TERMINUS DU FUNICULAIRE DE BELLEVILLE
tier a commencé de se bâtir depuis un quart de siècle. De larges voies le sillonnent : les rues du Général- Brunet, David-d^ Angers, d'Alsace-Lorraine. Quand la ligne projetée du Métropolitain y aura son accès, la population s'y décuplera promptement.
En attendant mieux on lui a donné l'hôpital Herold, de proportions encore modestes. C'est en souvenir de l'ancien préfet de la Seine que ce nom lui a été attribué.
Avant le percement de la rue de Grimée, les relations entre La Yillette et Belleville s'effectuaient soit par la rue de La Villette, soit par la rue Gompans (anciennement rue Saint- Denis) et la rue des Fêtes (anciennement rue de Beaune), aboutissant toutes deux à la grande rue de Paris, qui n'a pris qu'en 1868 le nom de rue de Belleville, et qu'au delà de la rue Compans, vers Romainville, on appelait rue du Parc, en souvenir de l'ancien parc attenant au domaine des Lepeletier de Saint-Fargeau. Le XIX' arrondissement — nous l'avons dit et déploré — n'a de cette longue artère que les numéros impairs. Du moins, il y possède un fort beau monument que Paris peut envier à Belleville, l'église Saint-Jean-Baptiste. Elle a remplacé, sur le même terrain, un édifice bien plus modeste, dont la première pierre, retrouvée en creusant les fondations de la nouvelle église, avait été posée., le 3 juillet 163o, par le curé de Saint-Merri, dont dépendait Belleville. Par délibération du 5 mars 1853, le conseil municipal de la commune avait décidé la démolition et la reconstruction totale de cet édifice, et agréé les plans présentés par Jean-Baptiste-Antoine Lassus. La première pierre fut posée le 24 juin 1854 en grande solennité (une relation de cette fête en a été imprimée). Lassus continua à diriger son œuvre jusqu'à sa mort, qui survint en 1857. C'est un de ses élèves qui l'acheva en 1859, année où, le 11 août, la paroisse fut consacrée par l'archevêque.
Le monument est conçu dans le style d'architecture gothique, sobre et majestueux, qui caractérise le règne de saint Louis. Par ses dimensions, la hauteur de ses voûtes, les deux flèches de près de 60 mètres qui flanquent son portail, il ressemble plus à une cathédrale qu'à l'église d'une commune de la banlieue de Paris (il est vrai que Belleville s'enorgueillissait alors d'être, grâce au chiffre de sa population, la première ville du département après Paris). Les façades sont ornées de nombreuses statues, dues au ciseau cîe Perrey; divers peintres ont coopéré à la décoration murale de l'intérieur.
La partie de Belleville sise à gauche de la grande rue fut longtemps, comme Batignolles-Monceau, le séjour préféré des petits commerçants retirés des affaires, des rentiers aux goûts modestes. Il faut lire, et ce n'est pas une ennuyeuse lecture, certains romans de Paul de Kock, qui aimait beaucoup ce