*une demi-livre;
Qu'il serait ordonné à tous procureurs, avocats « et autres suppôts de la cour, sous peine de privation et d'amende, » d'être à six heures du jnatin au Palais pour assister à la procession;
Que les présidents et conseillers iraient à pied Jusqu'à la porte Saint-Denis, où ils pourraient oioqter à cheval pour se rendre à la ville de £aint-Denis, où ils mettraient pied à terre;
Que Tévêque de Marseille vêtu ponlificalement, assisterait à la procession et dirait la messe solennelle ; enfin qu'on partirait du palais à sept heures du matin.
Le lendemain, tout se passa selon que la céréfluonie avait été réglée.
Toute uns foule de gens en habits laïqnes ou «éculiers, en costume d'apparat, un cierge allumé à la main, traversèrent Paris pour se rendre •à Saint-Denis, suivis par un nombre considérable ée processionnistes par occasion, qui se joignaient «u cortège, uniquement pour le grossir par pur désŒuvr<^lpent, sans compter les mendiants, les infirmes et les estropiés feints ou réels, qui pullulaient dans Paris à cette époque et ne manquaient aucune occasion de se trouver là où ils pouvaient espérer exciter la compassion publique, par le spectacle de leur misère.
Toutefois l'histoire ne dit pas si la bise cessa de souffler par suite de la procession ; nous ne pouvons donc renseigner nos lecteurs sur ce •point. Cependant il est permis d'en douter, puisque le roi ordonna une seconde procession, encore plus solennelle, au même lieu, et à laquelle il assista en personne, le samedi 3 mai, accompagné des princes, des seigneurs de sa cour, du parlement, de. la chambre des comptes, des autres compagnies et du corps de ville.
Il retourna ensuite à Toui*s, où, sa maladie augmentant de plus en plus, il se confla de noureau aux soins impuissants des médecins.
Après le traité d'Arras, les ambassadeurs flapaands vinrent à Paris le 3 janvier suivant, et le lendemain ils assistèrent à la messe de Notre- Dame, où se rendirent les processions de la ville, |ui ne cessaient plus.
Uq Te Deum fut chanté, on fit des feux de joie )i des tables furent dressées dans toutes les rues; >ii offrit aux ambassadeurs un banquet à l'Hôtel le Ville, et le lendemain ils partirent pour voir ie roi à Tours. A leur retour à Paris, on publia la teneur du traité de paix en leur présence au parlement.
Le 19 avril, le seigneur et la dame de Beaujeu passèrent également par Paris pouraller recevoir m Picardie la future dauphine, Marguerite de Bourgogne.
La dame de Beaujeu fit son entrée comme fille le France et créa des maîtres de métiers.
Elle était accompagnée des seigneurs d'Albret, de Saint-Valiier, de Tamiral et de plusiears autres personnages de marque.
Elle demeura pendant trois jours dans la capitale, où le cardinal de Bourbon la a régala honorablement ». Le 2 juin, le parlement résolut de se rendre en corps au-devant de la dauphine et, pour éviter l'embarras, il fut convenu qu^on n'emmènerait pas de pages et de serviteurs à cheval, à l'exception d'un valet que chacun pouvait attacher à sa personne.
La dauphine arriva vers cinq heures du soir à la porte Saint-Denis, où elle était attendue auprès du moulin à vent avoisinant la porte.
Depuis cette porte jusqu'à Notre-Dame, on avait, selon l'usage, organisé sur le parcours, des représentations dramatiques, et les rues étaient tendues.
Tous les prisonniers furent mb en liberté et purent prendre part à l'allégresse publique.
On créa de nouveau un grand nombre de maîtres de métiers, et, de Notre-Danie, la dauphine fut conduite à l'hôtel des Tournelles par la rivière.
Elle y resta jusqu'au moment de ses noces, qui eurent lieu à Amboise.
Quelques jours après son arrivée à Paris, c'eflà-dire le 6 juin, un orage terrible éclata sur Paris, la foudre tomba sur l'église Sainte-Geneviève, brûla le clocher, fondit les cloches et renversa plusieurs bâtiments de l'abbaye. '
Le pape Sixte IV accorda aux religieux des indulgences qui devaient être distribuée? de façoa à se procurer des fonds pour les réparations à faire ; en peu de temps tout le dommage se trouva réparé.
Le roi, dont l'état ne cessait d*empirer, demanda de nouvelles processions et ordonna aa parlement d'en faire pendant trois jours conséautifs à Saint-Denis.
Le parlement était accoutumé à obéir ; il indiqua donc trois processions pour le vendredi 27« le samedi 28 et ie dimanche 29 juin, et il régla en outre qu'on porterait chacun de ces trois jours à Saint-Denis douze torches de cire pour accompagner les corps saints et les autres reliques. Les avocats, procureurs, etc., furent teaiis d'assister régulièrement à ces processions.
Tout fut inutile, Louis XI souffrait toujours.
On le voyait continuellement en prières, se facommandant à monsieur haint François, ou à tel autre en qui il avait placé sa confiance.
Il fonda des messes et demanda la sainte Ampoule de Reims; on l'apporta à Paris le 31 juftlet ; aussitôt le parlement en corps monta à chavol et se rendit à Saint-Antoine-des-Champs aè elle était déposée sous la garde du prieur et 4e onze de ses religieux.
Autour de la précieuse relique brûlaient doaiô torches aux armes de la ville.
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Dos évéques, deâ officiers, des ecclésiastiques, des moines de tous ordres^ veillaient aussi sur elle ; on la porta à la Sainte-Chapelle du palais et, le lendemain, des messagers de haute qualité partirent pour la présenter aii roi.
Lé roi mourut le 29 août 1483.
Aussitôt après sa mort, la sainte Ampoule et les reliques furent transportées à Paris, où elles arrivèrent le 11 septembre, pour être ensuite réparties aux églises, dans lesquelles elles étaient conservées.
Le règne de Louis XI fut un bon temps relatif pour la capitale.
Ce roi en fit son refuge, sa citadelle et son arsenal pour toutes ses entreprises contre la féodalité.
bans le courant du xv' siècle, Tessor des intelligences fut développé par Timprimerie.
Louis XI protégea les imprimeurs, lorsqu*en 1466, sur la réclamation des çalligraphés, qui devinaient que la nouvelle invention porterait un coup funeste à leur industrie, le parlement rendit un arrêt qui ordonnait la saisie des voluines imprimés ; Louis XI fit casser Tarrèt par son conseil et donna aux trois imprimeurs allemands des lettres de naturalisation.
Un commissionnaire en librairie de Mâyence, nommé Hernian de Stathouen, étant mort à Paris, le 21 avril 1474, ses marchandises furent confisquées, en vertu du droit d'aubaine qui àttri- 'buait au roi les biens ^que tout étranger laissait en France au moment de sa mort.
Le roi maintint la saisie, mais il fit mettre les livres en vente et payer aux libraires mayençaîs 2425 écus « ayant considération à la peine et talent qu'ils ont pris pour Tart et industrie de impression et au prouffit etiitilité qui en vient et peut venir à toute la. chose publique, tant pour l'augmentation dé la science que aultremeni. »
Cependant, si les lettres brillèrent d'un certain éclat, les sciences ne progressèrent guère à Paris; la médecine continua à se traîner dans l'ornière de la tradition arabe, et c'était toujours vers l'alchimie que se portaient de préférence les études des savants.
Dans les arts s'opérait le mouvement de transformation qui annonçait l'approche de la Renaissance et les peintres naïfs de l'époque laissèrent des chefs-d'œuvre de peinture sur verre, et sur émail et l'enluminure qu'avait déjà portée si loin le fameux Gringonneur (qui avait colorié en 1392 le plus ancien jeu de cartes que Ton connaisse, pour l'amusement du roi Charles VI, dans son atelier de la rue de la Verrerie) fitencore des progrès remarquables.
Quant à là musique^ elle suivit à Paris l'impulsion des autres arts, et les princes tinrent à honneur d'avoir des musiciens attachés à leur personne.
Sotis Louis XI, les ménétriers conduisaient pv les rues le guet dû cardinal La Baiue.
Mais ce qui se modifia sensiblement pendai ce règne, ce fut la niode: la forme des habib changea entièrement.
Les hommes, se mirent à porter des yètemeib si .courts et si collants, qu'ils étaient indéeeib (( comme si l'on souloit vestir des singes, & Monstrelet, qui estoit chose très malhonnête et impudique. Et si foisoient les manches fendre de leurs robes et de leurs pourpoints, pourmonstrer leurs chemises déliées, larges et blaneha Portoient aussi leurs cheveux si longs qu'ils Inr empéschoient leur visage, mesmemeni leurs yeio. Et sur leurs testes portoient bonnets de drap hanb et longs d'un quartier ou plus. Portoient an comme tous indifféremment chaisne dormoik somptueuse; chevaliers et escuyers, les variefa mesmes^ pourpoints de soie, de satin et de veiom, et presque tous, spécialement ez cours des prisces, portoient poulaines (on nommait poulets des souliers dont les pointes ^'élevaient à 20 eestimètres au delà du pied ; cette mode qui date di xm* siècle et que l'on qualifiait de Poulaine de Dieu maudite/ s'est maintenue jusqu'à la fia du XV*) à leurs souliers d'un quartie" de hm^ (un quart d'aune) voire plus tels y avoient. Portoient aussi à leurs pourpoints, gros mahoikra (espèce de vêtements qui garnissaient les épaoles et la moitié des bras ; les militaires en portaiot aussi, d'où vint le nom de Maheutres qu'on doou aux soldats), pour montrer qu'il fussent hr^ par les épaules, qui sont choses vaines el pir aventures fort haineuses à Dieu. Et qui estoit kn (aujourd'hui) court vestu, il estoit le lendemui long vestu jusqua terre. Et si 'estoit cette Imasière si commune, n'y avoit si petit compaignon q« ne se voulsit (voulut) vestir à la oiode des gras et des riches, fust long, fust court, non regvdant au coust ne à la despense, ne s'il appartenoit à leur état. »
On voit que de tout temps, les Pansiens if tous rangs, n'ont cessé de rivaliser dans la&soi de s'habiller et que les mêmes reproches leur oit été adressés, alors comme aujourd'hui.
L'usage de montrer son linge, relevé par Mamtrelet, venait de la magnificence de la toile di Hollande, qu'on employait alors pour fabriqur les chemises.
Quant aux bonnets v d'un quart et plus • di haut, ils nous représentent des coiffures qui s*ê^ valent à 45 centimètres au-dessus du front 0* bonnets étaient étroits et soutenus par une doa* blure apprêtée qui leur faisait darder le ciel, t
On fit aussi de hauts chapeaux pointus demi lesquels se relevait un large rebord comme il chapeau de Polichinelle, mais celui que préiéaà Louis XI ressemblait à nos chapeaux mous.
Les cheveux portés sous le bonnet étaiai longs. En effet, depuis 1490, la chevelore s'était
TfLOÊN POUNPA
PAltlS A TKAVlilHS LES SIÈCLES
t rwommuidait à tiiDt Frantoit. (Page SU eoL l.>
illoDgée, & mesure que les habits se raccourcissaient. Vers 1470, an eordelier proposa au sujet des longs cheveux, qu'il n'approuvait pas, une réforme radicale : ■ Un homme qui a grande abondance de cheveulx, dit ce moraliste, doit K faire apporter de l'eau chaude et les tremper, et puis avec un bon raasoir bien tranchant, les faire oster, car les cheveulx ne font à la teste que nuisement. Ils engendrent ordures, poux, crasse, teigne, sueur, et sont cause de plusieurs maladies. C'est pourquoi fol&tres sont ces cuideraolx qui, si grans cheveulx portent & si grande abondance qu'ils leur entrent jusqu'au dos par derrière, et par-devant leur couvrent le front jusqu'aux yeux, tandis qu'aux deux costés ils leur cachent les oreilles. »
Ce fut en 1480 que les Parisiens adoptèrent les souliers arrondis da bout, à la place des souliers à ta Poulaine ; bientôt on exagéra cette nouvelle forme, le bout de la semelle fut découpé au compas, le soulier se terroînaiten raquette.
On appelait cela des souliers k bec de canard, oii des souliers becqus.
Une mode bizarre, qui avait déjà commencé à paraître sous Charles Vil, consistait k se chausser un seul pied d'une botte fauve.
On appelait robe, l'habit de dessus, court ou long mais en 1480, on commenta à se servir des mots jaquette pour désigner un vêtement ajusté, et paletot, pour en indiquer un flottant à la taille.
Si, dans le xtv* et le xv* siècles, les Parisiens avaient adopté les habits courts et les cheveux longs les avocats conservèrent la longue soutane et le long manteau; la chevelure fut moins obstinée et se fit ronde et cléricale. La mode pourtant toucha aussi aux manteaux des avocats ; elle leur donna d'abord d'assez forts retroussis sons le coude etalla jusqu'à leur attacher des manches. Quanti lacoiffure, les avocats avaient rejeté l'appendice de leurs chaperons sur l'épaule ou bien l'avaient noué autour du cou ; ils ne conservèrent qne la calotte, dite bourtet, d'où l'on a fait bonnet.
Au xvt* siècle, le manteau des avocats d'abord retroussé au bras, puis ouvert à la place du bras avait fini par avoir des manches. Il était retenu
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par la simarre et laissait voir la soutanelle noire. La chemise se rabattait autour du cou ; de là s'est formé le rabat. Le bonnet qui avait remplacé le cbaperon jeté sur Tépaule, avait quatre cornes distribuées à égale distance, ce qui lui 6t donner le nom de bonnet carré. Sous le bonnet on avait adopté la calotte noire de Louis XL
Sous François I°% les robes prirent la forme large et ample qu'elle ont conservée ; les jeunes avocats firent des efforts vers un costume plus mondain, mais on les réprima.
Le corps municipal de Paris s'habillait sous Charles V en blanc et violet, sous Charles VI en blanc et vert, au sacre d'Isabeau il se vêtit de vert •! rouge, de bleu après l'expulsion des Armagnacs en 1418, en rouge sous les domination anglaise et en rouge et bleu à partir de 1430.
Les membres du parlement, eux aussi, étaient toujours habillés de rouge.
Les membres de l'Université étaient en gris, en bleu passé, en vert sombre, ou en couleur amarante.
L'armée française ne brillait pas par le luxe de l'uniforme ; les compagnies de Louis XI ne furent jamais habillées que dé fer et de laine.
Ce fut en 1467 que le canon à main fut remplacé par la coulevrine; lorsque Louis XI rétablit la garde civique de Paris, il laissa aux hommes qui en faisaient partie, la faculté de s'armer de vouges (fauchard raccourci), de longues lances ou de coulevrines.
Les francs-archers avaient des arbalètes de dix carreaux qui se bandaient à quatre poulies. Cette milice était habillée de brigaodines et de hoquetons aux frais de la ville.
Ce fut en 1481 que Louis XI se forma une garde particulière, composée de U6 hommes, trois tambours et un fifre, qui prit le nom de Compagnie des Cent Suisses; cette compagnie a subside jusqu*en 1789. La Révolution la fit disparaître. Rétablie en 1813, elle fut supprimée en 1830. Les Parisiens s'extasiaient volontiers devant la magnificence du costume de ces soldats et leur haute taille, dont le minimum était fixé à 5 pieds 6 pouces (Im. 78G c)
Le costume des femmes varia peu à Paris; les corsages et les manches continuèrent d'être serrés et d'exprimer foutes les formes du corps; seulement, à l'échancrure qui était pratiquée sur la poitrine, s'en joignit une seconde dans le dos.
La lutte se concentra entre les haufs atours de la coiffure et le chaperon (que représente assez exactement la capeline ou sortie de bal de nos jours) que les bourgeoises adoptèrent. 11 consistait en une coifle non fermée et retroussée sur le front, qui tombait le long des oreilles et recouvrait la nuque.
La coifle du haut bonnet fut fendue comme une mitre d'évéque et le couvre-chef se trans-
forma en un long voile qui pendait de la pointe du bonnet, et qu'on portait sur le bras.
a Ce grand couvre-chef délié qui leur peod jusqu'au bas par derrière, disait un cordelia prêcheur, c'est le signe que lé diable a ^agné le château contre Dieu. Quand les gens d^armes gagnent une place, ils mettent leur estaadard an-' dessus, f)
A cette époque, les femmes se mariaient eu rouge.
Aussitôt qu'elle devenait mère, Faecouchée recevait ses amies pendant un mois ou six semaines assise sur son lit, a plus parée qu'uae espousée, coiffée à la coquarde, tant que diriez que c^est la teste d'une marotte ou d'une idole. An regard des brasserolles (camisole à manches courtes), elles sont de satin cramoisi ou salin de paille, salin blanc, velours, toile d'or ou d^argent, oa autres sortes qu'elle sait bien prendre et choisir. Elle a carcans autour du col, bracelets d^'or, et est plus parée qu'idole ni reine de cartes. »
Elle faisait ses relevàtlles en assistant à la messe revêtue de son costume de noces» c*est-àdire en robe écarlale ou vermeille.
Les femmes portaient alors —- c^était la mode — des mystères. Les mystères se composaient d'un épinglierou pelote chargée d'épingles, d'ua couteau enfermé dans une jolie gaine et suspendu à un cordon de soie et d'une bourse en formed'es* carcelle suspendue à la ceinture qui était pour les femmes riches un ouvrage d'or, richement émaillé et qui s'attachait par-dessus la robe, un bout pendant sur le devant.
Les bagues et anneaux aux doigts étaient toujours en grande faveur, et on exhibait aussi à la promenade des patenôtres, ou chapelet de prières qui s'attachait aussi a la ceinture. La promenade était le délassement favori des dames. G»pendant il existait un autre divertissement fort en usage à Paris au xv« siècle, c'était la paume ; les femmes elles-mêmes y prenaient part, et il n*y avait presque pas de quartier oix un jeu de paume ne fût établi.
Pasquier dans ses Jteeherehes mr la Framee^ parle d'une fille qu'on nommait Margot, qui vint à Paris en l'année 1424, et qui jouait de la pannia de l'avant et de l'arrière-main, de façon à surpasser les plus habiles joueurs.
L'un des jeux de paume les plus fréquentés était celui qui existait dans la rue Grenier-Saint- Lazare; mais à cette époque, on ignorait encore l'usage des raquettes et l'on renvoyait la balle avec la paume de la main nue ou avec un gant doublé de cuir.
Mais c'étaient toujours les représentations dra* matiques qui avaient le privilège d'amuser les Parisiens. Ils ont au reste conservé ce goût poor le théâtre jusqu'à nos jours.
Usëe pâmaient d'aise aux joyeusetés des Basochiens et des Enfants sans souci.
La Basoche fît une guerre acharnée et impitoyable aux prétentions, aux ridicules et aux abus de la justice, et les clercs allèrent si loin,, que plus d'une fois il fallul réprimer leur audace.
Les Basochiens peuvent être considérés comme la fondateurs de la Comédie-Française. Dès 1444, la faculté de théologie les interdit, à cause de rimraoralité de leurs Moralités.
Ils ne jouaient dans Torigine que trois fois par année, mais peu à peu, leurs représentations se mulliplièrent, et il n*y eut pas de fêtes ou de réjouissances publiques auxquelles la Basoche ne lût conviée.
Elle donnait ses jeux scéniques soit sur le PréauxClercH, qu'on nommait laSaulsaye, soit dans la grande salle du Palais, et la vaste table de marbre qui s*y trouvait, leur servait de théâtre.
Avant la représentation, les Basochiens qui se réunissaient d'ordinaire dans les cabarets de la Cornemuse et du Puits qui f tarie ^ rue de la Harpe, de la Tour (fargenC^ des Trois Marteaux et de la Licorne^ rue Saint- Jacques, du Bourdon dor, place Cambrai, se promenaient par les rues revêtus des costumes qui devaient leur servir dans la pièce et annonçaient à haute voix ce qu'ils allaient jouer.
« Ces processions par les rues, dit Tauteur des Spectacles pojfulatreSy dans tout Tappareil des attributs basochiens, consiituèrent probablement d'abord à peu près toute la représentation, et Ton peut dire sans trop s'avancer, que les premiers essais dramatiques de la Société se firenten plein air et dans la rue... »
Tous les ans, en vertu de l'ordonnance de Philippe le Bel, il se faisait dans Paris une revue générale de tous les clercs du Palais et du Chàtelet et de tous les sujets et suppôts du roi de la Basoche.
« La procession se mettait en marche à travers les rues, guidée par les tambours, les trompettes, les fifres et les hautbois. En tête marchaient le roi de la Basoche avec sa toque, le chancelier avec la toque et le- bonnet et les autres officiers généraux de la Société. Derrière eux venaient les compagnies, toutes vêtues de jaune et de bleu qui étaient les couleurs officielles de la Basoche, puis des couleurs diverses indiquées par les capitaines; elles étaient précédées de leurs chefs et de Tétendard sur lequel se détachaient en teintqs éclatantes, Temblème de la bande et les trois écritoires en champ d'azur. Les béjannes, c'està-dire les nouveaux clercs reçus tout récemment par les trésoriers, ne manquaient pas à la réunion.
a Tout le monde était à cheval. Le cortège se rendait en bon ordre dans la cour du Palais où il défilait au son des instruments devant son roi qui le passait en revue; après quoi, il allait donner des aubades et réveils accoutumés aux présidents de la grand'chambre, au procureur géné-
ral et aux autres dignitaires. La fète.se terminait par des danses et p'ir la comédie.
« La Basoche avait toujours de six à huit mille représentants à cette grande exhibition, qui était pour elle une solennelle occasion de se compter et de constater ses forces. Cette montre générale subsista jusqu'au règne de Henri III, qui l'abolit. )>
Basochiens et Enfants sans souci ne se gênaient pas pour critiquer toutes choses, et l'autorité royale ne fut pas toujours à l'abri de leurs traits satiriques : et, bien que le roi les protégeât volontiers, en 1475 il exigea que leurs pièces fassent visées et approuvées par la cour.
Les Enfants sans souci dépassaient toutes les bornes de la décence, et des scènes ordurières, empruntéesauxmystèresdela religion chrétienne, étaient représentées dans un langage d'une obs* cénité révoltante.
Le parlement, par son arrêt du 15 mai 1476, défendit aux clercs du Palais et dii Chàtelet de jouer publiquement, au Palais, au Ch&telet ou ailleurs, farces, sotties, ùioralités, sous peine de bannissement et de confiscation de leurs biens ; défense même leur fut faite de demander à la cour la permission de jouer ces farces.
Cependant^ l'année suivante, les Basochiens se disposaient à jouer leurs comédies ordinaires^ lorsque le parlement, par arrêt du 19 juillet 1477,^ défendit aux clercs et à Jean Lé veillé, se disant roi de la Basoche, de les représenter sous peine^ par les contrevenants, d'être battus de verges^ par les carrefours de Paris et bannis du royaume.
Les comédiens n'osèrent enfreindre la défense et attendirent des jours meilleurs.
Si les Parisiens aimaient le théâtre, ils n'en fréquentaient pas moins assidûment les églises, sur-* tout quand des prédicateurs tels que Maillard, Menot, Pépin et Clerée prêchaient.
01i\îer Maillard était un cordelier qui s'était rendu célèbre par la bizarrerie de ses sermons, pleins de bouff'onneries, de traits satiriques, d'at-^ taques virulentes et de mauvais goût, de trivia* lités et de grossièretés empruntées au langage des mauvais lieux.
Bien qu'il portât le titre de prédicateur du roi, il n'épargnait pas plus Louis XI que ses courtisans; ce monarque qui n'aimait pas qu'on s'attaquât à lui, envoya un messager au prédicateur qui lui notifia d'avoir à cesser ses attaques, sous peine d'être jeté dans un sac à la rivière.
— Le roi est le maître, répondit Maillard, mais va lui dire que j'irai plus vite au paradis par eau, que lui avec ses chevaux de poste.
L'audacieux prédicateur demeura impuni et continua ses harangues brutales.
Il reprochait aux Parisiens de se livrer aux jeux de hasard, de cartes, de jurer le nom de Dieu, de tenir dans leurs maisons des lieux de prostitution ; aux bourgeois il fait honte de livrer leur»
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filles aux seigneurs, aux femmes de tromper leurs maris pour acquérir de belles robes brodées et enrichies de fourrures.
Car, il est surtout Tennemi de ce luxe immoral, vérita]3le plaie de l'époque, pour la satisfaction duquel les femmes ne craignent pas, non seulement de trahir la foi conjugale, mais encore de donner de pernicieux conseils à leurs filles, tandis que les époux bénévoles, ferment les yeux, en supputant ce que Tinconduite des unes et des autres donnera de bénéfices à la communauté.
— N'est-il pas vrai, mesdemoiselles, s'écriet-il avec véhémence, qu'il se trouve parmi vous à Paris plus de femmes débauchées que de femmes honnêtes? N'est-il pas beau de voir la femme d'un avocat qui a acheté son office et n'a pas dix francs de revenus, s'habiller comme une princesse, étaler l'or à son cou, à sa tête, à sa ceinture? Elle est vêtue suivant son état, dit-elle. Qu'elle aille à tous les diables, elle et son état! Et vous monsieur Jacques vous lui donnez l'absolution! Sans doute, elle dira : Ce n'est point mon mari qui me donne de si beaux vêtements, mais je les gagne à la peine de mon corps. A trente mille diables une telle peine I '
Maillard prêchait contre tous les abus, il attaquait tour à tour, les moines, les magistrats, l'Université, personne n'évitait ses apostrophes ordurières, mais toutle monde se réjouissaitd'entendre dauber sur son voisin et les femmes , surtout, ne manquaient jamais d'aller écouter le prédicateur en vogue, au risque de recevoir quelque dure remontrance.
Au reste, une sorte de croisade s'était formée d( la part des ordres mendiants contre le faste des costumes et l'indécence des mœurs, le mal avait pris des proportions telles, que porter un costume honnête s'appelait non seulement dans le langage des prédicateurs mais encore dans celui du peuple (( être vêtu sans péché » .
Et qu'on ne croie pas que Maillard frappait seulement sur les laïques : il n'épargnait pas davantage les prêtres. S'il prétendait que les pères et mères qui achètent un ofQce de judicature pour leurs fils feraient bien mieux de leur faire garder les bœufs et les cochons.
S'il reprochait aux juges d'être des fourbes, vendant leur voix à ceux qui les paient, aux avocats de M plumer les oies », c'est-à-dire leurs clients, s'il frappait sur les notaires et les apothicaires, les marchands de vin qui vendent du vin de leur cru pour de l'Anjou, etc., il ne ménageait pas les ecclésiastiques, qui menaient une vie licencieuse, les religieux qui « courent les rues de Paris sans observer la règle, qui scandalisent les novices par leur conduite ; il en est qui tiennent des ca-
barets ; j'en vois qui fréquentent les lieux de dé* bauche ; j'y vois aussi entrer un abbé qui ne sV cupe qu'à entasser de l'argent par des friponneries ».
Au reste on ne peut le nier, le libertinage avait gagiié toutes les classes de la société et lesmoinei et religieux de Paris, tout comme les autres ecclésiastiques, étaient souvent loin de donner Texem* pie dé la continence et de la chasteté. '. Quant aux couvents des religieuses, Nicolas de Glemangis, docteur en Sorbonne, a laissé une peinture peu édifiante de plusieurs d'entre eu.
Une grande démoralisation s'était répandu partout; les longues dissensions des Bour^gnons et des Armagnacs, roccupation anglaise, la présence à Paris de soldats ivrognes, libertins, venus des diverses provinces, avaient jeté des germes désolants de paresse, de débauches et d'amour du plaisir.
A la férocité, à la barbarie des temps féodaax avaient succédé les vices d'une demi-civilisation, en attendant que les mœurs se polissent sous ^a^ tion de la Renaissance.
Prix des denrées à Paris de 1400 à 1500 : Une livre de sucre, 8 sols ; une vache, 2 livres 8 sols; un pourceau, 1 livre 6 sols; un bœuf gras, 8 livres 16 sols ; un agneau, 10 sols ; un cheval, 45 livres; 1 livre de chandelles, 1 sol; un cent de poires, 3 sols.
En 1400, 19 bouchers vendaient par semaine,! la porte de Paris : place du Ghàtelet, 1900 montons, 400 bœufs, 200 veaux, 400 porcs; à Sainte- Geneviève, 500 moutons, 16 bœufs, 16 veasx, 16 porcs; au parvis Notre-Dame, 30 montons, 10 bœufs, 10 veaux, 8 porcs ; Faubourg Saini•Ge^ main, 13 bouchers vendaient 200 moutons, 30 bœufs, 30 veaux, 50 porcs ; au Temple, 2 bouchers vendaient 200 moutons, 24 bœufs, 28 veaux, 32 porcs; à Saint-Martîn-des-Ghamps, 250 montons, 32 bœufs, 32 veaux, 22 porcs.
Les Parisiens achetaient la viande à la taille (en marquant des coches sur une taille de t>ois comme on le fait encore chez certains boulangers). A propos de boulangers, disons qu'alors le pain avait la forme d'une boule fde là : boulanger). L'usage de faire lever le pain ne datequeda xvi* siècle. Pendant le moyen âge, voici les diverses qualités de pain qu'on mangeait : Pain Primor — du Pape — de Cour — de la Bouchede Chevalier — d'Écuyer — de Chanoine — de Salle — de* Pairs — Moyen — de Servant — de Valet — Truset— Tribolet — Ferez — Maillar-de Mail — Choesne — Chonol — Denain — Salignon — Simenian — d'Oublel — Pote — de Ménage — Coquille — Bis — et le pain de millet qu'on criait par les rues.
Charles VI[I. — OlÎTier le Dain ^endu. — Les filles repeoties. — Ud conseiller au pilori. — L'iaondalion. — Le ma. de Naple.s.— Réporation de» Haltes. — Lea corporations de m£tlers. — Louis XII.— Lei privilèges universi taire?.
— L'écroulement du pont Notre-Dame. — Les réformes. — L'entrée d'un éTéqne. —Un sacrilège.— Le conviil d'an prince. — L'HAtel-Dieu. — Les traTanx de défense.— Hort et obsèques de la reine Anne.- Les 1<
— Les Minimes. — Les masques. — Le mariage du roi. — Sa mort.
. HAHLES V111, fils de Louis XI, avait l été sacré à Reims le 30 mai Itôl.
Il fit son entrée Bolennelle à Paris l le 5 juillet, et, bien qu'il fût seulement dans sa quatorzième année, on décida qu'il n'y avait pas lieu d'établir une régence; ce fut le duc d'Orléans, comte de Bloia et premier prince du sang, qui fut déclaré lieutenant général à Paris.
Le premier acte de souveraineté du jeune monarque fut de faire pendre, à la grande satisfaction des Parisiens, qui l'exécraient, le favori de son père, Olivier le Dain, autrement dit le comte de Heulan, qui, de valet de cbambre et de barbier du roi, avait fini par devenir ambassadeur, ce qu'on ne lui pardonna pas.
Olivier,* atteint et convaincu de concussions et d'autres crimes, fut condamné au gibet. On prétendit que Charles VIII n'eut connaissance de l'arrêt de mort rendu contre l'accusé qu'après l'exécution ; mais il est certain qu'il ne demeura pas étranger aux poursuites qui furent exercées; eCit-on voulu les lui cacher que cela eût été impossible, en raison du bruit qu'elles tirent au palais et dans la ville.
Ce qu'il faut dire, c'est que les conseillers du jeune roi lui présentèrent cette mesure comme indispensable et que celui-ci, qui n'avait pas l'autorité nécessaire pour s'y opposer, la laissa mettre à exécution.
Ce fut Hugues Allegret, greffier criminel de la liv. 43.
cour, qui se rendit k la Conciergerie pour lire au condamné ta sentence qui l'envoyait à la mort.
Le Dain, en écoutant celte lecture, ne montra ni faiblesse ni désespoir.
— Puisqu'il plaisait à messieurs, dît-il, c'est bien, baillez-moi confesseurs, c'est tout.
Le greffier lui envoya alors deux cordeliers, et, en leur présence, le conjura une dernière fois, sur le salut de son &me, de dire la vérité au sujet des sommes qu'il était accusé d'avoir détournées.
Il répondit qu'il avait tout dit, qu'il n'avait rien k ajouter et demanda qu'on voulût bien le laisser s'entretenir avec ses confesseurs, ce qui lui fut accordé.
a En délaissant tant hubsiers que sergents à l'buis de la chapelle pour la garder, lit-on dans le rapport du greffier Allegret, m'ensuis retourné en ladite cour, de laquelle, environ l'heure de dix , heures, suis revenu en ladite conciergerie et en ladite chapelle, en laquelle je trouvai ledit Olivier le Dain avoir achevé de se confesser. Là, je lui demandai encore s'il n'oubliait rien et ie prévint que s'U le faisait à dessein, son ftme serait perdue ; il répondit toujours que non. Et atant l'ai livré à Henry, exécuteur de la haute justice, lequel l'a prins, lié, mené dedans la charrette, étant près et au-devant de la porte de ladite Conciergerie en la cour du palais, attelée de chevaux,'pour être mené en la justice patibulaire et iUec être exécuté selon leditarrèt, et après que a été fait le cri accoutumé, ledit Henry a conduit ledit Olivier l9
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Dain en ladite charrette, accompagné de ses confesseurs jusques à ladite justice. »
Le greffier qui signa ce rapport, plusieurs huissiers de la cour et des sergents royaux, servirent d'escorte au condamné.
Arrivé devant l'église Saint-Lazare, Olivier le Dain déclara à Allegret certaines petites dettes qui troublaient sa conscience, mais il ne fit aucune révélation touchant Tun des chefs d'accusation qui le déclarait coupable d'avoir abusé d'une femme après lui avoir promis de sauver son mari — qu'il fit pendre.
Le bourreau le fît monter à l'échelle, l'attacha lui-même au gibet « et icelui fut pendu et étranglé. »
Daniel Bar, ancien capitaine du pont de Saint- Gloud, qui avait rendu des jugements iniques sur Tordre d'Olivier, fut pendu avec lui.
Le corps de i'ex-barbier ne resta que deux jours exposé, et il fut enterré à Saint-Laurent, paroisse de Montfaucon, en vertu de lettres-patentes qui récompensaient de la sorte le pendu des services que, pendant sa vie, il avait rendu au feu roi.
Il eût peut-être été plus simple de lui laisser la vie en récompense de ces services, mais la justice, à cette époque, avait une façon toute particulière d'envisager les choses.
Nous le répétons, le peuple se montra très satisfait de l'exécution de ce favori, et l'on chanta à cette occasion une complainte composée par Molinet, dont voici les paroles :
J'ai veu oyseau ramage Nommé maistre Olivier Voilant par son plumage Hault comme ung espervier.
Fort bien scavoit complaire Au roy, mais je veis que on Le feist pour son salaire Percher au Montfuucon.
Ce n'était pas assez d'une victime expiatoire, on en chercha une autre et on la trouva : Jean de Doyat était aussi un favori de Louis XI; on s'empara de sa personne, on le fouetta dans les carrefours, puis on le conduisit aux Halles où on lui coupa une oreille et on lui perça la langue d'un fer chaud ; après quoi on le remit entre les mains de Jean II, duc de Bourbon, son ancien maître, qu'il avait trahi; celui-cile fit conduire à Montferrand en Auvergne, lieu de sa naissance, où on lui coupa la seconde oreille, après l'avoir de nouveau fait fouetter publiquement.
Ce qui n'empêcha pas le jeune roi de faire plus tard casser le jugement qui l'avait condamné et de le rétablir en possession de sa fortune.
Il n'y eut que ses oreilles qu'on ne lui rendit pas.
Quant aux biens d'Olivier Le Dain, le roi les confisqua et les donna au duc d'Orléans.
Deux autres pendaisons eurent lieu la même année, mais les registres restent muets sur la
nature du crime des coupables; on n'y lit m cette mention : «A Regnault Chasteau, gardée scel de la prévôté de Paris, pour la dépense (fc bouche faite par Maître Jean de La Porte, lieDt^ nant criminel, et Pierre Quatre-Livres, procweic du roi; Guillaume Diguet, greffier audit ChasteH et plusieurs examinateurs et sergents dudit Cha.telet,audîné au retour du gibetde Paris, oùfarft! exécutés et pendus Jehan Hugot et maître Portier ou Potier. »
L'hôtel du Bailliage, devenu plus tard V\M de la Présidence, puis l'hôtel de la Préfecture de police, fut construit en 1485, ainsi que leeonstitait l'inscription en lettres d'or et d'azur placée au-dessus de la porte principale et ainsi conçue:
Les lettres d'or disent Tannée Que l'œuvre fut encommencée :
Au temps du roi Charles le hnict Cestuy hostel-cy fust construict.
En effet, les lettres d'or du second distigoe, prises comme chiffres, donnaient 1485.
Sous Henri lY, les chefs du Parlement ayant pris la place des baillis du palais, l'hôtel du Bailliage disparut devant une construction plus récente, celle de l'hôtel des premiers Présidente dont nous parlerons.
Paris reçut, en 1487, la visite d'un ambassadeur du roi de Bohème et de Hongrie; c'était l'éTèqu de Yaradin, comte de Yihairieuse. Il alla en grande pompe visiter les reliques de la Saiote- Ghapelle, et sa visite terminée, le comte de Dammartin, qui Tavait accompagné, demenra^ol avec le président du parlement, pour vérifier i I pendant la visite aucune relique n'était disparue. j — Touchante marque de confiance I — - RieDDe manquait ; le trésor qui les contenait fut refenoê en présence de témoins.
Le roi Charles YIU s'était marié le 13 décembre 1491 à Anne de Bretagne; le 9 févriersoivant, la reine fit son entrée solennelle dans la capitale, au bruit des acclamations publiques.
Le populaire admirait la tenue fière et hantaioe de la princesse bretonne, qu'on disait fort aimée dans son pays, et dont on vantait par ou!-direles grandes qualités.
A l'occasion de cette entrée. Tordre dans lequel devaient se ranger les métiers fut détermioéà l'avance. Les jurés de pelleterie, d'orfèvrerie, de draperie, de mercerie, et d'épicerie, furent maadés à l'Hôtel de Yille et reçurent commandemeot d'élire, chacun « en son estai, quatre gens de bien et qu'ilz soient honnestement habillez d'écarlate pour porter le poisle sur la reyne... «t qu'ils nomment vingt-cinq ou trente de lesR corps, pour accompagner les gouverneurs, prtvosts et eschevins. »
On décida aussi que les frais de la céréiDon» seraient supportés par tous les maîtres. Dans le cortège, deux sergents de rHôtel de
3ai
Ville ouvraient la marche ; derrière eux étaient rangés les vendeurs, les crieure de vin et les hénouards; puis, à la suite du prévôt, des échevins, des conseillers de la ville et des seize quartiers, habillés tous de robes de velours ou de damas, venaient immédiatement les corps de métiers. Au premier rang, les drapiers, représentés par soixante-dix marchands et par les quatre gardes devant lesquels marchait à cheval le doyen, son bàlon à la main; au second rang, les épiciers, représentés par les quatre gardes, par deux courtiers et vingt-quatre marchands; au troisième rang, les pelletiers ; au quatrième, les merciers ; au cinquième, les changeurs; au sixième, les orfèvres.
'( Et après, dit le procès-verbal , plusieurs autres bourgeois et marchands de tous estats et divers habits allèrent à cheval et en bon ordre et deux à deux jusques à ladite chapelle où ils trouvèrent ladite dame. »
Tous avaient de magnifiques costumes : robes de satin cramoisi, de damas gris cendre ou de drap d'écarlate sur fond violet.
Ils avaient fait faire un dais dont le ciel était de drap d'or broché semé de lis et de roses. Ils le portèrent alternativement depuis la porte Saint- Denis jusqu'à Notre-Dame.
Nous ne détaillerons pas ici les réjouissances qui eurent lieu^ ni rtième le cérémonial, qui fut exactement le même que celui observé précédemment en pareille circonstance.
Les Parisiens, nous Tavons déjà dit, étaient friands de fêtes, d'entrées solennelles, et riches comme pauvres se pressaient non seulement dans les rues par lesquelles passait le cortège royal, mais, le cortège passé, dans les promenades et surtout dans les tavernes, où le verre en main on célébrait l'idole du jour. Avec une touchante naïveté, le |5euple ne doutait jamais que le nouveau roi ou la nouvelle reine n'apportât des gages de bonheur univereel. Souvent, hélas! Tillusion était de courte durée, mais elle renaissait à la première occasion.
En 1491, le bourg Sainte-Geneviève devenant de plus en plus populeux, les marguilliers de Saint-Etienne-du-Mont demandèrent à Tabbé de Sainte-Geneviève quelques toises de terrain et quelques vieux bâtiments voisins pour agrandir leur église ; ils demandèrent aussi la permission d'élever leur clocher, d'avoir quatre cloches et une porte particulière. L'abbé, moyennant finances, consentit à faire droit à ces demandes, a 1 exception de celle concernant la porte, qu'il refusa obstinément. Ce ne fut qu'en 1517, époque a laquelle on reconstruisit presque entièrement ^église, que cette porte fut ménagée.
L'évèque de Paris, Louis de Beaumont, mourut Je 4 juillet 1492. On élut pour le remplacer Gérard Gobaille, qui revenait de Rome ; mais il décéda en roule et ce fut Jean Simon, natif de Paris, sei-
gneur de Ghampigny, qui prit possession du siège épiscopal.
En même temps que la ville changeait d'évèque, elle changeait aussi de gouverneur. Ce fut Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier, dauphin d'Auvergne, qui succéda au duc d'Orléans, devenu gouverneur de Normandie.
Ce fut à la même époque que fut fondé le couvent des Filles repenties. Cet établissement était dû aux prédications du cordelier Jean Tisseran ; toutefois il ne fut autorisé que quatre ans plus tard (par lettres patentes de Charles VIII du 14 septembre 1496).
L'évèque Jean Simon donna à ces religieuses une constitution particulière et leur défendit de recevoir aucune fille vierge. On n'eut pas de peine à en trouver 220 qui ne Tétaient plus.
En 1499, Louis XII les établit dans l'hôtel de Behaigne ou d'Orléans, dont il leur fît don de la moitié; mais bientôt elles achetèrent l'autre moitié à Robert de Franzelles qui l'avait gagnée au jeu.
Elles avaient le droit de sortir pour quêter dans la ville; mais il en résulta des inconvénients, et on ne tarda pas à les soumettre à une exacte clôture, comme les autres religieuses.
En 1572, la reine Catherine de Médicis les transféra dans le couvent de Saint-Magloire, rue Saint-Denis. Pour dédommager ces religieuses (lu préjudice que leur causait ce changement de domicile, Charles IX, par contrat du 4 novembre, leur assura à perpétuité la rente de 2,000 livres.
Elles prirent alors le nom de Filles de Saint- Magloire, qui leur resta.
Leur communauté, supprimée en 1790, devint propriété nationale et fut vendue le 6 vendémiaire an V; sur une partie de l'emplacement qu'elle occupait, l'acquéreur forma vers 1807 l'impasse Saint Magloire, qui a été prolongée en 1843 jusqu'à la rue de Rambuteau.
Charles YÎII prit une initiative qui mérite d'être citée ; il réduisit le grand conseil du roi en forme de cour ordinaire et souveraine, composée du chancelier avec les maîtres ordinaires des requêtes de l'hôtel et dix-sept conseillers, tant ecclésiastiques que laïques, qui suivaient la cour. Pour rendre cette compagnie complète, Louis XII ajouta trois conseillers, et ordonna que le conseil o serait semestre » , c'est-à-dire que la moitié des conseillers servirait pendant six mois et l'autre moitié les autres six mois. (Les lettres de Louis XII portent la date du 13 juillet 1498.)
Les Parisiens auguraient assez favorablement du règne de ce jeune roi; le duc d'Orléans avait bien essayé au commencement de susciter quelques troubles qui lui eussent permis de prendre la direction des aflaires publiques, mais il n'y réussit pas. Non seulement la ville de Paris ne se laissa pas prendre aux artifices du duc d'Orléans, dont iJ était facile de deviner le jeu, mais elle
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résilia auBsi aux sollicitations de Haximïlien, duc (l'Autriche, qui lui proposait de se joindre à lui pour réformer le nouveau gouvernement.
La ville demeura fidèle à Charles VIII; aussi, lorsque celui-ci médita la conquête des royaumes de Naples et de Sicile, il voulut emprunter une somme de cent mille écus aux Parisiens, mais ils la lui refusèrent net, ce qui fit que, lorsqu'une députation de notables prit la liberté de lui faire des remontrances pour le détourner de son projet, il les recul fort mal et iea engagea à. garder leurs conseils, dont il n'avait que faire.
Résolu de partir, hien qu'à court d'argent, le roi alla à Saint-Denis, où se fit par son ordre la descente des corps saints, c'est-à-dire qu'on tira de la crypte les châsses des martyrs et qu'on les exposa sur le grand autel à la vénération du peuple. Les cours souveraines, l'université et les offi-
ciers de la ville de Paris durent assister & la cà^ monie.
On sait comment Charles VIII conquit le 3Glanais etcommentil perdit en peu de tempstonle ses conquêtes; ce fut aBn de réparer ces perte. qu'il demanda à la ville de Paris de loi twm un vaisseau de guerre.
Cette demande causa un certain émoï; Jea de Ganay, président au parlement, présenU u prévât des marchands et aux ëchevins, à 1"" de Ville, les lettres que ie roi leur avait fait éthn à ce sujet. Pour en délibérer, on assembU le conseillers, et la résolution fut que l'on eoianà prier messieurs du parlement et de la cbambn des comptes et l'évéque de Paris de se troofR & une assemblée générale qui se tiendnit l'Hôtel de Ville.
Les événements politiques ayant rendu l'en™
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dd ce vaisseau inutile, il n'en fut plus question.
he fait, assez rare de la condamnation d'un conseiller au parlement se produisit en 1496.
Le 1" décembre, on emprisonna à la Conciergerie Claude de Chanvreux, conseiller-clerc au parlement, accusé de s'être servi d'une fausse procuration pour faire résigner en cour de Rome l'évëché de Saintesau profit de Pierre de Rochechouart.
Le 23, les chambres s'assemblèrent sur la demande que l'évËque fit du prisonnier comme lui appartenant en sa qualilé de clerc, et par arrôt, Chanvreux fut débouté de sa ciéricature; le lendemain le prisonnier fut amené au parquet de la cour pour assister à la prononciation de son arrêt, vêtu d'une robe écarlate et d'un chaperon fourré. Il se mit i genoui:, la tête nue, et toutes les chambres assemblées, Jean de La Vacquerie, premier président, lui donna lecture de l'arrêt, aux termes duquel il était désormais privé de son office de conseiller.
Puis des huissiers le conduisirent à la table de marbre, et l'y firent monter. Là, on lui ôta sa robe d' écarlate, son chaperon et sa ceinture; on le revêtit d'une autre robe, et il fut ramené tête et pieds nus au parquet, avec une torche de quatre livres à la main.
Il se mit à genoux, fît amende honorable en criant merci à Dieu, au roi, à la justice et aux parties intéressées. La fausse procuration dont il s'était servie fut lacérée.
Cela fait, le prisonnier fut mené en la cour du Palais et livré au bourreau, qui le fit monter dans une charrette et le conduisit au Gh&telet, où son arrêt fut crié, et de là au pilori, où 6n le fit tourner trois tours.
Après quoi, il fut marqué au front d'une fleur de lis i l'aide d'un fer chaud et conduit par les huissiers à la porte Saint-Martin pour aller en exil hors du royaume, avec défense de rentrer en France.
Les Parisiens eurent à souffrir, quelques jours plus tard, les ravages d'une terrible inondation. Dans la première huitaine de janvier, la Seine déborda et se répandit partout; à la place de Grève, elle monta «jusqu'au Saint-Esprit». Déjà, en 1184, elle avait atteint à peu près la même hauteur. Au reste, c'était toujours à la croix de la Grève que l'eau arrivait dans les moindres débordemenû ; le sol en cet endroit était très bas, par rapport à la rivière, et n'était garanti contre les grossissements de la Seine par aucune espèce de travaux défensifs; c'était là, c:minesurlam^eure partie des rivages du fleuve, dans Paris, une véritable grève, une berge sans talus, et on comprend facilement que l'eau devait se répandre au loin,lorsqu'elle venait à s'élever au-dessus de son niveau fbabi lue 1. L'inondation de 1497 fut considérable ; les partier basses de la ville aux environs du fleuve furent complètement submergées, l'eau
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vint battre la croix des Carmes, place Maubert, et au pont Saint-Michel elle débordait jusque dans la rue Saint-André-des-Arts, sillonnée de bateaux.
Le 12 janvier, les échevins s'émurent, et pour conjurer le fléau, on eut recours au remède habituel, on fit une procession générale dans la ville. On porta les châsses de saint Marcel, de saint Landry, de saint Praxenl, de saint Blanchard, de sainte Anne et autres à l'église Sainte-Geneviève, et de là on alla à Notre-Dame, avec la châsse de la patronne de Paris.
Ûévèque célébra la messe pontificalement, après laquelle, lui, son chapitre, et ceux qui portaient les autres reliques, reconduisirent la châsse de Sainte-Geneviève jusqu'à l'entrée du Petit- Pont.
En mémoire de cette inondation, qui s'arrêta peu de jours après, on éleva au coin de la vallée de Misère (on appelait ainsi le terrain situé à l'extrémité du quai de la Mégisserie, entre l'abreuvoir Popin et la rjie Saint-Leufroy) une image de la Vierge, et sur le pilier d'une maison qui faisait l'angle de la rue de la Saulnerie, on inscrivit en lettres gothiques ce quatrain :
Mil quatre cena quatre-vingt-seize (^pîïdMiVi497?') Le septième jour de janvier, Seyne fut ici à son aise Battant le siège du pilier.
Un fléau pernicieux s'abattit en même temps en France et particulièrement à Paris. Les soldats que Charles YIII avait conduits en Italie, en avaient rapporté une afl'ection contagieuse par le rapport des sexes et qu'on nommait le mal de Naples ; il faisait de grands ravages, et bien que ce fût aux médecins d'étudier le cas et de prescrire les précautions à prendre pour l'éviter et les remèdes destinés à le combattre, on vit le parlement édicter des mesures pour en arrêter les progrès ; la cour ordonna qu'une décision serait prise à ce sujet, de concert avec Tévêque de Paris, le conseiller Maximilien de Bellefaye et le greffier en chef du parlement.
Par suite, on dressa une ordonnance qui eut l'approbation des prévôts de Paris et des marchands et des échevins, aux termes de laquelle, il était enjoint à tous ceux qui étaient atteints de la maladie et qui ne demeuraient pas habituellement à Paris, d'en sortir dans les vingt-quatre heures, sous peine de la hart; et afin qu'ils pussent plus facilement s'en retourner chez eux, ils devaient se rendre aux portes Saint-Denis ou Saint- Jacques, et y donner leur nom par écrit, ce qui les autorisait à recevoir quatre sous parisis d'un payeur préposé à cet efl'et.
Les Parisiens, hommes ou femmes, qui possédaient des maisons dans lesquelles ils pouvaient se retirer, étaient invités à s'y enfermer sur l'heure et à n'en point sortir ; ils avaient la fa-
culté de se recommander aux curés et marguliliers de leurs paroisses, qui étaient tenus de leur fournir des vivres.
Les pauvres qui étaient sans asile devaient s'en aller au faubourg Saint-Germain des Prés, où ils devaient être logés, nourris et soignés ; défense expresse leur était faite de sortir avant qu'ils fussent guéris.
« Le prévôt de Paris ordonnera aux examinateurs et sergents que dans les quartiei^ où ils ont la charge, ils ne souffrent point ces sortes de malades aller par la ville, mais qu'ils les en chassent ou les mettent en prison. Le prévôt de» marchands et les échevins mettront des gens aux portes pour empêcher qu'aucun de ces malades n'entre dans la ville. »
Le 23 mai, Tévèque se rendit au parlement pour l'informer que, parmi les malades qui s'étaient retirés dans les diverses maisons louées dans ce but au faubourg Saint-Germain, il y en avait déjà un grand nombre de guéris, mais que les fonds étaient épuisés et les aumônes diminuées, et qu'il était nécessaire qu'on se procurât de l'argent.
Le greffier ayant fait connaître que parmi les dépôts faits à son greffe, il y avait des sommes qu'on gardait depuis dix ans, sans qu*on sût à qui elles appartenaient, la cour ordonna que ces sommes seraient employées au soulagement des malades, et l'on chargea Jean Fournier, Tun des chanoines de Notre-Dame, d'en faire la répartition.
Pendant que ceci se passait, le roi Charles YIU signait (le 3 mai 1497) une ordonnance au sujet des halles de Paris. On lui avait fait savoir que les halles qui « avaient été construites, édifiées et ordonnées par nos prédécesseurs, roys de France, pour le bien du peuple et utilité de ia chose publique » étaient en fort mauvais état, que les gens demeurant dans les environs des étaux qui tombaient en ruines venaient y fain « leurs voiries et porter leurs ordures et immondices » , et il voulut remédier à cet état de chose ; il ordonna donc que les marchands de Paris et des environs qui avaient cessé de fréquenter les Halles seraient tenus, sous peine d'amende, de venir y vendre leurs marchandises trois jours par semaine, et que tous ceux qui étaient tenus de soutenir et entretenir lesdites halles et étaux, seraient contraints de les mettre en bon état, et pour que la réparation en fût vivement faite, toutes les charges, rentes et redevances qui pouvaient avoir été constituées sur les halles, sans le congé et la licence du roi, furent abolies.
Cette ordonnance fut signée par le roi, le sire de Gié, maréchal de France, le sénéchal de Beaucaire et le trésorier Parent.
Mais ce fut le dernier acte intéressant les Parisiens que signa le monarque.
La mort le prit dans sa vingt-huitième année.
le 7 avril 1498, et son corps fut transporté d'Amboise, où il s'était retiré, à Paris, et déposé dans l'église Notre-Dame des Champs, avant que d'être porté à la cathédrale, et de là à Saint-Denis.
On observa à la célébration de ses obsèques les mêmes cérémonies qu*à celles de Charles VII, et les frais montèrent à 45,000 livres, que le duc d'Orléans paya de ses deniers.
Louis XII avait trente-six ans lorsqu'il devint roi de France. Sacré à Reims le 27 mai 1498, il fut couronné le !•' juillet à Saint-Denis et fit son entrée solennelle à Paris, au bruit des acclamations, selon Tusage. Parmi les réjouissances publiques organisées à celte occasion figura un pas d'armes dans lequel parurent dix chevaliers «t qui fut donné dans la grande rue Saint-Antoine. On y remarqua une machine roulante, en forme de terrasse, sur laquelle un porc-épic faisait mouvoir tous ses dards, et une jeune «pucelle», habillée à la mode de Gênes, trônait dans une chaire de drap d'or cramoisi. Le but de cette invention, dit M. Augustin Challamel, avait été de flatter adroitement les prétentions du roi sur la principauté de Gênes et de Milan; mais la machine resta en place sans faire le tour des lices, et disparut honteusement.
Le samedi 7 du même mois, le roi tint un lit de justice au parlement, c'est-à-dire une séance solennelle, et s'occupa de réformer T université de Paris, en rendant une ordonnance contre les écoliers, dont la licence avait considérablement augmenté sous le règne précédent.
Mais toucher aux privilèges universitaires, c'était mettre le feu aux poudres. L'université s^assembla le 13 avril suivant, et adressa une requête au parlement pour y être entendue. Elle nomma des députés qui exhumèrent les bulles d'excommunication contre ceux qui oseraient porter atteinte à ses privilèges.
Mais c'était une arme dont on avait cessé de craindre la portée, et le parlement, bravant les remontrances et les bulles, enregistra l'éditdu roi.
L'université s'assembla alors de nouveau, le 25 mai, et ordonna une procession solennelle à Sainte-Catherine du Val des Écoliers, où fut célébrée une messe du Saint-Esprit pour demander que Dieu inspirât au roi et à son conseil des sentiments plus favorables à ses vues. Il y eut même sermon, pour exhorter le peuple à se joindre aux prières des docteurs.
Mais le peuple n'avait qu'une médiocre estime pour les écoliers, dont l'humeur batailleuse occasionnait des conflits perpétuels, et il s'abstint de prendre part à la protestation.
Lorsque l'université vit qu'il ne lui était pas possible de faire revenir le parlement et le roi .«3or les décisions prises, elle convoqua une nou- Telle assemblée pour le 30 mai aux Bernardins et lày on décida qu'on cesserait les classes et les prédications.
C'était, on le sait, la façon dont l'université s'y prenait autrefois pour obtenir ce qu'elle désirait, mais les temps étaient changés.
Le parlement fît assigner le recteur et les doyens des quatre facultés à comparaître par devant lui, et, sur leur refus de se présenter, intervint un arrêt qui ordonnait que si, le mardi suivant, les classes n'étaient pas rouvertes, la cour y pourvoirait.
L'université dépêcha derechef des députés au roi, qui était à Corbeil; ils lui représentèrent que les écoliers, qui ne possédaient rien que leur liberté et leurs lettres, mettaient en lui toute leur espérance. Mais l'archevêque de Rouen, Georges d'Amboise, qui était présent, prit la parole au nom du roi et s'éleva violemment contre l'abus que les écoliers faisaient de privilèges dont ils ne se servaient que pour commettre des désordres.
— Le roi aime beaucoup mieux, dit-il, qu'il y ait moins d'écoliers, pourvu qu'ils soient paisibles.
A son tour, Louis XII prit la parole.
— Allez, allez, dit-il en s'adressant aux députés ; saluez les bons écoliers de ma part, car je ne me mets pas en peine des autres. Je sais qu'il y a des prédicateurs qui m'ont blâmé dans leurs sermons, mais je les enverrai bien prêcher ailleurs.
Les députés saluèrent et se retirèrent, peu satisfaits du résultat de leur audience.
Le lendemain, le recteur ordonnait aux professeurs de reprendre leurs cours et aux prédicateurs leurs prédications.
Le roi vint aussitôt à Paris, accompagné d'une foule de seigneurs et de gens armés « qui avoient leurs arcs bandez pour tenir la ville en respect » . Il se rendit au parlement, où il confirma ses nouvelles ordonnances.
Les écoliers reprirent leurs études et la paix fut faite.
Le vendredi 25 octobre 1499, un événement déplorable arriva à Paris ; vers neuf heures du matin, un bruit épouvantable se fit entendre du côté de la Cité, bruit dix fois plus fort que les plus formidables détonations de la foudre et dont l'écho allait grondant avec un fracas si horrible que de tous côtés des cris de détresse se firent entendre, tandis qu'une poussière épaisse, aveuglante, se répandit dans l'espace en obscurcissant la lumière du jour.
Glacés d'épouvante, éperdus, tous les gens qui étaient par les rues s'arrêtèrent instantanément, se demandant quelle pouvait être la cause de ce bruit extraordinaire.
Bientôt on entendit répéter partout ces mots sinistres :
— C'est le pont Notre-Dame qui s'écroule I
Le pont Notre-Dame sur lequel étaient bâties soixante-cinq maisons !
Il était en bois et les poutres qui soutenaient
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les maisons s'étant rompues, tout tomba, bâtiments, meubles, marchandises.
Nombre'de gens furent écrasés par les débris des maisons qui leur broyaient les membres.
On apercevait çà et là des malheureux qui, la partie inférieure du corps ensevelie sous un amoncellement de décombres, agitaient convulsivement les bras, en poussant des hurlements de douleur.
D'autres étaient noyés.
Du sang^ des membres mutilés se trouvaient exposés aux regards, à côté de provisions de bouche répandues, d'objets mobiliers de toute espèce; tout cela était pêle-mêle et formait un assemblage hideux à voir.
Cet amas de débris fut si considérable, disent les Mémoires du temps, qu'il obstrua le cours de la rivière et en fit remonter les eaux, qui entraînèrent des femmes occupées à laver sur ses bords, du côté de la rue de Glatigny.
Si le nombre des victimes ne fut pas plus considérable, c'est que, prévenus par le président Baillet qui avait été informé du peu de solidité qu'offrait le pont ruiné à sa base^ la plupart avaient eu le temps de se sauver, en emportant leurs objets les plus précieux; mais ceux qui avaient négligé d^ profiter de l'avis trouvèrent la mort dans cet épouvantable écroulement.
Jacques ' Piédefer, prévôt des marchands, fut immédiatement arrêté, ainsi que les quatre échevins : Antoine Malingre, Louis de Harlay, Bertrand Ripaut et Pierre Turquant.
Les deux échevins précédents, Etienne Boucher et Etienne Aylmer, le receveur et le procureur de la ville furent aussi mis en prison, et le parlement nomma d'office cinq bourgeois qui furent « commis et députez au gouvernement de la ville » ; on les installa à l'Hôtel de Ville, après avoir reçu d'eux le serment de se conduire fidèlement dans l'administration des afi'aires qui leur étaient confiées.
Ils se nommaient : Nicolas Potier, Jean Lapite, Jean de Marie, Jean Le Lièvre et Henri Le Becque.
Naturellement, leur premier soin fut de s'occuper de la reconstruction du pont; on tint à cet effet une grande assemblée le 7 novembre dans la salle verte du Palais. Il y fut convenu que ce pont serait rebâti en pierres de taille et qu'on ferait venir d'Orléans, de Tours et d'autres « bon. nés villes » les meilleurs ouvriers qu'on pourrait trouver pour ce travail.
Et, en attendant, on établit un bac pour le service du public et le passage des charrettes et des marchandises.
Le 9 janvier 1500, le parlement rendit un arrêt qui condamnait le prévôt des marchands, les quatre échevins ci-dessus nommés et les autres détenus à des amendes qui varièrent de i ,000 livres à 400, et au remboursement de tout ce qu'ils
avaient reçu pendant la durée de leurs fonctioas, gages, robes, etc.
Le produit de cette amende fut employé à la reconstruction du pont, sauf une somme de 100 livres, qui fut appliquée à des services pieux, pour Tàme des victimes de Tévénement.
La première pierre du nouveau pont Notre- Dame fut posée par Guillaume de Poitiers, gouverneur de Paris, le 28 mars 1300.
Le lendemain, Jean Boucher, conseiller as parlement, et les cinq commis pour le roi au gouvernement de la ville, placèrent la seconde pierre, <c et ainsi fut élevé le pont entier tout de pierres de taille, sous la conduite d'un religieux cordelier véronois, nommé Jean Joconde, habile architecte qui avoit déjà basti un autre pont sur la Seine » (le Petit-Pont).
11 fut achevé en 1507. Dreux Raguier, prévôt des marchands, posa la dernière pierre de la sixième arche, assisté des quatre échevins, Jean Lelièvre, Pierre Paulmier, Nicolas Séguier et Hugues de Neuville, le samedi 10 juillet, au soa des trompettes et en présence d*une grande foule de peuple.
Les frais de la construction montèrent à 1,166,624 livres 4 sous 4 deniers.
On avait eu besoin, pour faire l'épaulement da pont du côté de Saint-Denis de la Ghartre, d*abattre plusieurs maisons et il fallut indemniser les propriétaires.
Le nouveau pont supportait trente quatre maisons, dix-sept de chaque côté ; elles étaient tout» de même hauteur et de même structure, et ornées en façade de bustes d'hommes et de fenunes supportant des corbeilles de fruits.
Entre chacun de ces bustes étaient sculptés des médaillons, représentant les rois de France et portant chacun une légende latine.
Cette réédification occasionna Télargissement de la rue de la Juiverie qui eut sept mètres de largeur, depuis le pont Notre-Dame jusquao Petit-Pont.
Une inscription fut gravée sous une des arches du pont en Fhonneur de l'architecte, et une seconde, rappelant la cérémonie de la pose de la dernière pierre, se terminait ainsi : « Pour la joie du parachèvement de si grand et magnifique œuvre, fut crié Noël, et grande joie démenée avec trompettes et clairons qui sonnèrent par long espace de temps. »
Réparé à diverses époques, notamment en 1577 et 1659, le pont Nobre-Dame fut longtemps le plus fréquenté; en 1769, un édit du 23 avril ordonna la démolition des maisons dont il était chargé et des parapets bordés de trottoirs ks remplacèrent.
En 1856, en jetant bas une pompe qui avait M adossée au pont et dont nous parlerons en son temps, on refit le pont Notre-Dame, qm met eo
Tripot tenu par Thibaut pour les jouean de dée, au Jiii* siicle.
communication la rue de la Cité avec la rue Saint- Marlin.
Nous avons dit que les étuves ou maisons de bains étaient nombreuses à Paris; en 1500, Paris fut doté pour la première fois d'une maison de bains spécialement â l'usage des femmes, et ce fut une femme qui l'établit dans l'un des plus pauvres quartiers de Paris, à la vallée de Misère. Elle se nommait Marion, elle donna son nom à la rue de l'Arche-Marion, qu'on appela aussi la ruelle des Etuves-aux-Femmes. L'arche Marion s'était d'abord appelée l'abreuvoir Thibaut-aux- Dez, parce que la rue qui y aboutissait faisait suite à celle où Thibaut tenait au xiii* siècle un tripot pour les joueurs de dés.
Si on allait de l'arche Marion jusqu'au Louvre, lisons-nous dans l'Histoire du Pont-Neuf, en passant devant la rue de la Monnaie qui, avant le xiT* siècle s'était appelée rue au Cerf, et devant la rue de l'Arbre-Sec, qui n'a pas changé de nom; d'un autre c6té, si on se rendait du rnSme endroit â la Grève, il était difficile de trouver sur son chemin autre chose que de misérables échoppes; il était impossible, surtout, de se tirer des fondrières ob l'on s'embourbait à chaque pas sur ce soi sans pavé, détrempé par les crues de la Seine, par les pluies torrentielles ou par les ruisseaux des tanneries, Liv. M
Ce quartier fut pendant bien des années très dangereux à fréquenter la nuit; les voleurs et les tire-laine étaient là chez eux; aussi, défense était faite aux bateliers d'y passer personne une fois le soir venu, sous peine d'amende ou de saisie de leur bac.
« A la nuit tombant, il fallait donc ou renoncer à gagner le quai des Augustins ou se risquer sans crri.nte dans les cloaques et à travers les coupe-gorge de la vallée de Misère, à moins de prendre par la rue Saint-Honoré ; c'était le seul moyen d'arriver au Pont-au-Change. Les plus hardis s'en cETrayaient; aussi, quand on logeait au quai des Augustins, ou l'on rentrait de bonne heure, ou l'on ne rentrait pas du tout. On prenait gite chez quelque baigneur de la rive droite, n
Ajoutons que la vallée de Misère, habitée spécialement par des mégissiers, contenait aussi le marché à la volaille. Ce marché, du nom de l'endroit où il était établi, s'appela marché de la vallée de Misère, puis par abréviation la Vallée.
Lorsqu'on le transféra sur le quai des Augustins, il conserva ce nom de la Vallée, et le quai qui fut établi, où se trouvaient jadis les établissements des mégissiers, prit le nom de quai de la Mé^sserie.
En 1501, au mois de septembre, Paris reçut la visite d'ambassadeurs allemands qui furent reçus
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avec grands honneurs; le prévôt des marchands et les échevins accompagnés d'archers, d'arbalétriers, de sergents, de quarteniers et de bourgeois, allèrent au-devant d'eux jusqu'au delà de Notre- Dame des Champs et les amenèrent loger à l'hôtel de ÏAnge^ rue de la Huchette.
Toutefois, leur entrée produisit beaucoup moins d'effet que celle que fît peu de temps après le légat du pape Georges d'Amboise, cardinal et archevêque de Rouen.
On n'eût pas fait davantage pour un souverain.
Les officiers de la ville allèrent le recevoir avec le dais ; les rues par où il passa furent tapissées et il y eut des représentations aux portes Saint- Denis et des Peintres.
11 arrivait à Paris avec la ferme intention de travailler à la réforme des jacobins, qui étaient au nombre de quatre cents, étudiants pour la plupart. Il leur fit porter à ceteffet des lettres du pape autorisant celte réforme devenue nécessaire ; mais les j acobins refusèrent net d'obéir aux prescriptions papales, et le lendemain, le cardinal envoya deux évêques avec une forte escorte de gens armés pour chasser les religieux en cas de résistance.
Ceux-ci persistèrent dans leur refus et se barricadèrent dans leur monastère avec quelques écoliers, tout disposés à frapper sur les soldats du roi.
Mais ils ne furent pas les plus forts; les gens d'armes forcèrent les portes, et, ayant tiré les religieux du couvent, ils les chassèrent honteusement de la ville.
Toutefois, ce n'était qu'un premier succès ; les jacobins appelèrent à eux tous les écoliers qu'ils purent recruter et, avec leur aide, ils revinrent à leur tour assiéger le cloître et l'emportèrent d'assaut.
De son côté, la force armée ne tarda pas à reprendre l'offensive et définitivement, jacobins et écoliers furent vaincus et chassés.
A la place de ces religieux mutins, le légat introduisit dans le monastère les jacobins de la nouvelle réforme de Hollande qui, parait-il, étaient fort recommandables.
Ils étaient moins nombreux que leurs prédécesseurs, puisqu'il ressort d'une délibération municipale, en date du 5 août 1505, qu'à cette époque il n'y avait dans le couvent que deux cents de ces jacobins.
Après les jacobins vint le tour des cordeliers.
Ceux-ci avaient besoin d'être réformés. Le cardinal légat leur envoya les mêmes évêques pour établir la réforme.
Là ce fut une autre manière de protester.
Les cordeliers, prévenus, descendirent le saint sacrement sur le grand autel et, l'environnant, ils se mirent tous à chanter des cantiques et des psaumes.
Les évêques n'osaient interrompre un si pieux
^ exercice, mais, voyant qu'il se prolongeait outie mesure, ils perdirent patience et prirent le parti de faire cesser les chants, en disant à haute Toix qu'ils avaient à parler de la part du roi.
Les cordeliers feignirent de ne pas entendre et continuèrent à chanter.
Tout en rongeant leur frein, les évêques attendirent encore un peu, puis interrompirent de nouveau, mais ce fut en pure perte; pendant quatre heures consécutives, les cordeliers chantèrent.
De guerre lasse, les évêques se retirèrent et rendirent compte au légat de ce qui s^était passé.
Le lendemain, (22 mars), Jacques d^Estouteville, prévôt de Paris, Guillaume de Poitiers, gouverneur^ avec cent archers de la garde du roi et les sergents de la ville, assistés du procarenr général du roi au grand conseil, et des deux évoques se présentèrent au monastère.
Les cordeliers chantaient toujours 1
Mais le prévôt leur ordonna de se taire immédiatement et ils durent obéir.
Alors on commença à négocier. Les cordeliers après avoir repoussé toute réforme, finirent par consentir à Taccepter, mais à certaines conditions; les évêques tenaient bon et demandaient leur expulsion, qui fut sur le point de s'effectuer.
Après de nombreux pourparlers il fallut en référer au parlement, qui, le 16 décembre, commit six de ses conseillers pour opérer la réforme demandée.
A bout d'expédients, les cordeliers finirent par se soumettre.
Ces différends, qui, aujourd'hui, occuperaient seulement les intéressés, passionnaient alors les Parisiens, qui prenaient fait et cause, soit pour les religieux, soit pour l'autorité royale, et on discuta beaucoup à propos de cette fameuse réforme, mais on en eût parlé bien plus encore, si une maladie contagieuse ne s'était déclarée subitement, ce qui fit une diversion dans les idées.
Les gens du parlement avaient grand peur du mauvds air, et la cour ordonna qu'à cause de la peste, les parties mettraient leurs requêtes sur nn coffre dans le parquet des huissiers.
Une seconde ordonnance défendit, sous peine de confiscation, de se servir dans la ville et dans les faubourgs, de charrettes ferrées, à cause da grand nombre de malades que le bruit incommodait.
Jean Simon, évêque de Paris^ fut une des victimes du fléau; il mourut le 23 décembre iSOiet fut remplacé par Etienne Pencher.
Ce nouvel évêque fit son entrée solennelle dais son église le dimanche 21 mai 1503, avec toutes les cérémonies d'usage que nous allons décrire cette fois, afin que le lecteur sache en quoi elles consistaient à chaque nomination : Le prévôt des marchands et les échevins se rendirent à Saint- Victor, accompagnés d'un certain nombre des
principaux bourgeois de Paris. L'abbé les reçut à la porte de son église, et leur dit en leur montrant Etienne Pencher :
— Messieurs, voici M. Etienne Poncher, lequel a été élu évéque de Paris ; son élection a été confirmée par M. Tarchevèque de Sens et par le roi au serment de fidélité. Je vous le présente, afin que vous le conduisiez à Téglise de madame sainte Geneviève et de là à son église.
Le prévôt des marchands s'adressant à Tévèque répondit :
— Monsieur, nous vous recevons en notre ville et nous sommes très joyeux de votre promotion à votre évôché, et très volontiers, vous conduirons où il app artiendra.
On voit qu*à cette époque les discours étaient brefs.
Après ces quelques mots échangés de part et d'autre, le prélat fut conduit à Sainte-Geneviève.
L'abbé, qui l'attendait à la porte, lui présenta l'eau bénite et le m ena ensuite dans le chœur et au grand autel. Là, il dit sur lui quelques oraisons et lui fit baiser les reliques, après quoi l' évéque fit son cadeau, qui consistait en un drap de damas bleu. Puis il se retira dans la sacristie, où il revêtit ses habits épiscopaux.
Là, l'abbé lui fit prêter serment de garder les privilèges de l'abbaye, et le ramena dans le chœur, où il s'assit sur une chaise, tenant en mains les Évangiles ; quatre chanoines réguliers de l'abbaye le portère nt hors de l'église.
Devant le portail se trouvaient le procureur de l'évèché avec son bailli et les autres officiers de sa justice. Le procureur appela par leurs noms MM. de Ghevreuse et de Montmorency, vassaux de Tévêque, en raison de certaines terres dont ils étaient seigneurs, et ce furent ces deux gentilshommes qui, en cette qualité, durent à leur tour porter l'évêque jusque devant Sainte-Geneviève des Ardents, où l'attendait le doyen, entouré de tout le chapitre de la cathédrale.
De là, le prélat fut conduit processionnellement •devant le grand portail où le doyen lui fit faire le serment ace outumé, signé de sa main.
Aussitôt après toutes ces cérémonies terminées, les portes de Notre-Dame, qui étaient demeurées fermées, furent ouvertes, et l'évêque prit possession de son église, en y entrant au milieu du doyen «t du chantre.
Entré dans le chœur, le doyen dit sur lui une oraison ; il alla ensuite baiser l'autel et de là fut conduit à son siège épiscopal, après quoi il célébra une messe solennelle, puis on le mena à son palais où se trouvaient réunis des évéques, des abbés, des membres du parlement, de la chambre des comptes, de l'université, du Ghâtelet et 4u corps de' ville. « Toute cette grande compagnie fut régalée magnifiquemeat à six tables difi'érentes dressées dans les salles de l'évèché. »
Un grand scandale occupa Paris en 1503. Le
vendredi 25 août, un jeune homme nommé Hémon de I^a Fosse entra dans la Sainte-Chapelle du Palais pendant la grand'messe et arracha la sainte hostie des mains du prêtre qui officiait. Les assistants coururent aussitôt sur lui et l'arrêtèrent sur l'escalier; en se débattant, il laissa tomber l'hostie; le prélat officiant, accompagné de tout le clergé de la Sainte-Chapelle, alla processionnellement ramasser l'hostie, et l'homme fut emprisonné à la Conciergerie ; le dimanche et le vendredi suivants, de nouvelles processions eurent lieu en réparation du sacrilège, et le coupable fut condamné par arrêt du parlement, à avoir le poing coupé, au bas de l'escalier où l'hostie était tombée, à avoir ensuite la langue coupée et à être après brûlé vif au marché aux pourceaux. Ce qui fut exécuté.
L'historien Saint-Foix raconte dans ses Essais^ qu'à l'une des deux processions dont nous venons de parler, deux bœufs que l'on conduisait à la boucherie de l'Hôtel-Dieu et qui se trouvaient alors devant la petite paroisse de Saint-Pierre, s'agenouillèrent au passage du saint sacrement. Ce- fut, prétènd-il, en mémoire de ce miracle, qu'on fit sculpter en relief deux de ces animaux sur le portail de l'église qui s'appela dès lors Saint- Pierre aux Bœufs.
Ce qui ne permet pas d'ajouter la moindre créance à cette légende, c'est que dans un titre de 1206, la rue dans laquelle se trouvait l'église était déjà désignée sous le nom de Saint-Pierre aux Bœufs.
Déjà, en 1490, un ecclésiastique nommé Jean Langlois, qui, lui aussi, avait arraché la sainte hostie des mains du prêtre qui disait la messe à Notre-Dame, à la chapelle de saint Crépin, avait été brûlé au marché aux pourceaux.
Si le crime d'Hémon de La Fosse fit scandale, la conduite des religieuses de Montmartre n'était pas non plus exempte de blâme, tant s'en faut; et le désordre qui régnait dans l'abbaye devint tel, bien qu'elle ne contînt que huit religieuses, que le nouvel évéque se vit dans la nécessité de les remplacer par des religieuses de Fontevrault, qui furent soumises à l'observation de certaines règles, et tout d'abord les abbesses, qui étaient élues à perpétuité, ne le furent plus que pour trois années.
Nous avons vu Anne de Bretagne faire son entrée à Paris comme femme de Charles VIII. Redevenue une seconde fois reine de France, en épousant Louis XII séparé de sa femme Jeanne, dont le mariage avait été annulé, elle y fit une seconde entrée solennelle en 1504. Couronnée à Saint-Denis le 18 novembre, elle alla le lendemain coucher au village de la Chapelle et le 20, elle fit son entrée.
Toute la ville était allée à sa rencontre ; après qu'elle eût reçu les compliments du chancelier du parlementet de tous les corps constitués, elle se
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mit en marche à onze heures du malin et trouva partout sur son passage des théâtres sur lesquels se donnaient des représentations dramatiques.
La marche du cortège dura tout le jour, et l'autorité fît fabriquer cent falols pour éclairer le chemin depuis Notre-Dame jusqu'au Palais, et ordre avait été donné aux habitants des rues que la reine traversait, depuis la porte Saint- Denis jusqu'à Notre-Dame, de placer une torche ardente sur une fenêtre du premier étage de chaque maison.
Après sa visite à Notre-Dame, elle alla souper au Palais, en compagnie de nombre de princesses et de dames de la cour.
L'année suivante, ce fut un mort qui entra solennellement à Paris.
Le duc Charles d'Orléans, père du roi, était mort en 14:5 et avait été inhumé dans l'égUse Saint-Sauveur de Blois. Louis XII fit apporter son corps à Paris pour qu'il fût placé aux Célestins, et le comte de Dunois fut chargé de ce transport, qui coûta 2961 livres 14 sous.
Nous avons donné la cérémonie d'installation d'un évêque.
Voici celle de la translation du coips d'un membre de la famille royale.
La ville de Paris avait été prévenue qu'elle eût à rendre les honneurs dus en pareil cas.
Le vendredi 21 février 1505, le corps de ville en habit de deuil, partit à cheval. Deux officiers de l'Hôtel de Yille marchaient les premiers, suivis des archers et des arbalétriers vêtus de leurs hoquetons et de robes noires, avec une flèche à la main.
Les sergents de la ville suivaient à pied.
Après, venaient à cheval, en robe et chaperon de deuil, messieurs de la ville suivis des conseillers et quarteniers, des maîtres et gouverneurs des six corps de marchands et de plusieurs marchands et bourgeois notables, aussi en deuil et à cheval.
En cet ordre, ils allèrent jusqu'au prieuré de Notre-Dame des Champs, où le corps du prince était déposé, et de là ils revinrent à la porte Saint- Jacques, où ils mirent pied à terre pour attendre le convoi.
A deux heures, le corps porté a sur un chariot branlant » fut conduit à la ville.
Les quatre ordres mendiants marchaient devant, suivis des paroisses, des rehgieux de Saint- Martin des Champs, de l'évêque de Paris, mitre blanche en tête, et de son clergé.
Ensuite venaient seize crieurs de corps en robe noire et chaperon de deuil, avec les armes du feu duc d'Orléans.
Cent vingt torches aux armes de la ville étaient portées par les archers, arbalétriei^s et autres officiers municipaux, suivies de vingt-quatre torches aux armes de la ville de Blois, et de soixanteseize à celles du duc.
Venaient ensuite plusieurs héraats d'armes et des gentilshommes qui portaient les pièces dlioaneur, c'est-à-dire l'épée, lé casque, l'écu, Ja cotte d'armes^ le guidon et la bannière du feu duc, tous montés sur de grands chevaux caparaçoonés de velours noir, traversé en croix de deux lés de damas blanc.
Le chariot branlant, couvert de drap d'or, était traîné par quatre chevaux harnachés de même et environné de seigneurs qui tenaient les cordons du poêle.
Après le char marchaient en longs manteaux de deuil les grands personnages de la cour, le parlement, la chambre des comptes, le Ghàtelet, etc, etc. , un grand nombre de marchands de Paris, tous à cheval et en robes noires.
A la porte Saint-Jacques, le prévôt des marchands et trois échevins (le quatrième était malade), le greffier et le receveur municipal, prirent le dais de drap d'or qui était porté par six. gentilshommes, archers de la garde du roi, et le soutinrent jusqu'au bout du pont Saint-Michel ; mais, arrivés là, ils le trouvèrent si pesant, qull fallut les faire aider par six autres gentilshommes archers.
Ce fut en cet ordre que le convoi arriva devant la porte de l'église des Gélestins, où trois messes furent dites par trois prélats.
On voit que le clergé ne manquait pas à cette cérémonie funèbre ; mais il parait que les corés et les vicaires des églises paroissiales étaient beaucoup moins empressés d'assister aux obsèques des pauvres gens, car, le 2i juin, Gilles Le Maître, avocat du roi, porta plainte au parlement contre certains d'entre eux qui refusaient d'enterrer les morts sans avoir pris connaissance de leurs testaments, ou qu'ils eussent été payés de leurs frais de sépulture.
Cette plainte visait particulièrement le curé de Saint-Germain l'Auxerrois qui n'avait pas voulu enterrer une marchande, avant de savoir si elle avait légué quelque chose à l'église, ce qui avait tellement exaspéré ses paroissiens, qu'il y eut un commencement de sédition sur la place de la juridiction épiscopale de la rue de TArbre-Sec, où se trouvait dressée la croix du Trah oir.
Le peuple se plaignit aussi de graves abus qui s'étaient introduits dans l'administration de l'Hôlel-Dieu, qui n'avait cessé d'être l'objet de libéralités et de privilèges et qui ne rendait pas tous les services que l'on était en droit d'exiger d'un établissement qui recevait de toutes parts des subsides et des secours, et que les rois avaient toujours couvert d*une protection efficace.
En 1324; Charles le Bel avait concédé à THôtel- Dieu cent charretées de bois par an, à la charge de porter les reliques de la Sainte-Chapelle à la suite du roi jusqu'à 34 lieues de Paris, et avait ordonné, l'année suivante, que toutes les lettres et
L'Hôlel-Uieu, laadé ux viii* eiicle et dâmoli en 1677.
:oua les actes de justice relatifs à l'hôpital seraieat ispédiés gratuitement.
En 1328, Philippe de Valois avait élevé la con- ;ession de bois k trois cents charretées , amorti 100 livres de rent« à la prieure pour les toiles l'ensevelissement et concédé un droit de paissoa lour deux cents porcs dans la forêt de Retz.
En 1353, le roi Jean avait fait défense à ses >ourvoyeur3 et à ceux des princes du sang de >rendre aucuns vivres ou ustensiles appartenant L l'HMel-Dieu. — En 1363, ledauphin déchargea 'hôpital. du subside qui se levait sur toutes les aaisons du royaume. En 1367, Charles V l'eiiem- >ta du droit d'aides sur le vin et lui donna une seconde concession de paisson pour deux cents porcs :a la forêt de Cuise. En 1119, Charles VI l'esem- >ta du droit de 8 sols qui se percevait sur chaque [ueue de vin. Des lettres patentes de Louis XI tortërent un amortissement général en sa faveur lour toutes sommes qu'il pouvait devoir.
En 1484, Charles Vlll confirma tous les priviè^esquel'hâpitalpossêdaiteny ajoutant d'autres.
Tout cela n'empêchait pas que le parlement lut intervenir pour réglementer l'administration (ui était devenue déplorable, et le 11 mai 1503, l rendit un arrêt fondé « sur ce qu'il est venu A s cognoissance de la cour que en l'Hoslel-Dieu e Paris a eu et a de présent mauvais ordre, %ul en spirituel que temporel, st mesmement en
ce qui concerne les pauvres malades, que l'on dict n'y estre receus et traictez comme il appartient »,et portant nominalion d'une commission composée de Jean Legendre, Jérôme de Marie, François Cousinot, Henri Le fiègiîe, Etienne Huvé, JeanBaudin, Guillaume Le Caron et Millet Lombard, tous bourgeois de Paris, commis à l'effet de gouverner et administrer l'Hôtel-Dieu.
« Premièrement lesdita bourgeois esleus et commis commettront bonnes et loyales personnes pour estre receveurs et procureurs, » ht-on en tête des instructions qui leur furent données.
G'étidt surtout les finances qui étaient mal administrées; la commission dut veillerspêcialement au bon emploi des fonds, à la distribution des aumônes, & l'exactitude des comptes, à la nourriture des religieux et rehgieuses et à celle des malades ; ils durent dresser l'inventaire de tous lea biens mobiliers que l'hôpital possédait, de ses revenus, etc. , et enfin tenir ta main à ce que reh< gieuK et religieuses observassent les statuts en vigueur. L'arrêt détaillait minutieusement lea devoirs des commissaires et ce règlement, très nettement déûni, est un véritable monument administratif.
Son application fit cesser les abus et rendit à l'hôpital sa prospérité, due k une gestion intégre.
Le roi, qui avait été très dangereusement malade, songea, lorsqu'il revînt à la santé, k
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marier sa fille Claude, âgée de huit ans, au comte d'Angoulême qui était dans sa treizième année et Jes Parisiens furent si partisans de ce mariage, qu'une députation du corps de ville, de l'université et de la noblesse futchargée de le faire savoir à LouisXII. Les fiançailles furent célébrées le 20 mai 1506 et le prévôt des marchands, les échevins, les conseillers de ville et six bourgeois notables par quartier, ratifièrent le serment de fidélité envers les fiancés, qui devaient être mariés aussitôt qu'ils re raient en âge.
Le 22 janvier 1507, sur la demande du sieur de Montmorency, chambellan ordinaire, qui avait fait connaître que le roi désirait que la ville de Paris lui offrît un navire de 400 tonneaux, la ville délibéra, et le 23 février, envoya une députation à Louis XII, pour le supplier de se contenter d'un navire de 200 tonneaux, ce qui fut accepté.
Louis XII était alors en guerre avec le roi des Romains. Prévoyant qu'il pourrait avoir besoin de soldats, il résolut de faire exercer tous les hommes au maniement des armes et le premier président du parlement, Jean de Gannay, vint, le 15 novembre 1507 à l'Hôtel de Ville, ordonner que les Parisiens s'exerçassent, eux, leurs enfants et leurs serviteurs, les jours de fête, aux jeux de l'arbalète "et de l'arc.
En conséquence de cet ordre, le prévôt des marchands et les échevins assignèrent anx différents corps de métier les lieux d'exercice hors la ville.
Le traité de paix de Cambrai du 10 décembre 1508, rendit cette précaution inutile.
Il fut alors prescrit aux gens de Paris d'assister aux processions solennelles qui se feraient pour rendre grâce à Dieu et d'allumer des feux de joie dans les rues et les carrefours de la ville.
Mais, à propos des processions, une grande discussion s'éleva au sujet de la préséance; il s'agissait de savoir si le parlement prendrait la droite dans le cortège et la cour des comptes la gauche, ou si, à cette place, marcheraient le prévôt des marchands et les échevins.
Grande animation partout; cette grave question préoccupait tous les esprits.
Enfin la cour confirma au prévôt et aux marchands le droit de marcher à la gauche du parlement et, pour éviter la foule et l'embarras dans les rues, ceux-ci firent placer leurs archers et leurs arbalétriers avec leurs hoquetons de livrée et un bâton blanc à la main.
Processions pour la paix, processions pour la guerre; on processionnait sans cesse. Après la victoire d'Agnadel, une procession à Sainte-Geneviève fut ordonnée; quelques jours plus tard, deux drapeaux pris à l'ennemi furent envoyés à Paris ; on les porta processionnellement à Saint- Denis.
Et lorsque, le 16 mars 1510, le roi revint de la
guerre bien qu'il eût demandé qu'on ne lui fit pas de réception extraordinaire, le corps de ville, le prévôt, etc., se rendirent au-devant de lui suivis par un cortège de peuple qui ne pouvait manquer une si belle occasion de parader par les rues.
Malheureusement, les voies de communication étaient quelquefois insuffisantes pour l'écoulement de la foule, et ce fut ainsi qu*on se plaignit vivement que le pont aux Meuniers, bâti au-dessous du Grand-Pont, qui n'était pas d'ailleurs passage à voitures, demeurât fermé ordinairement et qu'il n'eût été ouvert qu'à titre provisoire pendant les travaux de reconstruction du pont Notre-Dame ; toutefois les gens qui habitaient les maisons bâties dessus, demandaient qu'il ne fût pas public. Le parlement leur donna raison et décida que le pont continuerait à être fermé, sauf les cas extraordinaires et chaque fols que la justice l'ordonnerait.
Il fallut bien en passer par là|; il restait établi uniquement pour le service des moulins des environs. Il fut emporté par l'inondation da 21 décembre 1596, ainsi qu'on le verra plus loin
En même temps que le parlement ordonnait la fermeture du pont aux Meuniers, il accordait aux administrateurs de THôtel-Dieu la permission de boucher et condamner la ruelle du Sablon, qui passait sous l'hôpital et le palais épiscopal.
C'était un refuge pour les vagabonds et les voleurs, qui s'y retiraient chaque soir. Le projet consistait à bâtir au-dessus de cette ruelle une galerie mettant l'Hôtel-Dieu en communication avec trois corps de logis qui lui appartenaient dans la rue neuve Notre-Dame, à l'opposite de Sainte-Geneviève dés Ardents.
Le parlement donna l'autorisation, par arrêt du 27 mai 1511, de faire fermer, au moyen de barreaux de fer ou de bois, le passage qui existait sous l'Hôtel-Dieu, et de bâtir au-dessus une galerie pour aller aux maisons construites au lieu dit « la Chambre du roi ».
Des travaux importants s'accomplissaient encore
dans la cité.
Un arrêt du parlement du 13 juillet 1507, ayant décidé « qu'à cause qu'il fallait trop descendre pour venir à Notre-Dame », les rues qui menaient du pont Notre-Dame au Petit-Pont seraient exhaussées de dix pieds ; » on se mit à l'œuvre et on suréleva si bien, non seulement la rue de la Lanterne, celle des Marmousets, etc., mais encore tous les alentours de la cathédrale, que son entrée se trouva enfin au niveau du sol.
« Jusque-là, dit Sauvai, Paiîs n'avoit été qu'une ville fort basse et sujette en hiver à beaucoup souffrir de l'eau, quand la rivière étoit haute. »>
Sur la rive droite du fleuve se trouvaient un certain nombre de ports pour l'arrivage des marchandises, que les inondations envahissaient trop souvent. C'était d'abord, à côté du monastère des Gélestins, le port Saint-Paul, couvert de bois et de
cotrets, le port au Foin, proche le pont aux Meuniers, le port Saint-Nicolas.
Jusqu'alors, on Ta vu, la vallée de Misère n'était qu'un amas de masures que les plus pauvres redoutaient d'habiter dans la crainte de Feau ; on commença à y bâtir des maisons, et, en 1510 on en voyait plusieurs d'assez bonne apparence.
Tout en travaillant à l'embellissement et à l'assainissement de Paris, on ne négligeait pas les préparatifs de guerre contre les Anglais. Le premier président se rendit à l'Hôtel de Ville le 22 avril 1512, pour inviter chaque corps de confrérie et communauté à faire les frais de quelques pièces d'artillerie, afin d'augmenter le nombre de celles que la ville faisait fondre ; en même temps, il fit connaître que le roi ordonnait qu'on réparât les murailles et qu'on s'assurât s'il ne serait pas nécessaire de faire de nouveaux boulevards, et le 3 mai, le roi écrivit au prévôt des marchands et aux échevins de faire la revue générale des habitants de Paris et le récolement de toutes les armes qui étaient, ou pouvaient être mises à leur disposition. Les abbés, prieurs, moines de tout genre furent tenus de comparaître à cette montre. Les Parisiens s'émurent fort des ordres donnés par le roi, et ils s'adressèrent au chancelier pour lui remontrer que leurs droits et privilèges les exemptaient « d'aller aux guerres et armées du roi et de comparoitre aux monstres du ban et de l'arrière-ban » .
Le roi reconnut le bien fondé de la réclamation et les choses en restèrent là ; quant aux armes, elles n'étaient pas nombreuses, et on décida qu'on en enverrait acheter à Milan.
Ces bruits de guerre inquiétaient beaucoup la ville ; le 19 janvier 1513, le roi, très préoccupé du soin de la mettre à l'abri d'une attaque, ordonna de rétablir l'ancien cours de la Bièvre et de la faire passer au miheu de Peiris, comme elle y avait passé jadis ; mais l'exécution de cette mesure offrit de si grandes difficultés, qu'on y renonça et on se contenta d'abattre les voiries qui environnaient Paris et dont la hauteur commandait la ville.
Dans un conseil tenu au Palais le 14 juin, il fut résolu qu'on raserait toutes celles qui étaient le long des murs et qu'en attendant leur reconstruction, les bourgeois pourraient jeter leurs gravois et immondices hors des murs, excepté les animaux morts, dont la mauvaise odeur eût pu incommoder les habitants. En même temps, on travaillait sans relâche à la mise en état des remparts, aux frais de ces derniers, et on commença à creuser les anciens fossés pour y faire entrer l'eau de la Seine, sans toutefois empêcher le cours ordinaire de la navigation.
On s'occupa ensuite, — c'était l'usage, — d'organiser une procession générale, où l'on porterait la châsse de sainte Geneviève à Notre-Dame, mais ce
fut encore le sujet d'une discussion de préséance et il fallut que le parlement réglât que les religieux de Saint-Martin auraient la droite en allant et ceux de Saint-Germain la gauche, et qu'en revenant ce èerait le contraire.
Les religieux de ces deux communautés avaient fini par vivre d'une façon qui contrastait fort avec les prescriptions de la règle qu'ils étaient censés suivre. Le roi, par lettres patentes de novembre 1512, introduisit une réforme salutaire et devenue indispensable dans le prieuré de Saint- Martin et dans la vieille abbaye de Saint-Benoit mais les bénédictins, habitués à la vie libre et passablement mondaine, ne purent se soumettre à la réforme qui leur était imposée et la plupart quittèrent l'abbaye, où des religieux de Ghezal- Benoit furent installés.
C'étaient des hommes instruits, disciplinés, et pendant plus d'un siècle, la réforme subsista au monastère de Saint-Germain, jusqu*à ce qu^elle fût incorporée à son tour dans une autre plus nouvelle, instituée sous le nom de Saint-Maur et dont nous aurons à parler.
En 1513, un scandale qui s'était passé dans l'église Saint-Hilaire amusa Paris. Cette église, qui existait déjà au xu* siècle (rue du Mont- Saint-Hilaire, devenue rue Saint-Hilaire), possédait un tableau représentant Adam et Eve, où deux peintres, qui faisaient partie de la confrérie de Saint-Hilaire établie dans cette église, discutèrent à propos de cette peinture. Bientôt la discussion tourna en dispute et dégénéra en pugilat; « l'un soutenait qu'Adam et Eve n'ayant pas eu de mère, ne pouvaient être représentés avec un nombril; l'autre prétendait que la tradition le voulait ainsi et appuya son assertion d'un coup de poing sur le visage de son contradicteur qui lui écrasa le nez».
Cette façon brutale de soutenir une opinion, ayant attiré des ecclésiastiques attachés à l'église, ceux-ci séparèrent à grand'peine les combattants et les mirent dehors; mais quelques gouttes de sang ayant été répandues, l'église fut déclarée profanée : elle fut fermée pendant quelque temps et rouverte ensuite, avec le cérémonial voulu.
Cette église, dont le portail était du xiii® siècle, fut reconstruite au commencement duxviii*.
Le collège d'Harcourt, situé rue de la Harpe, relevait de cette paroisse. En 1674, le curé de Saint- C6me prit occasion de disputer à celui de Saint- Hilaire la possession du droit de faire les fonctions curiales dans ce collège. L'affaire fut portée devant le parlement, qui confirma le curé de Saint- Hilaire dans ses droits.
En 1683, on y enterra, Patrice Maginn, premier aumônier de la reine d'Angleterre ; on y voyait aussi le tombeau en marbre de Louis-Hercule- Raymond Pelet, écolier mort âgé de dix ans en 1747. Son épitaphe se terminait par ces mots : Sanctepuer,orapro nobis.
HISTOIRE NATIONALE DE PARIS ET DES PARISIENS
L'église Saint-Hilaire fut supprimée en 1790; elle fut vendue comme propriété nationale le 14 vendémiaire an IV, et une maison plarticulière fut construite sur son emplacement.
Ajoutons que la rue Saint-Hilaire, où était située cette église (à Tangle de la rue des Sept Voies), s'appela aussi rue Fromentel, et qu'en 1588 elle se nommait rue du Puits-Certain, en raison, dit le Dictionnaire des rues de Paris ^ d'un puits public construit aux frais de Robert Certain, curé de Saint-Hilaire, qui dirigea avec tant d'habileté la communauté de Sainte-Barbe. Elle reprit plus tard sa première dénomination de rue Sainte- Hilaire, qu'elle a conservée jusqu'à nos jours.
Ce fut aussi en 1513, au mois de mai, que fut imprimée et publiée pour la première fois la coutume de la prévôté et vicomte de Paris, rédigée par des commissaires nommés à cet effet par le roi en 1511.
C'était le recueil des lois en vigueur dans le ressort de la vicomte ; de bons esprits conçurent plus tard le projet de généraliser cette coutume et de l'étendre à toute la France. La révolution de 1789 la rendit inutile; toutefois, lorsqu'on commença la rédaction du Code civil, ce fut à la coutume de Paris qu'on eut surtout recours pour asseoir les bases du droit français.
. L'année 1514 s'annonça par un deuil; la reine Anne de Bretagne mourut à Blois le 9 janvier, et son corps fut apporté à Paris en l'église Notre- Dame des Champs, au faubourg SaintJacques, le dimanche 12 février. Le premier conseiller du parlement, un président et dix-huit à vingt conseillers, tous en robes noires, allèrent au-devant du corps jusque vers le moulin à vent qui se trouvait au haut du faubourg et « firent la révérence tant au corps qu'aux ducs de Valois et d'Alençon, aux duchesses de Bourbon et d'Alençon et à la comtesse d'Angoulème », qui menaient le deuil. Après les devoirs rendus, ils rentrèrent à Paris par le côté des Chartreux.
Le corps demeura deux nuits dans l'église Notre-Dame des Champs.
Le mardi 14, tout le parlement, huissiers, présidents, conseillers, avocats, procureurs, monta sur des mules dans la cour du Palais et se rendit à Notre-Dame des Champs où était exposé le corps de la reine, sur un catafalque couvert de drap d'or, fourré d'hermine et surmonté de son portrait.
Toutes les rues par où devait j)asser le convoi étaient tendues de serge bleue ou de drap de même couleur aux armes de la ville, devant chaque maison. Onze archevêques et évéques assistaient à ce service, et ce fut le cardinal du Mans, Philippe de Luxembourg, qui officia.
Nous ne décrirons pas la composition du cortège, où se trouvaient réunis tous les principaux personnages du royaume et tous ceux qui occupaient des fonctions judiciaires ou municipales.
Le corps, ainsi escorté, fut conduit à Not^^ Dame, illuminée avec une profusion sans égde.
On dit les vigiles des morts, et la grand'mesêe fut remise au lendemain ainsi que Téloge funèbre de la reine, qui fut prononcé par le jacobin Jean Petit, confesseur de Louis XIÏ.
De Notre-Dame le corps fut porté à Saini-Denis, où un nouveau service eut lieu, et après les obsèques, le parlement dîna au réfectoire de Fabbave.
Ces obsèques donnèrent lieu à de vives contestations, on se disputa pour avoir tous les objets qui y avaient servi.
L'abbé et les religieux de Saint-Denis demandaient la restitution du dais, de FefGgie et d€9 habillements de la reiiie, du drap d^or, du T^ lours qui avait servi à orner la chapelle et enfin des offrandes faites par les assistants.
Les religieuses de la Saussaye-lez-Wlejmf; voulaient qu'on leur donnât le linge de la fève reine, linge de corps et linge de table^ les joyaox d'or et d'argent et les mules, mulets, palefrois, chevaux d'honneur et autres qui avaient mesé les chariots avec les harnais et colliers.
Le grand écuyer de la reine, Louis de Hangest^ prétendait de son côté, que les chevaux, le poèle, le drap d'or, tout cela lui appartenait, en vertu d€ son office, et en attendant que le différend fi6t jugé, il insistait pour qu'on lui remit à titre provisoire les chevaux, chariots et harnais, aân de pouvoir conduire les dames et les pages de ia feue reine.
Mais on craignait qu'il les gardât quand même.
Ce n'est pas tout, les rois d'armes et les hérauts voulaient avoir les gouttières hautes et basses, et toutes les étoffes de velours et de soie qui étaieot autour de la chapelle ardente.
Enfin, les chapelains du cardinal exigealeot, eux aussi, qu'on leur versât le montant des offrandes faites tant à Notre-Dame qu'à Saint-Denk
Bref, chacun voulait sa part, et les convoitises étaient tellement excitées que personne ne voulut entendre raison, et le parlement donna huit jours aux réclamants pour tâcher de se mettre d accord; en attendant, il ordonna TexperUse des chevaux, voitures, etc., qui furent confiés ao grand écuyer ; quant au dais, au linge, aux joyanx, tout cela fut mis sous séquestre entre les mains de Jean du Val, receveur des gages et celles de Ragerin Le Lieur, marchand bourgeois.
Nous avons nommé. les religieuses de la Sanssaye ; c'étaient dans l'origine des femmes lépreuses qui se trouvaient confiées aux soins de trdze autres femmes en bonne santé.
Depuis 1077 jusqu'alors, leur léproserie n^avait pas cessé de recevoir des libéralités de toute nature; dîme sur le vin consommé par le roi et la reine, dtme sur le drap, chevaux hors de service, sceaux d'or attachés aux lettres envoyées an roi, cire de tous les autres sceaux, vieux linge, chandelles, 100 livres de rente annuelle.
PARIS A TRAVEnS LES SIÈCLES
Tombera d« Louis ZII.
Louia-Ie-HuUn étendant ces dons, déclara que loua le nom de sceaux d'or, il fallait comprendre ;eux d'argent, que le linge vieux devait s'entendre par tout le linge en général qui avait servi au roi et à ia reine, de même que les chevaux qui ne pouvaient quitter l'écurie royale, que pour être remis aux religieuses.
C'était par suite de ces donations incessantes, qu'elles considéraient comme obligatoires, que les religieuses avaient élevé la prétention de tout prendre. Le parlement la confirma en partie.
Ces reUgieusea, fort protégées pai la reine Anne, nous amènent à parler d'un ordre de Minimes (appelés aussi bonshommes), dont l'établblement à Paris est dû à cette princesse.
Les minimes étaient venus d'Italie àParis, sous le protectorat de saint François de Panle. En 1493, Anne de Bretagne leur fit don de bâtiments et de terrains contigus dans la paroisse de Chaillot, à charge de continuer la construction d'un Liv. H
monastère déjà commencé en cet endroit, sous le titre de Notre-Dame-de- Toutes- Grâces. Puis elle posa la première pierre de l'église en 1S12.
Cette église ne fut achevée que sous le règne de François I"-et dédiée le 12 Juillet 1578.
Plusieurs membres de la famille d'Ormesson et Josias, comte de Rantzau, maréchal de France, le vice-amiral Jean d'Estrées, Françoise deVeyni d'Arbouse, femme du premier président, Antoine Duprat, y furent inhumés. Elle était ornée de plusieurs chapelles, d'un beau chœur et d'un autel magnifique, et décorée à l'extérieur d'une statue de la Vierge et des écus de France et de Bretagne. L'intérieur reçut pour ornements des tableaux de Sébastien Bourdon et de La Hire.
Le couvent des Bonshommes de Cbaillot existait encore au moment de la Révolution,
Le réfectoire, ia salle du chapitre et la biblio< thèque méritûent l'attention des visiteurs, bien (lu'à cette époque les œuvres d'art que la Renais-
IIISTOIUE NATIONALE DE PARIS ET DES PARISIENS
8ance avait prodiguées dans ce couvent fussent bien détériorées..
Les jardins montaient par étages jusqu'au sommet du coteau, et ils produisaient assez de légumes pour suffire à la consommation des moines, car depuis longtemps, les minimes avaient fondé un monastère beaucoup plus considérable sur remplacement d'une partie de l'ancien palais des Tournelles, et plusieurs étaient allés s'y établir.
Ceux qui demeurèrent à Ghaillot furent désignés sous le nom de minimes de Cbaillot, ou Bonshommes.
Ce couvent fut supprimé en 1790, et transformé en une filature de coton, et son nom servit à désigner une des barrières de Paris entre Ghaillot et Passy, qu'on appela la barrière des Bonshommes.
Le roi s'était montré fort affligé de la mort de la reine, et il était de plus très gêné dans ses finances ; après avoir vendu sa vaisselle d'or et d'argent pour 200,000 livres, il ne savait guère où trouver de l'argent, lorsque la ville de Paris lui fît un don de 20,000 livres.
Depuis déjà longtemps, la coutume s'était établie de se couvrir le visage d'un masque. Char- ' les VI affectionnait ce genre de divertissement et les gens de la cour, après lui, s'ingénièrent à trouver les masques les plus horribles et les plus monstrueux. '*
Jusque-là, c'était une affaire de mode et de goût bizarre, mais bientôt, avec l'usage vinrent les abus. Adopté pour favoriser la galanterie et les divertissements, le masque fut vite appliqué à faciliter les crimes et les méfaits, et le 27 avril 1514, sur la remontrance du procureur général, le parlement ordonna que « tous les faux visages masques et autres choses impudiques et messéantes qui se vendoient publiquement dans la ville et même dans le palais, seroient prises et brûlées, et fit défense de par le roi à toutes personnes, de quelque état et de quelque condition qu'elles fussent, de porter ces sortes de masques, sous peine de confiscation et d'amende arbitraire ».
Lorsque Louis XII eut traversé ses embarras d'argent, il songea que le veuvage était lourd à porter, et comme, d'un côté, la princesse Marie, fille du roi d'Angleterre, passait pour l'une des plus belles femmes de son temps et que, de l'autre, un mariage avec elle pouvait amener la conlusion d'une paix que chacun souhaitait fortàParîs, iin*hésita pas et fit sa demande qui fut agréée.
Des ambassadeurs arrivèrent d'Angleterre le 12 septembre, et le corps de ville alla audevant d'eux jusqu'à la porte Saint-Denis. On les reçut du mieux qu'on put; ils se logèrent à l'hôtel du sieur Le Cocq, rue Saint-Antoine, près des Tournelles, et aussitôt, on leur fit présent d'hypocras Je vin, de torches de cire et d'épices ou dragées, selon la coutume.
Le mariage se fit le 9 octobre à Abbeville, et la
jeune reine, couronnée le mois suivant à Saint- Denis, fit son entrée solennelle dans la capitale le 6 novembre, assise dans une litière découverte enrichie de pierreries et sous un dais magalBque qu'on portait au-dessus d'elle.
La plupart des chariots qui suivaient les haquenées montées par les princesses, étaient couverts de drap d'or.
Tout le cérémonial ordinaire fut observé.
Sur le parcours, plusieurs échafauds avaient été dressés pour les représentations dramatiques. Après avoir prié à Notre-Dame, la nouvelle reine soupa au Palais en grand gala et « les services furent mêlés de représentations que l'on appela entremets ».
Le premier fut un phénix qui se battait de ses ailes et allumait le feu pour se brûler ;
Le second, un saint Georges à cheval a qui conduisoit la pucelle » dont la fable lui attribue la délivrance ;
Le troisième, un porc-épiç et un léopard soutenant l'écu de France.
Un mouton suivait après, ensuite un coq et un lièvre qui combattaient ensemble dans une lice.
Tout cela fut fort admiré; la reine fit présent aux hérauts d'armes et aux trompettes d'un navire d'argent, et coucha au Palais.
Pendant tout un mois, ce ne fut à Paris que joutes, tournois, festins et toute espèce de divertissements.
Le prévôt des marchands et les échevîns, accompagnés d'un grand nombre de bourgeois firent à la souveraine le présent de la ville, qui consista en vaisselle de vermeil, d'une valeur de 6,000 livres.
Le présent était modeste, mais la ville avait déjà donné 20,000 livres au roi, tous ces frais de cérémonial lui coûtaient fort cher, et comme ces sortes de dépenses étaient toujours supportées par le peuple, les magistrats municipaux devaient apporter le plus d'économie possible dans les cadeaux. Toutefois, la reine se montra satisfaite et elle accepta l'invitation à dîner à l'Hôtel de Ville qui lui fut faite.
Et, en eflet, l'argent était rare alors à Paris et ce qui le prouve, c'est que, lorsqu'on se prépara à la réception de la reine, les seize quarteniers s'excusèrent de ne pouvoir porter à son entrée des robes de soie, et ofi'rirent de paraître tout simplement en bonnes robes d'écarlate violette, ce que la ville accepta.
Le dais était ordinairement porté par les six corps de métier, mais l'un d eux, celui des changeurs, prétextant aussi des dépenses qu'occasionnerait un costume de cérémonie, déclina l'honneur, et les changeurs prièrent les échevins de vouloir bien chercher quelqu'autre corps de métier qui voulût bien les suppléer.
Les bonnetiers acceptèrent et promirent d« paraître « en habits convenables » •
Ils tinrent parole et portèrent le dais; aussi depuis lors, de simples artisans qu'ils avaient toujours été^ ils passèrent d'emblée marchands et formèrent le cinquième des six corps de la ville qui, aux entrées solennelles^ allaient rendre les devoirs avec les magistrats municipaux et por* talent le dais, chacun à son rang, et vêtus, chaque corps, de robes et de toques de soie de différen-tes couleurs.
Louis XII ne goûta pas longtemps les joies de son troisième mariage.
Il avait épousé unefemme de dix-huit ansaimant le plaisir; il changea pour lui plaire sa façon de vivre c< car oh il soûlait (avait coutume) de diner à huit heures, il con venait qu'il dinàt à midi^ et où il soûlait se coucher à six heures du soir, souvent se couchait à minuit » .
En un mot, il voulut, quoiqu'il eût cinquantetrois ans, jouer le rôle d'un jeune homme ; il avait trop présumé de ses forces. Atteint d'une dyssenterie, suite d'excès, il mourut à Paris au palais des Toumelles le 1" janvier 1515, et les crieurs des morts s'en allèrent sonnant leurs clochettes, en criant le long des rues : u Le bon roi Louis, père du peuple, est mort. »
« Bon roi. » Peu de souverains en effet valurent celui-ci; le peuple le regretta sincèrement et ce fat par sa modération envers ses sujets, son économie relative et par les réformes qu'il accomplit, qu'il mérita ce glorieux surnom de Père du peuple que ses contemporains lui décernèrent en 1506.
« C'était, dit «^ Thistorien Michelet, un bonhomme n aturellement honnête, ridicule parfois, indiscret, bavard, colérique, mais il avait du cœur, et la seule manière de le flatter, c'était de lui persuader qu'on voulait le bien de ses sujets... On le remercia pour trois choses, vraies toutes trois : d'avoir réduit l'impôt, réprimé les pillages des gens de guerre, réformé les juges. »
Un de ses dictons était : « Bon roi, roi avare. J'aime mieux être ridicule aux courtisans que lourd au peuple. »
Il disait encore : « La plus laide bête à voir passer, c'est un procureur portant ses sacs. » Mais tenons-nous à ce qui concerne Paris.
On a vu que les églises de Paris et leur porche si elles en avaient, ou à leur défaut trente pas de distance de tous côtés, étaient lieu d'asile (les cimetières attenantaux églises Tétaient aussi). Louis XII supprima à Paris ce privilège des églises et des couvents à Saint-Jacques-la-Boucherie, Saint-Merri, Notre-Dame, l'Hôtel-Dieu, l'abbaye Saint-Antoine, les Carmes de la place Maubert, et les Grands-Augustins.
Disons, en passant, que le droit d'asile fut nécessaire pour donner aux passions le temps de se calmer, à une époque où tout homme accusé d'un crime était condamné aussitôt pris, et exécuté avant qu'il eût eu le temps de se défendre. Ce fut aussi un remède à l'impuissance' des lois pour
protéger le populaire opprimé par les grands ; cê fut enfin, entre les mains du clergé, une utile sauvegarde des classes intermédiaires contre la barbarie des temps et la férocité des mœurs.
François !•' alla plus loin que Louis XII ; il déclara par son ordonnance de 1539, qu'il n'y aurait plus d'immunités pour dettes ni autres matières civiles... a et se pourront toutes personnes prendre en franchise, et sauf à les réintégrer quand il y aura prise de corps décernée à rencontre d'eux...» La réserve de réintégrer l'accusé dans son asile, s'il était jugé y avoir lieu, n'était qu'une clause destinée à ménager les préjugés du temps. Jamais personne ne fut réintégré dans son asile après en avoir été tiré.
Malgré la suppression du droit d'asile, il existait encore à Paris en 1789, quelques endroits privilégiés : c'étaient les maisons royales, le^ hôtels des ambassadeurs et l'hôtel du grand prieur de Malte (le Temple).
Un article du Gode de procédure civile défendit d'arrêter les débiteurs dans les édifices consacrés au culte et pendant la durée des exercices religieux. Cette exception était fondée sur des motifs de convenance. Sous le second Empire, on ne pouvait non plus arrêter un débiteur dans le jardin des Tuileries. La contrainte par corps ayant été abolie, ces prohibitions tombèrent d'elles-mêmes et aujourd'hui ces privilèges, qui avaient survécu à la Révolution, n'existent plus.
Ce fut sous Louis XII que les Parisiens modifièrent les heures de repas. Pour plaire à sa jeune femme, le roi changea sa manière de vivre; il avait l'habitude de dtner à huit heures, il ne dina plus qu'à midi. « En général, dit l'auteur des Mémoires du peuple français^ les courtisan^ n'adoptèrent pas le diner préparé pour midi, mais ils gardèrent le diner fait à huit heures du matin, tel que l'usage l'avait établi au commencement du règne. « Sous François 1*', on dîna à cinq heures du matin et l'on soupa à cinq heures du soir.
Lever à cinq, dîner à neuf, Souper à cinq, coucher à neuf, Fait vivre d'ans nonante-neuf.
Le vermicelle, la semoule, le macaroni, les lassagnes et les autres pâtes d'Italie commencèrent à être en usage à Paris après les guerres de Charles YIII en Italie, et n'eurent de rival que le riz, potage par excellence.
a Aux femmes en couches et aux poitrinaires furent réservés les bouillons ou « restaurants )>. Ainsi se nommaient des composés de viandes de boucherie, de chairs de volailles hachées trèsmenu, et distillées dans un alambic avec de l'orge mondée, des roses sèches, de la canelle, de la coriandre et des raisins de Damas. Un des plus succulents de ces bouillons s'appelait a restaurant divin » .
Charles YIII avait établi une audience publique « où il écoutoit tout le monde et par espécial
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les pauvres ». Il organisa le grand conseil et le rendit sédentaire à Paris; jusqu'alors ce conseil avait suivi la cour. Louis XII acheva cette organisation et établit au parlement de Paris une commission de censure pour informer sur la conduite des membres irrévérencieux, nonchalants, contrevenant aux ordonnances ou « faisant chose dérogeant à Thonneur et à la gravité de la cour, les réprimander, et punir par amende, suspension, ou interdit, o
Un jour, ayant trouvé deux conseillers du parlement en train de jouer à la paume, il leur reprocha de profaner la dignité dont ils étaient revêtus et les menaça, en cas de récidive, de leur ôter leur charge et de les mettre au rang de ses valets de pied.
Les obsèques de Louis XII furent remarquables. Le corps resta exposé dans l'une des salles de l'hôtel des Toumelles pendant dix jours. Le roi avait le visage découvert, tenant le sceptre et la main de justice. Six archers le gardaient. Le clergé priait sans cesse et célébrait des messes.
Au reste, voici quel était le cérémonial réglé pour « la forme et la manière après le trépas du roy , comment il se doit porter en litière pour porter au lieu où il a élu sa sépulture. Premièrement, il convient avoir une litière portée par certains officiers royaux et doit être en ladite litière une forme en semblance de roy couché en lit, en grands draps; la forme vêtue en forme d'homme comme roy ; c'est à savoir v^tue d'un pourpoint, tunique et dalmatique de drap d'or à fleur dé lys bordé d'hermines, fermé dessus l'épaule d'un bouton de perle, tenant en sa main dextre un grand sceptre et en la main senestre une main de justice avec anneaux es dites mains, en sa tête nue une couronne, les sandales, chausses semblables auxdits vêtements, avec souliers de mesme, couvert ladite litière de drap d'or pendant de tout côté et dans ladite litière vers la tête du roy, deux oreillers de velours vermeil à quatre houppes de perles chacun ; au pied de ladite litière, deux lampions d'or plein de cire, ardant continuellement jusqu'à la sépulture, une croix avec bénitiers et encensoirs d'or, un ciel de drap d'or à la litière, à quatre lances; et après la sépulture dudit roi est couverte la place d'un drap d'azur à fleurs de lys, à une croix blanche de velours. »
Tout cela fut suivi de point en point.
Le 10 janvier 1515, le corps et l'effigie du roi défunt furent portés du palais des Tournelles à Notre-Dame; quatre présidents du parlement devaient porter les coins du poêle ; mais comme l'un d'eux, Antoine Duprat, venait d'être élevé à la dignité de chancelier de France, il n'en resla plus que U'ois; on substitua le quatrième par un conseiller qui revêtit le costume de président. L'évêque de Paris officiait. Après lui et un grand nombre de prélats qui les précédaient, marchaient
le grand sénéchal de Normandie, le seipesr d'Aubigny, capitaine de la garde écossaise, k bailli de Caen et le seigneur de Bueil, qui porUie&t chacun un étendard. Après, suivaient les héraaL« d'armes et le seigneur d'Estissac qui portail !a cotte d'armes du roi. Ensuite venaient aaprès du corps le duc de Longueville, grand chambellaQ.et Gaiéas de SainfrSéverin, grand écuyer; ils portalent l'épée du roi en écharpe.
Derrière le corps c'étaient : le seigneur de La Trémouille, premier chambellan, qui portait k bannière de France : d'azur^ semé de fleurs à k (Tor (derrière lui était le dais de velouis, bies aussi, semé de fleurs de lisd*or). Les princes marchaient ensuite : le duc d*Alençon, le doc k Bourbon, le comte de Vendôme et Louis deBcorbon, prince de La Roche-sur-Yon, qui faisaientk deuil, suivis des chambellans et autres seigneon et gentilshommes en robes de deuil et aveclenrs becs de faucon.
Lorsqu'on arriva à Notre-Dame, les princes do deuil, les chevaliers de l'ordre et plusieurs g» iilshommes occupèrent les sièges du chœur à main droite et le parlement se plaça à gauck; on dit les vigiles des morts et le lendemain 9elll^ ment, la messe fut célébrée par l'évêque de Paré et l'éloge funèbire prononcé par Jean Petit, confesseur du feu roi. Dans l'après-midi, le corps et l'effigie furent portés à l'abbaye de Saint-Deé oïl les funérailles se firent le lendemain. Ce [qI l'archevêque de Seiis qid officia. Un grand nombn' de Parisiens assista à ces obsèques.
Les basochiens, toujours railleurs, disaient à Paris en parlant de la mort de Louis Xll que § k roy d'Angleterre avait envoyé une hacquenéea'j roy de France pour le jpérter bientôt et plus doucement en enfer et en paradis ».
Ils se vengeaient de celui qui avait fait châtier quelques clercs assez hardis pour s'être penoi* de jouer une sotie contré la reine Anne; LouisB souflrait volontiers que sa personne fût « blasonnée » par la basoche dans ses jeux, mais ildéfeodait absolument qu'on parlât de sa femme. « Il entendait que l'honneur des dames fût gardé. >
Tandis que tout ceci se passait, le pariemeoi s'était assemblé et délibéra d'aller en corps présenter ses hommages à celui qui allait régner sous le nom de François V*.
Antoine Duprat qui était déjà auprès du nouveau roi fit dire au parlement que le roi souhaitait qu'on se contentât de lui envoyer douze députés.On s'inclina devant l'expression de cedéà Deux présidents et huit conseillers se rendirent à l'hôtel d'Angoulême. Antoine Duprat qui \^ reçut, prit les ordres du roi et revint vers euxpoQr leur dire qu'il suffisait que huit d'entre eoij* présentassent. Ils se hâtèrent d'obéir, craignant que de réduction en réduction, le roi de Franee se contentât d'un président ou d'un conseillsf de bonne volonté.