‹ Paris--atlasChapitre 319 sur 339 · VUE DE L'ÉGLISE DE MAREIL-MARLY · texte numérisé non relu

VUE DE L'ÉGLISE DE MAREIL-MARLY

VIEUX moulin; a SANNOIS,

plus ordinaire, on ne dira point trop sur Marly en comptant par milliards.

Telle fut la fortune d'un repaire de serpents et de charognes, de crapauds et de grenouilles , uniquement choisi pour n'y pouvoir dépenser. Tel fut le mauvois goût du roi en toutes choses, et ce plaisir superbe de forcer la nature, que ni la guerre la plus pesante, ni la dévotion ne purent émousser. »

Tout cela n'empêche qu'au témoignage complet des contemporains Mansard n'ait fait des merveilles avec ce «repaire».

Hélas! nous ne les connaissons plus que par la gravure. Abandonné après 1715, livré à lui-même et à l'injure du temps, le château serait sans doute encore debout aujourd'hui si un homme de goût l'avait acquis lorsqu'on le mit en vente comme bien national, en 1796. Ge fut un sot qui l'acheta, un dr-apier nommé Saniel, qui le fit démolir pièce à pièce, pour y installer plus commodément ses machines à tendre les étoffes. Tout au bas du bourg, à l'extrémité de la route où s'arrête le tramway, un bassin qui a encore grand air est le dernier vestige du Marly de Louis XIV. G'est l'abreuvoir, qui fut construit en 1698, décoré d'abord des chevaux de Goysevox, puis de ceux de Goustou. Les deux

groupes, nous l'avons dit ailleurs contribuent maintenant à l'ornement de la place de la Goncoitle.

L'église, dédiée à saint Vigor, ne remonte, dans son état actuel, qu'à 1689. Elle ne présente aucun intérêt architectural. Sur la place où elle s'élève, et qui est au sommet du plateau, sont situées deux propriétés fort belles; celle du fond s'appelle « Mes délices»; elle eut l'honneur de servir de résidence, pendant l'été de 1893, au président Garnot; celle de droite, précédée d'une grille monumentale au delà de laquelle douze sphinx de granit forment la haie, appartient à Victorien Sardou.

Autrefois séjour de la royauté, Marly est devenu le siège de la république des lettres. André Theuriet y est né en 1833; Saintine, Sandeau y ont vécu ; George Sand y fréquenta ; Alexandre Dumas fils y mourut.

De la place de l'Église, on atteint en quelques minutes l'entrée de la forêt de Marly, l'une des plus vastes et des moins fréquentées des environs de Paris. Sillonnée de routes de voitures et de sentiers sous bois, elle offre les buts de promenades les plus variés : à l'Ouest, vers Saint-Jammes ou Saint-Nom-La-Bretêche ; au Nord, vers l'Étang-la- Ville, Mareil-Marly, Fourqueux, les Fonds-Saint-Léger.

Argenteuil est la dernière localité importante de la banlieue de l'Ouest. G'est aussi l'une des plus anciennes. Les archéologues y ont trouvé plusieurs vestiges intéressants de la civilisation antérieure au christianisme : un cimetière gaulois, une allée couverte, des menhirs. Et comme si la tradition avait voulu s'enchaîner, son église est jalouse de posséder la fameuse tunique sans couture de Jésus-Ghrist, dont la cathédrale de Trêves lui conteste, d'ailleurs, énergiquement l'authenticité. Disons encore qu'Héloïse, la célèbre Héloïse d'Abélard, exerça la dignité de prieure d'un monastère, fondé à Argenteuil au vii« siècle, avant de devenir abbesse du Paraclet.

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