‹ Paris--atlasChapitre 236 sur 339 · MAISON DE SAINTE-PERINE · texte numérisé non relu

MAISON DE SAINTE-PERINE

La rue Boileau n'a guère changé de physionomie depuis le temps où l'auteur du Lutrin l'habitait; c'est la plus paisible voie de province que l'on puisse imaginer. Des documents indubitables permettent d'affirmer que la maison de Boileau correspond au n<^26 actuel. Il l'avait payée 8,000 livres en 1685: un de ses familiers, l'abbé Legendre, qui y vint en 1692, dit qu'elle n'était ni belle ni laide. « Le jardin, sans être soigné, ne laissoit pas d'être agréable; la vue en est charmante. L'appartement du poëte étoit d'un négligé cynique; la salle à recevoir le monde étoit un peu arrangée. Il y avoit sur la cheminée un portrait vivant de Ghristine de Suède. Au-dessus d'une vieille bergame dont cette salle étoit tapissée, étoient des portraits d'imagination, représentant Timon le misanthrope, Ménippe, Lucilius, Horace, Perse, Juvénal, Régnier, chanoine de Ghartres, et autres aïeux satiriques du maître de la maison. »

On ne sait pourquoi Boileau se défit de ce logis en 1709, deux ans avant sa mort; l'âge, sans doute, lui rendait peu agréable le séjour de la campagne; il le vendit 6,000 livres, plus 2,000 livres pour les meubles et tableaux, à un sieur Pierre Le Verrier. Par la suite, la maison appartint à un médecin fort célèbre vers 1740, Gendron. Voltaire étant venu le voir, composa, en l'honneur des deux plus illustres habitants de la propriété, cet 'aimable quatrain :

C'est ici le vrai Parnasse Des vrais enfants d'Apollon.

Sous le nom de Boileau, ces [lieux virent Horace.

Esculape y paraît sous celui [de Gendron.

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