LE LAC SAINT-FARGEAU
avuK valu IVnsiîit^n^^ d'Ile d'amour. Les amateurs de parties fines en (MjnnaissaM'nl bien la route, et les romans de Paul de Kock en pnrhînt snuvenL Ce lieu de plaisir devait avoir une fin sévlcnise. La vof^ue l'avait abandonné, quand en 1845, une ordonnanr«î rnyah^ auloiisa la commune de Belleville à l'acquérir pour y édiiier une mairie, ce qui fut fait, et de 1860 à 1875, Tanci(nnu! mairie cbî HoUeville demeura sans changement celle du XX<^ arromlissemenL Nous rencontrerons plus loin l'édifice qui ui a sueeédp, plaei^ Gambetta, dans le quartier du Père-Lachaise. Au dvÀh de la rue du Jourdain, en suivant toujours la rue de Belleville, on al t<îint promptement l'impasse Frédérick-Lemaître et hi rue du Sokîl deux trop grands noms pour de si modestes voicH > ' et eiilia la rue Pixérécourt qui forme la limite du quartier. Jusqu'en 1875, elle s'appela — on ne sait trop pourquoi — rue de Calais ; c'est pour éviter les confusions avec la rue dénommée de même façon dans le IX« arrondissement qu'on l'a vouée à la mémoire de Guilbert de Pixérécourt, un dramaturge bien oublié aujourd'hui, mais dont les œuvres firent pourtant merveilles au boulevard du Crime, et qui mourut en 1844. Un vers est resté de lui, souvent cité avec extase :
Un livre est un ami qui ne trompe jamais.
Cela est-il bien vrai? N'existe-il donc pas de livres erronés ou pervers ?
Rien à signaler, au surplus, sur le demi-kilomètre de parcours qu'occupe la rue en question dans le réseau de la voirie urbaine.
Nous rencontrons la rue de Ménilmontant, qui sépare les quartiers de Belleville, de Saint-Fargeau et du Père-Lachaise.
Elle doit son nom à un hameau qui a eu l'honneur — immérité, avons-nous dit, — de servir à l'arrondissement tout entier. Pour être tout à fait juste cependant, il faut déclarer que Madan, Madam, Maudan peuvent se recommander de parchemins très anciens, puisqu'ils datent du ix« siècle. Plus tard, au xu« siècle, c'était « le Mesnil Mau-temps » — c'est-à-dire le hameau du mauvais temps — forme déjà corrompue, d'où est sorti le vocable actuel, d'une explication encore assez difficile, à moins que l'on n'admette, comme très vraisemblable qu'il s'agit d'un lieu a montant, sablonneux, malaisé », eût dit le bon La Fontaine. Les rares mentions qu'on en a durant le moyen âge et jusqu'à la Révolution suffisent à prouver que Ménilmontant était surtout riche en carrières et en vergers. Rousseau aimait à y venir herboriser, ce qui serait difficile aujourd'hui; il y fut même renversé par un gros chien, un jour d'octobre 1776, et fort meurtri. C'était presque encore la campagne au commencement du règne de Louis-Philippe, puisque les saint-simoniens vinrent y installer le siège de leur culte. La rue de Ménilmontant était alors bordée de beaux arbres; les promeneurs la suivaient pour se rendre au bois de Romainville, s'arrêtant parfois en route sous les bosquets de guinguettes dont quelques-unes avaient du renom : les Barreaux verts, les Marronniers, le Galant Jardinier.
Cependant, on avait commencé à bâtir. Dès 1823, la commune de Belleville avait doté ce hameau — qui dépendait d'elle — d'une chapelle construite en bois (elle existe encore aujourd'hui au n^ 6 de la rue de la Mare, transformée en école maternelle). La population augmentant toujours, réclamait à la commune une église comparable en beauté à celle que Lassus édifiait pour Belleville; elle ne l'obtint que de la Ville de Paris, après l'annexion : Notre-Dame-de-la-Croix a été construite en neuf ans, de 1863 à 1872, sur les plans de Héret, dans le style roman, en face de l'ancienne chapelle, et coûta plus de 2 millions et demi. Bien que le terrain choisi pour son emplacement soit en contre-bas de la chaussée de Ménilmontant, la haute flèche qui surmonte la façade de l'édifice s'aperçoit de loin et est d'un heureux effet.
A cet endroit, d'ailleurs, le sol offre une singulière dépression, qui correspond à quelque lac ayant existé
VINGTlÉxME ARRONDISSEMENT