CHAMBRE A COUCHER DE NAPOLÉON III, A COMPIÈGNE
Phot. Neurdein.
les entractes, les personnes placées à l'amphithéâtre et au parterre se levaient et, tournant le dos à la scène, faisaient face à la loge impériale; des valets de pied, en grande livrée à poudre, présentaient des rafraîchissements, punch, glaces, gâteaux, etc. D'ordinaire, l'empereur et l'impératrice quittaient la salle pendant un quart d'heure pour se retirer dans un petit salon placé près de l'entrée de la loge impériale. Les comédiens du Théâtre-Français sont venus là plus d'une fois recevoir des compliments de leurs Majestés. Le spectacle finissait à onze heures et demie, rarement plus tard. L'empereur et l'impératrice saluaient en se retirant, n
Épargné par l'invasion étrangère, le château est devenu un musée. Le publie est admis tous les jours à en visiter les galeries et les appartements réservés. C'est, en partie, un musée d'ameublement. A part quelques belles toiles signées Goypel, Gros, Girodet, Hubert Fleury, Robert Fleury, Joseph Vernet, et un certain nombre de tapisseries des Gobelins et de Beauvais, on y montre surtout des objets mobiliers : l'échiquier de Napoléon l^'^, de charmantes pendules, des vases, des consoles, etc.
Aux portes mêmes de Gompiègne, s'ouvre une séculaire et magnifique forêt, la forêt de Gompiègne, vaste d'environ 16,000 hectares, abondante en hautes futaies, riche en cours d'eau et en fontaines, sillonnée par d'excellentes routes. Les excursions y sont variées à l'infini, mais il en est une qu'on ne saurait négliger, c'est celle de Pierrefonds. Deux modes de locomotion s'offrent au touriste, entre lesquels il choisira : la ligne du chemin de fer (17 kilomètres de Gompiègne à Pierrefonds, six trains par jour) ou la route de terre (13 kilomètres).
Perdu au milieu de ces bois, un castel féodal s'élevait à Pierrefonds, au xn® siècle, succédant, pense-t-on, à une construction, plus ancienne encore que mentionnent les documents de l'époque carolingienne. Au commencement du xv« siècle, Louis d'Orléans — la victime du duc de Bourgogne — fit édifier sur cet emplacement un château fort pourvu de l'appareil militaire le plus redoutable.
Nombreux furent les assauts aux- .
quels Pierrefonds résista victorieusement jusqu'à Louis XIII, qui le fît démanteler. Les ruines seraient encore restées pour longtemps sans doute dans cet état, si Pierrefonds n'avait pas bénéficié de la faveur que Napoléon III accordait à Gompiègne.
Sa restauration fut confiée en 1858 à Viollet-le-Duc ; elle n'a été achevée qu'après la guerre. C'est ici le lieu de dire, avec tous ceux qui ont écrit sur Pierrefonds ou qui l'ont visité, que l'éminent architecte a été mal inspiré. Entraîné par sa passion de l'archéologie, par sa science du détail, il a fait un Pierrefonds tout neuf, beaucoup trop neuf. Là, comme dans sa restitution des remparts de Garcassonne, il ne nous donne pas l'illusion d'un mo-
Phot. Paul Robert.