LA PLACE VOLTAIRE ET LA STATUE DE LEDRU-ROLLIN
PO PIN COURT. — 41« QUARTIER : LA FOLIE-MÉRICOURT. — 42« quartier : SAINT-AMBROISE. 43« QUARTIER : LA ROQUETTE. — 44^ quartier : SAINTE-MARGUERITE.
ou s voici définitivement entrés dans le Paris du travail, la ruche ouvrière des laborieuses abeilles (pourquoi faut-il qu'il s'y mêle-t-il tant de nuisibles guêpes!), et nous n'en sortirons plus qu'une fois, désormais, pour décrire l'opulent XYP. Le XP arrondissement, dit Popincourt, est aussi le dernier (dans l'ordre numérique) qui appartienne entièrement au Paris du temps de Louis XVI, qui soit compris dans l'enceinte des boulevards auxquels on a laissé le nom d'extérieurs : le XII*' chevauche sur l'ancien Paris et le territoire annexé en 1860; les huit derniers sont en presque totalité constitués par ce territoire nouveau. Au risque de paraître maussade, nous nous déclarons médiocrement satisfait de la dénomination choisie pour l'arrondissement. Popincourt n'était qu'un lieu-dit, sans importance historique. A choisir un nom emj)runté à la topographie, la Roquette eût été certainement préférable; on eût trouvé sans peine un autre vocable pour désigner le quarante-troisième quartier.
Le XP arrondissement a pour limites le milieu de la place de la République et l'axe de la rue du Faubourg-du-Temple, qui le séparent du X^; — l'axe des boulevards de Relleville, de Ménilmontant, de Charonne et de l'avenue du Trône, qui le séparent du XX^; — de la place de la Nation et de la rue du Faubourg-Saint- Antoine, qui le
séparent du XIP; — de la place de la Bastille, des boulevards Beaumarchais, des Filles-du-Calvaire et du Temple, par lesquels il confine aux IV« et IIP arrondissements.
Sa superficie est de 361 hectares, inférieure à celle des neuf arrondissements qui le suivent, supérieure à celle des six premiers, du IX« et du X«. Sa population, très dense en raison de la surface, était de 225,325 habitants au recensement de 1896; donc, trois députés, privilège du nombre et de la députation où seul le XVIIP lui tient tête.
A parcourir ce vaste espace, l'amateur de pittoresque ne trouve à faire qu'une bien maigre moisson : cène sont que longues, très longues voies, uniformément bordées de hautes maisons divisées en petits logements. De toutes les parties de Paris, celle-ci est certainement la plus monotone d'aspect. Çà et là, largement espacés, quelques monuments, dont l'histoire et l'architecture n'offrent, eux aussi, qu'un intérêt secondaire.
Le quartier de la Folie-Méricourt doit son nom à un ancien chemin, connu au moins depuis le xvu® siècle et qui menait à la Folie, autrement dit, à la maison de campagne d'un personnage dont le nom de Moricourt s'est défiguré en Méricourt. Même, si l'on en croit Jaillot, le nom primitif aurait été Marcaut, ou Moricaut, ou Moricaute. On eût bien mieux fait de donner à cette région un autre nom, plus précis, plus vrai, plus imagé aussi, celui de la Courtille. Car nous sommes là en pleine Courtille. Il y a cent cinquante ans, pour monter