‹ Paris à travers les sièclesChapitre 14 sur 32 · h'Eh' \r.l · texte numérisé non relu

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du vin, et bientôt furent homologués les articles d'une réforme générale , mais elle portail uniquement sur la discipline et la réglemeutation intérieure.

On construisit beaucoup sous François I", et les hAteU particuliers s'élevèrent en différents quartiers ; de simples maisons affichèrent un luxe d'architecture qu'on n'avait pas encore vu. C'est ainsi que le 11 mars ^S33, Jean de Vignolles, notaire et secrétaire du roi, présenta requête à la Cour pour être autorisé à faire rebâtir une maison qu'il possédait au coin de la me Saint-Denis et de la rue Aubry-Ie-fioucher, « laquelle il avait l'intention de faire b&tir et construire en pierres de taille et au coin d'icelle, faire une tournelle triomphant & l'antique, imagée du roi et autres images, à ta grande décoration et honnêteté de ta ville, et lui permettre de faire asseoir ladite tournelle, àculde-lampe, au-dessus de l'ouvroir fait en arc-boutant, comme en plusieurs autres maisons de cette ville ».

Dans la même année, nous voyons Gasain Caffoy se qualifier « paveur de grez en la ville de Paris, » présenter sa note au prévôt des marchands et aux échevins , pour avoir pavé la rue de Grenelle (Saint-Honoré) ou Guamelle, ainsi que la désignaient des titres du xiii° siècle.

Tout en s'occupant des embellissements de sa

capitale, François I*' n'oubliùt pas les hérétiques et redoublait de sévérité contre eux. Rn 1533, le recteur de l'Université, préchant aux Gordelîers, le jour de la Toussaint, s'exprima, en parlant du purgatoire, selon les idées des protestants; il n'en fallut pas plus pour qu'il fût obligé de fuir sur l'heure, pour éviter un châtiment exemplaire.

Quelque temps plus tard, on arrêtait un jacobin accusé d'hérésie, nommé Laurent Canu; il avait été condamné & Lyon à être brûlé vif; il en appela au parlement de Paris, et y fut amené le 17 juin 1531; il fut dégradé publiquement, ensuite dépouillé de ses habits ecclésiastiques et revêtu d'une casaque rouge bordée de jaune, et livré aux huissiers du parlement, qui le conduisirent au palais, o\i il fut condamné k être accroché à une potence et brfilé vif sur la place Mau-v bert.

L'exécution suivit de près le prononcé du jugement ; on le mit dans un tombereau et on le mena au Ueu de son supplice. Arrivé là, il pria les docteurs qui l'accompagnaient, ainsi que le lieutenant criminel, de lui permettre de parler au peuple, ce qui lui fut accordé ; mais lorsqu'il voulut exposer sa doctrine, on lui retira la parole, elle bourreau, s'emparant de sa personne, le pendit i un croc attaché à une pot«ace; ses

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pieds touchaient un bûcher auquel on mil le feu, et le malheureux, au milieu des plus atroces douleurs, ne cessa d'invoquer le nom de Jésus; mais, fait remarquer un historien, « ce nom salutaire ne sert de rien, quoiqu'on Tait à la bouche, si la fol n'est pas dans le cœur ».

C'était, en tous cas, une singulière façon de vouloir inculquer la foi aux gens, que de les faire rôtir au-dessus d'un brasier ardent.

Ces horribles supplices, loin de réduire les protestants, ne faisaient que les irriter davantage, et la persécution n'avait d'autre effet que de les exalter.

Au mois de mars 4534, Jean de la Barre, prévôt et lieutenant du roi, à Paris, étant mort, le roi, par ses lettres patentes du 15 mai, réunit au gouvernement de Paris celui de l'Ile-de-France, et Antoine delà Roche, seigneur de Barbezieux, en fut investi.

C'était une fonction délicate, que celle de gouverneur de Paris, à une époque où la moitié des habitants se défiait de l'autre moitié, et où la délation passait pour une vertu.

La nuit du dimanche 18 octobre 1534, des gens inconnus affichèrent sur les murs de la ville, au coin des rues, des placards religieux attaquant le sacrement de l'Eucharistie ; le lundi, la chambre des vacations ordonna que, pour protester contre cette impiété, elle s'assemblerait à la Sainte-Chapelle, pour aller de là en procession à Notre-Dame, avec le clergé de cette chapelle, la vraie croix, et le saint sacrement, qui serait porté avec la même solennité qu'à la Fête-Dieu.

La procession se fit, mais on ne pensa pas qu'elle fût suffisante, et il fut ordonné que le dimanche suivant on ferait la procession solennelle du saint sacrement, dans toutes les paroisses de la ville, avec sermon et prières pour l'extirpation de l'hérésie.

On commença par ordonner des perquisitions chez plusieurs personnes signalées comme hérétiques, sous le prétexte que quelques protestants récemment arrêtés avaient révélé le projet qu'ils avaient formé d'assassiner les catholiques, dans l'église, pendant le service divin.

Le roi, qui était à Blois, fut averti de ce fait, et, sans tarder, il partit pour Paris, où il arriva au mois de janvier 1535, et il put voir par luimême des libelles contre le catholicisme, affichés jusque sur les murs du Louvre. Il prit une grande résolution, et, en réparation de cet outrage fait à la religion, il fit ordonner par l'évèque de Paris, Jean du Bellay, qu'une procession générale, où serait portée la sainte Eucharistie, avec toutes les reliques les pins en vénération, aurait lieu, à Paris, le jeudi 21 janvier.

Cette procession, qui se termina par le supplice de six hérétiques, est un des faits les plus curieux de l'histoire de ce siècle d'intolérance.

Disons d'abord que, dès le dimanche 17, il fut publié aux prônes des paroisses , que le jeudi suivant serait fêté par tous. Le lendemain, lundi, il fut crié, à son de trompe, par tous les carrefours de Paris, que les habitants eussent à nettoyer les rues par lesquelles la processsion passerait, que les maisons fussent tendues de belles tapisseries, et que chaque chef d'hôtel eût à se tenir devant sa porte, tête nue et une torche ardente à la main. Le mercredi, on manda tous les principaux des collèges, et on leur enjoignit de tenir les écoliers enfermés, dans leurs collèges respectifs, pour éviter le tumulte.

Le prévôt des marchands et les échevins firent élever une barrière de bois à chaque travers de rue aboutissant à celles que devait suivre la procession, pour éviter que le peuple passât el interrompît la marche du cortège. A ces barrières, se tenaient deux dixainiers et deux archers, pour contenir la foule. Dès 7 heures du matin, le jeudi, tout le clergé des paroisses se mit en marche, avec les bannières et reliquaires, pour se rendre à Notre-Dame, où était la châsse de sainte Geneviève, apportée par seize hommes, n'ayant pour tout vêtement qu'une chemise et une aube, et la châsse de saint Marcel; tontes deux furent portées à Saint-Germain-l'Auxerroîs, où le roi s'était rendu.

La procession partit de là vers neuf heures, en passant par les rues Saint-Honoré et Saint-Denis, et le pont Notre-Dame. La reine marchait en tête, vêtue d'une robe de velours noir fourrée, et montée sur une haquenée blanche houssée de drap d'or frisé ; les filles du roi l'accompagnaient, vêtues de satin cramoisi brodé d'or, et, auprès d'elles, venaient plusieurs dames et princesses escortées d'un grand nombre de gentilshommes, écuyers, maîtres d'hôtel, à cheval, pages et valets à pied, et suisses de la garde.

Ensuite, marchaient les religieux mendiants, cordeliers, jacobins, augu^tins et carmes, avec les reliquaires de leurs couvents, et tous an cierge à la main.

Suivaient les paroisses, puis les églises collégiales, les mathurins, les religieux de Saint-Magloire, portant la châsse de leur patron^ les religieux de Saint-Germain-des-Prés, avec leur châsse (jamais, de mémoire d'homme, on n'avait vu la châsse de saint Germain hors du territoire de labbaye), ceuxdeSaint-Martin-des-Ghamps, portant la châsse de saint Paxent, ceux de Saint-Éloi, avec la châsse du saint, portée par les compagnons serruriers, couronnés de fleurs, et nombre d'autres religieux de diverses communautés. Puis, venaient les deux châsses de sainte Geneviève et de saint Marcel, la première portée par dix-huit hommes et quatre religieux en chemises cousues; la seconde, par les compagnons orfèvres. Les religieux de Sainte-Geneviève et de Saint-Victor suivaient nu pieds. Le chapitre de

Saint-Germam-l*Auxerrois marchait ensuite, avec sa musique, et, après, le chapitre de Notre-Dame et l'Université. Des suisses de la garde du roi, armés de hallebardes, et précédés de leurs tambours et de leurs fifres suivaient. Les trompettes, clairons, cornets et hautbois du roi jouedent rbymne Pange lingua.

Ùun des capitaines de la garde du roi, suivi des hérauts d'armes, précédait le clergé de la Sainte-Chapelle, avec sa musique et toutes ses reliques les plus précieuses, portées par des évoques. Après les reliques, marchaient des cardinaux, des évèques, des gentilshommes. Ensuite, venait le « saint sacrement, porté, en une croix^ par Tévèque de Paris, sous un dais de velours violet, semé de fleurs de lis d*or, et porté par les ducs d'Angoulème et de Vendôme et par le dauphin et le duc d'Orléans ».

Le roi marchait seul tète nue, en robe de velours noirfourrée degenettes, avec une ceinture de taffetas, et, auprès de lui, se tenait le cardinal de Lorraine, à qui le roi donnait sa torche blanche à tenir lorsqu'on arrivait aux reposoirs, car, alors, il joignait les mains et priait.

Il était suivi du comte de Saint-PauL et du grand maître, de Tamiral et de plusieurs autres seigneurs, après lesquels marchaient le président du parlement suivis des gentilhommes de la chambre et des 24 archers de la garde avec leurs hoquetons argentés; enfin venaient le parlement à droite et la chambre des Comptes à gauche, puis les princes et les chevaliers de Tordre, les maîtres d'hôtel et les gentilhommes servants, le prévôt de Paris, les lieutenants du Ghâtelet, le prévôt des marchands, les échevins et les autres officiers de la ville ^ les notables et les quatre bandes des archers de la garde, menées par leurs capitaines. Lorsque le cortège déboucha sur le pont Notre-Dame, on y donna la volée à une troupe d'oiseaux portant au cou de petits billets sur lesquels étaient écrits: Ipstperibunt iu autem permanes (ils mourront et vous vivrez). Les archers et les arbalétriers couverts de leurs hoquetons et tenant des bâtons blancs à la main contenaient à grand peine la foule qui se pressait pour mieux voir.

Dès qu'on fut arrivé à la cathédrale, l'évèque de Paris chanta une messe solennelle, puis il emmena la famille royale dîner à l'évèché.

Ce fut un entr'acte pendant la cérémonie ; les autres personnes qui formaient la procession dînèrent comme elles purent, en se répandant dans les environs. Soudain, on apprit que le roi revenait de Févêché et tout le monde rentra à l'église.

Là, le roi fit approcher les gens du parlement,

de l'Université et de la ville, et leur fit un discours

sur la nécessité d'empêcher le progrès des idées

- nouvelles, et il termina en disant que si l'un de

ses membres était infecté d'hérésie, il n'hésiterait

pas à le couper, de mémo que si un de ses enfants quittait le sentier de la vraie religion, il l'immolerait lui-même.

A son tour l'évèque de Paris prit la parole et félicita François P' de le voir dans ces bonnes dispositions ; le prévôt des marchands Tronson, qui était à genoux, assura le roi du zèle et de Tobéissancedes Parisiens.

Quand tous ces* discours furent terminés, le roi, la reine et les principaux personnages s'avancèrent sur le seuil de l'église, afin d'assister à l'amende honorable à laquelle étaient condamnés Audebert Valleton, receveur de Nantes; Jean Lenfant, fruitier ; M** Lhuillier, clerc au greffe du Châtelet ; Jean Dubourg, marchand drapier de Paris, demeurant rue Saint-Denis, à l'enseigne du Cheval noir; Etienne de la Forge, marchand à Paris et Barthélémy Milon. Ces malheureux vinrent en charrette, en chemise, une torche de résine à la main , s'agenouiller sur le parvis et de mander à Dieu pardon du crime de n'être pas catholiques.

Après quoi le roi, la reine et tous ceux qui avaient pris part à la procession s'en allèrent chez eux; quant aux six hérétiques ils furent replacés dans la charrette qui les avait amenés, et sous les huées de la foule, on les mena aux divers lieux où ils devaient être brûlés vifs ; Nicolas Valleton, Lenfant et Lhuiilier furent rôtis à la croix du Trahoir ; comme on craignait que la peine ordinaire du feu ne les fît pas assez souffrir, on inventa une aggravation de supplice au moyen d'une corde et d'une poulie fixée à une potence mobile. On éleva les patients à une certaine hauteur, puis on les laissa tomber dans les flammes pour les élever quelques instants après et les laisser retomber encore au milieu du brasier, c'est ce qu'on appelait l'estrapade.

Jean Dubourg subit les mêmes tortures aux Halles — à deux pas de chez lui.

Barthélémy Milon fut brûlé et estrapade sur la place de Grève et Etienne de la Forge au cimetière Saint-Jean.

Quelques jours plus tard une femme, une mai^ tresse d'école, nommé la Catelle fut brûlée vive sur la place qui se trouvait au bout de la rue de la Huchette, et Antoine Poile, maçon, autre hérétique, eut avant d'être brûlé la langue percée et attachée à sa joue avec une cheville de fer. C'est avec répugnance qu'on retrace le récit de si horribles turpitudes.

Quelques autres hérétiques coupables seulement d'avoir renversé des statues de saints eurent le poing coupé ; on leur arracha le nez, on leur tenailla les bras et on les fit brûler à petit feu ensuite.

Au reste à cette époque pour le moindre crime les mutilations étaient en usage. C'est ainsi que nous voyons ressorillement pratiqué sur les voleurs ; « on leur coupait l'oreille gauche^ d'autant qu'il y

a en icelle une veine qui répond aux parties naturelles, laquelle étant coupée rend Thomme incapable de pouvoir engendrer, afin que cette race de gens ne laisse au monde une engeance méchante et vicieuse dont il n'y a que trop.» A Paris, en ce petit carrefour que Ton voit entre le bout du pont Notre-Dame, Saint- Jacques-la-Boucherie et la Grève, où jadis il y avait- une échelle comme celle du Temple, était une place nommée le carrefour Guigne-OreUle, à cause de cette exécution, et en langage corrompu Guillori par le vulgaire. C'est Sauvai qui s'exprime ainsi dans ses Antiquités de Paris.

On mutilait aussi parfois les cadavres. Le 24 septembre 1533, Jean Poncher, trésorier du Languedoc, fut pendu à Montfaucon; son corps fut décroché pendant la nuit de la hideuse potence et enterré furtivement à une certaine distance du gibet : mais il fut retrouvé et pendu à nouveau. Dans la nuit qui suivit cette seconde pendaison le cadavre fut encore une fois enlevé, mais pour qu'on ne le retrouvât pas, on le coupa par morceaux, qu'on enterra dans différents endroits afin de rendre les recherches infructueuses. — Il parait que Jean Poncher était d'ailleurs innocent, ce dont on s'aperçut plus tard ; ces çhoses-là arrivaient souvent.

Nombre de ceux qui furent exécutés comme hérétiques ignoraient absolument la nature du crime qui leur était imputé^ mais il suffisait qu'ils eussent prononcé quelque parole imprudente ou exprimé une opinion particulière devant quelque fanatique catholique pour qu'immédiatement dénoncé, le malheureux se vit conduire au bûcher.

Non seulement on poursuivait les gens , mais aussi les livres , ceux qui les composaient et ceux qui les lisaient; la persécution ne s'arrêtait, ni devant le rang , ni devant la qualité ; la reine de Navarre, sœur de François P', était parvenue à faire adopter au roi un livre de prières traduit en français , et elle - même avait fait imprimer un ouvrage en vers, le Miroir de VAme pécheresse; les docteurs de Sorbonne tonnèrent en chaire contre ces deux ouvrages et les condamnèrent; de plus 9 ils firent jouer, au collège de Navarre , une comédie satirique dirigée contre la reine de Navarre, qui était représentée sous les traits d une furie. Il est vrai que les acteurs de cette méchante pièce furent mis en prison , mais l'insulte n'en subsista pas moins; Nicolas Gop, recteur de l'Université, ne craignit pas de protester violemment contre la censure des ouvrages de la reine.

Le parlement, ému par cette divergence d'opinions , intervint dans la querelle , manda le recteur à sa barre, ainsi qu'un écolier du collège de Fortet qui, lui aussi, était pour la reine de Navarre, on le nommait Calvin I... tous deux s'empressèrent de prendre la fuite.

Les liseurs du roi en l'Université furent aussi

inquiétés; en janvier 1533, le parlement les fit comparaître à sa barre. C'étaient François Yatable , Paul Paradis , Agathias Guidacier , c'està-dire les hommes les plus savants de l'époque , qu'on suspecta d'hérésie , parce qu'ils interprétaient en français les livres saints. Or, comme le fait justement remarquer Dulaure , ces profes- .seurs avait été institués pour interpréter les livres hébraïques, et les livres en cette langue n'étaient que des livres saints !

Malgré cela le parlement leur fit défense de lire et interpréter aucun livre de la sainte Écriture en langue hébraïque ou grecque ( 14 janvier 1533).

Les poètes aussi ne devaient penser et s'exprimer que selon les règles de l'orthodoxie, et Nicolas de Bourbon, auteur d'un recueil d'épigrammes fut mis en prison, et il y serait resté, si la reine Marguerite , qui protégeait ouvertement les gens de lettres, n'avait sollicité sa grâce auprès du roi. Il fut mis en liberté , mais il dût signer une déclaration par laquelle il désavouait ses poésies, et s'engagea à ne plus versifier et à vivre désormais dans l'union de l'Église catholique.

Naturellement les clercs de la basoche se permettaient parfois dans leurs jeux des licences qui devaient éveiller les susceptibilités du parlement, et à plusieurs reprises « les farces , momeries et sotties » furent défendues ou tout au moins expurgées de tout ce qui pouvait avoir trait aux questions religieuses, et défense fut faite aux clercs , sous peine de prison et de punition corporelle, de faire aucun cri ou jeu, avant d'avoir obtenu la permission de la cour quinze jours à l'avance.

Une ordonnance du 29 janvier 1535 défendit à toute personne de donner asile aux persécutés sous peine d'être brûlée vive, a Tous ceux et celles qui avoient recelé ou recèlerointpar ci-après, sciemment, les sectateurs de Luther , pour empêcher qu'ils ne fussent pris et appréhendés par justice, seront punis de telles et semblables peines que lesdits sectateurs, o

Déplus, l'établissement d'une chambre ardente spécialement chargée de la recherche et de la punition des hérétiques fut créée , et un tribunal d'inquisition fonctionna ; les juges de ce tribunal furent délégués par le pape, ainsi qu'il appert de ce passage d'un registre du parlement, en date du 4 décembre 1535 : a La cour a ordonné et enjoint aux juges délégués par le saint-pèrele pape , sur le fait des hérésies , de procéder au jugement du procès fait par l'official de l'évéque du Mans, à l'encontre de René Golas, religieux , le plus tôt que faire se pourra. »

Pendant que ceci se passait a Paris, le roi était parti pour Lyon, et les Parisiens tout entiers aux luttes religieuses, rendus défiants par les mesures d'une police inquiète qui scrutait leurs moindres actes , ne sortaient guère de chez eux , le

Benvenuto te JeU nui pied* de FrtoçoU I*>.

printemps de 1533 était exécrable ; j>endant deux mois la pluie ne cessa de tomber ; le 1*' mars ils eurent le spectacle d'une exécution capitale, intéressante par l'importance du personnage qu'elle frappait, c'était celle du capitaine Jonas, général des galères de France à Marseille. Convaincu ou accusé , ce qui à cette époque revenait exactement au même, du crime de lèse-majesté, il fut envoyé à Paris et condamné à être décapité aux Halles, ce qui eut lieu ; après qu'il fut mort, on coupa son corps en quatre quartiers qui furent exposés sur divers points de la ville, et sa téta fut envoyée à Marseille, oii, fichée au bout d'une pique, elle demeura sur le port pour être Tue par tous,

Maisabandonnonspour un moment cette suite

de supplices et de tortures, pour nous occuper

des travaux d'édilité; ce fut en 1533 que fut

abattue la porte de la me Saint-Denis, qu'on ap-

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pelait la porte aux Peintres, et quelques autres fausses portes, c'est-à-dire celles qui se trouvaient dans l'intérieur de la ville ; en même temps le parlement réglementa la situation des pauvres par rapport aux aumônes qu'ils recevaient de la ville; son premier soin fut de s'occuper du sort des enfants élevés par la charité publique. Il fut arrêté qu'on babillerait cent de ces enfants tous les ans , sur des fonds provenant d'une levée de 13,000 livres spécialement affectée aux besoins des indigents. Ces enfants étaient placés ensuite en apprentissage, par les soins d'un curateur nommé & cet effet. Les femmes veuves et autres pouvant travailler, furent employées pnr quatre bourgeois marchands que la cour désigna pour les occuper. Quant aux hommes vahdes qui mendiaient , ils durent se rendre à la place de Grève pour y être embauchés au travail des fortifications et du nettoyage des égouls et voiries, sons

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peine de punition corporelle et de privation de secours qu'ils recevaient des paroisses. D'autres furent mis au service des maçons comme manœuvres et batteurs de plâtre. Tous ces pauvres devaient être natifs de Paris, où y résider depuis au moins deux ans.

Tous ceux originaires de la province durent, sous peine de la hart, vider la ville dans les trois jours et retourner chez eux.

Beaucoup , hôtes habituels de la Cour des Miracles, se faisaient passer pour infirmes ou estropiés ; on les arrêta dans les rues où ils imploraient la générosité des passants, et on les fît scrupuleusement visiter. On plaça dans les hôpitaux ceux qui , en raison de maladies ou d'infirmités étaient hors d'état de gagner leur vie; les lépreux durent se retirer dans des maladreries spéciales, les gens véralés furent logés à rhôpital de la Trinité , ce qui obligea les comédiens qui s'y étaient établis de transporter leurs pénates à l'hôtel de Flandre, rue Goquillière. Dans la salle-basse , à la Trinité , furent mis les teigneux et autres atteints de maladies contagieuses, et les marguilliers de Saint- Ëustache durent aussi affecter l'hôpital de Saint-Eustache au même usage.

Seuls, les quêteurs des Quinze -Vingts furent autorisés à mendier à la porte des églises.

Tous les faux épileptiques, boiteux, cancéreux, qui faisaient métier d'étaler en plein jour des misères et des plaies factices, furent battus de verges par les carrefours *et bannis de la ville avec menacede châtiment plus grave s*ils y rentraient.

Malheureusement, le nombre des mendiants qui puUulaieht dans Paris était si grand, que ces mesures furent insuffisantes pour en purger la ville. Chaque jour en produisait de nouveau et l'état des afi'aires publiques en favorisait sii^gu^-. lièrement l'augmentation : la France était attaquée de deux côtés à la fois par Tannée de Charles Y, et le comte de Nassau vint mettre le siège devant Péronne , après avoir pris Guise; les bourgeois de Paris commençaient à craindre une attaque de la capitale , et le Conseil de ville s'étant assemblé le 15 juillet 1536, accorda au duc de Vendôme 40,000 livres pour le mettre en état de s'opposer aux progrès des ennemis; quelques jours plus tard, les mêmes magistrats résolurent d'employer, aux dépens des habitants, 16,000 pionniers aux fortifications de Paris , aux ordres du cardinal de Bellay, à qui le roi envoya la commission de gouverneur général de Paris et de l'Ile de France.

Il fut ordonné, en même temps, de surseoir à tous les autres travaux, et défense fut faite à tous ceux qui n'étaient ni gentilshommes, ni hommes d'armes, de porter aucune arme offensive ou défensive, de jour ou de nuit, sous peine d'être pendu.

Paris fournit au roi 100,000 livres, pour les frais de la guerre, remboursables en rentes, et ce fut un des quarteniers de la ville qui se chargea de faire porter, dans quarante heures, le paquet de la ville, à Lyon, et de rapporter la réponse du roi dans le même laps de temps, ce qui fut considéré comme la diligence la plus extraordinaire qu'un courrier pût faire.

La panique qui s'était emparée des -Parisiens redoubla, lorsqu'on sut que l'empereur avait écrit au comte de Nassau que,deparDieaoa par le diable, il exigeait qu'il tint la promesse qu'il lui avait faite d'aller droit à Paris pour détourner le roi de France de son entreprise en Italie.

Déjà, on voyait l'ennemi aux portes; les Parisiens ofi'rirent de lever et payer 6,000 hommes pendant un mois; de son côté, le parlement équipa à ses frais 500 hommes. Les autres corporations l'imitèrent, et bientôt 10,000 soldats purent se trouver prêts à défendre la capitale, qu'on pourvut de vivres et de munitions de toutes sortes, de façon qu'elle fût en état de soutenir un long siège.

La levée du siège de Péronne rendit toutes ces précautions inutiles. Le comte de Nassau quitta la Picardie, et, en même temps, l'empereur abandonna la Provence.

Aloi:s, une joie universelle remplaça la crainte, et le retour du roi acheva de dissiper toutes les inquiétudes.

Les marchands se remirent à trafiquer avec ardeur, et plusieurs grands travaux demeurés en soufi'rance furent repris; de ce nombre était l'église Saint-Sauveur, située rue Saint-Denis, au coin de la rue Saint-Sauveur, dont la reconstruction avait commencé en 1537 ; on y travailla pendant plusieurs années, sans qu'elle fût jamais achevée complètement. Cependant, elle renferma les sépultures de plusieurs auteurs et comédiens qui illustrèrent les commencements du théâtre français : Turlupin, Gauthier Garguille, Guillaume Colletet, Jacques Vergier, Guillot-Gorju, Raymond Poisson y furent inhumés. On voit, qu'à cette époque, les comédiens n'étaient pas encore considérés comme des excommuniés.

Cette église avait une tour carrée, qui lui avait fait donner^ à son origine, le nom de Chapelle de la Tour. En 1778, cette tour fut abattue, et la solidité de l'église s'en ressentit; aussi, on se décida à la démolir en 1787. On la reconstruisit immédiatement sur les dessins de M. Poyet, architecte; mais la Révolution de 1789 suspendit les travaux. Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 13 pluviôse an viii, et, sur son emplacement, fut construit un établissement de bains, qu'on appela les bains Saint-Sauveur.

En 1537, les chanoines de Notre-Dame suscitèrent un procès à l'abbaye de Saint- Germaindes-Prés, touchant le droit d'avoir et de tenir

poids^ fléaux et balances dans le faubourg, eux seuls prétendant avoir le droit de se servir de tous engins de pesage. Il fallut que la cour inter. vînt, et, par arrêt du 5 février 1638, qu'elle reconnût aux religieux le droit de peser.

François !•', en revenant à Paris, avait rencontré sur son chemin le roi Jacques Y d'Ecosse, qui, de sa propre initiative, avait levé 16,000 hommes de troupe et équipé une flotte, pour venir au secours du roi de France dans sa querelle contre l'empereur Gharles-Quint.

C'était un trait aussi généreux que rare ; François en fut profondément touché, et, pour lui en témoigner sa reconnaissance, il voulut qu'on lui fît une entrée aussi pompeuse qu'à lui-même dans la capitale de son royaume. Le parlement, qui ne voyait pas l'utilité de cette brillante réception, s'y opposa tout d'abord, et refusa d'y paraître en robe rouge, alléguant que cet honneur n'avait jamais été rendu à un prince étranger; mais François P' insista, et le parlement dut céder, sur l'assurance du roi que la marque pubhque de reconnaissance qu'il demandait pour le roi d'Ecosse, ne tirerait pas à conséquence à l'avenir.

Le jour de l'entrée solennelle fut fixée au dimanche 31 décembre 1537; le parlement et les autres compagnies allèrent recevoir Jacques Y à l'abbaye de Saint-Antoine-des-Champs, d'où on le conduisit,, avec le cérémonial ordinaire, par les rues, tendues de tapisseries, à Notre-Dame.

Il y fît ses prières, et remonta à cheval, pour se rendre à l'hôtel de Cluny, où l'attendait le roi de France. Il y resta jusqu'au lendemain, et il retourna à la cathédrale, pour la célébration de son mariage avec Madeleine de France, fille aînée de François P'. Le festin de noces se fit dans la grande salle de l'évéché, et, le soir, dans celle du palais, il y eut souper et bal. Des tournois et d'autres divertissements donnés au Louvre signalèrent les fêtes de ce mariage. Avant de retourner en Ecosse avec sa femme, Jacques Y fut invité à assister au ht de justice que François P' tint au parlement, en présence des princes et des pairs du royaume, pour la condamnation de Charles d'Autriche, empereur, comme coupable de félonie, en sa qualité de comte de Flandre, ancien vassal des rois de France. i

François reprit la campagne contre son éternel ennemi, et, au mois de mars, il écrivit au prévôt des marchands et aux échevins que, pour résis- , ter à l'empereur, il avait résolu de lever 20,000 hommes de pied, et demandait que Paris prit à sa charge l'entretien de 3,000. Le 21 mars 1538, le corps de ville s'assembla, avec l'adjonction de trois bourgeois de chaque quartier, et, après délibération, il fut convenu qu'on enverrait des députés au roi, pour lui faire des remontrances et le prier de modérer quelque peu le chiflre des hommes de troupe que devait fournir Paris.

Une trêve de dix ans, conclue le 21 juin 1538, entre François et Charles, vint heureusement décharger les habitants de Paris du surcroît de dépenses que cette levée d'hommes leur eût imposé. Mais, alors, on fit, selon l'usage, une procession, pour rendre grâces à Dieu du succès de la négociation pour la paix, qui était due au pape, et la ville, fort aise d'échapper au payement de l'entretien des hommes de guerre, ne négligea rien pour organiser une procession digne d'elle.

Le jour en fut fixé au 3 juillet; la veille, elle ordonna aux quarteniers de convoquer leurs cinquantainiers et dixainiers, avec trente des plus notables de chaque quartier, et de faire tenir nettes et tapissées les rues par lesquelles la procession devait passer, c'est-à-dire la rue de la Vannerie, celle de Saint-Jacques-la-Boucherie, la porte de Paris, le Pont-au-Change, la cour du Palais, la rue de la Calandre, le marché Palu, la rue Neuve-Notre-Dame et le pont Notre-Dame pour le retour.

La procession partit de Saint-Jean-en-Grève en cet ordre : d'abord, 500 cordeliers portant leurs reliques, entre autres, le manteau de saint François; 400 jacobins, avec un bras de saint Thomas parmi leurs reliques; les augustins et les carmes. Yenait ensuite la bannière de saint Jean, avec les torches de la paroisse, puis marchaient les orphelins de l'hôpital du Saint-Esprit, suivis de leurs prêtres, les billettes en chapes, les blancs-manteaux, les chapelains, les prêtres habituels et les vicaires de Saint-Jean, tous ces religieux portaient des reliques et des châsses. Enfin, l'abbé de Saint-Magloire, en habits pontificaux, avec sa crosse, portée devant lui, marchait à la queue des ecclésiastiques et donnait la bénédiction au peuple, qui formait la haie de chaque côté du cortège.

Après, marchait le prévôt des marchands en robe de satin mi-partie cramoisie et tannée ; à côté de lui et derrière, les échevins, le greffier, tous en robe mi-partie, le procureur^ les seize quarteniers, les cinquanteniers, dixainiers, notables, bourgeois, paroissiens et paroissiennes de Saint-Jean-en-Grève.

Toutes les rues étaient bordées d'archers, arbalétriers et arquebusiers, et autres officiers de la ville, chargés de maintenir la foule curieuse, qui se pressait le long des maisons.

En passant par la cour du Palais, la procession salua les reliques de la Sainte-Chapelle, et fut reçue à Notre-Dame au son des grosses cloches, et l'abbé de Saint-Magloire y célébra la messe, après quoi la procession s'en retourna dans^ le même ordre à Saint-Jean.

François P' fut très satisfait de l'attention qu'avait eue sa bonne ville de Paris, d'organiser cette belle procession. Elle eût été bien plus belle encore s'il s'y fût joint; n.ais, malgré le goût

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prononcé qu'il avait, pour ce genre de pieuse promenade à travers les rues, il ne put, le faire : il était retenu en Provence par des entrevues ave,c le pape et l'empe^reur.

Quelques jours après la procession, c*esl-àdire le 19 juillet, le tonnerre tomba sur la tour de Billy, derrière les Gélestins. Cette tour était un véritable arsenal : elle était pleine .d'armes et de munitions de guerre, canons, fusils et poudre. Elle sauta avec un fracas formidable, et ses débris furent projetés de tous côtés, dans le rayon d'un quart de lieue. L'air fut tellement agité par la violence de l'explosion, que les vitres des églises de Saint-Paul, des Gélestins, de Saint- Victor furent brisées, et plusieurs maisons des environs furent endommagées.

Cette tour servait de forteresse et défendait l'entrée de Paris, par la rivière, du côté de Charenton; néanmoins, on ne jugea pas utile de la reconstruire.

Lorsque le roi, rentrant, fut arrivé à Saint- Germain- en-Laye, le nouveau prévôt des marchands, de Thou, alla le haranguer, le 8 septembre, à la tête des échevins et officiers de la ville, et le féliciter au sujet de la trêve qu'il avait conclue, et qui faisait espérer une paix définitive. Le roi remercia, et exprima le désir de voir continuer les travaux en cours d^exécution, particulièrement le quai du Louvre, l'Hôtel-de- Yille, la réparation des fontaines publiques et les fortifications, à la construction desquelles fut consacrée annuellement une somme de 34,000 livres.

Le cardinal de Tournon obtint du roi qu'on rouvrit la porte de Bussy, qu'on avait murée depuis plusieurs années; les lettres patentes autorisant cette réouverture furent datées du 6 février 1539.

Ce fut aussi dans le même temps que l'on reconstruisit presque entièi^ement l'abbaye Saint- Victor; la première pierre de cette reconstruction avait été posée en 1517, mais les travaux avaient été abandonnés. On les reprit, et on ne conserva des anciens bâtiments que l'entrée, le clocher et la chapelle souterraine; toutefois, la façade ne fut élevée qu'en 1760. L'intérieur de cette abbaye était décoré de quelques tableaux remarquables, entre autres, une Adoration des mageSf par Vignon, qui surmontait le grand autel; quatre de Vanloo : la Résurrection de Lazare^ la Cène^ le Sacrifice et David désarmant la colère céleste. On y remarquait la jgrilledu chœur, chefd'œuvre de serrurerie, d'une grande finesse de dessin. Des personnages importants y furent enterrés, et le cloître contenait les tombeaux des abbés. Un pénitencier avait existé jadis dans l'abbaye, pour les écoliers de l'Universitéet pour ses suppôts. Comme, la plupart des autres établissements religieux, Saint-Victor contenait un grand nombre de reliques; mais ce que les savants et

les lettrés admiraient surtout, c'était sa magnifique bibliothèque , que les religieux avaient commencé à créer à l'aide de manuscrits précieux, dès le ixii* siècle et pendant de longues anannées. Des copistes payés sur les fonds du couvent, travaillaient à augmenter cette précieuse collection, dont il est facile de suivre le développement, en consultant le nécrologe de Tabbaye (aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale). En 1140, Etienne de Sentis, 67* évèqae de Paris, laissa tous ses livres à la maison dé Saint- Victor, où il voulut être enterré.

Le médecin de Louis le Gros , Obizon , lai laissa aussi des livres de l'Ancien et du Nouveau-Testament. Au XIII* siècle, Adam de Montereaa donna au couvent une bible estimée 14 livres. Des dons nombreux ne cessèrent du reste d'enrichir cette bibliothèque, et dès la découverte de Timpriinerie , on voit les imprimeurs P. Schœfer, Conrad, Henlif et Jean Fust, céder à l'abbaye , moyennant 12 écus d'or , un exemplaire sur vélin des lettres de saint Jérôme qui venaient d'èlre publiées par eux.

« La bibliothèque, dit M. Alfted Franklin, auteur d'une histoire particulière de cette bibliothèque, parait avoir occupé vers cette époque (xv^ siècle) , une salle attenant au cloîtré et située entre l'église et le dortoir. Vers 1501 ,' ce bâtiment tombait en ruines, et Fabbé Nicaise Delorme entreprit de le relever. Grâce à Tàctivilé et au zèle du chanoine Guillaume Tupin ou Turpin, la nouvelle construction se trouva terminée en 1508. Delorme s'occupa aussitôt d'y installer les livres, puis Glande de Grandrue fut chargé de les classer par noms d'auteur sur des pupitres disposés à cet efi'et, de les y attacher avec des chaînes de fer et d'en dresser le catalogué. » ' Le 27 mars 1652, Henri du Bouchot , sieur de Boumonville , conseiller au parlement de Paris , désirant être inhumé dans l'abbaye de Saint-Vietor, lui laissa , pour reconnaître cette hospitalité posthume, tous ses livres, c'est-à-dire plus de 6000 volumes , à la condition toutefois que les gens d'étude eussent la liberté d'aller trayaiiler à la bibliothèque de ladite abbaye trois jours par semaine « trois heures le matin et quatre heures l'après-dîner ». Le testateur légua en outre à Tabbaye une rente de 370 livres, apjplicables à l'achat de publications nouvelles, et une autre rente de 340 livres 1 sol 9 deniers, pour servir de traitement au] religieux qui remplirait les fonctions de bilîothécaire.

Les livres occupaient le second étage; la salle pouvait contenir douze cents armoires, le milieu était occupé par une double rangée de pupitres, offrant à peu près cinquante places.

En 1684, la bibliothèque renfermait 18,000 volumes et 3000 manuscrits. Bile était ouverte au public les lundis, mercredis et samedis, de huit à dix et de deux à quatre heures..

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Le petit Nesl«, donué ï Beuveauto par Fraoçoia !*>.

En 1698, Nicolas de Tralage, conseiller an parlement, lui légua 33,000 estampes , des cartes géographiques et des livres ; au commencement du xviii< siècle, l'académicien Ixiais Cousin , lui laissa aussi une collection de livres des plus importantes; d'autres dons suivirent, et vers 1750, on comptait 33,000 volumes.

Mais il arriva ce qui arriva toujours en pareil cas, le contenu finit par ne plus pouvoir tenir dans le contenant, et on songea à édifier nn nouveau b&timent pour loger toutes ces richesses littéraires ethihliographiques ; en 1161, les religieux demandèrent au roi et obtinrent l'autorisation de retenir chaque année , pendant seize ans , sur tes revenus de l'abbaye , la somme de 10,000 livres pour l'employer à l'érection d'une bibliothèque. Les travaux commencèrent vers 1772, sons la direction de l'architecte Danjou , et, en 1789, le roi Louis XVI accorda aux religieux la somme de 150,000 livres pour l'achèvement de leur bibliothèque ; mais l'abbaye fut supprimée en 1792. Son bibliothécaire, l'abbé Jean-Charles-Marie Bernard fut massacré dans le séminaire de Saint- Firmin, le 3 septembre 1792, et M. Ameilhon, bibliothécaire de la municipalité, sur l'ordre du ministre Pache, fut chargé de faire transporter les livres imprimés et manuscrits dans un des dépôts littéraires. Une partie de ces volumes furent placés à laBtbliothèque nationale, où ils sont

demeurés classés ; les manuscrits forment le fonds dit de Saint- Victor,

Les b&tîments de l'abbaye subsistèrent jusqu'en 1813 , époque à laquelle ils furent abattus et remplacés par l'entrepôt des vins.

Les maladies pestilentielles qui désolaient si souvent Paris donnèrent à penser qn'il ne suffisait pas d'embellir la ville et d'y élever de fastueux monuments, mais qu'il était absolument indispensable de l'assainir, et un édit royal du mois denovembre 1539, prescrivit des mesures de salubrité qui jusqu'alors avaient complètement fait défaut. Les considérants de cet édit sont curieux & connaître : « François , par la gr&ce de Dieu, roy de France, etc... Nous soyons apperceus suffisamment qu'en noatre bonne ville et cité de Paris et fauxbourgs d'icelle, a eu au temps passé et a encore plusieurs fantes notables es pavement d'icelle qui sont moult empirez et tellement décheu£ en mines et dommages, qu'en plusieurs lieux on ne peut bonnement aller à cheval, n'a (ni) charroy sans très grand péril et inconvénient; et avec ce , icelle ville et fauxbourgs a esté tenue longtemps et encore est si orde (sale) et si pleine de boue, l'ens (excréments), gravoîrs (gravois), et autres 01 dures que chacun a laissé et mis commuément c evant son huis (sa porte) ^ contre raison et conlro les ordonnances de nos prédécesseurs, que c'est grand borreor et très grand des-

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plaisir à toutes personnes de bien et d^honneur: et sont les choses à. très grand esclandre, vitupère et déshonneur d'icelle ville et fauxbourgs dlcelle , et au grand grief et préjudice des créatures humaines , demeurans et fréquentans en nostre dite ville et fauxbourgs, qui, par rinfection et punaisie (puanteur) desdites boues , fiens et autres ordures, sont encouruea.au temps passé en griefves maladies, mortalités et infirmités de corps , dont il nous déplaist fort et non sans cause. » L'édit ordonna que les maisons^ cours, rues, places et autres lieux de la ville seraient débarrassés de toutes ordures et immondices, que chaque propriétaire devait faire paver le devant de sa maison en pente et entretenir le pavé net, que les boutiquiers ou autres habitants devaient faire répandre de Teau chaque jour dans les habitations, de façon à donner cours aux immondices dans les égouts. Défense fut faite de conserver dans Tintérieur des maisons les eaux ménagères; des boueurs furent commis pour enlever les ordures, et il fut enjoint à tous les propriétaires de faire établir des fosses à retrait dans leurs maisons, à peine de la privation du louage pour dix ans. Ilfut sévèrement interdit de mettre aux fenêtres donnant sur la rue « aucuns draps sur perche , à peine de dix livres d*a mende, ni d*élever, soit dans la ville soit dans les fauxbourgs , des pourceaux, oisons, pigeons ou lapins , soit pour son usage personnel, soit pour en faire commerce.

Le prévôt et son lieutenant criminel furent chargés de tenir la main à Texécution de cette ordonnance; elle fut assez bien observée dans les principaux quartiers [de Paris, mais dans beaucoup d'autres , elle demeura à Tétat de lettre morte , et il n'était pas nécessaire de marcher longtemps dans les rues de Paris, pour s'engager dans des ruelles étroites, sales, boueuses, d'où s'échappaient sans cesse des miasmes méphytiques. Le soir venu, les voies tortueuses n'étaient pas seulement impraticables aux piétons par leur mauvais entretien, mais étaient peu sûres, et on courait grand risque d'y faire de mauvaises rencontres.

On sait qu'il y avait à Paris deux guets sous l'autorité du chevalier du guet, le guet royal, composé de gens d'armes à pied et à cheval, qui faisaient des rondes nocturnes, et le guet bourgeois ou assis, composé des bourgeois de la ville qu'on plaçait dans les carrefours et sur les places publiques, et qui étaient chargés de se secourir mutuellement en cas d'attaques à main armée, d'incendie, etc. ; malheureusement, le guet royal comme le guetbourgeois était si négligé, que c'était à peine si quelque rare patrouille se lîiontrait de temps à autre, et les mauvais garçons et les truands avaient beau jeu pour détrousser les imprudents bourgeois qui s'aventuraient par les rues, après le couvre-feu sonné.

Un édit de février 1540, réorganisa la pcîice municipale; nous venons devoir comment François I«' constatait la malpropreté de sa « bonne ville ». Voici Ja façon dont il énumère les dangers que couraient journellement ses sujets en l'habitant. « François, etc., afin de pourvoir et remédier aux larcins, meurtres et détrousses, efforcemens (viols) et ravissemens (enlèvements) de filles et femmes, inconvénients de feu qui adviennent par fortune ( par accidents ) ou par malfaicteurs, transports de biens par hostes et hostesses qui de nuict vuident les maisons (gens qui déménagent sans payer) pour frauder les propriétaires des loyers d'icelles et autres crimes et délits qui en diverses manières sont commis et perpétrez en nostre dite ville et cité de Paris. » Ce fut afin de remédier à tout ceci, qu'il ordonna que le guet royal serait continué par le chevalier du guet, et sa compagnie de vingt hommes à cheval et quarante à pied, dont la moitié servirait alternativement.

Bien que le Paris de François fut loin de ressembler au Paris actuel, il est facile de se rendre compte de l'insuffisance absolue de trente hommes d'armes qui devaient veiller à la sûreté d'une population de 200,000 habitants!

Le guet bourgeois, dit guet assis ou dormant, fut tenu de se continuer chaque nuit sous la conduite de deux sergents; tous les gens de métiers qui en faisaient partie durent se présenter chaque jour au Ghâtelet pour être répartis aux divers lieux qu'ils devaient occuper, tels qu'au carrefour du pont Saint-Michel, au quai des Augustins, à la croix des Carmes, aux carrefours Saint-G6me, Saint- Séverin, Saint- Yves, Saint-Benoît, aux Planches Mibray, à la croix de la Grève, à Thôtei de Sens, à la fontaine des Innocents, à la pointe Saint-Eustache, à la croix du Trahoir, à la place aux Chats, etc.,

Ils devaient se tenir à ces différents postes du !«' octobre au 31 mars, depuis sept à huit heures du soir jusqu'au matin entre quatre et cinq heures et du!®' avril au 30 septembre, depuis huit à neuf heures du soir jusqu'à trois à quatre heures du matin.

Le roi n'exempta du service du guetbourgeois que les cent vingt archers, les soixante arbalétriers et les cent arquebusiers de la ville, les gardes des clés des portes, ceux qui étaient chargés de mettre en mouvement le rouet des chaînes de Paris, les quarteniers, dixainiers et cinquanteniers, les bedeaux de l'Université, le» messagers du roi et ceux de l'Université, les monnayeurs, et les gens âgés de soixante ans ou estropiés.

Une assez curieuse ordonnance royale de 1539 mérite d'être signalée. Elle prescrivit que tous les jugements et actes fussent rendus en français et non plus en latin ; voici à quelle occasion celte ordonnance fut rendue : Pour exprimer qu'un plaideur était déchu de sa demande, on disait la

cour debotavit et debotat (c'est-à-dire déboute et a débouté). Le roi François !•' interrogeant un gentilhomme de province sur le succès d'un procès pour lequel ce gentilhomme était venu en poste à Paris, celui-ci répondit qu'immédiatement après son arrivée la cour l'avait débotté. Le roi, surpris d'un tel langage voulut que dans la suite, les contrats, testaments et tous les actes judiciaires fussent prononcés et délivré aux parties « en langage maternel françois. »

Par un édit du mois de novembre 1539, François V* prescrivit que ses ordonnances fussent attachées à un tableau, écrites sur du parchemin, en grosses lettres, dans les seize quartiers de Paris et dans les faubourgs, aux lieux les plus émirients, afin que chacun pût les connaître et les entendre, faisant toutes défenses de les enlever, à peine de punition corporelle, et ordonna aux commissaires de quartier de les prendre sous leur garde et d'y veiller.

Bien que François I** se préoccupât de l'état sanitaire de la ville et de la protection à accorder à ses habitants, ce prince, qu*on nomma le Père des lettres, ne cessa de se montrer d*une sévérité excessive envers la presse. Par lettres patentes du 13 janvier 1535, il supprima l'imprimerie et défendit sous peine de la hart toute impression de livres dans son royaume. A force de supplications de quelques-uns de ses conseillers, il consentit à revenir sur cette mesure extrême, mais il ordonna qu'aucun ouvrage ne pourait plus être imprimé sans qu'au préalable, il eût été examiné et approuvé par le recteur de l'Université et les dovens des facultés.

11 limita le nombre des imprimeurs à 12, et ce ne fut qu'on 1543 qu'il consentit à les exempter du service des gardes bourgeoises. L'imprimerie et la librairie furent soumises à des règlements rigoureux et la peine de mort était encourue par quiconquecomposerait, imprimerait ou distribuerait des livres attaquant la religion où le gouvernement, et par tout publicateur d'ouvrages imprimés sans autorisation.

Le l»' janvier 1540 l'empereur Charles-Quint vint à Paris; il avait demandé au roi le passage libre par la France pour aller châtier les Gantois révoltés. Dès le mois de novembre précédent, on s'était occupé de la réception de ce souverain, et François I"' avait lui-même prescrit tous les détails de l'entrée. Il avait exigé que le dais qui serait présenté par la ville à Charles-Quint fût orné aux armes de l'empereur et non aux siennes. Dans la décoration de quelques théâtres élevés pour la circonstance entraient des salamandres qui étaient l'emblème royal ; François les fit remplacer par des aigles, symboles de l'empire.

La ville avait dessein d'offrir à Charles un buffet ; le roi s'y opposa en déclarant que ce prince n'aimait rien de ce qui lui représentait les mangerieSy et qu'il était plus convenable qu'on lui flt

un présent qu'il pût conserver comme un souvenir de sa venue à Paris et que rien ne conviendrait mieux qu'une statue représentant un Hercule plantant de force deux colonnes en terre, avec ces mots : Plusultra^ qui étaient la devise de l'empereur. Ce fut le peintre Rousse qui fît le dessin de ce groupe, qui fut fondu par le fondeur Chevrier. L'Hercule fut fondu en argent massif et la statue avait six pieds de hauteur.

Tout Paris fut en émoi à propos de la visite impériale; le roi avait conçu le projet d'organiser des joutes dans la rue Saint-Antoine et fît dépaver cette rue tout exprès ; mais il changea d'avis, résolut de donner les joutes au Louvre et fit repaver la rue.

dn ne parlait que de cette fameuse entrée. Enfîn elle eut lieu le 1*» janvier. C'est encore dans Félibien que nous allons puiser les détails relatifs à la cérémonie.

Le clergé et l'Université se rendirent les premiers à l'abbaye de SaintrAntoine des Champs où une maison en charpente et toute vitrée avait été élevée pour y recevoir l'empereur, qui se tenait dans une grande salle tapissée de drap d'or et d'argent. Charles-Quint habillé de deuil, portant le collier de la Toison d'or, était entouré du dauphin et des ducs de Vendôme, de Guise, de Nevers et d'Albe et de plusieurs seigneurs de sa suite et de celle du roi.

La ville s'y rendit à son tour avec toute la pompe voulue, et en corps; ce furent deux sergents de la ville qui ouvrirent la marche avec leurs robes de livrée et le navire d'argent sur le bras ; ils étaient suivis par 6 crieurs de corps et de vins, 12 vendeurs de vin, 12 courtiers 4 jaugeurs, 12 déchal'geurs, 12 mesureurs; 4 courtiers, 4 briseurs et 12 porteurs de sel, 6 mesureurs et 6 porteurs de charbon, 10 mouleurs de bois, 20 mesureurs et 20 porteurs de blé, tous en robe mi-partie bleu et rouge et à pied. Suivaient à cheval les 100 arquebusiers de la ville avec leurs hoquetons de livrée, leurs arquebuses, trompettes, clairons et tambours et enseignes déployées, les 60 arbalétriers en pourpoint de satin blanc, armés de javelines, leurs chevaux bardés de rouge et devant eux leurs trompettes, 84 nobles, enfants de la ville, tous superbement vêtus de casaques de velours noir enrichies de broderies et passements d'or avec la manche coupée de drap d'or frisé et par-dessous le pourpoint de satin jaune et des bonnets ornés de tant de pierreries, que quatre furent estimés 50,000 écus d'or. On voit à quel point le luxe de l'habillement était arrivé sous ce règne. Leurs chevaux étaient caparaçonnés et ornés non moins richement.

Venaient ensuite les huit autres sergents de la ville, suivis du prévôt des marchands, des échevins et du greffier, tous en robe mi- partie de velours cramoisi et tannée, celle du prévôt fourrée de martre zibeline, les autres doublées de ve-

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lours noir ; le procureur de la ville, en longue robe de velours cramoisi doublée de velours noir ; le receveur, en robe de satin fourrée de martre ; les conseillers, en babils de soie fourrés de ricbe panne; les seize quarteniers, en robe de satin tanné. >.

Ceux qui devaient porter le dais étaient quatre élus de la draperie, en robes de velours tanné, quatre jurés deTépicerie, en velours noir, quatre de la mercerie en. velours pers, quatre de la pelleterie, en velours, violet, fourré de lubernesj quatre de la boutonneriej en velours gris, et quatre de l'orfèvrerie, en velours rouge.

Le prév6l des marchands, de Tbou, mit pied à terre à la porte de la maison où était Tempereur, lui fit sa harangue et lui présenta les clés de la ville. L*empereur répondit par la bouche du connétable duc d'Albe, prit les clés et les donna à un archer, qui les rendit aux échevins.

Pendant ce temps, le parlement était en marche pour venir, à son tour, saluer Tempereur. Ses membres s*étaient assemblés^ à midi, au palais, et, vers deux heures, ils partirent tous à cheval dans Tordre accoutumé. Le premier président portait la robe et Tépitoge d*écarlate ; les présidents marchant deux à deux, avaient des robes et des manteaux . d'écarlate fourrés de menu vair, la tète coiffée du chapeau de velours bordé d-or ; les conseillers et le procureur général, tous en robe écarlate et chaperons, de même fourrés de menu vâir; les avocats « honnêtement vêtus, selon leur état », ayant leurs chaperons à bourrelets. ,

Dès qu'ils furent arrivés, le premier et les autres présidents du parlement furent introduits en présence de Tempereur, à qui ils adressèrent un discours pour le complimenter. Il les remercia et les congédia; après quoi le défilé de rentrée à Paris commença en présence d'une foule si considérable, que, de mémoire d'homme, jamais on n'avait vu une telle multitude venue, non seulement des divers quartiers de Paris, mais encore des environs. CSe fut le capitaine des gardes, de Nancey, maître des cérémonies, vêtu d'une saie brodée d'or et d'argent, qui, monté sur un cheval caparaçonné magnifiquement, et un bâton blanc à la main pour commander an peuple de faire place, ouvrit la marche; suivait, à cheval, le grand prévôt de la connétablie et maréchaussée de France, accompagné de ses archers. Après vint une foule de gentilshommes français, tous en habits de cérémonie, le prévôt de l'hôtel, avec ses archers marchèrent ensuite, puis les secrétaires du roi, vêtus de robes de damas, les conseillers du grand conseil en robes de satin, et les maîtres des requêtes, vêtus de velours noir, les 200 gentilshommes de la maison du roi, suivis de ceux de la maison de l'empereur, en habits de deuil. Les suisses de la garde

du roi marchaient à pied enseignes déployées, et, après eux, les trompettes du roi et les princes, les rois et les hérauts d'armes. Ensuite, venaient les audienciers et contrôleurs de l'audience en manteaux d'écarlate fourrés de lettce^ et nu-tète, suivis d'une haquenée blanche caparaçonnée de drap d'or, portant le coffre qui renfermait les sceaux de l'État. ^

Ce coffre était couvert d'un voile transparent, et la jument était conduite par deux valets habillés de pourpoints de velours cramoisi. Soivait le chancelier en robe de velours cramoisi figuré et en manteau d'écarlate fourré d'hermine, monté sur une mule harnachée et houssée de Yeloois cramoisi. Les quatre chauffe-cire de la chancellerie, tête nue, escortaient le coffre; ils étjiient aussi vêtus de velours cramoisi. Le grand écuyer venait ensuite; il portait un manteau de drap d'or frisé, et était monté sur un cheval de parade caparaçonné de velours violet, semé de fleurs de lis d'or. A sa droite^ était le grand écuyer de l'empereur, vêtu de drap noir, portant le petit collier de la Toison d'or. Marchaient aussi à ses côtés le duc de Guise, grand chambellan de France, décoré du grand collier de l'ordre, les cardinaux de Bourbon, de Toumon, de Givry, Gasdi, Lenoncourt, Màcon et Ghàtillon, dans leurs chapes cardinales; après eux, le seijgneur de Montmorency, connétable et grand-maître de France, portant l'épée nue devant l'empereur.

Venait enfin l'empereur Gharles-Qoint, promenant son regard froid à reflets bleus devant lui, et cheminant, avec toute la gravité espagnole, sur un cheval noir, caparaçonné de noir, accompagné, à sa droite, du dauphin de France, et, à sa gauche, du duc d'Orléans, et suivi des ducs de Vendôme, de Lorraine, de Nevers, d^Albe, du comte d'Egmont et de plusieurs autres grands seigneurs, des chevaliers de l'ordre et d'une multitude de gentilshommes et d'officiers.

La marche était fermée par les quatre compagnies des gardes du roi.

L'empereur, étant arrivé à la porte Saint-Anto'ne, refusa d'abord de se placer sous le dais; mau, à la prière des échevins, il finit par y consentir. Dès qu*il eut fhinchi le seuil de la porte, le canon de la Bastille tonna, et on estime à 800 le nombre des coups qui furent tirés en son honneur. L'empereur s'arrêta plusieurs fois dans sa marche, qui ressemblait fort à une marche triomphale, pour regarder la représentation des mystères qu'on jouait sur des théâtres élevés devant les Tournelles, à la porte Baudoyer et à quelques autres endroits.

Toutes les rues étaient magnifiquement parées de draperies, de tapisseries et de fleurs; le pont Notre-Dame était décoré de feuilles de lierre, d'écus aux armes de l'empreur, de candélabres et de girandoles, et d'ornements de toute nature

Le graûd jour venu, au b

Charles-Quint descendit d'abord à Notre-Dame, i où un Te Deum fut chanté en son honneur, après quoi il se rendit au Palais, où François I*', envi- | ronné de princes el de Beig:neurs, le reçut au bas i des grands degrés ; ils montèrent ensemble à la I grande salle où un banquet était préparé. A ce \ banquet prirent place, à la table de marbre de l'empereur, le roi, le dauphin et le duc d'Orléans, i le légat du pape, le roi de Navarre, les cardinaux de Bourbon el de Lorraine , et les ducs de Vendôme et de Lorraine.

Dans la salle des plaids, du côté de la Cha< pelle, était dressée une autre table où s'assirent les gens du parlement, le prév6t des marchands et les écbevins.

Après le souper, la reine Marguerite, fille du roi, la reine de Navarre et d'autres princesses el dames de la cour firent leur entrée dans la grande salle, et un bal avec mascarade termina la fête ce jour-là.

Le lendemain , l'empereur alla demeurer au Louvre, qui avait été splendidement décoré par Liv. 5î

une armée d'ouvriers qui s'efforcèrent, malgré son état de délabrement, de lui donner l'aspect d'une magnificence superficielle, puisqu'il fallut le reb&tir entièrement l'année suivante.

Le corps de ville alla lui présenter son fameux Hercule d'argent, qui fut accepté, et, pendant les sept ou huit jours que Gharles-Quinl passa à Paris, on ne s'occupa que de fêtes et de divertissements.

Charles-Quint n'était cependant pas au fond sans inquiétude — un trompeur craint toujours rencontrer plus fin que lui. — Un jour le jeune duc d'Orléans, peut-être à l'instigation de quelque seigneur, s'élança sur la croupe du cheval que montait l'empereur et, l'entourant de ses petits bras, lui cria :

— Sire I je vous fais mon prisonnier.

Gharies pâlit, mais jetant les yeux autour de lui il vit que rien ne le menaçait el se mit à sourire.

Les fêtes continuaient.

On eût dit que le Pactole roulait ses flots d'or Si

dans la capitale : grands et petits, riches et pauvres, entraînés par le courant, ne semblaient occupés que du soin de se divertir. Tous les prisonniers furent mis en liberté au nom de l'empereur, et, pendant ces huit jours, les hérétiques n'eurent rien à redouter des sévérités de la justice, — qui se rattrapa plus tard.

Ce fut aussi en 4540, que vint à Paris un personnage, dont rentrée se fit sans bruit et sans éclat, et qui fut un des grands artistes de son siècle : Benvenuto Cellini.

Le célèbre orfèvre florentin conquit, on le sait, toutes les sympathies de François I*', qui lui fit. cadeau du Petit-Nesle. Le Petit-Nesle était un séjour de plaisance que le duc de Berry, oncle de Charles VI, avait bâti, hors des murailles, au-delà des fossés de la ville ; il communiquait au grand hôtel de Nesle par un pont-levis, et ses jardins s'étendaient, d'un côté, vers la porte de Bussy, et, de l'autre, le long de la rivière, là où se trouve aujourd'hui le quai Malaquais.

Or, les abords du Petit-Nesle étaient, malgré la récente réorganisation du guet royal et du guet bourgeois, peu sûrs, et, une belle nuit, que Benvenuto revenait du Louvre , porteur de mille écus d'or, que le roi lui avait remis pour les transformer en une belle salière, notre homme fut obligé, depuis longtemps le bac étant parti, »de faire le grand tour, c'est-à-dire de gagner le pont au Change, de traverser la cité, le pont Saint- Michel, pour revenir ensuite sur ses pas, «n longeant le quai des Augustins jusqu'au Petit-Nesle ; il avait placé ses mille écus dans un panier à deux anses; il avait à son côté une épée à fine lame, et son poignard à sa ceinture ; de plus, il portait sous ses vêtements une solide «otte démailles à manches; il n'avait (ïonc pas grand'chose à craindre.

« Je marchais à grands pas, dit-il dans ses Mémoires^ et, après avoir traversé le pont au €hange, je suivis, le long de la rivière, un petit mur qui me conduisait à mon château; bientôt, je me trouvai en face des Augustins. Cet endroit était fort dangereux, bien qu'il ne fût situé qu'à <;inq cents pas de chez moi; mais, comme 11 y avait encore la même distance à parcourir pour arriver à la partie habitée du château, on n'aurait point entendu ma voix, si je me fusse mis à appeler. Je pris donc mon parti sans hésiter, quand je me vis attaqué par quatre bandits armés d'épées. Je cachai lestement mon panier sous ma cape, je tirai mon épée, et, comme mes adversaires me serraient de près, je criai :

« — Avec un soldat, il n'y a que la cape et l'épée à gagner, et, avant de vous les abandonner, j'espère que je vous forcerai à les payer cher. »

Et Benvenuto de s'escrimer bravement contre

eux, en ayant soin d'entr*ouvrir plusieurs fois sa cape pour montrer qu'il n'avait pas l'argent ; le combat ne dura pas longtemps : les bandits reculèrent peu à peu en se disant :

a — C'est un brave Italien, et non celui qoe nous cherchons, ou, si c'est lui, il n'a pas les écus. »

Benvenuto se dégagea donc et continua son chemin; mais ses agresseurs le suivirent; il pressa alors le pas, et, lorsqu'il ne fut plus qu'à cent pas du Petit-Nesle, il prit sa couràe en criant à tue-tête :

c< — Aux armes! aux armes! alerte! alerte!... on m'assassine. »

Quatre de ses élèves, armés de longues piques, accoururent aussitôt à son aide, et leur présence suffit pour mettre en fuite les quatre coquins.

Benvenuto avait su conquérir toute la sympathie de François P' qui lui commanda d'importants travaux, entre autres douze grandes statues d'argent pour servir de candélabres, etc., mais Benvenuto, artiste orgueilleux, fantasque, s'était attiré la haine de la duchesse d'Ëtampes qui finit par le faire prendre en aversion par le roi; un jour de mauvaise humeur, François 1" vint gourmander le susceptible artiste. Celui-ci se jeta à ses pieds, et par un discours flatteur dissipa la tempête; le roi le quitta en l'appelant « mon ami n mais le coup était porté. La duchesse se plaignit de nouveau au roi de Benvenuto et celui-ci dut quitter la cour.

Le 26 août de la même année , fut inhumé, sans aucune pompe, à Saint-NicoIas-des-Ghamps, le célèbre Guillaume Budé, maître des requêtes; c'était la première fois qu'on voyait un magisgistrat exprimer dans ses dernières volontés qu*il voulait être enterré « de nuit, sans semonce et sans que les cloches fussent sonnées, avec une torche ou deux seulement. » II ne voulut point <c qu'on le proclamât ni à l'église, ni à la ville, ni le jour de son enterrement, ni le lendemain, et défendit qu'on mit aucune ceinture funèbre ou autre représentation autour lieu où il serait enterré, le long de l'année de son trépas. »

Ce futen 1539 que François 1" ordonna que les notaires du Chàtelet de Paris tiendraient regi^ très et protocoles de leurs actes et qu'ils signeraient « sans prendre plus grands salaires à cause du registre et ne montreraient les dits registres qu'aux contractants ou à leurs héritiers ou quand par justice serait ordonné, et ne pourraient délivrer une seconde grosse, s'il n'était ordonné par justice». Le nombre des notaires fut porté à cent par François I*'. (Un édit du 9 février 1561 ordonna que ce nombre serait réduit à 60 par voie d'extinction). Le 25 septembre 1540, fut rendu un arrêt des grands jours qui défendit à l'avenir à tous seigneurs

d'avoir en leurs maisons aucuns notaires domestiques.

La montre ou revue de la basoche était une cérémonie si remarquable que François P' voulut y assister ; il fit connaître ce désir au parlement qui, sur la demande de Favocat général de la basoche, ordonna, par arrêt du 25 juin 1540, doux jours de vacances pour être employés à cette fête. Les Clercs en uniforme, musique en tête et bien montés, défilèrent devant le monarque, qui fut charmé de cette b^Ue cavalcade et concéda aux basochîens la permission de couper annuellement dans une de ses forêts deux arbres dont Tun devait être élevé dans la cour du palais, et, pour couvrir les frais de la cérémonie, il leur accorda une somme à prendre sur les amendes adjugées au roi, tant au parlement qu'à la coiir des aides.

(( Cette cérémonie, ditM. Victor Fournel, se faisait en mai, et elle était précédée de démonstrations diverses qui en prolongeaient la durée pendant près d'un mois. A la suite de tous les préliminaires juridiques et légaux, après avoir sollicité et touché la gratification du parlement et de la cour des aides, après être convenus avec les officiers de la maîtrise des eaux et forêts du jour de leur rendez-vous dans le bois de Bondy qui était invariablement un dimanche, les basochiens abordaient lapartie publique delà solennité.Le mercredi qui précédait le dimanche du rendez-vous, le Chancelier, en habit de cérémonie, et lesdeux commissaires nommés pour les recettes et les dépenses de la fête, accompagnés d'un timbalier, de quatre trompettes, de trois hautbois et d'un basson, se rendaient au palais pour donner les aubades et réveils au premier président, aux présidents à mortier, aux procureurs et avocats généraux, aux officiers des eaux et forêts, puis à la basoche elle-même. Le même jour, à midi, ils recommençaient à la porte du parquet, des gens du roi et à quatre ou cinq autres endroits qu'il est inutile d'énumérer ici. Le matin du dimanche convenu, tous les officiers de la basoche, achevai, et vêtus de leurs plus splendides costumes, souvent même d'habits et d'armes dorés, ayant avec eux l'imposant orchestre dont nous avons parlé, allaient chercher à sa maison leur chancelier, qu'ils conduisaient à la Cour du palais. Après un premier discours d'un clerc, la cavalcade prenait la route du bois de Bondy, où elle trouvait les officiers des eaux et forêts également à cheval et suivis des gardes. On déjeunait en commun.

(cLà.on cherchait les deux arbres qu'on voulait choisir, on les faisait marquer par le garde-marteau et on se séparait. Quelques jours plus tard, le charpentier de la basoche allait les couper et les transportait à Paris dans la cour du palais.

a Le grand jour venu, on abattait l'ancien mai, et, sur son emplacement, au son joyeux des instruments, aux acclamations des badauds et des

clercs, on élevait le nouvel arbre, décoré des armes de la basoche qu'on y attachait en les entourant de lierre, et qui portaient au bas de l'écu les noms du chancelier et des deux commissaires en exercice. Le mai s'élevait au bas du grand escalier du palais, vis-à-vis la rue de la Vieille-Draperie.

«Comme les autres fêtes des basochiens, la plantation du mai avait pour suite naturelle une représentation dramatique. »

La basoche, au XVI* siècle, formait unemiUce considérable qui savait reconnaître par de bons services les faveurs royales. Aussi lorsque sous Henri II il fallut des hommes pour pacifier la Guyenne, le roi de la basoche offrit au roi de France 6,000 de ses sujets. L'offre fut bien accueillie; et, au retour des basochiens, Henri II leur demanda de quelle façon ils entendaient être récompensés.

— Par rhonneur de servir Votre Majesté partout où elle voudra nous envoyer, répondirentils.

Et, à partir de ce moment, la basoche fut plus que jamais bien en cour ; mais, enrevanche, on la vit^peu à peu, refroidir les bonnes dispositions du parlement à son égard, qui se montra à plusieurs reprises fort mécontent des libertés que prenaient les basochiens de jouer des farces qui ridiculisaient, par de fines satires, les abus et les vices de leur époque.

En 1548, le parlement dut interdire la représentation de tous les Mystères, et en même temps surveiller de près les jeux scéniques des basochiens.

* Sous la Ligue, à la faveur du désordre qui régna dans Paris, les clercs de la basoche retrouvèrent leur verve et leur audace, et ils représentèrent sur la Table de Marbre une comédie satirique contre Henri III. Celui-ci s'inquiéta de la puissance des basochiens, et il supprima d'un trait de plume le roi des basochiens, et défendit la montre générale. Cependant, sous Henri IV, les comédiens purent de nouveau donner libre essor à leur gaie science, mais la basoche avait été frappée au cœur par les mesures prises par Henri III, et la corporation des clercs déclina visiblement ; ses représentations dramatiques, dont la dernière date de 1582, cessèrent au profit de celles des comédiens de l'hôtel de Bourgogne ; le privilège de battre monnaie lui fut retiré, les cavalcades et les processions à travers la ville furent interdites, et il ne resta guère aux basochiens pour conserver la faveur populaire, que le droit de cause grasse : c'était une cause plaisante qui se plaidait publiquement le jour de carême-prenant, et dans laquelle les clercs-avocats se livraient à des plaidoyers d'une bouffonnerie qui n'était pas toujours de bon goût. Les expressions crues, les plaisanteries graveleuses, les allusions grossières épicaient cette farce carnavales

HISTOlitE NATIONALE DE PARIS ET DES PARISIENS

que qui avait le privilège de faire lire aux larmes tous ceux qui venaient l'écouler.

Cette cause se plaidait de 9 heures à midi, en grahd apparat, par devant la cour basocbiale ; elle roulait d'ordinaire sur un fait ridicule, une équivoque salée, presque toujours grivoise et trop souvent obscène. C'était à qui des avocats se distinguerait* par la plus complète liberté de paroles et cela dégénérait parfois en telles

Aigalère da Benveniito CeUinl.

licences, que, par respect pour les mœurs, on dut abolir la cause grasse au commencement du règne de Louis XIII ; elle reparut sous Louis XIV et ne fut définitivement supprimée qu'au XVIII» siècle.

Lesbasochiensélaientalorsbiendécbusde leurs droits et privilèges du temps passé ; néanmoins, ils formaient encore une association particulière qui fut mêlée aux agitations de la rue, lors de la révolution de 1789. La basoche forma un batail* Ion qui porta son nom et les basochiens qui le composaient avaient un uniforme rouge avec

boutons et épauleltes en argenL Ce bataillon fat supprimé le 18 juin 1790 et réuni à la garde nationale.

Ce reste d'une institution jadis florissante, disparut définitivement à la suite du décret du 13 février 1791, qui supprima les jurandes, lei maîtrises et les corporations.

La basoche du CbÂtelet, qui était une branche de la basoche du parlement, subit à peu près le sort de son aînée ; la plantation d'un mai lui fui interdite en 1571, mais elle resta en possessiiio du privilège de sa montre générale, quiee faisait, dans l'origine, le Jour du mardi gras et qui,àpar' tir de 1558, fut passée le lundi de la Trinité.

« La marche s'ouvrait, dit l'auteur des Speeiacles populairei par une musique guerrière oii figuraient les inévitables trompettes, hautbois et timbales; venaient ensuite les attributs de la Juslice militaire :1e casque, les gantelets, la cuirasse, la main de justice, le bâton de commandement, portés en grande pompe par des membres de la corporation. Puis, derrière leurs trompettes et timbales particulières et précédés de leurs sigD(?s honoriiiques, s'avançaient quatre-vingts huissicii à cheval et 180 sergents à vf noirs ou de couleur, mais m central de cette immense ca' de 120 huissiers-priseurs etd dienciers, en robes du palai sairesduCb&telet, couverts^ d'undes avocats du roi, des p tenant civil, tous en robes r che était Fermée par quelq greffiers au Chàtelet. I* cor l'ordre que nous venons i premier président, le chancelier, le procureur général et le prévAt de Parb. C'était an des grands divertissements des badauds que cette bizarre cavalcade et presqu'une renaissance da carnaval.

La basoche du parlement et celle du Chàtelet n'étaient pas toujours d'accord, tant s'en faut, d Roger de GoUerye nous a laissé en vers, 1« soovenir d'un état d'hostilité qui se traduisît en plusieurs occasions par quelques têtes cassées des deux côté).

Celle du Chàtelet se continua comme son ainée jusqu'à la révolution de 1789.

Quant à la troisième, la basoche de la chambre des comptes, ou souverain empire de Galilée, dont nous avons déjà parlé (son nom lui venait de la rue de Galilée située au quartier de l'enclos du palais, où les clercs s'assemblaient pour tenir séance); elle avait aussi au XVI* siècle ses solennités ; la veille et le jour des Rois ramenaient une cérémonie qui consistait en une marche à travers Paris, au son des trompettes, dans le genre des montres. Tous les sujets et supp6ts du haut et souverain empire de Galilée allaient en costume d'apparat, donner des aubades et distribuer des

Ignace de Loyola, fondateur de l'ordre des Jésuites.

COSTUMES DE PAHIS A fRAVEBS LES SIÈCLES

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