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ASPECT DU LOUVRE SOUS CHARLES V

pereurs romains avaient fait construire un palais vers l'extrémité occidentale de File. Des travaux faits en 1847-1848 dans le sous-sol du Palais de justice ont mis au jour les fondations de cet édifice, et ont permis aux archéologues déjuger de son importance. Plus récemment, la commission du Vieux Paris a retrouvé, grâce à d'intelligentes fouilles à la pointe orientale de l'île, puis sous la rue de la Colombe, la preuve non équivoque de l'existence d'une muraille d'enceinte, construite au iii« ou iv^siècle. Dès 1711, une découverte capitale avait été faite sous le chœur de Notre-Dame-de-Paris. On avait exhumé une. série de pierres ayant constitué un monument qui n'était autre qu'un autel, et une inscription indiquait que, sous le règne de Tibère, les nautes parisiens avaient élevé cet autel à Jupiter très bon et très grand. Ainsi, dès le premier siècle de notre ère, les Parisiens avaient formé une corporation de navigateurs, de ba- ^teliers — c'est le sens du mot nautes — régulièrement organisée, à l'imitation de celles qui existaient dans les villes romaines. Cette corporation, on la retrouve plus tard, toujours puissante et maîtresse de la ville; c'est elle qui fonda la municipalité parisienne, qui lui donna son blason, le vaisseau symbolique figuré sur les sceaux dès le xu^ siècle. De l'époque romaine datent encore les deux premiers ponts de Paris, construits dans l'axe de la grande voie qui reliait le Nord et le Sud de la Gaule, représentés aujourd'hui parle Petit-Pont et le pont Notre-Dame.

Voilà pour Lutèce proprement dite, c'est-à-dire l'île qui fut le berceau de Paris. La rive droite de la Seine ne semble pas avoir été habitée au temps des Romains; il n'en est pas de même de la rive gauche, du bord même du fleuve jusqu'au haut du flanc septentrional de la montagne Sainte-Geneviève que l'on nommait

PARIS DANS LE PASSE

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alors Mons Lucotitius. Un faubourg important s'y bâtît pendant les trois premiers siècles, et quelques vestiges vénérables, restés encore debout, suffiraient à l'attester : nous voulons parler des Thermes, et des arènes, que l'on trouvera décrits au cours de cet ouvrage (V« arrondissement), et aussi des ruines de l'aqueduc d'Arcueil, amenant aux Thermes les eaux de Rungis.

D'autres trouvailles ont été faites, à diverses époques, qui établissent l'existance dans ce faubourg d'un théâtre — sur l'emplacement du lycée Saint- Louis — , d'un château militaire, un peu au-dessus, vers l'extrémité inférieure de la rue Soufflot, et d'un camp retranché, de l'autre côté de cette rue, s'étendant jusqu'aux rues Royer-Gollard et Saint-Jacques. On sait enfin que cette dernière, qui représente la voie romaine était, suivant l'usage, bordée de tombeaux; maïs c'est un véritable cimetière gallo-romain qui a été découvert en 1878 au sommet du plateau, sur la droite de cette voie, vers le point où la rue Nicole rencontre le boulevard de Port-Royal.

Au moment où la puissance romaine s'effondra devant les invasions germaniques, Lutèce, comptée au nombre des

villes principales de la Gaule, faisait partie de la quatrième province lyonnaise, dont le chef-lieu était à Sens. Ainsi qu'il arriva pour la plupart des cités, son nom originel avait été substitué à celui de la tribu qui l'avait fondée; on ne disait plus Lutèce, on disait Paris.

Dans le tableau rapide que nous esquissons du développement de Paris à travers les temps, la période qui suit n'a qu'une petite place. Le sang de saint Denis et.de ses deux compagnons, siants Rustique et Eleuthère avait été, fécond pour la cause du Christ : la ville se christianisa et la nouvelle religion, si ardemment proscrite, inclina sous sa loi les Francs envahisseurs. De gracieuses légendes veulent que sainte Geneviève ait dompté Attila, qu'un évêque ait fait courber la tête de Clovis. Dès lors, la puissance de l'Église éclate : sous les Mérovingiens, Paris commence à devenir une ville monastique; les églises sont peu nombreuses encore, mais des abbayes se créent, dont l'influence et les richesses ne feront que s'accroître durant douze cents ans : c'est, sur l'ancien mont Lucotitius, l'abbaye de Sainte-Geneviève, fondée par Clovis sous le nom de Saint-Pierre-et-Saint-Paul ; c'est, sur la même rive, l'abbaye de Saint-Vincent, devenue Saint- Germain -des -Prés, que fonda Ghildebert; c'est, peu après, sur la rive droite, un couvent, desservi d'abord par quelques moines, aujourd'hui Saint- Germain -l'Auxerrois; enfin, à deux lieues au Nord de la ville, l'insigne basilique dans laquelle Bagobert fit solennellement transporter les restes de saint Denis.

Une statue monumentale de Charlemagne a été élevée sur le Parvis Notre-Dame — la vraie place historique du vieux Paris — comme si cet orgueilleux empereur avait des titres à la reconnaissance des Parisiens. 11 n'en est rien, car il décentralisa la capitale pour la transporter au Nord-Est, à Aix-la-Chapelle. Une lamentable , époque allait commencer sous ses successeurs, avec les invasions normandes, qui, par cinq fois, vinrent dévaster la vallée de la Seine. Gomme au temps de César, Paris combattit vaillamment. Deux chdtelets commandaient le cours de la rivière : l'un sur la rive droite,

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