PONT DE L'AVENUE DU MAINE
érigée en « tuerie ». Il en fut d'ailleurs ainsi à Paris même jusqu'au règne de Napoléon P^. Un décret impérial de 1810 décréta la construction de cinq abattoirs dans les faubourgs : trois sur la rive droite : le Roule, Montmartre et Ménilmontant ; deux sur la rive gauche : Villejuif et Grenelle. En 1848, un abattoir spécial pour les porcs fut construit à la barrière des Fourneaux. La commune de Yaugirard était donc bien — ou plutôt mal partagée à cet égard puisqu'elle avait deux sur trois des abattoirs de la rive gauche. Le grand abattoir de la rive droite, que nous retrouverons à la Villette, absorba les trois autres, situés au nord du fleuve. Rien n'était changé pour Vaugirard.
Dans sa séance du 14 février 1887, le Conseil municipal s'en préoccupa enfin; il décida Tacquisition d'un vaste terrain vague, de 10 hectares, situé dans l'ancien lieu dit les Morillons (déjà existant sur le plan de 1667), bordé au Sud par le chemin de fer de Ceinture, c'est-à-dire dans une condition favorable à Tadduction des bestiaux. Les négociations, puis les travaux durèrent longtemps ; il s'agissait de 10 millions à dépenser, dont on trouvait compensation, il est vrai, pour la plus grosse part, dans l'aliénation des terrains des abattoirs des Fourneaux et de Grenelle. L'édifice n'était pas achevé le 13 juillet 1897, lorsqu'il fut visité par le président de la République à son retour de l'inauguration du pont Mirabeau; il n'y avait en activité, depuis le 20 novembre 1896, que l'abattoir de la charcuterie. Tout est fini aujourd'hui : un arrêté préfectoral du -9 février 1898 a fixé au 6 mars l'ouverture des « échaudoirs » pour la boucherie, l'abattoir de Yillejuif restant ouvert à la boucherie hippophagique. L'ensemble des bâtiments est de bonne mine; on voit que l'espace n'a pas été ménagé. Les architectes ont tenu à réaliser les desiderata des hygiénistes. L'entrée principale sur la rue des Morillons est décorée de deux ruminants de bronze, à l'allure fringante, placés là sans doute par ironie, car ils semblent dire à leurs lamentables compagnons : Lasciate ogni speranza.. .
Non loin sont le boulevard et la rue Chauvelot, une seule voie ne suffisant pas à perpétuer la mémoire du fondateur de Plaisance et du hameau de l'Avenir dont la rue de Villa franca était une des artères principales. C'est dire que ce groupe d'habitations date de 1859. Là s'élevait, rivale de la tour voisine de Malakoff, la tour de Villafranca, qui n'a pas résisté au siège de 1870.
La rue Labrouste porte le nom de l'architecte de la bibliothèque Sainte-Geneviève. Elle aboutit au rond-point des Fourneaux , un gentil coin de province, qui traverse la vénérable rue de la Procession^ privée depuis bien longtemps des reposoirs et des pieuses bannières.
Quant à la place et à la rue d'Alleray, elles transmettent à la postérité le nom du dernier