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FAÇADE DU PALAIS-HO YAL, ACTUELLEMENT CONSEIL D'ÉTAT

fiction légale, é(|uivaut à celle du numéraire*

Saint « Eustaohe Bcrait une des plus jolies églises de Paris, n'était son portail principal qui s'ouvre sur la rue du Jour et semble fort heureusement s'y dissimuler. Il est vrai qu'il est du xviii« siècle, alors que le reste de l'édifice appartient au meilleur style de la Renaissance. La grande façade, sur la rue Goquillière, le joli portail du nord, au fond de l'impasse Saint-Eustache (rue Montmartre), les voûtes de la nef, les peintures des chapelles, forment un ensemble des plus remarquables.

Par ailleurs, 'Saint-Eustache est, après Notre-Dame, Téglise la plus vaste et la plus haute de Paris : elle a 318 pieds de longueur totale et 130 pieds de largeur dans le transept. Les vastes proportions du vaisseau et surtout la hauteur colossale des voûtes impriment à l'ensemble un caractère imposant. Ajoutez-y quelques monuments funéraires, importants par leur valeur artistique comme par la qualité des personnages qu'ils recouvrent : Colbert, le duc de La Feuillade, Vaugelas, Voiture, Furetière. Saint-Eustache possède aussi plusieurs tableaux remarquables : V Apparition du Christ, par Lebrun; Saint Louis mourant, par Doyen ; la Nativité et Vadoration des bergers, par Carie Vanloo, etc. Depuis longtemps, le gros œuvre et les délicates sculptures de Saint-Eustache étaient en fort mauvais point; la Ville de Paris a tenu à honneur d'ordonner une restauration complète, pour lesquelles, en 189o, une dépense de 600,000 francs

a été reconnue nécessaire.

S'il fallait dire sur les Halles tout ce qu'il y a à en dire, un gros volume ne serait pas de trop; sachons donc nous borner. Dès le règne de Louis VI, Paris ayant franchi les limites de la Cité et commençant à s'étendre sur la rive droite, un marché fut créé en ce lieu, qu'on nommait alors les Ghampeaux ou petits champs. Au xiu® siècle, grâce à Philippe-Auguste, ce marché s'agrandit, reçut une réglementation particulière et, depuis lors, ne cessa d'acquérir plus d'importance.

Les Halles n'étaient pas, comme aujourd'hui, spécialement réservées à l'alimentation : toutes les marchandises imaginables s'y vendaient dans . des bâtiments groupés, suivant la îiaiuro du corûiriercc qui s'y faisait, et bordant des rues aux noms eamcténstk|ues : rues de la Lingerie, de la Tonnellerie, des Fourreurs, de !a grande et peiiie Friperie, de la Cossonnerie (c'est-à-dire do la volaille). Celte dernière existe encore, mais combien changée et élargie 1 Les Halles n'étaient pas que cela; jusqu'à la Révolution, elles furent le centre le plus actif de la vie du peuple. Toutes les émeutes y prenaient naissance; on y décolla, écartela, pendit un nombre incommensurable de gens, grands seigneurs, comme Jean de Montaigu, surintendant des finances, ou Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, aussi bien que les vulgaires malfaiteurs. C'est aux Halles qu'étaient le gibet et le pilori du roi, la croix au pied de laquelle les débiteurs qui n'avaient pu s'acquitter étaient coiffés d'un bonnet vert. Pour la popularité dont il jouit pendant la Fronde, le duc de

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