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LA CATHÉDRALE DE PAUIS, VUE DU PONT DE LA TOURNELLE

UHOTEL DE VILLE.— 13^ quartier : SAINT-MERRI. — ir quartier : SAINT-GERVAIS. 13*^ QUARTIER : L'ARSENAL. — 16^ quartier : NOTRE-DAME.

I Ton voulait synthétiser par deux monuments la vie religieuse et la vie communale de Paris, c'est dans le IV^ arrondissement qu'il faudrait les chercher : Notre-Dame et l'Hôtel de ville. Notre-Bàme ne représente pas seulement le Paris/du moyen âge avec ses grandes fêtes si solennelles et magnifiques, avec son élan de dévotion; c'est sur son emplacement que s'élevait l nous le verrons plus has, en l'honneur des divinités païennes, l'autel construit par les bateliers de Lutèce, les nautes; là est donc en quelque sorte le berceau même de Paris.

A peu de distance de la cathédrale se dresse l'autre colosse, plus jeune et d'une non moins grande importance : l'Hôtel de ville ; ses pierres sont neuves il est vrai, mais leur assemblage même rappelle un édifice antérieur, déjà ancien, qui lui-même remplaçait une maison de ville où se développèrent nos libertés municipales. Depuis le xi\^ siècle, elles ont eu leur asile sur cette place, se développant sans cesse, permettant à la cité de prendre un essor auquel la royauté et le pouvoir central se montrèrent toujours hostiles.

La superficie du lY^ arrondissement, dit I'Hotel de ville, est de 156 hectares 50 ares; c'est une faible étendue de territoire, que seuls n'atteignent pas les IP et IIP arrondissements. Chose étrange, sa population a diminué depuis quelques années; après avoir dépassé 100,000 habitants, elle n'en comptait plus que 98,204 au recen-

sement de 1896. Cela a eu une répercussion sur la situation de la représentation politique à Paris; pour la première fois, aux élections de mai 1898, les habitants n'ont eu qu'un député à élire, au lieu de deux.

Le quartier Saint-Merri constitue deux cantons d'aspect si hétéroclite, qu'^n a peine à s'expliquer que, si voisins, ils se ressemblent si peu. Entre la rue de Rivoli et la Seine, de l'air, de l'espace, de grandes voies, de belles maisons, de beaux monuments ; au contraire, entre la rue de Rivoli et la rue de Rambuteau, un dédale de ruelles sombres, où des rues plus larges et très animées, telles que la rue Saint-Martin, la rue du Temple et ceUe des Archives font mieux encore ressortir l'étroitesse et la pauvreté des autres.

Aux amateurs de pittoresque, cependant, nous recommanderons une excursion à travers les rues du Renard, Taille-Pain, Brise-Miche, de Venise, des Juges-Consuls ; certes, ils en sortiront le cœur serré par la vue de tant de misères, physiques et morales, se coudoyant avec l'honnêteté des ateliers; du moins ils auront parcouru la plus ancienne région du Paris de la rive droite. C'est là, en effet, que, peu après l'an mille, vinrent s'installer les Parisiens, trop à l'étroit autour de Notre-Dame; ils y constituèrent une agglomération assez dense pour qu'il fût besoin de la protéger par une enceinte contre les dangers du dehors ; on n'a là-dessus que des données assez vagues, mais il est certain que cette clôture existait au milieu du xn« siècle ; partant du Châtelet, elle suivait à peu près le tracé des rues Saint-Merri et

Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, pour se trrniiiirr à lu S

vers la place Baudoyer.

Au surplus, beaucoup de ces rues ont conservé leurs n

d'alors; pour ceux-là et pour d'autres, plu:

ques commentaires^ sont intéressants. La rw porte évidemment un nom d'homme; il esl l'administration ait, depuis 1890, absorbé soi nation la partie de la rue comprise entre les ri et Brise-Miche, nommée avant rue de Maubiu' taine-Maubuée, nom expressif signifiant mi Notez qu'aujourd'hui encore, la fontaine existe à l'angle de la rue Saint-Martin, mais les ménagères n'y lavent plus leur linge. A parcourir la rue de Venise, personne ne songerait à fredonner, comme dans Haydée : « Ah! que Venise est belle ! )> C'est une des ruelles les plus sordides d'un quartier qui en est si riche.

La rue des Étuves se nommait autrefois rue des Vieilles-Étuves ; il n'est pas étonnant de rencontrer par là le souvenir de ces établissements qui eurent au moyen âge la plus fâcheuse réputation. Telle la rue Simon-le-Franc, la rue Pierre-Aulard porte le nom d'une vieille famille parisienne ; elles sont nommées dans la nomenclature rimée de Guillot, qui vivait au commencement du xiv° siècle.

Dans le même poème figurent aussi les rues Saint-Bon (il y avait autrefois une chapelle sous ce vocable), et des Lombards (des usuriers italiens y avaient leur résidence), et Geo ffroy-V Angevin, — encore un nom d'homme — et du Cloître^ Saint-Merri, La rue des Juges-Consuls, en dépit de sa dénomination archaïque, n'est, depuis 1844, qu'un démembrement

de la précédente, où avait été fondé sous Charles IX le tribunal des Juges Consuls, origine de notre tribunal de commerce.

Dans le nom du passage Pecquay, on aurait sans doute quelque peine à trouver une analogie avec le village du Plessis-Piquet, au delà de Sceaux. Tous deux cependant ont pour parrain un certain Jean de La Haye, dit Piquet, possesseur sous Charles VI d'une maison ici, de la seigneurie là-bas, et qui, bien que fort mal en cour auprès du dauphin Charles VII, n'en fut pas moins dépossédé de ses biens par le roi d'Angleterre Henri VI.

Le percement du boulevard deSébastopol a heureusement fait disparaître ou raccourci bon nombre des rues fort peu élégantes qui allaient

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