VUE GÉNÉRALE DU PALAIS DE VERSAILLES
OÙ le roi coucha, où il mourut!
Le salon suivant est le salon du Conseil, par lequel on accède dans la galerie des glaces, qui règne sur toute la longueur du bâtiment central, en façade sur les jardins, splendide dans sa simplicité même.
Tels sont, rapidement décrits, les
grands appartements royaux qu'habitèrent Louis XIV et sa cour. Ils ne leur survécurent pas, c'est-à-dire qu'après cette période de splendeurs éblouissantes, la royauté parut se sentir impuissante à en ouvrir une autre qui pût lui être égale, et elle se retira dans ce que l'on nomme « les petits appartements ». Une porte s'ouvrant dans le salon du Conseil donne accès à ceux de Louis XV; ils se composent d'une série de salons bordant à droite la cour de marbre. Dans le premier, un panneau vitré cache un judas secret que Louis XV avait fait pratiquer et d'où, sans être vu, il pouvait voir qui entrait dans le château ou en sortait. C'est de là qu'il vit, d'un œil sec, partir le cortège funèbre de M^^ de Pompadour. Puis, viennent les appartements, plus modestes, mais décorés d'exquises boiseries, où demeura M^® Adélaïde.
Au-dessus sont ceux de M"^^ du Barry, qui servirent, lorsque l'Assemblée nationale siégeait à Versailles, à l'habitation du colonel commandant la garnison spéciale du château. L'un d'eux, peu soucieux des souvenirs du passé, auxquels on devrait toujours avoir
égard, même quand il s'agit d'une du Barry, fit percer des murs, installer des sonnettes, en un mot transforma, en le modernisant bourgeoisement, le logis où un roi avait parfois été cacher son prestige.
Quelques marches encore, et l'on se trouve dans de petites pièces dénudées et pauvres, des «mansardes» au sens propre du mot. L'une d'elles n'a pour tout ameublement qu'un fourneau, mais c'est un meuble éminemment historique ; c'est la forge de Louis XVI. La passion du. roi pour la serrurerie faisait un peu sourire les courtisans et hausser les épaules à Marie-Antoinette; aussi avait-il cherché le coin le plus modeste et le plus retiré du château pour s'y livrer. Ajoutons que ce n'est pas à cette forge-là que se rattache l'épisode du serrurier Gamain et de la tentative d'empoisonnement dont il aurait été l'objet pour l'empêcher de révéler par la suite les secrets d'État; si le fait a eu lieu, ce à
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