LA PLACE DES ETATS-UNIS
entre les rues de la Pompe, Decamps, de Longchamp et l'avenue Henri-Martin. Sa prospérité a été très rapide, car il occupe maintenant le premier rang pour la population scolaire, et aussi pour la vigueur physique des élèves, qui y excellent dans tous les exercices du corps. La sortie des classes est amusante à voir : il n'est guère d'externe qui, le cartable sous le bras, et souvent la cigarette aux lèvres, ne s'élance sur sa bicyclette pour de là aller faire un tour au Bois ; et sur la chaussée asphaltée de la rue de la Pompe, ce sont des départs homériques !
Une plaque commémorative que porte la façade d'un petit hôtel fort simple, 124, avenue Victor-Hugo, arrête le passant dans une respectueuse émotion : c'est là que, le 22 mai 1885, s'éteignit le Maître chargé de gloire et d'années, mais que l'on s'habituait à croire immortel. Dès l'année 1881, la Ville de Paris avait par un hommage spécial donné le nom de Victor-Hugo à la partie de l'avenue d'Eylau qu'il habitait, entre la place Saint- Honoré et l'avenue Henri-Martin. Au lendemain de la mort, le conseil délibérait que toute l'avenue jusqu'à l'Arc de Triomphe recevrait le nom du poète. On transféra le nom d'avenue d'Eylau à une voie ouverte, la même année, entre le Trocadéro et le rond-point de Longchamp.
Que dire, qui n'ait pas été dit maintes fois déjà, des splendeurs de Vavenue du Bois -de -Boulogne, de cette promenade princière, plus majestueuse encore que les Champs- Elysées qu'elle continue, préface exquise du bois de Boulogne dont elle est la seule route suivie par quiconque se respecte à Paris. Ce fut d'abord l'avenue de Plmpératrice. Pendant la guerre de 1870, on lui donna le nom du général Uhrich, le vaillant défenseur de Strasbourg.
Sa dénomination actuelle date de 1 875. Parmi tant d'hôtels magnifiques quilabordent, nous devons une mention spéciale à celui qui occupe le triangle formé par l'interseclion avec l'avenue de la rue de la Pompe et de l'avenue Malakoff; ancienne demeure du D^ Evans, il a été acheté par le gouvernement pour abriter les souverains étrangers venus visiter l'Exposition de 1900; c'est l'Hôtellerie des rois, comme on l'a déjà surnommé. Son pre-