LA TOUR SAINT-JACQUES
LE. PONT A.U CHANGE ET LE THÉÂTRE S ARAH - BERNH ARDT.
^[artin à la rue Saint-Denis; il en existe s- Lines cependant, et qui sont fort anciennes : h nj -le- Boucher, connue de Guillot, ainsi que la he qui a bien fait de changer son nom contre ) La Reynie, lieutenant général de police; connue, la rue Quincampoix, fameuse par la V, où tant de gens se ruinèrent sous la Ré- \ nous faisons pas fort d'expliquer son nom, { picarde; il semble — mais ce n'est qu'une (jue c'est celui d'une localité plutôt que d'un homme.
Saint-Merri est un joyau d'architecture enchâssé dans ce triste écrin.
Dès le vn« siècle, une chapelle existait là, au bord de l'ancienne voie romaine ; le saint qui lui donna son nom en fit un oratoire, et lorsqu'il mourut, vers l'an 700, il y fut inhumé. Deux églises furent successivement construites sur l'emplacement de ce modeste oratoire , puis disparurent; celle que nous avons sous les yeux en est une troisième; elle date du xv*' siècle, c'est-à-dire de la dernière époque brillante de notre architecture religieuse. Le portail est charmant, avec tous ses détails de sculpture, si fins, si achevés; malheureusement, de lamentables cahutes se pressent contre lui ; de même, les façades latérales sont, en grande partie, cachées par des constructions parasites. Lorsque l'heure sera venue d'aérer, d'assainir ce quartier, nous comptons bien que le dégagement de ce joli édifice entrera pour beaucoup dans les plans qui seront préparés. L'évasement de la rue Saint-Martin en est la première amorce et l'espérance. Il est regrettable qu'on ne l'ait pas poussé jusque devant le portail Saint-Merri.
Nous voici en face de la Tour Saint-Jacques. Il n'est peut-être pas, dans toute la ville, d'endroit où l'ancien Paris et le Paris moderne se rapprochent dans un plus heureux alliage. A force d'y passer, nous n'y faisons plus attention, nous sommes blasés; pour les étrangers, ce doit être un émerveillement. La Tour Saint-Jacques est le seul vestige conservé d'une église de Saint-Jacques-la-Boucherie datant de l'époque carolingienne, plusieurs fois reconstruite, et en dernier lieu tout à la fm du xv^ siècle. On sait avec précision que la tour, commencée en 1508, fut achevée en 1522; voilà donc un édifice à date précise comme disent
les archéologues, et à peu près contemporain de son voisin Saint-Merri. Le nom de son architecte n'est pas connu, et c'est fâcheux, car il serait honoré comme celui d'un homme de goût, excellant dans son art. La tour fut presque miraculeusement sauvée en 1790, lorsque l'église à laquelle elle attenait fut démolie, et même plus tard, puisque, achetée par un particulier comme bien national, elle n'était sauvegardée pai? aucune clause conservatoire.
La Ville de Paris eut le bon esprit de l'acquérir en 1836, au prix de 250,100 francs, et le remaniement du plan, en 1853, la respecta de mêpae. On fît mieux, on la restaura, on la consolida et on l'entoura d'un square de 6,015 mètres carrés, qui est le plus ancien des squares parisiens, et l'un des plus jolis aussi, sinon des mieux fréquentés; mais c'est, hélas! le
Phot. Neurdein.
QUATRIEME ARRONDISSEMENT
Phot. Neurdein.