L'EGLISE NOTRE-DAME-DES-CHAMPS
du Cherche- Midi, désignation synthétique qui embrasse à la fois l'hôtel du Conseil de guerre et la prison militaire, installés vis-à-vis l'un de l'autre, celui-là dans l'ancien hôtel de Vérue, possédé ensuite par le comte de Toulouse, celleci à la place de la communauté du Bon-Pasteur, qui déjà n'était guère autre chose qu'une maison de réclusion pour les femmes égarées.
Un regard de canalisation d'eau a servi à baptiser la rue du Regard, bien moins fréquentée aujourd'hui qu'au temps où, la rue de Rennes n'existant pas, elle formait, avec la rue Notre- Dame-des-Champs, une voie de communication directe entre la rue de Grenelle et l'Observatoire.
La rue de Fleurus a pris en 1798 e nom de la bataille où Jourdan vainquit le prince de Cobourg en 1794. Avant, c'était le cul-de-sac Notre-Dame-des - Champs. Les rues voisines, la rue Duguay-Trouin, la rue Jean- Bart sont aussi calmes et retirées qu'elle, en dépit de leurs noms d'héroïques marins. Elles ont été, ainsi que la rue Madame (Madame, femme du comte de Provence, plus tard Louis XVIII), crées au détriment du jardin du Luxembourg.
Resserré entre la Seine au Nord, la rue des Saints-Pères à l'Ouest, la rue de Seine à l'Est et la rue du Four au Sud, le quartier Saint- Germain-des-Prés est le moins vaste de l'arrondissement. Ce petit espace renferme néanmoins plusieurs monuments importants; il rappelle des souvenirs intéressants qui méritent bien qu'on en parle. A l'origine, il consista exclusivement dans l'enclos et les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. L'Université acquit au xni^ siècle toute la région voisine de la Seine, au nord de l'abbaye, d'où le nom de Pré aux clercs, dont la Chronique du règne de Charles IX, de Mérimée, et l'opéra-comique d'Hérold nous ont fait un tableau plus aimable qu'exact.
Il en fut ainsi jusqu'à la fm du xvi« siècle, époque où Marguerite de Valois — la reine Margot devenue ermite après que Henri IV l'eut répudiée — s'y fit construire un hôtel, et fonda un couvent d'Augustins contigu à cette demeure. Le couvent, supprimé par la Révolution, fut choisi par Alexandre Lenoir pour y recueillir, sous le nom de Musée des Monuments français, toutes les œuvres de sculpture que fournissait en si grand nombre la mainmise par la Nation sur les églises et communautés religieuses. La mémoire de Lenoir doit être honorée par tous les amis de l'art, car c'est à lui, et à lui seul, qu'on doit la conservation de pièces de premier ordre dont le Louvre s'enorgueillit à bon droit. Après la regrettable dispersion de toutes ces œuvres, ordonnée en 1816 par Louis XVIII, l'Ecole des Beaux- Arts fut établie la même année aux Augustins; elle y est encore. L'entrée principale est sur la rue Bonaparte. On pénètre dans une vaste cour où sont exposés de beaux fragments de sculpture de la Renaissance française, provenant du château de Gaillon. Au fond,