STATUE DE PHILIPPE PINEL
LA GARE D'ORLÉANS, (façade sur la cour du départ.)
ù d(»ssorv}r Gorbeil jusqu'à l'année 1863, époque où la Gom- |)ai,'nic dr- Paris-Lyon-Méditerranée, ayant construit la voie {'Dire Villcncuve-Saint-Georges et Juvisy par Draveil, lui rarhcla ](' (racé de Juvisy à Gorbeil.
La pio.ce Valhuhert porte le nom d'un général qui, comme le rolojK^I ^lazas, fut tué à la bataille d'Austerlitz. Elle a reçu vv[U' (léûoiniaation en 1806, en même temps que le pont dWmlerhfz dont la construction venait de s'achever sous le iiniH dv |H>iU du Jardin-du-Roi. Il était alors en fer; en 1855 on Ta rrriuislruit en pierre, et, vingt-deux ans après, il a été son^iblr|^^ul élargi sans que — ceci est à la louange des ingéîiH»urs - ' la, circulation dessus ou dessous ait été interrompue un seul jour.
Lorsque, en 1790, les limites de Paris furent constituées par les boulevards longeant l'enceinte des fermiers généraux et pour cette raison dénommés boulevards extéi"ieurs, le boulevard de la Gare n'existait pas encore. La capitale se terminait boulevard de l'Hôpital et à l'enclos de la Salpêtrière. Là où se réunissent maintenant les rues Bruant et Jenner — autrefois rue des Deux-Moulins, — était la barinère dite des Deux-Moulins, et sur le quai, vis-à-vis la rue Yilliot [XIP arrondissement], la barrière de la Gare. G'est en 1818 que le mur d'enceinte fut reporté au tracé du boulevard de la Gare, qui reçut alors le nom de boulevard d'Ivry (la dénomination actuelle ne remonte qu'à 1864), et que, au détriment de la commune d'Ivry, Paris s'accrut du triangle compris entre les deux boulevards et la rue Jenner.
Pauvre acquisition, d'ailleurs, de quelques masures constituant le hameau dit d'Austerlitz ou des Deux-Moulins.
Nous avons retrouvé aux Archives le rapport inédit du ministre de l'Intérieur, M. Laine, à Louis XVIII, où est exposée cette opération. Le voici :
« Sire,
(( En ordonnant la construction de plusieurs abattoirs pour la Ville de Paris, le gouvernement a voulu qu'ils ne pussent être placés au dehors des barrières, afin de faciliter la perception des droits d'octroi. Gelui de Villejuif est le seul pour lequel on n'a pu trouver d'emplacement intérieur convenable ; il a fallu le placer à l'extérieur, sur le territoire de la commune d'Ivry, mais avec l'intention, maintenant réalisée, de reculer le mur d'enceinte au delà de cet abattoir. Ge nouveau mur désigné au plan ci-joint par un liseré rouge, part de la barrière d'Italie et va aboutir au quai de la Gare ; il comprendrait dans l'enceinte de Paris l'abattoir, le hameau d'Austerlitz et tous autres bâtimens et terrains qui sont enveloppés par le liseré bleu.
(( Le Gonseil général de la Seine faisant les fonctions de Gonseil municipal et le Préfet du département ont demandé que partie du territoire de la commune d'Ivry en fût détachée, et que la limite entre cette commune et Paris fût fixée par le nouveau mur.
« Le Gonseil municipal d'Ivry y consent. En conséquence, j'ai l'honneur de proposer à Votre Majesté l'ordonnance dont le projet est ci-joint. »
(Arch. nat. F^ II, Seine, I.)
Le Gonseil municipal d'Ivry déclara ne pas s'opposer à cette distraction, et se borna à demander « que le rôle d'imposition et de contrôle des gardes nationales fût diminué en raison du nombre de citoyens qui cesseraient par ce fait d'appartenir à la commune ». — L'ordonnance royale est du 6 janvier 1819.
Les agrandissements, en 1867, de la gare d'Orléans eurent pour effet de supprimer la majeure partie de la rue de la Gare et de faire disparaître un bien curieux établissement, nommé familièrement l'hôtel des Haricots et solennellement : Maison d'arrêt de la garde nationale. Parler aujourd'hui de la garde
TREIZIEME ARRONDISSEMENT
creuser en 1769 sur la rive gauche de la Seine, au delà de la Salpêtrière. En ce temps, les inondations, les débâcles de glaces étaient bien plus redoutables qu'aujourd'hui. C'est pour les en préserver que ce garage avait été imaginé. Pourquoi le projet fut-il abandonné, nous l'ignorons. Le plan de Jaillot (quartier de la place Maubert) en porte la trace avec cette mention : « Emplacement qu'on avoit destiné pour la construction d'une gare. » Il est assez piquant que ce soit une gare de chemin de fer qui se soit substituée à celle des bateaux, de façon à faire naître à la fois la confusion et l'analogie.
Au demeurant, triste quartier, encore qu'avec ses quarante mille habitants, il soit le plus peuplé de l'arrondissement. Et cependant il n'est parisien que depuis 4860, date où l'annexion en dé-
GARE D'ORLÉANS, (façade sur la place valhubert.)
nationale et de sa prison c'est presque faire de l'archéologie préhistorique. Pourquoi ce nom d'hôtel des Haricots? C'est toute une histoire. Sur la place du Panthéon, la bibliothèque Sainte-Geneviève occupe maintenant l'emplacement du collège de Montaigu. Rabelais l'a appelé collège de pouillerie ; les écoliers, eux, le surnommaient collège des haricots en raison de la maigre chère qu'ils y faisaient. Or, après la Révolution, la prison de la garde nationale ayant été installée dans ses bâtiments, le surnom ne se modifia que légèrement : on l'appela hôtel des haricots et ce sobriquet accompagna la prison dans ses résidences successives, à l'hôtel de Bazancourt, rue des Fossés-Saint-Bernard, puis rue de la Gare, où elle fut installée en 1837. Ce fut son plus beau temps. N'était pas garde national qui voulait ; mais beaucoup l'étaient qui n'auraient pas voulu l'être, au moins les jours de corvées ; aussi les punitions étaient-elles fréquentes et les cellules de l'hôtel des Haricots toujours occupées. Souvent les prisonniers étaient des artistes: dessinateurs, peintres, sculpteurs, poètes, prosateurs, professeurs, et pour tuer le temps, ils décoraient les murs de leur cachot, chacun dans le genre qui lui était familier.
Musset y a ébauché la première strophe d'une de ses pièces de vers, bien connue :
On dit : triste comme la porte D'une prison,
Et je crois, le diable m'emporte, Qu'on a raison.
Voici, en outre, un joli madrigal en quatrain, signé Théodore de Banville :
Phyllis, ne plaignez pas celui qui, dans cette ombre, Songe à vos yeux d'azur, pleins d'étoiles sans nombre. Grâce à ces yeux, auteurs de tous les maux soufferts, Voici déjà longtemps que j'étais dans les fers !
Pour les dessins illustrant les muniilh's, cl dniil l)«s'uicoup, forl humoristiques, étaient signés de noms {'éiMnvs, uous ivnvoyotts au ljvr<' d'Albert de LasaUe, Ullôlel des //^(nVv//.y, «M*ri{ au moment <m\ la maison allait être démolie, et qui est une nonirn<'lalurc compIMOj Uvs spirituellement commentée de toutes ces richesses.
Quartier de la Gare.
Dans le livre en question, l'auteur ayant — naturellement — à parler de la rue de la Gare, dit : « Je n'ai pas besoin de vojis dire pourquoi elle s'appelle ainsi. » Autant vaut dire que c'est à cause du voisinage de la gare d'Orléans! Eh bien! Albert de LasaUe se trompe et avec lui, un très grand nombre de personnes. La rue, puis le quartier doivent leur nom à un port ou gare qu'on eut dessein de
ÉGLISE NOÏRE-DAME-DE-LA-aARE.
posséda Ivry, qui ne se laissa pas faire sans protester. Il existe une petite brochure, dans laquelle ces plaintes sont exhalées : c'est la ruine de la commune d'Ivry si la mesure projetée s'accomplit. Elle s'est pourtant accomplie et Ivry n'est pas ruiné, car l'annexion a eu précisément pour effet de décupler sa population.
Le centre du quartier paraît avoir été voué à la mémoire de la Pucelle et de ses vaillants frères d'armes. Outre la rue Jeanne-d'Arc, qui en est l'artère principale, voici les rues de Patay, de JDomrémy, Xaintrailles, Talbot^ Lahire. Là paroisse est sous l'invocation de Notre- Dame-de-la-Gare. Elle a été construite en 1855, aux frais de la commune d'Ivry, dans le style roman, par rarchiteolfi Naissant.
Nous sommes pou n. Taisn pour <'\pliquor le nom do la ritv du /)ess{ra'i-dr's*fk'ri/es^ située h quelques vingt moires an-