‹ Paris à travers les sièclesChapitre 13 sur 32 · MODES DE COIFFUBES DE FEMMES ADX XV° ET XV1« SIECLES · texte numérisé non relu

MODES DE COIFFUBES DE FEMMES ADX XV° ET XV1« SIECLES

PlusieDn jonn se pBe»èr«iit en jouUs, tournois et antreB réjouisBancea. (Page 333, col. I.)

truands , les mendiaDts de la Cour des Miracles aussi bien que la majorité desbourgeois, couraient sus aux huguenots.

Le théâtre ne pouvait aller contre l'esprit du moment, la bande de Pontalais, qui avait maltraité le pape, iralnait maintenant les huguenots aux gémonies.

Car Pontalais était toujours direcleui' , et nul ne savait mieux que lui attirer à son spectacle les bons bourgeois de Paris. C'était d'ordinaire aux environs de Saint-Eustache qu'il s'en allait faire résonner son tambour pour appeler les gens et leur faire la mirifique annonce de la représenta lion qu'il donnait.

Un jour Pontalais vint balLre la caisse jusque £0us les gargouilles de Saint-Eustache; le curé, t>ruyamment interrompu au milieu de son pr6ne car le roulement de la peau d'àne , éleva la voix, mais Pontalais était en verve, il battit plus fort. Impatienté, le curé descendit de sa chaire en toute hÂte, sortit de l'église et marcha droite l'importun.

— Qui vous a fait si hardi de battre le tambour quand je prêche? lui demanda-t-U.

— Qui vousa fait si hardi de prêcher tandis que je iambourine? répondit Pontalais sans se déconcerter.

La réponse était impertinente, le curé, furieux, creva le tambour. Pontalais, exaspéré, courut après lui, et, soulevant de ses deux mains la caisse effrondée, il en coiffa le pauvre curé qui reparut dans ce grotesque équipage aux yeux ébahis de ses paroissiens; naturellement, il se plaignit, et défense fut faite aux comédiens de commencer leurs jeux avant que les vêpres fussent achevées.

Les funérailles du duc de Milan, qui furent célébrées à Paris le 10 juin, offrirent aux Parisiens le spectacle d'un superbe cortège , en tète duquel marchèrent les ordres mendiants suivis de deux cents hommes en robes et chaperons de deuil qui portaient des torches, quatre-vingts serviteurs de la maison du défunt, vingt crieurs, cinquante archers de la ville munis de torches aux armes de la ville, trois pages d'honneur, montés sur des chevaux caparaçonnés de noiravec la croix blanche, et sept autres serviteurs pareillement montés portant l'étendard, le guidon, la bannière, les éperons dorés et le gantelet, la ceinture, l'épëe et l'écusson, le casque et la cotte d'armes. Le chapitre de la cathédrale suivait aussi ; après lui venaient vingt-six porteurs de torches aux armes du duc, Guillaume 'Parvi, évéque, le corps du duc enfermé dans une chasse de plomb, porté sur les épaules des carmes, puis

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le deuil , composé de trois personnes conduites par deux évêques, après lesquels marchaient les abbés de Saint-Magloire et de Sainte-Geneviève. Quatre présidents du parlement tenaient les coins du poële. Les conseillers marchaient ensuite à droite, et le corps de ville à gauche.

Ce fut dans cet ordre que le corps de Maximilien Sforce fut porté et inhumé à Téglise des Garmes. *

Le mois suivant, autre cortège pour recevoir les deux âls du roi, dont la rançon avait coûté 1,200,000 écus ; cette somme n*avait pas été facile à trouver, et la ville de Paris se trouva obligée de consentir à ce qu'il fut pris sur les habitants jusqu'à concurrence de 400,000 ecus , de la vaisselle d'argent ; le roi s'engagea à en ren4>ourser le prix à ceux qui la fourniraient.

Un Te Deum fut chanté le 5 juillet à Notre- Dame, à l'occasion de ce grand événement. Le parlement et la ville y assistèrent , et le soir il y eut des feux de joie sur les places publiques; nn, plus important que tous les autres, fut allumé sur la place de Grève ; à c6té était un muid de vin qu'on abandonna généreusement à la populace.

Le 8 , le parlement fit une belle procession en compagnie du clergé de la Sainte-Chapelle qui porta jusqu'à Notre-Dame le bois.de la sainte croix, et le prévôt des marchands, les échevins, le greffier de la ville, tous en robe mi-parties , le procureur, le receveur, les conseillers , les quarteniers ,^les bourgeois qui avaient donné leur argenterie , sans compter les sergents, les archers, les arbalétriers, les arquebusiers et une foule de mendiants, d'écloppés et d'infirmes, qui formaient l'accessoire indispensable de ces sortes de cérémonies.

Le 17 décembre, la rue futencore en fêteàl'occasion de la réception du cardinal Duprat en qualité de légat du Saint-Siège ; le parlement, envoya au-devant de lui quarante conseillers en robes et chaperons avec un président chargé de porter la parole ; le 20 à midi, Jean de la Barre, prévôt de Paris, le prévôt des marchands, les officiers de l'hôtel-de-ville, les conseillers quartemers etbourgeois, « lui firen t la révérence» à Sain t- Jacques-du-Haut-Pas, le prévôt de Paris demeura avec lui et le corps de ville se retira à la porte Saint- Jacques ; à trois heures, le légat se mit en marche, accompagné de cardinaux et d'évèques et d'une suite considérable de personnages appartenant à la magistrature, du grand écuyer Galiot de Genouillac, du vicomte de Turenne et de plusieurs autres seigneurs et officiers. Arrivés devant la porte Saint-Jacques, il se plaça sous un dais de damas blanc à ses armes et à celles de la \411e, qui fut porté par quatre échevins.

Le cortège passant devant l'église Saint-Étiennedes-Grès, s'arrêta pour être harangué en latin, aa nom de l'Université, par le docteur en théologie du Moulin. Devant Saint-Benoit, ce fut le gardien

des cordeliers, Tornibus, qui lui adressa un discours. Depuis cette église jusque devant Saint-Ires le dais fut porté par le corps des drapiers ; les épiciers succédèrent aux drapiers, de Saint-Yves à l'Hôtel-Dieu ; là, les merciers le prirent ei le portèrent jusqu'à la porte de l'église Gathédnle où. il demeura à la garde des valets et des sergents. Le légat fit sa' prière à Notre-Dame sur ob carreau de drap d'or, posé sur un tapis de pied; Jean du Drac , doyen, lui donna les évangiles à baiser. Un TeDeumîai chanté ; après quoi le légat dit une oraison et donna la bénédiction au peuple qui se pressait sur le parvis. Le chancelier de l'Université, Nicole d'Origoir, lui adressa alorsune harangue après laquelle il fut conduit à Thètel âe l'évèquedeMeaux, dans le cloître Notre-Dame, où le lendemain le procureur de la ville, Jean Benoise, accompagné des sergents revêtus de la livrée de la ville, fit au légat le présent municipal consistant en vingt-quatre quartes d'hypocra» blanc, clairet et vermeil, vingt-quatre layettes d'épices en doubles massepains de Lyon, dorés, vingt-quatre torches chacune pesant deux livres et six demi-queues de bon vin de Beaune, blanc et clairet.

Mais l'éclat de ces diverses cérémonies parait bien terne à côté de celui qui çignala rentrée de la reine Éléonore,à l'issue de son couronnement qui avait eu lieu à Saint-Denis, le dimaaebe 5 mars 1531.

Cette entrée devait se faire le 9 ; le 8 la rane était venue à Saint-Lazare pour s'y préparer, mais le temps avait été si mauvais, qu*on avait dû y renoncer et faire une procession solenndle à Sainte-Geneviève pour obtenir la cessation de la pluie.

Sainte Geneviève se fit prier ; car, malgré la procession, le mauvais temps continua; la reine, en attendant qu'il lui Ud possible de faire son entrée solennelle, ne voulut pasdemeurer à SaintrLazare et se retira au Louvre, où elle passa huit jours ; enfin, un rayon de soleil s'étant dessiné àThorizon, il fut convenu que l'entrée aurait définitivement lieu le jeudi 16 mars et on profita du temps qu'on avait devant soi pour tout préparer et donner à la cérémonie une magnificence inusitée.

La reine retourna le 15 à Saint-Lazare, où ime estrade avait été dressée devant la porte afin qae la jeune souveraine put voir, en y restant asàse, défiler devant elle le clergé de toutes les églises de Paris en grand costume et les corps de la ville qui, sortant par la porte Saint-Martin, venaient par derrière la ville devant Saint-Lazare et entraient par la porte Saint-Denis.

Nous copions l'ordre et la marche du cortège dans le Cérémonial Français.

Les ordres mendiants, suivant l'usage, ouvraient la marche suivis des paroisses, des religieux des divers couvents et des collèges, ce qui formait environ 4,000 personnes.

Yenaùînt après TUniversité en corps avec 2 à 3,000 écoliers, le gouverneur et le prévôt de Paris, le prévôt des marchands, les échevins et autres officiers de la ville suivis de 100 arquebusiers, 120 archers, 60 arbalétriers, tous achevai et magnifiquement vêtus et précédés de leurs trompettes, les conseillers de ville, les quarteniers, quatre maîtres des six corps de métiers et un nombre considérable de bourgeois.

Ensuite venaient les gensduGhàtelet, de la cour des aides, de celle des monnaies, de la chambre des comptes et du parlement, tous à cheval et en habits de gala.

Après que la reine eut essuyé le feu des harangues que tous les présidents de corps eurent le devoir de lui adresser et les compliments des représentants de la municipalité, elle descendit de son estrade et se mit en marche précédée du prévôt de rhôtel avec ses archers, des gentilshommes de sa maison, des hautbois, des trompettes, des rois d'armes et des hérauts, des chevaliers de Tordre, des ambassadeurs, du légat du pape, des cardinaux de Gramont et de Trévoux, des écuyers, des ce«t suisses de la garde du roi et de deux cents gentilshommes du roi portant leur hache d'armes sur le cou. Ceux-ci marchaient à pied, immédiatement devant la reine portée dans une litière, parée d'un drap d'or frisé et à découvert. Elle était vêtue d'un corsage couvert de perles et d'un surcot fourré d'hermines enrichi de pierreries avec son manteau royal pardessus ; sur sa tête était une couronne garnie de rubis et de diamants.

A ses côtés, se tenaient à cheval le Dauphin, à droite^ le duc d'Orléans, son frère, à gauche. Ensuite, venait dans une litière Louise de Savoie mère du roi.

Les litières des deux reines étaient escortées et suivies par des princes et des princesses, des seigneurs et des pages, les hommes à cheval et les dames sur des haquenées richement harnachées.

Toutes les rues par où passa le cortège étaient tendues de tapisseries, avec diverses représentations de mystères, et des chœurs de musique étaient échelonnés jusqu'àNotre-Dame, où la reine fut reçue par le doyen et les chanoines avec toute sorte de démonstrations de joie et de respect; après avoir fait une courte prière, Eléonore remonta en litière et alla souper au palais; le festin fut somptueux, servi à plusieurs tables, accompagné de musique et de symphonies et suivi d'un bal.

Les jours suivants se passèrent en joutes, tournois et autres réjouissances publiques.

Le dimanche 19, la reine alla à l'Hôtel de Ville où le prévôt des marchands et les échevins lui offrirent un repas magnifique, accompagné d'une mascarade à la mode du temps, après quoi, ils lui firent présent d'un buffet d'argenterie garni de

deux flambeaux de vermeil chacun de trois pieds de haut et de la valeur de 10,000 livres.

La ville accompagna ce présent de quelques cadeaux aux fils du roi.

Après la joie le deuil! Louise de Savoie mourut à Gretz au château de Saint-Maur le 22 septembre et le roi lui fit rendre à Paris les mêmes honneurs funèbres qu'à la reine Claude sa première femme. La cérémonie n'offri^rien de particulier qui pût être rapporté et elle fut réglée selon le programme qui avait servi pour les obsèques de la reine Claude ; toutefois, il faut citer ce fait que lorsque le cortège funèbre fut amené à Paris du château de Saint-Maur, les corps des suppliciés pendus, tant hors la porte Saint- Antoine qu'au faubourff Saint-Quentin (faubourg de la ville de Saint-Denis du côté de Paris), répandaient una telle odeur, qu'on fut obligé de dégarnir les po* tences placées sur le trajet du convoi et tous ces débris humains furent portés au cimetière dç l'église Saint-Paul à Paris et à celui de la chapelle de ^aint-Quenlin. On lit dans les comptes de la ville à ce propos : « 79 sols parisis pour oster les potences et corps pendus avec plusieurs têtes et quartiers attachés à icelles, tant hors la porte Saint-Antoine, bois de Vincennes, que le Chastelet Saint-Quentin devant Saint-Denys, et iceux fait mener pour être mis en terre, tant au cimetière de Saint-Quentin qu'au cimetière de Saint-Paul à Paris, pour obvier au gros air et infection qui pouvait advenir au grand multitude de peuple qui était au convoi de Madame, mère du roi, qu'on a apportée de Saint-Maur à Saint-Antoine des Champs et d'illec à Notre-Dame de Paris pour illec faire ses obsèques et funérailles ainsi qu'il avoit été ordonné par le roi »

« Tout le monde n'était pas aussi délicat, dit M. F. Maillard dans son étude sur le gibet de Montfaucon^ei il y avait près de Montfaucon des lieux de débauche auquels leur éloignement de la ville donnait jouissance d'une certaine liberté. Maître Villon y allait faire ripaille et gourgandiner avec René' de Montigny et Colin de Cayeux tous deux coupeurs de bourses, ses amis, qui furent bel et bien branchés. »

Le 9 août 1532, le prévôt de Paris posa solennellement la première pierre de l'église Saint- Eustache qui était devenue insuffisante pour contenir le nombre toujours croissant de ses paroissiens et qu'on s'était décidé à rebâtir sur un plan beaucoup plus vaste. On ne conserva de l'ancien édifice qu'une partie du pilastre de la tour qui était surmontée d'une pyramide et un splendide monument s'éleva sur l'emplacement de l'église qui avait elle-même remplacé la petite chapelle de Sainte Agnès qui existait au commencement du XIII' siècle et était placée sous la dépendance des chanoines de Saint-Germain-l'Auxerrois.

Ce fut l'architecte David qui en fit les dessins. Les travaux furent longs; cependant, en 1549,

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ils étaient déjà assez avancés pour qu'on put bénir quatre autels, mais à partir de ce moment ils se ralentirent considérablement et les guerres religieuses, les discordes civiles qui affligèrent là fin du XVI* siècle, les suspendirent complètement. Le chœur ne fut commencé qu'en 1624, mais' grâce à la libéralité dû surintendant Bullion et du chancelier Séguier, Téglise put être consacrée en 1637, bien qu'elle ne fût achevée qu'en 1642 et encore achevée, sauf la façade occidentale qui ne le fut jamais. Les écrivains du xviu* siècle prétendent que l'ordonnance de cette façade conçue dans un goût barbare choquait les yeux; elle était pourtant en rapport avec le style du reste de l'église; quoi qu'il en soit, en 1752, sous le prétexte que la façade primitive manquait de solidité, on confia lé soin de la réédifier sur de nouveaux dessins, à ràrchitècteltfansard de Joùy ; fauté d'argent les travaux s'arrêtèrent après la construction du premier ordre d'architecture ; ils furent repris en 1772 et furent'continués jusqu'en 1778, sous la direction de l'architecte Mofeaù.

(( Cette composition, a dit un critique, n'a pour tout mérite que d'être exécutée sur une grande échelle; la largeur beaucoup trop considérable de ses entre-colonnements, surtout au second brdre^ entraînera sa destruction (un siècle à déjà passé depuis) et déjà le poids énorme de la platebande^ qui supporte le fronton Ta fait se rompre et semble écraser les maigres colonnes qui la soutiennent. Le genre de cette architecture massive, qui n'est ni antique ni moderne, n'a aucune espèce de rapport avec le reste de l'édifice ; on peut en dire autant du bâtiment de la sacristie pratiqué au rond-point de cette église. »

Le plus grand reproche qu'on ait adressé à l'architecture extérieure de Saint-Eustache, reproche assurément mérité, c'est la confusion des styles; on y trouve les roses et les ogives de l'art gothique mêlées aux sujets d'ornementation gracieuse de la renaissance et aux lignes pures du genre classique, mais les détails sont ravisants et les portails du nord et du midi du transsept abondent en ornements d'une élégance exquise et de l'exécution la plus délicate.

« Chacun de ces portails présente d'abord, dit M. de Guilhermy, une large porte cintrée, décorée avec luxe, dont le tympan est à claire-voie ; de grands pilastres chargés de rinceaux, puis deux étages de galeries, plusieurs rangs de balustrades, une rose à meneaux, deux clochetons terminés par des lanternes à jour, une seconde rose à la hauteur des combles, et enfin, sous la pointe du pignon, comme un souvenir de la conversion miraculeuse de Saint-Eustache, une tête de cerf entre les bois de laquelle apparaît un crucifix. Une ogive qui se dessine en relief dans chacun de ses pignons accuse les formes de la travée de la charpente. »

La voussure de la porte du sud divisée en qua-

tre cordons, était jadis ornée. de 59 statuettes, celle de la porte du nord, n'a que; trois cordons et 40 niches. Trois rangs de balusjtrades pleines ou à jour couronnent' les murs des: chapelles, des - collatéraux et de la grande nef; D'autres pilastres de différents ordres décorent les contre-forts qui supportent de toutes parts des arcs -boutants, destinés à soutenir les voûtes. -

ce Mais ces contre-forts, lisons nous dans Para illustréyiie sont pas surmontés de clochetons comme dans les édifices du style ogival et les gargouilles représentent des grotesques antique au lieu des chimères ou des monistres de nos vieilles cathédrales. Au' centre de la croisée, on remarque un campanillè à jour, aatrefois terminé par une flèche et que l'administration a fait tronquer pour y établir un télégraphe' aérien qui a disparu à son tour. La chapelle' de la vierge, au chevet de l'édifice, est aussi suiinontée d'an élégant campànUlC: du XVII® siècle. A côté de cette chapelle, au sud, l'architecte Moreau a éléyé,.sous'le régné de Louis XYI, un bàtiimeDt qiii renferme à la fois un corps de garde, là chapelle dû càtéchisine et le trésor.

' « Le; portail principal dé Saint-Eustache situé dans la rue du Jour, est une œuvre plus que médiocre composée de deux ordres dorique et ionique, formant un porche au rez-de-chaussée et une tribune extérieure au-dessus. Si le curé de Saint-Eustache, a dit M. de Guilhermy', avait le privilège de donner la bénédiction papale, cette tribune, qui rappelle celle des basiliques de Rome aurait sa raison d'être; un lourd fronton la surmonte. Une petite toiir ornée de colonnes corinthiennes cannelées s'élève au nord, la tour du sud n'est pas achevée; trois portes donnent entrée dans la nef. »

On voit que les critiques n*ont pas manqué à la disposition de cette ordonnance; mais cela ne nous empêchera pas de dire avec MM. Lazare : lorsqu'on entre dans l'église Saint-Eustache, la critique se tait et l'émotion vous gagne en présence de cette large nef, de ces nombreux piliers qui supportent une voûte pleine de hardiesse et de grandeur ; puis, si la pensée descend aux détails, on admire ces sculptures élégantes et capricieuses qui grimpent, se poursuivent, se perdent en jouant sur les piliers.

Le chœur surtout est merveilleusement orné. Un pendentif splendide supporté par des anges décore le sanctuaire. Les vitraux des fenêtres représentent les douze apôtres. La chaire a été construite sur les dessins du célèbre Lebrun; brûlée en 1844, elle fut remplacée en 1830 par une autre exécutée par MM. Moisy et Piagnet sur les dessins de M. "Victor Bal tard. Le banc d*œuvre est de Cartault, et fut payé 2000 livres sous la régence, par le duc d'Orléans. Le maitre-autel est I orné d'un corps d'architecture supporté par quatre colonnes de marbre d'ordre corinthien.

Ub feu de joie tai ollaniA et no muid de Yin fat «liuidaDDé généretiumeDt à la populace. (Page 3Sa, cot. I.)

lies dix statues groupées autour de l'autel sont de Jacques Sarrazin. Cet artiste a représenté saint Louis sous les traits de Louis Xlll, la Vierge sous ceux d'Anne d'Autriche, et l'enfant Jésus fut inspiré par Louis XIV enfant. Plus haut, on aperçoit les statues de s^nt Eustache et de sainte Agnès. Enfin, sur le dernier plan ont été placés deux anges en adoration.

Saint-Eustache est, après Notre-Dame, l'église la plus vaste et la plus haute de Paris; elle a 106 mètres de longueur totale et 110 de largeur dans le transsept; aussi, les vastes proportions de Bon vaisseau et surtout la hauteur colossale des vo&tes donnent-elles à l'intérieur de cette église l'aspect le plus imposant. I^a chapelle terminale, reconstruite au commencement du XIX' siècle, a été consacrée par le pape Pie VII, le S8 décembre 1804; elle possède une vierge en marbre sculptée par Pîgalle pour le d6me des Invalides- Elle est ornée de plusieurs tableaux représentant le Martyre de sainte Agnès, le Baptême de Jétut-Chriit, par Stella, Moue dam le détert, parLagrenée, et la Guérison des lépreux, par Liv. 49.

Vanloo. L'autel est en marbre gris. Une inscription placée à gauche constate que la chapelle a été décorée de peintures, enrichie d'un nouvel autel par les soins de l'administration municipale sous le règne de l'empereur Napoléon III, et que les travaux terminés ont été inaugurés le IS août 1858.

L'incendie de 1844 détruisit aussi l'orgue, qui fut reconstruit par HH. Ducroquet et Balker. Cet instrument, au jugement de l'abbé Lamaiou, fait honneur à ceux qui en ont conçu et réalisé le plan ; son hulTet est un des plus grandioses qui existent ; ses grands et beaux tuyaux de montre disposés dans de larges et habiles proportions, ses formes, à la fois hardies et majestueuses, se marient bien avec la hauteur des voûtes et le caractère imposant de la nef.

On découvrit en 1849, dans plusieurs chapelles, des traces de peintures murales datant du règne de Louis XIII, et qui étaient cachées sous une épaisse couche de badigeon; la restauration en fut confiée à MM. Cornu, Basset et Séchan; puis, l'administration fit peindre de la

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même manière toutes les autres chapelles; la première à gauche de la nef fut peinte par M. Glaize, la seconde par M. Marquis, la troisième par M. Riesener, la quatrième par M. Basset, la cinquième par M. Le Henaf!, la sixième par M. Barrias, la septième par M. Pichon, la huitième par M. Serruz, la neuvième par M. Basset, la dixième par M. Delorme. Les peintures de la chapelle de la Vierge, au centre de Tahside, sont de M. Couture.

A l'entrée de cette chapelle, deux coloiinettes de marbre supportent Tune, Tange Gabriel et Tautre saint Michel.

Des peintures de MM. Signol, Pils, Cornu, Lazergcs, Biennoury, Larivière, Vauchelet, Magimel, Damery et Gourlier décorent les chapelles de droite.

Le bénitier placé à l'entrée du portail, au nord de Téglise, représente le pape Alexandre II distribuant de Teau bénite; il est de M. Eugène Bion, et fut placé en 1834.

Plusieurs personnages illustres ou célèbres ont été inhumés à Saint-Eustache : Colbert et son fils, le marquis de Seignelay, Tamiral de Tourville, le duc de La Feuillade, Voiture, Vaugelas, Lamothe-Le-Vayer, Furetière, Chevert, etc.

L'épitaphe qu'on lit sur le tombeau de ce dernier mérite d'être rapportée; elle est ainsi conçue :

« Ci gît François Chevert, commandeur, grand'croix de l'ordre de Saint-Louis, chevalier de r Aigle-Blanc de Pologne, gouverneur de Givet et de Charlemont, lieutenant général des armées du roi; sans aïeux, sans fortune, sans appui, orphelin dès l'enfance, il entra au service à l'âge de onze ans. Il s'éleva malgré l'envie à force de mérite, et chaque grade fut le prix d'une action d'éclat. Le seul titre de maréchal de France a manqué, non pas à sa gloire, mais à l'exemple de ceux qui le prendront pour modèle. Il était né à Verdun -sur-Meuse le 2 février 1699, il mourut à Paris le 24 janvier 1769. »

Pendant la Révolution, le tombeau de Colbert, sculpté par Coysevox et Tuby sur les dessins de Lebrun, fut tretnsporté au musée des Petits-Augustins. Il fut réintégré plus tard à l'église et placé dans la chapelle de la Vierge. A cette époque (1790), les revenus de Saint-Eustache étaient de 33,818 livres, et les charges de 14,767 livres 8 sous 4 deniers.

En 1793, la fête de la Raison eut lieu à Saint- Eustache, et, en 1793, l'église fut concédée aux Théophilanthropes, qui en firent le temple de l'Agriculture. Elle fut aussi le siège du club des femmes, fondé par l'actrice Lacombe.

Après les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, on déposa dans les caveaux de Saint-Eustache les cadavres d'un certain nombre de combattant, en attendant qu'on pût les inhumer.

En 1871, le comité des clubs en prit possession

le 5 mai, et les séances s'y tinrent jusqu'au 21, mais l'église n'eut à subir aucune déprédation, le sanctuaire ne fut jamais profané, et le drapean rouge n'y fît son apparition que pendant les séances.

Nous aurons plus d'une fois à ramener le lecteur à l'église Saint-Eustache, qui fut le théâtre .d'événements dont le récit trouvera place dans le cours de cette histoire.

Disons tout d'abord que Saint-Eustache compta plusieurs curés célèbres : d'abord, le fameux René Benoît, que Pontalais coiffa de son tambour, et que ses paroissiens appelaient le Pape des Halles, le savant jurisconsulte Cosme Guymier et Jean Balue, parent du cardinal.

L^attachement des habitants de la paroisse pour leur curé fut toujours remarqué, et nous trouvons à ce propos, dans le Dictionnaire det rues de Paris y une anecdote qui vient à Tappiii de cette assertion ; « Vers le milieu du xvu® siècle^ le curé de Saint-Eustache, appelé Merlin, tomba malade et mourut. L'archevêque de Paris nomma bientôt un successeur, qui vint pour prendre possession de sa cure. Le neveu de Merlin, simple prêtre, crut devoir s'y opposer et donna pour raison que cette cure lui appartenait, en verta d'une résignation que son oncle lui avait faite. Cet argument n'était pas des meilleurs ; cependant^ fortifié par la bienveillance des dames de la Halle, comptant sur l'appui des paroissiens^ le neveu de Merlin persista. Bientôt, toute la population du quartier s'assembla en tumulte pour le protéger, mit en fuite les soldats, puis installa le neveu de l'ancien curé. Ce désordre dura trois jours. Enfin, les dames de la Halle envoyèrent une députation à la reine. L'orateur en jupons, après avoir expliqué les causes de Témeute, résuma ainsi son discours : « Le bon curé « Merlin a reconnu son neveu pour successeur; « d'ailleurs, les Merlin ont toujours été curés de « Saint-Eustache de père en fils, et les paroissiens « n*en souffriront pas d'autres. » La reine ne put leur promettre une entière satisfaction, alors l'émeute devint sérieuse. Déjà, les bourgeob commençaient à barricader les rues, lorsqu'on apprit que Tarchevèque venait de céder. Merlin remplaça son oncle et le calme se rétablit. Le lendemain, quelques plaisants firent placarder sur l'église une affiche ainsi conçue : Avis. La cure de Saint-Eustache est à la nomination des dames de la Halle, »

On verra plus tard comment les dames de la Halle obtinrent en 1871 de Raoul Rigault la mise en liberté de leur curé , arrêté par ordre de la Commune.

Reprenons le fil des événements :

Au mois de novembre 1532, Jean du Bellay devint évêque de Paris, en remplacement d'Etienne Poncher, devenu archevêque de Sens, Ce prélat s'occupa aussitôt de séculariser Tab-

baye de Sain t-Maur-des- Fossés, et comme le prieuré de Saint-Éloi , situé à Paris, près le Palais, dépendait de cette abbaye , il fut aussi sécularisé et les bénédictins qui Toccupaient durent l'abandonner pour faire place à des prêtres séculiers qui y demeurèrent jusqu'en 1631 , époque à laquelle le prieuré fut donné par Jean François de Gondi, premier archevêque de Paris, aux barnabites.

Ce fut en 1533 que Clément Jannequin, le plus habile et le plus célèbre des musiciens de son épo- <iue, publia à Paris ses vingt -quatre morceaux -de musique à quatre parties ; Jannequin fut le •créateur de quelques formes théâtrales qui subsistent encore; ses morceaux à quatre voix sont les ancêtres des « vaudevilles ». Au reste , on remarque un progrès sensible dans le goût de la musique à Paris depuis la fm du xv* siècle; Jean Mouton, maître de chapelle de Louis XII , jouissait d'une grande réputation , et François I" appela, en 1530, deux musiciens, Claude de Ser- "visy et Auront, à occuper près de lui l'emploi de maîtres de chapelle.

A l'exemple du roi, si les Parisiens étaient passionnés pour les processions , ils aimaient fort «ussi le théâtre , la musique et la danse , mais Tannée 1533 était peu favorable aux plaisirs; il régna dans l'hiver de 1532-33 une maladie contagieuse qu'on appela tout net la peste, et elle fit •de tels ravages dans la capitale , que la ville fut obligée d'acheter cinq ou six arpents de terre ^ans la plaine de Grenelle , afin d'y élablir un -cimetière pour les pestiférés , et l'on tint au parlement une assemblée générale de tous les corps séculiers et réguliers de Paris , au mois d'août , afin de prendre les mesures nécessaires pour procurer la santé aux malades et préserver les autres de la contagion, ce qui fut suivi d'une taxe générale pour les aumônes. La chambre des Vacations •ordonna, le 13 septembre , qu'à toutes les maisons contenant des personnes atteintes de la contagion, on plaçât deux croix de bois , l'une au lieu le plus apparent de la maison , l'autre à la porte principale^ afin de le bien indiquer. Recommandation expresse fut faite, soit aux malades, soit aux gens bien portants habitant lesdites maisons, de ne sortir qu'en portant un bâton blanc à la main; aucun objet de literie et d'habillement oe devait être transporté hors des maisons infectées de contagion ni exposées en vente. Défense fut faite de faire chauffer les bains et d'aller en prendre jusqu'après Noël, et aux chirurgiens, de faire jeter à la Seine ou ailleurs par la ville, le sang de quelque malade que ce fût, ni de se livrer àaucune opération chirurgicale sur les personnes saines, après avoir visité celles attaquées du mal contagieux.

Il fut ordonné aux maréchaux saignant les chevaux, de porter le sang aux voiries , et défense leur fut faite d*user de charbon de mine.

La Chambre donna aussi des ordres pour que les rues fussent tenues en bon état de propreté, — ce qu'il était fort difficile d'obtenir à cette époque—et défendit à qui que ce fut de nourrir dans la ville et dans les faubourgs , ni pourceaux , ni lapins^ ni volaille d'aucune sorte, soit pour les vendre soit pour s'en nourrir.

Et afin d'assurer des soins aux malades , elle ordonna à la Faculté de médecine de déléguer quatre docteurs régents qui toucheraient trois cents livres par an, deux chirurgiens aux appointements de cent vingt livres, et six barbiors touchant quatre-vingts livres, lesquels, pendant tout le temps que durerait la peste, et quarante jours après qu'elle aurait cessé , s'engageraient à ne soigner que les pestiférés, et tiendraient leurs maisons et boutiques fermées.

Il fut aussi défendu aux mégissiers, baudoyers, corroyeurs et tanneurs de travailler dans l'intérieur de Paris , et les teinturiers, barbaudiers et autres, ne devaient vider leurs eaux dans la rivière ailleurs qu'au dessous des Tuileries, depuis le c6té de Saint- Germain-des-Prés jusque vers les minimes de Chaillot. Les bouchers durent tuer hors la ville, et les vendeurs de poissons les vider hors les murs , etc.

Enfin, toute personne malade devait immédiatement être déclarée comme telle au dixainier, quartenier ou cinquantenier « sans excepter personne, fût-ce mari, femme, serviteur, maître ou maîtresse, afin que le commissaire du quartier averti pût prendre les mesures nécessaires. »

Grâce à ces sages précautions le fléau cessa de désoler la ville , mais un grand nombre de gens succombèrent, et 1 Hôtel -Dieu, qui avait été agrandi, en 1531 et en 1532, par le cardinal Antoine Duprat, qui y avait fait construire la salle du Légat, reçut une quantité de malades.

En temps ordinaire, les malades décédés àl'Hûtel-Dieu étaient enterrés dans le cimetière des Saints-Innocents, mais en temps d'épidémie , oa les inhumait dans le cimetière de l'hôpital de la Trinité (rues Saint-Denis et Grénetat). En compulsant les registres de Thôpital, l'abbé Lebœuf a trouvé , à la date du 8 août 1545 , un ordre aux administrateurs de cet hôpital , d'acheter dans la huitaine un ou deux arpents de terre dans l'Ile MaquereUe, — cette île, qui commençait vis-à-vis la rue de la Pompe au Gros- Caillou , et finissait lentre le Champ de Mars et l'ancienne barrière de la Cunette, était formée anciennement de deux petits îlots ; au commencement du xviii* siècle, on y mit des cygnes , et le nom d'île des Cygnes lui fut donné. Le bras du fleuve qui la séparait de la rive gauche fut comblé pendant la Révolution ; plus tard, on y construisit le garde-meuble de la Couronne, — ou autre lieu, près de Paris, de faire bénir aussitôt ce terrain et d'y faire transporter par eau les morts et non plus au cimetière

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de la Trinité que la peste de 1533 avait rempli et dont on craignait le retour.

Ce furent probablement aussi les ravages causés par cette peste qui engagèrent Marguerite de Valois, sœur du roi, à créer Thôpital des Enfants- Dieu (qu'on nomma plus tard hôpital des Enfants- Rouges), qui fut construit, rue Portefoin. François I" lui avait donné une somme de 3600 livres tournois (provenant des amendes imposées aux usuriers), dont 1200 furent employées à l'achat d'une maison, avec couret jardin (24 juillet 1534), et le reste, à llnstallation de l'établissement. Les lettres patentes portant fondation de Thôpital, furent signées au mois de janvier 1536, et enregistrées au Parlement le i" mars de la même année. Aux termes de ces lettres , l'hôpital devait recevoir tous les jeunes enfants qui seraient trouvés à i'Hô tel-Dieu, orphelins de père et de mère, excepté ceux qui étant nés et ayant été baptisés à Paris , devaient être dirigés sur l'hôpital du Saint - Esprit , et les bâtards , que le doyen et le chapitre de Notre-Dame faisaient élever. Les enfants recueillis devaient être habillés de rouge « en signe de charité » , et appelés Enfants- Dieu.

Il existait déjà à Paris , un hospice pour les enfants-trouvés, situé au port-l'Évèque , et qu'oa nommait la maison de la Crèche. Un bercaa placé dans la cathédrale recevait les nouveauxnés abandonnés, et c'était l'évèque de Paris et le chapitre de Notre-Dame qiii faisaient transporter ces enfants dans la maison qu'ils avaient donnée pour cet usage. On les appelait les pauvres Enfants-trouvés de Notre-Dame. Isabelle de Bavière, femme de Charles VI , leur avait fait un le.^s de huit francs, par son testament du 2 septembre 1431. Les seigneurs hauts justiciers devaient contribuer à l'entretien de ces enfants^ mais pios tard, on les vit refuser de participer à cette bonne œuvre, prétendant qu'elle concernfidt spéciale ment l'évèque et le chapitre.

En 1772, les Enfants rouges furent réunis aux enfants trouvés et la rue des Enfants rouges qoi longeant l'hôpital, faisait le coin de la rue Portefoin reprit la dénomination de la rue da grand chantier qu'elle portait avant 1536 ; une partie (de la rue Pastourel à la rue Portefoin) reprit en 1805, le nom de rue des Enfants rouges ; aujourd'hui; elle est la continuation de la rue des Archives.

L'Hôtel de Ville. — Les échevios. — La gfande procession. --Les hérétiques. — Saint-Sauvear. — Encore une entrée royale. — L'abbaye Saint- Victor. — Les ordonnances royales. — Entrée de Charles-Quint à Paris. — BeaTenut» Cellini. — Les basoches.

NE autre fondation bien importante date aussi de 1533 ; nous voulons parler de l'Hôtel de Ville, dont la première pierre fut posée le 15 juillet par Pierre Viole, prévôt des marchands, accompagné des quatre échevins.

On sait que la hanse parisienne après avoir occupé une maison à la vallée de misère, dite la maison de la marchandise, était allée ensuite occuper le parloir aux bourgeois situé entre Téglise Saint-Leufroy et le grand Ghàtelet et qu'enfin, il fut transféré sur le haut des coteaux de la rive gauche (à l'endroit correspondant au n-^âO de la rue Soufflet, c'est là qu'en 1878, l'administration municipale fit graver sur la façade de la maison cette inscription :

Ici était anciennement situé

Le parloir aux bourgeois.

M. le préfet de la Seine, déférant aux vœux

Des conseillers de la yille de Paris,

A fait placer ^n

MDCCCLXXVni

Cette inscription sur remplacement de Tédifice

Où siégeaient leurs prédécesseurs

Jusqu'au milieu du quatorzième siècle.

Ce parloir étant devenu insuffisant, la ville de Paris avait établi son hôtel, ainsi que nous l'avons dit dans la maison aux piliers qui, à son tour, fît place au nouvel édiûce qui fut élevé à pea près sur son emplacement.

« En l'an 1533, le 15 juillet, fut posée la première pierre du nouveau bastiment de Thostel de ville par MM. Maistre, Pierre Viole, sieur d*Athis, conseiller du roy, notre sire en sa cour de pariement à Paris, prévost des marchands et Maîstrcs Gervais Larcher, Jacques Boursier, Glande Daniel, et Jean Barthélémy, eschevins, lesquels avoient chacun une truelle argentée pour prendre da mortier fait de sable et de chaux. Sur laquelle pierre estoient gravées les armes du roy, et aux deux costés les armes de la ville avec cet escrit : facta fuerunt kxc fundamenta; pendant que Ton faisoitl'assiette de cette pierre sonnoient les fifres, tambourins, trompettes et clairons, artillerie» cinquante hacquebutes (arquebuses) à crocq de la ville avec leshacquebutiers d'icelle ville qui sont en grand nombre et aussi sonnoient à carillon les cloches de Saint Jean de Grève, du Saint-Esprit et de Saint-Jacques de la Boucherie. Aussi au milieu

figliH Saint -EnsUcbe Actuelle.

la grève, il y &voU vin défoncé, tables dressées, n et vin pour donner à boire à tous venants criant par le menu peuple à haute voix : Vive TOy et Messieurs de la ville, u Sn 1549, deux étages étaient construits lorsque, travaux s'arrêtèrent soudain; un artiste Italien, nainique Boccardos dit Gortone, proposa au roi nri II des modifications au plan primitif qui «ssîtèrent de nouvelles dispositions. M. de llhermy n'est pas d'accord sur ce point avec la part des historiens ; il prétend que le plan ^inal fut conçu parCortone et exécuté par lui ; )i qu'il en soit, les travaux marchèrent bien tement, sans cesse interrompus par les troubles ils qui marquèrent les règnes de Charles IX l'Henri III. En 1606, l'architecte Marin de la ilée acheva le gros œuvre ; en 1608, la grande le fut terminée, le pavillon du nord commencé la tour octogone de l'horloge élevée sur le nble.

jO pavillon méridional avait été construit sous nri H, celui du nord ne fut achevé que sous aU XIII en 1628.

l cette époque l'hAtel de ville se composait d'un, ps de b&ûments central formant façade au ichant, flanqué de deux pavillons carrés et de istructions extérieures entourant une tour

quadrangulaire, décorée de portiques d'un style très élégant.

Des divers corps de logis , celui qui occupait le centre de la façade se composait d'un rez-dechaussée et d'un étage supérieur ; les deux pavillons d'angle avaient un étage de plus ; cette façade était coupée de fenêtres carrées ou cintrées divisées en croix par des meneaux de pierre ; des colonnes cannelées d'ordre composite, s'ajustaient entre les baies du rez-de-chaussée et allaient se relier par des consoles renversées à des niches placées entre les treize fenêtres du premier étage. Sous les niches, des culs de lampe historiés présentaient des génies, des tètes d'anges, le vaisseau des armoiries de la ville, des U couronnés. Au-dessus de la porte était placée une figure équestre de Henri IV par Pierre Biard; forldégradée lors de la fronde, mutilée et enlevée en 1793, cette figure futremplacée enlSlSparune statue en bronze. Les combles très élevés, étaient percés au-dessus de la corniche de grandes fenêtres de pierre ornées d'enroulements et de figures de femmes tenant des palmes. Au milieu de la façade un attique contenait le pavillon de l'horloge environné de statues de pierre : la Seine, la Marne, la force, la Justice et la ville de Paris ; & l'entablement, deux génies accom-

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pagnaient un écusson aux armes municipales — de gueules au vaisseau équipé d'argent, sur une onde du même, au chef cousu d'azur, semé de fleurs de lis d'or, couronne murale à quatre tours. Devise ; fluctuât nec mergitu9\{i\ flotte mais ne sombre pas).

Puisque nous décrivons l'Hôtel de Ville décoré des armes municipales , donnons la signification de ces armes : le chef d*azur, semé de fleurs de lis d'or, montre que Paris est la capitale de Tancien duché et de tout le royaume de France. Les fleurs de lis sans nombre, indiquent qu'elles sont sur Técu municipal antérieurement à Charles Y, qui réduisit à trois les fleurs de lis de l'écu royal ; c'est Louis IX qui accorda à la ville le droit de porter ce eAe/'dans ses armes. Le vaisseau d'argent, sur une onde aussi d'argent, représente l'antique Lutèce, qui fut consacrée dès le temps des Romains au culte d'Isis, déesse de la navigation, et qui dût sa paissance et ses accroissements au commerce par eau. C'est d'ailleurs, le symbole de sa corporation de mariniers. <^ Revenons au pavillon de l'Horloge; cette partie de l'édifice fut restaurée et reconstruite en 1864 et 1865. Un escalier de pierre , placé sous l'horloge, montait à une cour intérieure décorée d'arcades, au dessus desquelles étaient des inscriptions gravées en lettres d'or et rappelant les victoires de Louis XIV (elles avaient été rédigées par André Félibien, père de l'historien). Sous une de ces arcades , celle qui faisait face à l'entrée de l'Hôtel , se trouvait là statue pédestre en bronze de ce roi, par Antoine Coysevox. Louis XIV, habillé en triomphateur romain , portait la perruque en usage au xvu* siècle. Cette statue, mutilée en 1793, fut cachée dans les magasins du Roule; à la 8n de 1814, elle fut, après avoir été restaurée par MM. Dupasquier, sculpteur^ et Thomire, fondeur, rétablie à son ancienne place.

Cette cour offrait aussi les portraits en médaillons de plusieurs prévôts des marchands. Il en restait encore quelques-uns en 1817, mais depuis, la cour ayant été restaurée ^ les portraits disparurent.

Un campanile élégant surmontait le pavillon; en 1781 il y fut placé une horloge de Jean André Lepaute. Le cadran était éclairé pendant la nuit ; ce campanile fut refait sur de plus grandes proportions, par M. Baltard, en 1866; sa hauteur au-dessus du sol était de 55 mètres ; des trois cloches qu'il contenait, l'une, fondue en 1610, pesait 4000 kilogrammes.

Déjà, au xviu' siècle, l'Hôtel de Ville avait paru insufûsant, et en 1749, il fut question de le rebâtir sur un plan plus vaste, de l'autre côté de la Seine, sur I emplacement de l'hôtel de Conti (Hôtel des Monnaies). Un arrêt du Conseil du 22 août 1750, autorisa l'acquisition de l'emplacement moyennant 160,000 livres, mais il ne fut

pas donné suite à ce projet qui avait dans le public une très vive opposition. En 471 on songea de nouveau à Fagrandissemeat i Palais municipal; un arrêt du Conseil da 11 j» vier prescrivit cet agrandissement ; on y lit : en ce que les prévôts des marchands et échewji la ville ont représenté que l'hôtel Commiio n'^ pas d'une étendue proportionnée à la mapt cence de la capitale, et ses bâtiments se troon^ d'ailleurs insuffisants pour les opérations qé ij| font journellement, et notamment pour lepéj ment des rentes dues par Sa Majesté, il doitéd conformément audit plan^ construit une noavrij façade audit Hôtel de Ville, en face de la mM et ajouté une aile à la jonction des rues itstm, l'Épine et de la Vannerie , etc. »

Malheureusement l'époque n*étaitpas p on manquait de fonds. La Révolution sorviot qu'on eût rien exécuté , et , sous le Go le préfet de la Seine vint prendre possessîoi l'ancienne demeure du prévôt des marchaDài La suppression de l'hôpital du Saint-Esprit d l'église Saint -Jean, permit d'attribuer locaux aux bureaux de la Préfecture , aiua le constate une délibération des Consuls do 3 maire an XI : « les bureaux de la Préfecto département de la Seine, ceux de la Comm des contributions et du Conseil de préfcd», seront transférés à l'Hôtel de Ville de Paré, dans les bâtiments du Saint-Esprit avant tel germinal. — Art. 2. Les registres et papien domaine national seront transférés dans lab ments de Saint- Jean en Grève. »

Un décret de l'Empire du 24 février iSi^ porta: «Il sera fait à 1 Hôtel de Ville dePanh augmentations convenables pour que dorte vaut, dans les fêtes municipales, il ne soit [i^ nécessaire de faire des constructions pron ces travaux seront commencés cette année.» furent en effet, sous la direction de V Molinos, et une distribution nouvelle est dans les principales parties de Tédifice, etf particulier du préfet de la Seine fut édifié l'emplacement de l'hôpital du Saint-Esprit remarquait trois salons décorés d'un style d forme, et qui , séparés par des cloisons mobi^ pouvaient se réunir à volonté pour ne km qu'une seule pièce qu'on nommait SaUeM

Fastes.

Malgré ces additions, et quelques autres i moindre importance qui s'effectuèrent S6«l Restauration, l'Hôtel de Ville ne suffit pcJBt* core à l'accroissement des divers services idi nistratifs; on fut obligé de faire l'a d'une propriété voisine et de louer une de la rue Lobau, mais tous ces palliatifs lai subsister le besoin d'un nouveau palais mao digne de la grande cité ; d*un autre côté, F de Ville était entouré d'un pâté de maisoas deuses, établies le long de ruelles étroites,

dides, où le soleil ne pénétrait jamais ; sortes de cloaques infects où languissait toute une population étiolée; le gouvernement de Louis-Philippe se résolût enfin à mettre THAtel de Ville en harmonie avec les splendeurs de la capitale , et le Conseil municipal donna son approbation au projet d'agrandissement qui lui fut soumis et dont le principal mérite était de laisser intact le monument primitif.

Une ordonnance royale fut rendue à cet effet, le 24 août 1836 , et les travaux commencèrent BOUS la direction de MM. Godde et Lesueur, architectes. Les constructions nouvelles couvrirent remplacement de Tancien hôpital du Saint-Esprit, de Tancienne église Saint-Jean et d'une grande quantité de maisons particulières. Elles comprenaient, sur la place de FHôtel de Ville, deux nouveaux corps de bâtiments attenant à des pavillons d'angle; au nord, sur la rue de Rivoli, et au sud , sur le quai de la Grève, deux longues galeries latérales qui reliaient la façade de la place à une nouvelle façade élevée place Lobau. La forme de Tensemble était celle d'un immense parallélogramme que des bâtiments transversaux divisaient intérieurement en trois corps parallèles.

Toutefois, le dégagement par voie d'expropriation publique des abords de l'Hôtel de Ville ne se fit complètement que sous le second Empire , ainsi qu'on le verra plus loin.

Achevons la description de ce qu'était le palais avant qu'il ne disparût en 1871.

Ici nous empruntons au Grand Dictionnaire universel les excellents renseignements que contient la monographie qu'il en a donnée.

L'Hôtel de Ville, augmenté de deux tiers, renferma des salles pour les assemblées municipales, les bureaux de l'assistance communale et départementale, des salles et des galeries pour les fêtes, des salons de réception et les appartements du préfet de la Seine.

L'édifice formait un rectangle dont les grands côlés sur la place de l'Hôtel de Ville et sur celle Lobau, offraient un développement de 120 mètres de longueur et de 80 mètres sur le quai et sur la rue de Rivoli.

Les pavillons d'angle avaient deux étages sur rez-de-chaussées, ornés de colonnes engagées. Des niches â fronton entre les colones reçurent les statues dont la désignation suit :

Pavillon nord iMontyon, parGayrard; Monge, par Gaibeyre ; Gros , par Millet ; Voltaire , par Husson; d'Alembert, par Diéboldt; Buffon, par Deligand; Ambroise Paré, parRamus; Papin, par Galmels; le président du Harlay , par Barre.

Façade " principale : Perronnet, par Antonin Moyne; d'Argenson, par Valcher; Mansart, par Faugince; Le Brun, par Cannois; Lesueur, par Chenillon; saint Vincent de Paul, par Ramus; Jean de la Vacquerie, prévôt, par Auvray; Phi-

libert Delorme , par Faugince ; l'évêque Gozlin , par Grevenich; Pierre Lescot, par Brun; Jean Goujon, par Chardigny ; Etienne Boileau , prévôt, par Huguenin; Hugues Aubryot, par Lequien; saint Landry , évéque, par Debay fils; Maurice de Sully , évoque , par Desprez ; Juvénal des Ursins, prévôt, par Dantan aîné; Pierre Viole, par Duseigneur; Michel de Lallier, prévôt j par A. Moyne ; Guillaume Budé , prévôt , par Brian ; François Miron, prévôt, par Jaley; Robert Estienne, par Lescorné; J. Aubry, par Gayrard; Mathieu Mole, par Droz; RoUin par Gaillouette; l'abbé de l'Épée, par Préault; Turgot, parFoyatier; Silvain Bailly, maire de Paris, par Husson; Frochot , par Desprez.

Pavillon sud : Lavoisier, par Toussaint ; Condorcet, par Carrier: Lafayette, par Chevillon; La Reynie, par Protat; Colbert, par Mercier; Catinat, par Demesmay; de Thon et Boileau Despréaux, par Maindron; Molière, parOttin.

La corniche du couronnement des nouvelles ' constructions supportait en outre des consoles et des piédestaux surmontés de figures allégoriques et de statues. Les trois façades modernes étaient élevées de deux étages percés de baies en arcades, et le bâtiment donnant sur le quai présentait le même ordre d'architecture que les ^pavillons d'angle. La façade sur la rue de Rivoli offrait treize travées d'arcades, séparées par des colonnes engagées. Enfin, celle qui bordait la place Lobau se composait de quinze travées d'arcadet soutenues par des colonnes dégagées. Deux larges arcades conduisant âdes cours latérales, s'ouvraient au bas des deux pavillons flanquant le pavillon central de la partie ancienne de l'hôtel. Les deux cours auxquelles on arrivait par ces arcades étaient placées symétriquement à droite et à gauche de l'ancienne cour. Elles mesuraient 34 mètres de longueur sur 20 de largeur. Au fond de la cour centrale où se trouvait la statue de Louis XIV, un escalier en marbre blanc construit sur les dessins de l'architecte Baltard donnait accès dans la salle des séances du conseil municipal qui communiquait avec la salle des cariatides décorée de peintures dues à M. M. Gosse, Benouville et Cabanel. Cette salle, dont les voûtes en pendentifs portaient une tribune ornée de cariatides et surmontée d'un plafond s'ouvrait sur la galerie des fêtes, longue de 50 mètres, large de 13 mètres et haute de 12 mètres 50. Cette galerie était magnifique, sa décoration était blanc et or. H. Lehmann avait peint en 1852, dans l'espace de dix mois 28 pendentifs et autant de pénétrations composant sur une étendue de 140 mètres carrés, plus de 180 figures.

Lorsque la ville de Paris donnait un bal dans la galerie des fêtes, elle était éclairée par 26 lustres portant chacun 100 bougies.

Aux deux extrémités de cette salle se trouvaient deux salons dits des Beaux-arts. L'un était orné

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de peintures de Laadeile représentant la sculpture,la peinture, la gravure, l'architecture, la poésie et la musique, Taulxe était peint par Delacroix qui y avait représenté sur le plafond circulaire la Terre éplorée obtenant k retour de la paix, et, sur 19 tympans, des dieux, des déesses et les travaux d'Hercule.

. De ce second salon on passait dans le salon de r^mpereur orné du magnifique plafond peint par Ingres en 1854, représentant Tapothéose deTempereur ; au-dessus de la cheminée était placé le grand portraitde Napoléon par Gérard; les murs étaient tendus de satin vert semé d'abeilles d'or.

Ensuite venait la salle des banquets qui occupait le premier étage du pavillon d'angle de la place Lobàu et du quai. Cette salle communiquait avec les salons municipaux ; le salon jaune, ainsi nommé de la couleur de ses tentures et dans la quelle se trouvedt une superbe pendule de Denière; le plafond était peint sur stuc par Lachaize ; le salon des arcades, destiné aux réceptions d'hiver avec trois plafonds peints par Picot, Schopin et Yauchelet. Ce salon mesurait 23 mètres de longueur et 13 de largeur, et le salon bleu. Ces salons de réception étaient reliés à la salle du Trône par la galerie de marbre décorée de huit paysages de Hubert Robert et provenant de riiôtel Beaumarchais. La salle du Trône occupait tout le premier étage du bâtiment central de la façade, sur la place de l'hôtel de ville. Cette salle mesurait 28 mètres 60 de longueur, 1 1 mètres de largeur et 7 mètres 80 de hauteur. On y admirait deux cheminées monumentales du temps de Henri lY , avec leurs colonnes et leurs statues de Biard et Bodin. La cheminée du côté nord était surifnontée de la célèbre horloge de Biard (1608), l'autre, du buste de l'Impératrice Eugénie, par Grauck; sur les portes, couvertes de bas reliefs, étaient peintes les armes de la ville. Dans cette salle se trouvaient avant 1789 un grand nombre de tableaux de maîtres de l'École française notamment : Les échevtns aux pieds de Louis XlIIy la proclamation de la majorité de Louis XlVy tous deux de F. Porbus jeune. Louis XV reçu à F Miel de ville par Roslin^ Louis XV recevant les actions de grâces des écAevins par Carie Vanloo ; des tableaux de Rigaud, un grand portrait de Louis XIY, etc.; lors de la Révolution, toutes ces œuvres d'art disparurent; on les remplaça par quatre grands panneaux de Séchan, retraçant l'histoire de Paris aux v®, xn*, xvu* et XVIII* siècles.

Entre la salle du Trône et l'antichambre des salons municipaux, étaient placés autrefois les appartements du roi composés de la salle du zodiaque et d'un grand salon. Dans la salle du zodiaque, revêtue eu dernier lieu de panneaux de chêne et tapissée de damas vert, Léon Cogniet avait peint les quatre saisons. Le salon qui suivait fut, sous le second empire, appelé salon du

vote, en raison des peintures du plafond où Schopin avait représenté les villes de France marchant au scrutin.

Le rez-de-chaussé n'offrait rien de remarquable que là grande salle Saint-Jean, dont rentrée était sur la place Lobau et où se faisaient les tirages au sort des jeunes gens et ceux des loteries de la ville. A l'une de ses extrémités était un vestibule situé sous la salle des cariatides, oà se trouvaient deux escaliers monumentaux, à rampe droite, donnant accès au premier étage et conduisant aux salles des prévôts. La frise d^one de ces salles était ornée des portraits de 56 prévôts des marchands depuis Jean Moria (1534) jusqu'à Ch. Trudaine (1716). Le plafond de Riésener, plate adulation, représentant la ville de Paris ressaisissant au 2 décembre le sceptre de la civilisation. Le second salon contenait les bostes des premiers prévôts (de 1263 à 1523). Le plafond de Ch. MuUer représentait Vaffranchùsement des communes par Louis le Gros

Toutes ces salles décorées avec une grande richesse formaient un ensemble magnifique ; toutefois, il faut croire que les services administratifs se trouvaient encore trop à Tétroit à THôtel de Ville, puisqu*en face du palais, de Taulre côté de la place, avenue Victoria, on éleva vers 1859 deux vastes bâtiments qui, sous le nom d'annexés, renfermaient une partie des bureaux de la mairie centrale réunie à la préfecture de la Seine et les archives de TÉtat civil de Paris.

En mai 1871 les membres de la commune de Paris, qui s^étaient installés à THÔtel de Ville, le brûlèrent, et il ne resta du superbe palais municipal que des pans de murs noircis; on lira à sa date le récit de ce triste épisode de nos discordes civiles.

En 1873, le gouvernement a mis au concours la reconstruction de THôtel de ville. Soixante-six projets furent présentés, parmi lesquels un jury constitué à cet effet, a choisi celui de MM. Balla et Deperthes. Le nouveau palais s*élevera sur remplacement de Tancien qu'il doit reproduire avec quelques modifications. Un plus grand développement sera donné à la façade et aux ailes qui auront une autre disposition.

La commission spéciale des beaux-arts a décidé que les statues décorant les niches seraient au nombre de 254, et que la décoration compterait, en outre, 141 bas-reliefs.

En principe, ces statues seront celles de Parisiens ayant des titres absolus à la reconnaissance de leurs concitoyens ou ayant par leurs travaux et leurs inventions, augmenté la fortune et fait progresser Tindustrie de la ville.

Voici les personnages célèbres nés à Paris dont les statues seront placées sur les façades. L'ordre suivi dans cette énumération va de gauche à droite et de Tétage supérieur au rez-dechaussée :

Arrivé au poDt Nolre-Daiii<:, on y donna la volée à una troupe d'oiseaux. (Page 399, col. 1.)

Façade principale. — {Pavillon de gauchs.) Richelieu, Lesueur, Sauvai, d'Alembert, P. -L. Courrier, Fagon, Bailly, Ledru-Hollin, Pigalle.

(Pavillon du centre.) Mansord, de Tbou, Pasquier, Le NAtre, Jean Goujon, Jean Brillant, P. de MonLreuU, Ch. Dumoulin, Mathieu Mole, ÉUenne fioileau, Michel liullier, Guill. Budé, P. de Viole, Fr. Miron, Trudaine, de Harlay, H. Eelienne, Boccador, P.Lescot, Germain Pilon.

(Rez-de-chaussée.) Lavoisier, Voltaire, Molière et Targot.

(Pavillon de droite.) Rollin, TourviUe, Cat- Uqat, La Bruyère, Bérold, David, Fourcroy, Michelet, Pache.

Façade lur te quai. — (Pavillon de Gauche.) P. Charron, Boucher, Ch. Lebrun, Béranger, Liv. 80.

Beaumarchais, M"' Mars, M™ Roland, M"* de Sévigné, George Sand.

(Pavillon de droite.) Alex. Lenoir, Marivaux, La Rochefoucauld, M™ GeofTriD, Eug. Delacroix, Alfred de Musset, M" de Staël, M" de Lafayette.

Façade Lobau. — (Pavillon de gauche.) Malebranche, Olivier Patru, Boileau, Claude Perrault, Gros, Talma.

(Bâtiment central, aile gauche.) Cassini, Lekain. Picard, Scribe, Halévy, Théodore Rousseau, duc de Saint-Simon, Henri Regnault, Victor Jacquemont.

(B&timennt central, aile droite.) Chardin. Régnard, Gabriel, DauLigny, Burnouf, Sedaine, Villeœain, Décampa, Cbarlea-Nicolas Cochin.

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(Pavillon de droite.) Clairault, Bougainville, Ouinault, Lancret, Biot, Camus.

Façade sur la rue de Rivoli. — (Pavillon de gauche.) Boule, Ballin, Perronnet, Léon Foucault, Paul Delaroche, Hérault de Séchelles, Firmin Didot, Berryer.

(Pavillon de droite.) Wilhem, Silvestre de Sacy, d'Anville, Tronchet, Horace Vernet, Eugène Sue, Godefroy Cavaignac, Corot.

Pour compléter la décoration du second étage, Tarchitecte a disposé trente statues isolées représentant des villes de France.

Ces statues seront groupées de la façon suivante :

Façade principale, — (A gauche.) Amiens, Rouen, Le Havre, Caen, le Mans, Rennes, Brest, Nantes.

(A droite.) Orléans, Bourges, Tours, Poitiers, Limoges, Bordeaux, Toulouse, Montpellier.

Façade Lobau. — (A gauche.) Nice, Marseille, Nîmes, Grenoble, Chambéry, Saint-Étienne,Clermont, Lyon.

(A droite.) Besançon, Dijon, Troyes, Reims, Nancy.

Avant d*aller plus loin, il nous reste à donner la fin de la liste complète des échevîns de Paris que nous avons arrêtée en 1500; ces magistrats populaires étant avec le prévôt des marchands, les représentants de Tautorité municipale établie à rHôtel de ville.

En 1501, les quatre échevins Jean de La Pite, Jean de La Marie, Jean Le Lièvre et Jean de Lolive, furent continués. En 1502, on nomma Charles des Moulins, Jean Paillard, Jean Croquet et Nicolas Berthillon. — 1503, Henri Lebègue, Etienne Huré. — 1504, Pierre 1 e Maçon, Jean Hébert. — 1505, Pierre Paulmier, Jean Lelièvre.

— 1506, Nicolas Séguier, Hugues de Neuville. — 1507, Etienne Sa vin, Etienne Huré. — 1508, Mery Bureau, Pierre Turquant. — 1509, François Chouart, Regnault. Anthoulet. — 1510, Charles de Montmiral, Jean Croquet. — 151 i, Antoine Dlsomme, Geoffroy du Souchay. — 1512, Nicolas de Crespy, Jean Olivier. — 1513, Guillaume Parent, Robert Le Lieur. — 1514, Mery Bureau, Jean Bazanier. — 1515, Jacques Le Lièvre, Miles Perrot. — 1516, Jean du Bus, Geoffroy du Souchay. — 1517, Claude Olivier, Pierre de Soulfour. — 1518, Jean Turquant, Jean Allard. —

1519, Nicolas Le Comte, Nicolas Charpentier. —

1520, Jean Palhuau, Jean Bazanier. — 1521, Gaillard Spifame, Nicolas Chevalier. — 1522, Jean Morin, Jean Croquet. — 1523, Claude Sanguin, Jean Leclerc d*Armandiclle. — 1524, Guillaume Seguier, Claude Le Lièvre. — 1525, Pierre Lormier, Claude Foucault de Mondétour, Jean Turquant. — 1526, Germain Le Lieur, Jacques Pinet,

— 1527, Nicole Gucsdon, François Gayant — 1528, Claude Maciot, Pierre Fournier. — 1529, Regnault Picard, Pierre Hennequin. — 1530,

Jean de Moussy, Simon Teste. — 1531, Gervaîs Larcher, Jacques Boursier. — 1532, Claude Daniel, Jean Barthelemi. — 1533, Martin Brageloagne, Jean Courtin. — 1534, Guillaume Quiootte, Jean Arroger. — 1535, Christophe de Thou, Eustache le Picard. — 1536, Claude Le Lièvre, Pierre Raoul. — 1537, Jacques Paillard de Jumeauville, Nicolas de Hacqueville. — 1538, Jean Crochet, Guillaume Danès. — 1539, Antoine Lecoincte, Jean Parfait. — 1540 Guillaume Le Gras, Guichard Courtin. — 1541 , Thomas de Bragelongne, Nicolas Perrot. — 1542, Denis Picot, Henri Godefroy. — 1543, Pierre Séguier, Jean Choppin. — 1544, Jean de Saint-Germain, Jean Barthelemi. — 1545, Jacques Aubery, Denis Tanneguy. — 1546, Denis Barthelemi, Fiacre Bharpentier. — 1547, Nicole Le Cirier, Michel Vioelart. — 1548, Guillaume Pommereu, Guichard Courtin. — 1549, Antoine Soly, Guillaume GhoarL

— 1550, Jean le Jay, CoQme Luillier. — 1551, Guy Lormier, Robert Des Prez. — 1552, Thomas Le Lorrain, Jean de Bréda. — 1553, Claude Le Sueur, Jean de Soulfour. — 1554, Jean Palluaa, Jean Lescalopier. — 1555, Germain Bourcier, Michel du Ru. — 1556, Guillaume de Gourlay, Jean Messier. — 1557, Augustin de Thou, Claude Marcel. — 1558, Pierre Prévost, Guillaume Larcher. — 1559, Jean Aubery, Nicolas Godefroy. — 1560, Jean Sanguin, Nicolas Hae. — 1561, Ghn^ tophe Lasnier, Henri Ladvocat. — 1562, Jean Lescalopier, Mathurin Le Camus. — 1S63, Jean Mérault, Jean Le Sueur. — 1564, Pierre Prévost, Jean Sanguin. — 1565, Philippe Lelièvre, Pierre de La Cour. — 1566, Nicolas Bourgeois, Jean de Bray. — 1567, Jacques Sanguin de Livry, Claude Hervy. — 1568, Jacques Kerver, Hierôme de Varade, Pierre Poullin, François Dauvergne. — 1570, Simon Bouquet, Simon de Gressé. — 1571, Guillaume Le Clerc, Nicolas Lescalopier. — 1572 Jean deBragelongne, Robert Danès. — 1573, Jean Le Jay de Ducy, Jacq. Perdrier. — 1574, Claude Daubray, Guillaume Parfait. — 1575, Augustin Le Prévost, Jean Le Gfresle de Beaupré. — 1576, Guillaume Guerrier, Antoine Mesmin. — 1577, Jean Boue, Louis Abelly. — 1578, Jean Le Comte, René Baudart. — 1579, Jean Gedoin de Graville, Pierre Laisné. — 1580, Antoine Mesmin, Nicolas Bourgeois. — 1581, René Poussepin, Denis Mamyneau. — 1582, Jean de Loynes, Antoine HuoL

— 1583, Hector Guedoin, Jacques de la Fau. —

1584, Pierre Le Goix, Rémond Bourgeois. —

1585, Philippe Hotman, Jean de La B€U*re. —

1586, Louis de Saint-Yon, Pierre Lucoly.— 1587, Jean Le Comte, François Bonnard. — 1588, Nicolas Rolland du Plessis, Jean Compans, François Cotteblanche, Robert des Prés. — 1589, les mêmes. — 1590, Jacques Brette, Pierre Pp^icher, Robert des Prés, Martin Langlois. — 1591, Denis Lemoine de Vaux, Antoine Hotman, Martin Langlois. — 1592, Denis Neret, Jean Pichonnat. —

1593, pas d'élections. — 1594, Jean Le Comte, Robert Besle. — 1595, Orner Talon, Thomas de Rochefort. — 4596, André Canaye, Claude Josse.

— 1597, Antoine Abelly, Jean KoulJier. — 1598, Nicolas Boarlon, Valentin Targer. — 1599, Guillaume Robineau, Louis Vivien de Saint-Marc. — 1600, Jean Garnier, Jacques des Jardins desMarchets. — 1601, J. Baptiste Champin, Claude de Choilly. — 1602, Gilles Durant, Nicolas Quetin.

— 1603, Louis Lelièvre, Léon Dollet. — 1604, Pierre Saintot, Jean de La Haye. — 4605, Gabriel de Flexelles, Nicolas Belut. — 1606, Germain Gouffé, Jean de Vailly. — 1607, Pierre Parfait, Charles de Charbonnières. — 1608, Jean Lambert, Jean Thévenot. — 1609, Jean Perrot, Jean de La Noue. — 1610, pas d'élections. — 1611, Jean Fontaine, Nicolas Poussepin. — 1612, Robert des Prés, Claude Mérault. — 1613, Israël Desneux, Pierre Chapisson. — 4614, Jacques lluot, Guy Pasquier de Bussy. — 1615, Jacques Le Bret, François Fréron. — 1646, Nicolas de Paris, Philippe Piètre. — 4647, Pierre du Plessis, Jacques de Creil. — 4648, Jacques de Loynes, Claude Gonyer. — 4649, Louys Damours^ Pierre Buisson. — 4620, Guillaume Lamy, de Villiers- Adam, Pierre Gouyon. — 4624, Jean Le Prestre, Robert Danès. — 4622, Jacques Montrouge, Louis Daviau. — 4623, Charles Dolet, Simon Marcez. — 1624, Prosper de Motte, Pierre Perrier. — 1625, J.-Baptiste Hautin, André Langlois. — 1626, Pierre Parfait, Denis Maillet. — 1627, Augustin Le Roux, Nicolas Delaistre. — 1628, Etienne Heurlot, Léonard Renard. — 1629, Pamphile de I^a Court, Antoine de Paris. — 4630, Jean Pépin, Jean Tronchot. — 4634, Philippe Le Gangneux, Nicolas de Poix, Claude Le Tourneau. — 4632, Hilaire Marcez, Jean Bazin de Chambuisson. — 4633, Jean Garnier, Jacques Doujat. — 4634, Nicolas de Creil, Jean Toucquoy. — 1635, Joseph Chariot de Pincé, Jean de Bourges. — 4636, Etienne Geoffroy, Claude de Baussay. — 4637, Germain Piètre, Jacques Tartarin. — 4638, Claude Galland, Claude Boue. — 4639, Pierre de La Tour, Jean Chuppin. — 4640, Pierre Eustache, Charles Coiffier. — 4644, Sébastien Cramoisi, Jacques de Monhers. — 1642, Remy Tronchot, Guillaume Bâillon. — 4643, Claude de Bourges, Adrien de Vinx. — 4644, Gabriel Langlois, Martin du Fresnoy. — 4645, Jean de Gaigny, René de La Haye. — 4646, Jean de Bourges, Geofl'roy Yon. — 4647, Gabriel Fournier, Pierre Helyot. — 1648, Pierre Hachette, Raymond Lescot. — 4649, Claude Boucol, seigneur du clos Gaillard, Robert de Segueville. — 4650, Michel Guillois, Nicolas Philippe. — 4654, André Le Vieux, Pierre Deniaon. — 4652, Michel Guillois, Nicolas Philippe.

— 4653, Julien Gervais, Gabriel de Moucheny. — 4654, Vincent Héron, Jean Rousseau. — 4655, Antoine de La Porte, Claude de Santeul. — 1656, Philippe Gervais, Jacques Regnard.— 4657, Jean

de Faverolles, Jacques Regnard. — 4658, Jean Le Vieux, Nicolas Baudequin. — 4659 Claude Prévost, Charles du Jour. — 1660, Pierre D<»lamouche, Jean Hélissant. — 4664, Jean de Monhers, Eustache de Faverolles. — 4662, Pierre Bri^alier, Jean Gaillard. — 4663, Nicolas Souplet, Pierre Chariot. — 4664, Laurent de Faverolles, Jean de La Balle. — 4665, François Le Foing, Robert Hamonin. — 4666, Hugues de Sanleul, Nicolas Lusson. — 4667, Guillaume de Faverolles, Kené, Gaillard de Montmire. — 4668, Claude Belin, Nicolas Picques. — 4669, Henri de Santeul, René Accard. — 4670, Nicolas Chanlatte, Guillaume Amy. — 4674, Louis Pasquier, Claude Le Gendre.

— 1672, Pierre Richer, Martin Bellier. — 4673, François Bachelier, Charles Clérembault. — 4674, Pierre Picquet, Jacques Trois-Dames. — 4675, Jacques Favier, Etienne Galliot. — 4676, Pierre de Beyne, Jean de La Porte. — 1677, Alexandre de Vinx, Antoine Magneux. — 4678, Philippe L'Evesque, Jacques Pousset de Montauban. — 4679, Simon Gillot, Antoine de Groisy. — 1680, Jean de Vinx, Louis Roberge. — 1684, J. -Baptiste Hélissant, Robert Baglàn. — 1682, Charles Lebrun, Michel Gamare.-^ 1683, Michel Chau^-in, Pierre Parques. — 1684, Denis Rousseau, Jean Chuppin. — 1685, Mathieu-François Geoffroy, Jean-Jacques Gayot. — 1686, Nicolas Chuppin, Jean-Gabriel de Sanguinière de Chevanchac. — 4687, Henri Herlau, Pierre Lenoir.— 1688, Claude Bellier, Vincent Marescal.— 1689, Pierre Presty, Toussaint Millet. — 1690, Pierre Chauvin, Pierre Savalette. — 1691, Thomas Tardif, Jean de Laleu. — 1692, Simon Moufle, Guillaume Tartarin.

— 1693, Simon Bazin, Claude Puylon. — 1694, Charles Sainfray, Louis Baudran. — 1695, Jean- Baptiste Le Tourneur, Nicolas de BrusseL —

4696, Mathurin Barroy, Guillaume Hesme. —

4697, François Sautreau, Antoine de La Loire. —

4698, François Regnault, Jean Dionis. — 4699, Léonard Chauvin, Jean Halle. — 4700, André Hébert, François Crevon. — 1704, Claude de Santeul, Claude Guillebon. — 4702, Michel Boutet, Hugues Desnots. — 4703, François Lay, François Regnard. — 4704, Joseph Bellier, Antoine Baudin. — 1705, Antoine Melin, Henri Boutet. —

1706, Guillaume Scourjon, Nicolas Denis. —

1707, Etienne Perichon, Jacques Pyart. — 1708, Michel Blouin, Philippe Regnault.— 1709, Pierre Chauvin, Claude Le Roy. — 1710, Louis Hazon, Jacques Brillon. — 1711, Nicolas Tardif, Charles Baudoin. — 1712, Louis Boiseau, Louis Duranz.

— 1713, Bernard Bonnet, François Coûet de Montbayeux. — 1744, Jacques de Beyne, Guillaume de Laleu. — 4745, Simon Fayolle, Damien Foucault.— 4746, Antoine de Sèvre, Pierre Hûet.

— 4747, Jean Gaschier, Pierre Masson. — 4748, Henri de Rosnel, Paul Ballin. — 4749, Pierre Sautreau, Jean-Jacques Belichon. — 4720, Jean Denis, Louis Chauvin. — 4724, Jacques Roussel,

HISTOIRE NATIONALE DE PARIS ET DES PARISIENS

Antoine Sautreau. — 1722, Jean du Quesnoy, Jean Sauvage. — 1723, Etienne Laurent, Mathieu Goudin.' — 1724, Jean Hébert, François Bouquet. — 1725, Jacques Corps, Nicolas Maheu. — 1726, Claude Sauvage, François Boulduc. — 1727, Philipe Légras, François Maultrot,^--1728, Jean Remy, Etienne Le Roy. — 1729, René Mesnil, Nicolas Bernier. — 1730, René. Rossignol, Léonor Lagnèau. — 173!, Louis Pelet, Joseph Geoffroy.

— 1732, Henri Millon, Philippe Lefort. — 1733, Claude Pauconnet de Vildé, Augustin Josset. —

1734, Claude Petit, Jean-Baptiste de Santeul. —

1735, Jean-Baptiste Tripart, François Touvenot.

— 1736, Jacques Coucicault, Charles Levesque.

— 1737 Henri Véron, Louis Meny. — 1738, Louis Le Roy de Feteuil, Thomas Germain. — 1739, Joseph Sainfray, Michel Lenfant. 1740, Léonor Lagneau, Pierre Darlu. — 1741, André Germain, Yves de Bougaînville. — 1742, Jean - Baptiste Hurel, Belichon. — 1743, Claude Baizé, Jean Pierre, Yves de Bougainville. — 1744, Claude Sauvage, Charles Hûet.— 1745, François Duboc, Marguerin Brion. — • 1746, Joseph Lhomme, Jacques Bricault. — 1747, Hilaire Triperet, Dominique Crestiennot. — 1748, André de Santeul, Denis Cochin. — 1749, Michel Ruelle, Charles Allen. — 1750, Maximilien Gaucherel,. Nicolas Bontemps. — 1751, Daniel Gillet, Denis Mirey. — 1752, Eléonor de la Frenaye, Philippe Andrieux de Maucreux. — 1753, Paschalis Desbaudotes, François Caron. — 1754, Jean Slocart, Pierre Gillet. r— 1755, François Quesnon, François Mettra. — 1756, Denis Lempereur, Claude Tribard.

— 1757, François Brallet, Jean-Baptiste Vernay. — 1758, Olivier Boutray, Jean André. — 1759, Pierre Le Blocteur, Denis Chomel. — 1760, Julie Darlu, Jean Boyer de Saint-Leu. — 1761, Louis Mercier, Jean Babille. — 1762, Pierre Devarenne, Deshayes. — 1763, Denis Poultier, Daniel Phelippes de la Marnîère. — 1764, Michel Martel, Alexis Gauthier de Rougemont. — 1765, Paul Larsonnyer, Jacques Merlet. — 1766, Hubert Bigot, Guillaume Gharlier. — 1767, Clément Viellard. Boucher d*Argis. — 1768, Antoine de Lens, Louis Raymond de la Rivière. ^- 1769, François Sarazin, Claude Basly. — 1770, Louis Cheval de Saint-Hubert, Nicolas Piat. — 1771, Thomas Bellet, René Viel. — 1772, Dominique Sprole, Bernard Quatremère deL*Epine. — 1773, Richard Boucher, Isaac Estienne. — 1774, Etienne Vernay de Chédeville, François Trudon. — 1775, Nicolas Roettiers de Latour, Pierre Angelesme de Saint- Sabin. — 1776, Denis Levé, Gabriel Chapus de Malassis. — 1777, François Daval, Pierre Gqyot.

— 1778, Jacques Chauchat, Baltbazar Incelin. — 1779, André . Pochet, Jacques Blacque. — 1780, Charles Richer, Toussaint de la Bordenave. — 1781, César: Famin, Edouard Magimel. — 1782, Philippe Desvaux, Jacques Pelé. — 1783, Jean Mercier, François CosserQn. — 1784, François

Mitouart, Nicolas Pigeon. — 1785, Pierre Goblet, Denis de La Voiepierre. — 1786, Jean-Baptiste Guyot, Jean-Baptiste Dorival. — 1787, Jean-Baptiste Buffault, Barnabe Sageret. — 1788, Joseph Vôrgne, André Rouen.

Paris, sous François P' s'embellit et s'assainit, le roi enjoignit à la municipalité de faire paver et nettoyer les rues et fit rédiger des règlements très minutieux sur Tadministration de la ville; les fontaines, les marchés, les boucheries, les égouts, etc. Ce. qui n'en^pècha pas la peste d*ètre en permanence pendant tonte la durée de son règne.

En 1531, sur la requête présentée à la cour le 10 mars 1525 par; les maîtres, frères, sœurs et commis, au régime et gouvernement de THôtel- Dieu, la cour rendit un arrêt qui condamnait les trésoriers et échevins de la Sainte-Chapelle à abandonner à Thôpital une grande maison à eux appartenant, joignant la grande porte deTHôtel- Dieu du côté du petit Pont <( afin d'accroître et augmenter ledit Hôtel-Dieu ». Les considérants de cet arrêt s^appuient sur la nécessité de loger les pauvres malades plus à Taise <€ parce que jour étaient six, sept, huit, neuf dans un lit, le sain avec le malade qui était chose fort pitoyable et périlleuse, et ceux frappés de la peste avec les autres qui ne le sont pas » .

. Cette horrible prooiiscuité faisait d'une maison de santé un foyer d'infection ; aussi les]plaintes des malheureux qui y s^ournaient étaient-elles nombreuses, le parlement s'en émut, et le 10 septembre 1535, la chambre des vacations commit Jacques Merlin et JeanBerthou, chanoines en Téglise de Paris, pour faire une enquête, et apporter dans Tadminstration de l'hôpital toutes les améliorations qu'ils croiraient convenables et possibles.

Une réformation fut en effet tentée et Tannée suivante la cour ordonna aux abbés de Saint- Victor et autres de fournir « huit bons, anciens et bien réformés religieux de Tordre de Saint- Augustin pour être introduits en THôtel-Diea » à l'effet d'y faire exécuter les dispositions prises par les deux enquêteurs, et une amende de cent marcs d'or fut encourue par quiconque s'opposerait à cette exécution, mais il était difficile de lutter contre certains abus qui s'étaient glissés dans Tadministration, et surtout contre le mauvais vouloir des administrateurs qui firent tout leur possible pour se dispenser d'obéir aux prescriptions de Tordonnance et surtout pour entraver la besogne des réformateurs, mais ceux-ci tinrent bon et ils obtinrent de la cour un arrêt qui condamnait à la prison les récalcitrants et autorisait les pères réformateurs à requérir sur l'heure l'arrestation de ceux qui refuseraient de les seconder.

Le roi donna à THÔtel-Dieu 2,000 livres tournois pour que les pauvres malades pussent boire

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