L'OPÉRA ET LES BOULEVARDS A LA FIN DU XYIIP SIÈCLE
tance, et à construire un aqueduc digne des Romains, au-dessus de celui que, treize cents ans avant, ils avaient élevé à Arcueil.
Louis XIII, enfin, renferma dans Tenceinte de la ville par une fortification continue la région de l'Ouest, jusqu'à la rue Royale et aux grands boulevards, qui devinrent alors le fossé de cette enceinte. Au delà de cette enceinte, une belle promenade fermée de grilles, fut tracée le long de la Seine : le cours la Reine, lieu de rendez-vous habituel desboulevardiers d'alors. La place Royale, le cours étaient les deux seuls endroits de Paris où il fût de bon ton de se promener en carrosse.
L'excessive dévotion d'Anne d'Autriche peupla [de couvents le faubourg Saint-Jacques : Feuillantines, Ursulines, Visitandines, religieuses de Port-Royal, religieuses du Yal-de-Grâce. La chapelle de ces dernières fut traitée avec un luxe tout particulier, qui fit l'admiration des contemporains plus qu'elle ne fait la nôtre, encore que ce soit le meilleur morceau d'une architecture bien dégénérée.
Il n'est que trop vrai que l'architecture religieuse des deux derniers siècles de l'ancien régime ne peut soutenir la comparaison avec celle du moyen âge. Qui oserait préférer Saint-Roch à Saint-Merri ou à Saint-Séverin? Quel bijou plus délicatement ciselé que la tour Saint- Jacques?
Gette majesté, si froide et triste à nos yeux, où avait abouti le style religieux paraît bien moins choquante dans les édifices civils du même temps. La colonnade du Louvre, les places Vendôme et des Victoires, les portes Saint-Denis et Saint-Martin, tous ces monuments dus à la vanité de Louis XIV ont une réelle grandeur et honorent Paris. Ils ont pour beaucoup contribué à accroître l'universel renom que lui avaient valu les siècles. On put croire alors que la ville était à l'apogée de sa splendeur. Qu'en penserait aujourd'hui l'orgueilleux monarque?
Le 7 mai 1717, le tsar Pierre le Grand fit une visite solennelle à la capitale. Les relations du temps sont pleines de détails sur ce voyage que l'on a justement rapproché de celui de l'empereur Nicolas II,
encore présent à toutes les mémoires. Pierre le Grand se fatigua bientôt des rigueurs du protocole. Aux appartements magnifiques qu'on lui avait préparés au Louvre, il préféra le séjour plus simple de l'hôtel de Lesdiguières (au coin de la rue du Petit-Musc et du quai des Gélestins). Là encore, se soustrayant à l'escorte de huit gardes du corps préposés à sa garde, il aima mieux vivre à sa guise , sortant incognito.
a Le tsar, dit un chroniqueur (Dubois de Saint- Gelais), n'en usoit ainsi que parce que sa curiosité le conduisoit chez d'habiles ouvriers, ou chez des curieux, où une nombreuse suite auroit été aussi embarrassante que peu convenable. )) Les Gobelins et la Monnaie (alors installée rue de l'Arbre-Sec) paraissent l'avoir surtout intéressé. Il ne quitta la capitale que dans le courant de juin.
PARIS DANS LE PASSE
Théâtre historique.
Théâtre impérial. Folies-Dramatiques. La Gaîté.