‹ Paris--atlasChapitre 129 sur 339 · FAÇADE DE L'ÉGLISE DE LA MADELEINE, VUE DE LA RUE ROYALE · texte numérisé non relu

FAÇADE DE L'ÉGLISE DE LA MADELEINE, VUE DE LA RUE ROYALE

Gourdes, et y gagna d'être close en 1770. C'est ce que nous apprennent deux notes, encore inédites, du ministre de la Maison du roi, adressées au procureur de la Ville. La première, du 14 janvier 1770, débute ainsi : «Monsieur, je joins ici un plan signé de moi pour l'ouverture de la rue des Gourdes, qui doit être percée conformément à l'arrêt du Conseil et prendre le nom de rue du Colisée...» La seconde est plus piquante; elle est datée du 3 juin de la même année : «... La ruelle qui règne tout le long des jardins, derrière le Colisée, devient dangereuse et il vient beaucoup de monde la nuit, ce qui est contraire à l'exacte police et à la sûreté publique. Ainsi, à la réception de ma lettre, vous ferez poser une porte de chêne neuve, et de résistance, à chaque extrémité de cette ruelle et vous ferez remettre une des clefs de ces portes à chacun des propriétaires des maisons qui bordent cette ruelle. Il n'y a pas un moment à perdre pour exécuter cette opération...)) (Arch. nat.,0M12.)

V avenue et la rue Matignon concourent à commémorer le nom d'une noble famille de maréchaux. La première s'appela jusqu'en 18S0 allée

ou avenue des Veuves; elle est en effet le prolongement, en deçà des Champs-Elysées, de cette allée des Veuves, devenue maintenant avenu^/ Montaigne.

l .' lie Matignon — que l'on pourrait débaptiser sans crainte, ainsi que la rue Montaigne, afin d'éviter les confusions que créent ces similitudes de vocables pour des voies si peu distantes — nous amène à pénétrer dans le quartier de la Madeleine. Pour être fidèle à la vérité historique, il faudrait dire : la Madeleine de la Ville-rÉvêque. L'évêché de Paris possédait, en effet, cette région des faubourgs de Paris ; il y avait une ferme avec de vastes dépendances en culture, dont l'ensemble s'appelait villa episcopi. Au xiii^ siècle, une paroisse fut jugée nécessaire pour les colons de l'évêque, les laboureurs de la ferme ; mais ce n'est que plus tard qu'elle fut mise sous le vocable de sainte Madeleine, au plus tôt en 1492, date de la reconstruction de cette église et de la fondation qui y fut faite alors d'une confrérie de

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