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LE CHATEAU DE COMPIÈGNE, COTÉ DU PARC

ENVIRONS DE PARIS

LE PARC DU CHATEAU DE COMPIÊGNE (Avenuo de Beaumonl).

nière entre les mains des Bourguignons. La vaillante héroïne, qui allait toujours de l'avant, avait organisé une sortie contre l'ennemi; on ne s'explique pas comment, au moment où elle voulait rentrer dans la ville, elle en trouva les portes closes. La statue de Jeanne d'Arc, inaugurée en 1880 sur la place de l'Hôtel-de-Ville, est en quelque sorte un monument expiatoire de la criminelle maladresse des Gompiégnois de 1430.

Il est bien joli, cet hôtel de ville, et en le voyant, on ne peut nier l'inlluence flamande qui a présidé à sa construction. Il date des premières années du xvi*^ siècle et n'est haut que d'un étage, surmonté d'un beffroi; mais quel goût exquis dans cette architecture sobre et élégante! Le beffroi est pourvu d'une vieille cloche fondue en 1303 et provenant d'une église de la ville. On la nomme bonclocke, ce qui, en picard, signifie toscin. En avant du beffroi, se voient trois jacquemarts, guerriers du xvi^ siècle qui sonnent les heures. Au-dessous est une statue moderne de Louis XII.

Mais la véritable gloire de Compiègne, gloire un peu éphémère, à la vérité, et probablement sans lendemain, c'est son château. Dès les premiers temps de la monarchie, les rois aimèrent à résider à Compiègne, où leur demeure était désignée sous le terme ambitieux de palat.ium, palais. Gharlemagne, Charles le Chauve s'y plurent beaucoup. Charles V fit reconstruire ce palais, qui, désormais, s'appela plus modestement château, .quoiqu'il fût certainement plus important. Ses successeurs s'en contentèrent jusqu'à Louis XV, qui avait la manie de la bâtisse. A la date du 14 juillet 1746, d'Argenson s'exprime ainsi dans son journal:

«... A Compiègne, on va bâtir un château dans toutes les formes. On attribue ceci à M"^*' de Pompadour, mais on a tort : ce n'est point par goût personnel, c'est pour plaire et pour amuser le roi qu'elle le jette dans ces entreprises dont l'exécution est confiée à son oncle. »

Gabriel en fut l'architecte. Les travaux ne s'achevèrent que sous Louis XVI, qui, lui aussi, vint volontiers à Compiègne. Marie-Antoinette, lorsqu'elle l'y accompagnait, devait se souvenir que la forêt de Compiègne avait été témoin, en 1770, de sa première entrevue avec son futur époux.

Nous avons hâte d'en venir à la période vraiment brillante du château, au règne de Napoléon III. C'est une justice à rendre à l'empereur, qu'aimant Compiègne, il lui fut fidèle et ne manqua pas d'y venir passer plusieurs mois durant chaque année de son règne. Il faut aussi lui savoir gré d'avoir tenu à mêler aux plaisirs mondains et vicieux de la cour impériale les distractions littéraires et artistiques ; d'avoir cherché à honorer les écrivains les plus en vue de son temps en les inscrivant sur la liste de ses invités de Compiègne. Leurs noms sont bien connus : parmi les familiers, c'étaient Mérimée, Viollet-le-Duc, Octave Feuillet, Emile Augier, Vigny, Camille Doucet, Jules Sandeau, et bien d'autres encore.

La grande distraction du soir était le théâtre. M. A. Leveaux a publié tout un volume sur ce sujet. Voici comment il décrit le cérémonial des représentations : « Les invitations étaient faites pour huit heures et le spectacle commençait à huit heures et demie, quelquefois à neuf heures, aussitôt que l'empereur et l'impératrice prenaient place sur les deux fauteuils occupant le devant de la loge impériale. Cette loge, remplissant le fond de la salle dans toute sa largeur, était précédée d'une première galerie où étaient admises exclusivement des dames en toilette de bal. Les invités du palais avaient pla^ce dans la loge impériale, ainsi que les grands officiers de la maison de l'empereur, au nombre d'à peu près soixante-dix. Au-dessus de la loge impériale et de la première galerie, étaient les premières loges, remplies par les invités de la ville et des environs. Il y avait de plus un rang de secondes loges, occupées en grande partie par des gens de service. Le rez-de-chaussée se composait d'un orchestre, d'un parterre pour les officiers jusqu'au grade de capitaine inclusivement, et d'un amphithéâtre placé entre le parterre et la loge impériale, à 2 mètres en dessous, et réservé aux magistrats, aux officiers supérieurs, aax conseillers généraux, maires, adjoints et autres fonctionnaires civils, chefs de service, tous en uniforme.

« A l'entrée de l'empereur et de l'impératrice, toute la salle se levait, et, quelques minutes après, le spectacle commençait. Pendant

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