VUE DU CHATEAU DE PIERREFONDS
nument du passé, mais plutôt celle d'une maquette gigantesque, destinée à un musée. Pour savant et étudié qu'il est, son rajeunissement, de nouveau vieilli par le temps, n'aura toute sa valeur que dans cinq ou six siècles.
Il n'y a pas que les archéologues qui soient attirés à Pierrefonds. Ge bourg aimable possède un établissement thermal où se traitent particuliè rement les maladies des voies respiratoires, comme à Enghien, et les hautes tours du château se mirent dans les eaux d'un lac charmant.
Plusieurs autres excursions peuvent être faites dans la forêt de Gompiègne. Nous recommanderons tout spécialement celle de Champlieu, à l'extrémité Sud de la forêt.
Ghamplieu n'est plus qu'un hameau de quelques habitants ; ce fut, à l'époque gallo-romaine, une ville importante ; un théâtre romain, des bains, les ruines d'un temple, attestent le degré de civilisation qu'avaient ainsi atteint, il y a dix-huit cents ans, certaines localités aujourd'hui réduites à une simple colonie agricole. Non loin de là, l'église de Morienval est un spécimen fort intéressant de l'architecture du xi® siècle.
La région Nord-Est des environs de Paris est de beaucoup moins riante que toutes les autres. La banlieue immédiate de Paris y constitue d'abord une plaine envahie par l'industrie, puis des plateaux occupés par la grande agriculture. A peine, çà et là, un bouquet d'arbres pour reposer la vue d'un paysage aussi monotone. Surlaligne de Grépy-en-Valois, si l'on veut faire une excursion agréable, il faut aller jusqu'à Plessis-Belleville (43 kilomètres), et prendre une voiture de correspondance qui conduit à Ermenonville. Après tant de pérégrinations, d'asiles acceptés et abandonnés tour à tour, l'auteur des Confessions avait, au printemps de 1778, accepté l'hospitalité chez le marquis de Girardin, possesseur du château d'Ermenonville. Un pavillon isolé au milieu d'un parc n'était-ce pas le bonheur assuré pour la fin d'une existence si mouvementée? Rousseau ne devait en jouir que moins de deux mois ; il mourut presque subitement le 3 juillet 1778. On sait qu'il fut enterré dans une île du parc même, l'île des Peupliers, et qu'en 1794 ses restes furent exhumés et transportés, avec une pompe funèbre des plus solennelles, au Panthéon; le tombeau est resté, œuvre de P. Robert, et, quoique vide, il inspire aux visiteurs le même sentiment de respectueuse mélancolie que si la dépouille illustre qu'il renfermait n'en avait pas été enlevée.