L'ÉGLISE SAINT-VINCENÏ-DE-PAUL
dernière de sa splendeur; un grand terrain, vide, comme il l'était trois
siècles avant, en rappela le souvenir; longtemps, on ne sut qu'en faire.
Sous le premier Empire, les bronzes de la colonne Vendôme y furent
fondus dans des ateliers construits tout exprès. En 1826, le terrain
appartenant alors à M^^ de Bellecôte, une rue y fut ouverte sous le nom de rue Neuve-Chabrol, parce qu'elle continuait celle qui avait reçu en 1822 le nom du préfet de la Seine, M. de Chabrol.
Les choses auraient peutêtre aujourd'hui encore le même aspect sans le bouleversement radical qu'apporta au quartier, sous le second Empire, le percement du boulevard de Strasbourg, puis la construction de la gare de Strasbourg", œuvre de Duquesney, que Ton jugeait alors à bon droit monumentale, mais que les développements immenses pris par l'industrie des transports ont rendue si insuffisante qu'on en a dû tripler la superficie en y absorbant les rues de Metz et de Nancy, du côté du faubourg Saint-Martin, la majeure partie de la rue d'Alsace, de l'autre côté.
Quels progrès en un demi-siècle! La première gare de PEst était située près de la barrière des Vertus, rue d'Aubervilliers ; c'est de là que, le 10 juillet 1849, partit le premier train pour Meaux; la ligne n'allait pas encore plus loin, et il n'y avait que trois trains dans chaque sens. Les constructions énormes qui se sont effectuées, ici comme dans toutes les autres gares parisiennes, créent entre les chemins de fer à leur origine et à leur état actuel la même différence qu'entre les wagons et les diligences ; mais chaque médaille a son revers. A la gare de PEst, au moins aujourd'hui, les quais d'embarquement des voyageurs sont distants d'environ 300 mètres de l'entrée même de la gare, ce qui ne va pas sans inconvénients pour les personnes peu valides et les retardataires.
La rue Neuve-Chabrol, devenue rue de Strasbourg, conduit en quelques pas au boulevard Magenta, dont nous reparlerons. De là, cinq minutes suffisent à gagner la gare du Nord, par le boulevard Denain, que l'euphonie seule a empêché de nommer correctement boulevard de Denain ; il s'agit, en effet, du village du Nord ou Villars s'illustra, en 1712, par sa victoire sur le prince Eugène.
C'est en 1844 que fut décidée la création d'une ligne de chemin de fer de Paris à la frontière de Belgique. Dès le mois de février, la municipalité de Saint-Denis eut à délibérer sur
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Phot. Gaillard.