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LA TOUR DENECOURT, ANCIEN FORT DE L'EMPEREUR

cour des Adieux depuis que Napoléon I^% le 20 avril 1814, avant de partir pour l'île d'Elbe, y prit congé des généraux qui l'avaient tant de fois accompagné à la victoire, de sa vieille garde, du drapeau qu'il embrassa en pleurant. Elle devait son premier nom au moulage en plâtre du cheval de la statue de Marc-Aurèle, moulage qui fut démoli en 1626. Au fond de la cour, un escalier en fer à cheval, construit sous Louis XIII par Le Mercier, dont c'est une des meilleures œuvres, donne accès à la belle galerie François P^ longue de 64 mètres , magnifique construction de la Renaissance, ornée de fresques remarquables.

A gauche est la chapelle de la Sainte-Trinité, qui date également de François P'' et fut décorée sous Henri IV de peintures de Fréminet. Au delà, les appartements de Napoléon P'^, parmi lesquels le cabinet avec la console sur laquelle l'empereur signa son abdication. Ces bâtiments prennent jour sur le jardin de l'Orangerie ou de Diane.

A droite sont les appartements dits du pape et, dans le pavillon d'angle, ceux des reines mères. La cour de la Fontaine, sur laquelle ils ouvrent, se termine par le bassin fameux où s'ébattent des carpes centenaires, dit-on, dont les ouïes sont traversées d'anneaux d'or.

Par l'élégante Porte dorée, on passe dans la cour Ovale, dite aussi du donjon. Son périmètre représente l'ancien château, antérieur à François P^ On nomme appartement de saint Louis les bâtiments qui s'adossent à la cour de la Fontaine et à la galerie de François P'', mais ce n'est là qu'une fiction, car ils datent seulement du xvi^ siècle.

L'aile de droite contient la partie la plus remarquable du château : l'admirable galerie

Henri II, appelée encore salle des fêtes, dont l'exquise décoration n'est qu'un long poème d'amour adressé par Henri II à la triomphante maîtresse, Diane de Poitiers. Tout proche est la chapelle primitive du château, la chapelle Saint-Saturnin, dont nous parlions tout à l'heure, aujourd'hui fermée. Enfin la porte Dauphine relie la cour Ovale à celle des Offices; elle est surmontée d'un dôme assez étrange, sous lequel Louis XIII reçut le baptême. Cette cour des Offices, qui correspond elle-même à la place d'Armes, date de Henri IV; les bâtiments considérables qui Venvironnent abritèrent pendant quelque temps l'École spéciale militaire avant sa translation à Saint-Cyr, puis l'École d'application d'artillerie, pourvue maintenant de bâtiments particuliers, en dehors du château.

Le côté de la cour Ovale faisant face à la galerie Henri II n'est pas moins digne d'une visite: entre la cour des Princes et le jardin de l'Orangerie, on verra la galerie de Diane, et, non loin, la galerie des Cerfs où la reine Christine fit, le 10 novembre 1657, assassiner avec une sauvagerie féroce son écuyer, son conseiller, son amant infidèle, Monaldeschi. Un tableau et une inscription marquent l'endroit où le malheureux, percé de coups d'épée qui lui donnaient une mort trop lente, eut une agonie de près d'une heure. Tragédie épouvantable, qui aurait dû valoir à la reine de Suède une expulsion immédiate, devant laquelle Louis XIV eut la faiblesse d'hésiter.

Le château est entouré de parterres, de jardins anglais et d'un parc où le grand canal et un joli étang entretiennent une fraîcheur fort agréable ; mais, après la visite du château, les touristes ont hâte de pénétrer dans la forêt et d'en connaître au moins les principaux sites.

La forêt. — Sa superficie n'est pas moindre de 100 kilomètres carrés, ce qui laisse, même à ceux de ses visiteurs qui se flattent de la connaître le mieux, la certitude à peu près complète de n'en jamais connaître toutes les parties. Deux hommes, cependant, méritent la renommée, et, de la part des touristes, une infinie

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