‹ Paris--atlasChapitre 2 sur 339 · LES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

LES ÉDITEURS

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ï/A-NCiBN liOTKl. DE VILLE DE PAEiS. (D'après ime gravure <lu xvji* siècle.)

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proverbe qui est resté usuel : Paris ne s'est pas fait en un jour. Mais ce qui est remarquable, c'est que, dès cette époque lointaine, les deux proverbes, dans le midi de la France, y étaient cités en langue d'oc :

Et ven s'en à Paris, car Paris es ses par, — et s'en vient à Paris, car Paris est sans pair.

Digas les qu'en un jorn Paris non fo ohrat, — dites-lui que Paris n'a pas été fait en un jour.

Le Midi, cependant, avait des capitales dont il pouvait être fier: Toulouse, Bordeaux, Marseille; mais Paris était devenu le siège de la royauté, d'où une grande part, et fort naturelle, de son prestige.

Les événements historiques n'ont, d'ailleurs, pas seuls concouru à faire de Paris ce qu'il est. Sa situation physique l'avait désigné comme un site privilégié pour attirer, retenir, fixer une pop>ulation nombreuse. ^Au Nord et au Sud du fleuve coulant jadis à pleins bords, un cirque de collines boisées, d'un accès facile, sauf une, se prolongeant au loin par des plateaux; vers PEst, entre les deux vallées de la Marne et de la Seine, un débouché non moins aisé ; à l'Ouest, un chemin plus rude à

frayor pfnU-Mro, mais répondant dj'jà préparé par le ronrs du missrau de Sèvres; au (*enln% (pirlquos ib'S {-oinme le lit de la, Seine v\\ oIVre (ant, de urandrur moyenne, buisécs aussi, se délVndanl naturrh h^nirnt, le! ï\\{ \i\ Vww où était înstaHée, il va deux mille ans, la Iribu ga.ui<)isr des ParisH. 1/iine de Ci^s îles, ils la noniinért'îU ifun nom (|ue (lésar a latinisé vn iAiMin ei (|ue nous avons francisé en Luièer, sans pfMivoir en «'Xplii(u<'r h" s$*ns d'une faron c<Mlaîne. Ce ïni leur {dieflieu; ils la l'urtiiiérent, et devenus déjà dédaigneux des barques légères, la joignirent aux rives par deux ponts de bois.

De cette première civilisation, quelques souvenirs matériels seulement sont restés qui prouvent que la tribu n'était pas uniquement cantonnée dans Lutèce. Le sol, tant de fois creusé sur Tune et l'autre rive, a fourni en grand nombre des monnaies gauloises, des carcasses d'animaux anté-historiques, le squelette d'un chef gaulois (dans la cour de l'École des Beaux-Arts), une multitude d'objets usuels en silex taillé. Aux environs, se dressent encore aujourd'hui quelques dolmens, pierreslevées, cromlechs, témoins solennels d'un monde disparu. Enfin, il est possible — mais on n'en est pas sûr — que les Parmï aient honoré Mercure en lui élevant un temple au sommet de la butte située au Nord de Lutèce, et cela justifierait une des étymologies proposées pour le nom de Montmartre, mo7is Mercurii. Un sanctuaire païen y exista incontestablement; toutefois, il serait téméraire d'affirmer qu'il fut antérieur à la domination romaine.

Qui dira ce que fût devenue Lutèce si César ne l'avait pas conquise après le glorieux combat où succombèrent les Gaulois, leur chef Camulogène en tête, pour avoir voulu garder leur indépendance? Ils avaient

PLAN DE PARIS EN 1300. (D'après MM. Mareuse et Taisne.)

détruit leurs ponts, puis brûlé leurs cabanes, afin de ne laisser à l'ennemi, s'il triomphait, que des cadavres et des cendres: ils tinrent parole. Les vainqueurs, eux, se gardèrent bien de laisser abandonné un site aussi favorable; ils y prirent position, colonisèrent, et pendant la période gallo-romaine, Lutèce, redevenue capitale, connut plusieurs siècles de prospérité.

Les témoignages qui le prouvent sont nombreux autant que variés. On savait depuis longtemps, par des relations contemporaines, que les em-

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