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PORTE PRINCIPALE DU CHATEAU DE CHANTILLY

appartetiait à trois titres : comme membre de l'Académie française, de l'Académie des Sciences morales et politiques et de celle des Beaux- Arts : « Voulant conserver à la France le domaine de Chantilly dans son intégrité avec ses bois, ses pelouses, ses eaux, ses édifices et ce qu'ils contiennent : trophées, tableaux, livres, archives, objets d'art,

drait pas croire que « le cabinet des livres », qui ne contient qu environ 13,000 volumes, fût l'unique bibliothèque du duc d'Aumale; il ne constituait, à ses yeux, qu'un choix des plus belles pièces ; ses livres de travail, en très grand nombre, sont installés dans plusieurs salles du rez-de-chaussée du grand château ; les membres de l'Institut y sont

LE TEMPLE DE DIANE (iParc de Chantilly).

LE CHATEAU DE LA REINE BLANCHE (Environs de Chantilly).

tout cet ensemble qui forme comme un monument complet et varié de l'art français dans toutes ses branches et de l'histoire de ma patrie à des époques de gloire, j'ai résolu d'en confier le dépôt à un corps illustre qui m'a fait l'honneur de m'appeler dans ses rangs, et qui, sans se soustraire aux transformations inévitables des sociétés, échappe à l'esprit de faction comme aux secousses trop brusques, conservant son indépendance au milieu des fluctuations politiques. »

Cette volonté eut son accomplissement quand la mort atteignit le duc d'Aumale, le 7 mai 1897. L'Institut fut aussitôt investi du dépôt magnifique que lui donnait l'historien des princes de Condé, mais il eut le libéralisme de ne pas le garder pour lui seul. Les collections conservées à Chantilly, sous le nom de musée Condé, sont publiques le dimanche, le jeudi et le samedi de chaque semaine, du 15 avril au 15 octobre. On n'attend pas que nous en donnions une description complète; il faut renvoyer à l'excellent guide-itinéraire qu'a publié M. G. Maçon ; grâce à lui, on peut visiter le château méthodiquement, s'arrêter devant les œuvres les plus rares (il n'en est guère qui soient médiocres), admirer les Raphaëls, les Clouets, les Michels- Anges, et ces fameuses miniatures provenant d'un livre d'heures du duc de Berry, examiner les armures, les épées, les diamants, les manuscrits, les incunables et les plus beaux produits de la typograpiiie. Il ne fau-

chez eux; quelques privilégiés, pourvus d'une autorisation spéciale, sont également admis à y travailler.

Tels sont, bien sommairement exposés, le passé et le présent de Chantilly. Il semble qu'on ait tout lieu d'être rassuré sur son avenir. L'Institut, pacifique et immuable, est son gardien et sa sauvegarde; que si une guerre venait le menacer ; — quod omen di avertant — l'ombre du grand Condé planerait sur ses défenseurs et le protégerait de la destruction.

Compiègne. — Si l'on a pris soin de visiter Chantilly dans la matinée, il est loisible de consacrer l'après-midi à Gompiègne, qui n'en est distant que de onze lieues (vingt et une de Paris). Suivant les trains, le voyage s'effectue en un peu plus ou un peu moins d'une heure. Ville, château, forêt méritent à tous égards une visite; mais est-ce une illusion, ou bien est-ce que réellement l'on est déjà dans la région du Nord? Quoi qu'il en soit, la physionomie de la ville, une fois dépassées les rives ensoleillées de l'Oise et la jolie place de l'Hôtel-de- Ville, est froide, un peu morte, du moins à certains jours, comme quelques villes flamandes.

Le passé de Compiègne est pauvre en événements historiques. Le plus important constitue une triste page de nos annales; c'est devant les murs de la ville que, le 24 mai 1430, Jeanne d'Arc tomba prison-

Phot. Neurdein.

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