LA MAIRIE DU XIV« ARRONDISSEMENT
c'est-à-dire qu'une souscription est ouverte pour permettre la réédification d'un édifice moins modeste que la chapelle actuelle, dont le cinquantenaire a pourtant été célébré le 9 avril 1899. La nouvelle église doit être sous l'invocation de Notre-Dame-du-Travail ; elle s'étendra entre les i-ues Vercingétorix et Guilleminot. Nombreux sont à Plaisance les établissements d'assistance, d'instruction et les couvents.
Vasile Notre-Dame-de-Bon- Secours, située rue des Plantes, n^ 66, a été institué pour recueillir des vieillards ou des malades, payant pension ou traités à l'aide de fondations dues à la charité privée.
Rue Delbet, se trouve le somptueux dispensaire Furtado-Heine, fondé en 1884; les enfants âgés de moins de quinze ans, y reçoivent les consultations médicales et les médicaments nécessaires à leur rétablissement. De plus, M"^^ Furtado-Heine a fondé, rue Jacquier, n*^ 1, une crèche qui pointe aussi son nom, inaugurée au mois de juin 1896. Cet établissement a coûté 1,500,000 francs.
L'hôpital Broussais, à l'extrémité de la rue Didot, dominant la tranchée du chemin de fer de Ceinture, date de 1884. Il contient 260 lits. On y traite exclusivement les maladies ayant un caractère épidémique.
Son voisin, V hôpital Saint-Joseph, rue Pierre-Larousse, n^ 1 , est, comme l'asile de Bon-Secours, une œuvre de la charité privée.
Rue d'Alésia, enfin, à l'intersection de la rue Villemain, s'ouvrent à l'enfance abandonnée, à la vieillesse malheureuse, les portes de deux établissements charitables : l'asile temporaire d'enfants et la maison de retraite Tisserand. Au déclin comme au seuil de l'existence, l'homme ne peut se suffire à lui seul. Il n'est pas de quartier à Paris où cette protection tutélaire lui soit plus largement offerte qu'à Plaisance.
PARIS - QUATORZIÈME ARRONDISSEMENT
PARI s- AT LAS
rhot. Neuideia.
LA SEINE ENTRE LES XV« ET XVI« ARRONDISSEMENTS (Vue prise en :
VAUGIRARD. — 57^ quartier .- SAINT-LAMBERT. — 58^ QUARTIER : NECKER. 59^ QUARTIER : GRENELLE. — 60' quartier : JAVEL.
'. était impossible de choisir pour le XV^ arrondissement, dit de Vaugiraud, une dénomination plus exacte que celle qu'il a reçue : Vaugirard. Dans toute la région, nul monument marquant, hélas! tandis que s'imposait le souvenir historique d'un très ancien village dont le territoire, annexé en 1860, a constitué les sept huitièmes de l'arrondissement. Seule une partie du quartier Necker provient de l'ancien Paris de Louis XY, et nous aurons occasion de montrer plus loin comment Grenelle ne fut qu'un démembrement de la commune de Vaugirard.
Sa superficie, qui est de 721 hectares, lui vaut, dans cet ordre d'idées, la suprématie sur les dix-neuf autres arrondissements, le XVPle suivant de près avec 709 hectares et le XII^ ensuite avec 625; mais le chiffre de la population n'est pas tout à fait en proportion avec cette vaste étendue : au dernier recensement, il était, en chiffres ronds, de 133,000 habitants, c'est-à-dire inférieur à celui des X% XI% XVII% XVIIP, XIX« et XX« arrondissements.
Les limites sont des plus nettes : à l'Est, la ligne du chemin de fer de l'Ouest le sépare du XIV*' arrondissement; au Sud, sont les fortifi-
cations; à l'Ouest, la Seine, au delà de laquelle s'étend le XVP; aU Nord, la limite est faite avec le YII^ arrondissement par l'axe de l'avenue de Suffren, de la rue Pérignon, de l'avenue de Saxe et de la rue de Sèvres; avec le ¥1% par l'axe du boulevard Montparnasse jusqu'à la place de Rennes.
Si haut que l'on remonte dans l'histoire, on ne trouve rien de cer^ tain sur Vaugirard avant le xin« siècle. Il paraît qu'on nommait cette plaine Val Boitron — dénomination incertaine et inexpliquée — lorsque, en 1258, elle attira l'attention de l'abbé de Saint-Germain-des-Prés, Girard de Moret; il en fit une colonie de son abbaye et y bâtit une maison de convalescence pour ses religieux : d'où son nom donné au lieu : Val Girard et finalement Vaugirard. Les successeurs de Girard de Moret continuèrent au jeune village la faveur qu'il lui avait témoignée; Jean de Précy, notamment, au siècle suivant, le dota d'une clôture, puis d'une chapelle qui, en 1342, fut érigée en une cure distincte de celle d'Issy. Cette date est, à proprement parler, celle de la fondation de Vaugirard, car, au moyen âge surtout, un groupe d'habitants n'avait d'existence propre qu'à condition de former une paroisse.
Nous avons sous les yeux un « plan de la terre et seigneurie d'Issy, Vaugirard et leurs dépendances » daté de 1667 et conservé aux Archives
de la Seine. L'agglomération du bourg est fîgun'* l(^ long do lu grande rue, vers le n° 240, c'est-à-dire près d<^ l'(îX(rrnHle de la rue Gambronne, laquelle y figure aussi sous lo nojii do chemin de Yaugirard à Grenelle. Sur la gaucho do la grando rue, plus près de Paris, se voit un vaste enclos qm otuit L'i maison seigneuriale de Saint-Germain-des-Prds, vi dorrioro lui le lieu dit les Fourneaux; puis, allant vers l^iaisanco : lo Pressoir, les Bruyères, les Morillons, les Gai'rior{\s. Ou ooto de l'Ouest, la rue Lecourbe s'appelle chemin d(; Sovros; la rue Groix-Nivert, chemin d'en bas de Paris à Issy ; à lour pt>inl de rencontre est marquée la croix Nivert. On n'y dislingiio pas la maison fameuse située, tout au bout du pays, vers (ssy, où, en 1642, l'abbé Olier fonda le séminaire d'où est sortie lu congrégation des prêtres de Saint-Sulpice. Cette m«j.isoa sN'4ovait sur le côté droit de la routej; mais, peu après, Tabbé Olior acheta en face un grand clos, relia les deux propriétés par un souterrain, et fit construire de nouveaux bâtiments où il installa ses jeunes séminaristes. Le collège actuel des jésuites en occupe l'emplacement, nous dirons plus loin après quelles phases.
En 1790, la paroisse de Vaugirard devint une commune du district de Sceaux et du canton d'Issy : ce ne fut pas sans quelque difficulté; il était question de la réunir simplement à Issy, sous prétexte qu'elle n'en était qu'un démembrement, mais les habitants protestèrent jusque devant l'Assemblée nationale, et leur plainte fut entendue. En 1830, Grenelle devint à son tour autonome, et, trente ans après, les deux communes étaient définitivement absorbées par la métropole, mère trop avide de serrer ses enfants dans ses bras.
Quartier Saint-Lambert. — G'est le cœur même de l'ancien Vaugirard. Le nom qu'il porte est celui du saint, évêque assez obscur de Maëstricht, que l'église paroissiale reconnaît pour son patron. Gette église, on l'a vu, avait été fondée en 1342.
Seuls, les anciens du lieu pourraient se la rappeler : elle s'élevait au carrefour des rues Saint-Lambert et Desnouettes, c'est-à-dire à l'extrémité Ouest du village, et dans son livre sur Vaugirard, écrit en 1842, l'abbé Gaudreau, qui en était curé, se plaint amèrement de cet emplacement et de l'abandon dans lequel on la laisse. Six ans après, on lui donnait satisfaction, par le vote du conseil municipal de Vaugirard qui confiait à Naissant, architecte de l'arrondissement de Sceaux, la construction de l'église actuelle sur un terrain donné à la commune par l'abbé Groult. Disons en passant que telle est l'origine du nom de la rue voisine, appelée antérieurement rue du Transit.
■ Donc, l'église Saint-Lambert, commencée en 1848, fut inaugurée le 19 juin 1856. Située rue Gerbert, c'est un édifice correct, sans grandes