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LA MAIRIE DU I«' ARRONDISSEMENT ET L'ÉGLISE SAINT-GERMAIN L'AUXERRCIS

gratifiée d'un carillon de quarante-quatre cloches, actionné par un mouvement d'horlogerie et qui fait, de temps en temps, entendre aux passants surpris des airs restitués du xvn® siècle, parmi lesquels la célèbre Marche de Turenne.

Nous ne parlerons que pour mémoire de la mairie du l^^ arrondissement, juxtaposée à l'église et soudée à elle par une tour plutôt massive. Il était inutile de proposer au jugement des gens de goût une comparaison qui tourne tout à l'honneur des maîtres tailleurs de pierre du xv® siècle.

Nombreux sont les ponts qui relient le P^ arrondissement à la rive gauche. En aval du pont Saint-Michel et du Pont-Neuf, il y en a encore quatre autres : le pont des Arts, le pont du Carrousel, le pont Royal et le pont de Solferino.

Le pont de3 Arts est heureusement nommé, car il réunit le Louvre — qui porta d'abord le nom de Palais des Arts ■ — à rinstitut, à la Monnaie, à l'École des Beaux- Arts. Il fut construit de 1801 à 1803. Fondé sur pilotis, formé d'arcs en fonte assez faibles, il n'est accessible qu'aux piétons.

Longtemps, un droit de péage fut perçu aux extrémités du pont. Gela valut à Royer- Gollard l'occasion d'avoir de l'esprit, un jour où, à la sortie de son cours, ses élèves lui faisaient une escorte peu sympathique.

Arrivé à l'entrée du pont, il jeta une pièce d'or au receveur en lui disant : « Ces messieurs sont avec moi. »

Le pont du Carrousel, que l'on appelle couramment pont des Saints-Pères, date de 1834 et fut, lui aussi, à péage,

jusqu'en 1867. Élevé par Polonceau, il est d'une remarquable flexibilité, que l'on trouverait même inquiétante si les ingénieurs n'affirmaient qu'elle est un gage de sa force, — éprouvée, d'ailleurs depuis de fois mis en avant de Paris port de mer, se réalise là timidement"

Phot. Neurdein.^ PORTAIL DE L'ÉGLISE SAINT-GERMAIN L'AUXERROIS.

longtemps par l'incessant cortège d'omnibus et autres véhicules qui y circulent.

Quant au pont Royal, c'est un aïeul. Au xvi® siècle, un simple bac suffisait à assurer les relations entre les Tuileries et la rue du Bac; en 1632, fut construit vis-à-vis de la rue de Beaune un pont de bois, qui s'appela d'abord pont Barbier, pour avoir été construit par les soins d'un contrôleur des finances ainsi nommé, puis pont Sainte -Anne en l'honneur d'Anne d'Autriche, puis pont Rouge, en raison de sa couleur.

C'est sous ce dernier vocable qu'il disparut, le 20 février 1684, emporté par une débâcle.

La première pierre du nouveau pont fut posée en grande cérémonie, le 2o octobre 1685. Du procès-verbal de cette solennité, il semble résulter que Gabriel en fat — plus que Mansard, quoi qu'en disent tous les historiens de Paris — le principal architecte. « On y a négligé les ornemens, dit Félibien, mais la solidité qu'on y a donnée promet une durée dont on ne verra point la fin )>. Et, de fait, le pont Royal marche très allègrement vers son troisième centenaire. Il est fort peu commode car son excessif dos d'âne exige des chevaux un coup de collier qui doit leur faire quelque peu maudire Gabriel, — et par contraste bénir Perronet lorsqu'ils ont à franchir le pont de Neuilly, le premier pont droit qu'ait vu bâtir l'ancien régime.

La construction du pont qui conduit des Tuileries au palais de la Légion d'honneur était déjà ordonnée par un décret du 28 juillet 1858. La victoire à laquelle nos armées prirent une part si brillante le 24 juin suivant fournit une excellente occasion de le baptiser : on l'appela pont de Solferino. D une utilité médiocre à l'origine, il est aujourd'hui un débouché très important pour la nouvelle gare d'Orléans.

De la Golonnade à la place de la Concorde, les quais du Louvre et des Tuileries constituent une des plus belles promenades du monde. D'un côté, la succession de palais dont se compose le Louvre, puis l'élégante terrasse du bord de l'eau, — de l'autre la Seine, avec ses aspects si variés, le bouquet de verdure du pont Royal, l'altière façade de la gare d'Orléans, le gracieux palais de la Légion d'honneur, les aristocratiques hôtels du quai d'Orsay, — et sur la rivière même, ce mouvement perpétuel, dont l'œil ne se lasse pas, de bateaux de tout genre se croisant : « express » et « hirondelles » bondés de voyageurs, lourdes péniches péniblement remorquées, « la chaîne », les (( transports » allant à Rouen et même à Londres, qui s'arrêtent au port Saint-Nicolas en amont du pont du Carrousel. Le projet tant

PARIS - PREMIER ARRONDISSEMENT

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