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JUILLET

On a remarqué et, avec raison., regretté que la commémoration delà journée du 14 juillet n'intervînt, à aucun degré, dans un monument élevé à la gloire de la liberlé. Le hasard a récemment permis de réparer cet oubli, et de la façon la plus inattendue. Dans le courant de janvier 1899, les travaux du chemin de fer métropolitain ont mis au jour les fondations d'une des tours

de la Bastille, celle de la Liberté. On a eu le bon goût de respecter ce vénérable fragment et de le réédifier non loin, sur le terre-plein du quai des Célestins, à l'extrémité du pont Sully. C'est ainsi qu'à cent dix ans de distance, la troisième République restaure le souvenir d'un monument dont la suppression était universellement réclamée, mais dont la destruction fut, pour l'histoire et l'archéologie parisiennes, une perte éminemment regrettable.

Il est toujours loisible de faire des hypothèses. Que l'on se figure la vieille forteresse — vieille maintenant de cinq siècles et demi -restée debout, ayant résisté aux injures du temps — cela lui était facile — et, chose moins aisée, à tous les projets de voies nouvelles, de nivellements, de prétendus embellissements de Paris. Qui donc aujourd'hui songerait à protester? Qui oserait réclamer sa démolition? On lui aurait rendu la destination qu'elle avait jadis partiellement, celle d'un musée d'armes anciennes, ou on en aurait fait un dépôt d'archives; on l'eût encadrée d'un square; les fossés, les ponts-levis

et dormants auraient été mis à profit pour des effets singulièrement pittoresques; ce serait un des plus curieux monuments de la ville, quelque chose comme la fameuse Tour de Londres, et une inscription aurait rappelé aux passants que le peuple de Paris avait voulu conserver, au nom de l'art, l'édifice reconquis par lui au nom delà liberté.

Le chemin de fer métropolitain de Paris a une station sur la place de la Bastille. Elle HOSPICE DES QUINZE-VINGTS. appartient à la

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